Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

Edito


Bouillant

  • 17 Juillet 2014 Palestine : Le conflit déborde un peu en France (Synagogues attaquées, heurts à Paris, etc…) + opération terrestre.
  • 19 Juillet 2014 Ukraine : cette histoire d’avion abattu tourne au vinaigre.

Chaud

  • Ukraine : 16 Juin 2014, ayé ! coupures de gaz. A priori sans incidence jusqu’à l’hiver prochain. 17  Juillet 2014 : Déroute de Kiev.
  • Irak : Chiites vs Sunnites. La encore c’est la confusion. La guerre aux portes de l’Arabie Saoudite? 29 Juin 2014 proclamation du nouveau Califat.
  • Israël : 28 Mars 2014 Il semble que sa reconquête de l’esplanade de la mosquée s’accélère. L’armée arrête le président du parlement Palestinien8 Juillet 2014 raids aériens.

Tiède

  • 9 Novembre 2014 : référendum sur l’indépendance de la Catalogne. 
  • Novembre 2014 sommet du G20 (renégociation au FMI en vue).
  • 4 Novembre 2014 Élection US de mi mandat, avec la réforme du FMI (et la fin du droit de véto US) en ligne de mire.
  • 18 Septembre 2014 : référendum sur l’indépendance de l’Écosse.
  • 14 Août 2014 : fin du London fixing : est-ce que l’or va monter en flèche ?
  • 31 Juillet 2014 : faillite Argentine bis ? Conséquences difficiles à mesurer.
  • 28 Juin – 28 Juillet 2014 : début du Ramadan, recrudescence de violence au frontières du Califrance ?
  • 8 Juillet 2014 : Ebola !!! aux portes de l’Europe ??? Je ne sais quoi en penser.
  • 6 juillet 2014 : remous en cours au Koweit.
  • 27 Juin 2014 : Juncker désigné à la tête de la commission Européenne le, l’Angleterre va-t-elle quitter l’UE ?
  • Syrie : 8 mai 2014 évacuation des rebelles de leur "capitale", victoire de Bachar ?
  • Îles Senkaku : 30 Mai 2014 les tensions montent d’un cran et Washington s’en mêle.
  • La neutralité du net en débat et … en danger. C’est l’internet libre tout entier qui est l’enjeu et donc la possibilité de contester.
  • Arabie Saoudite, Koweit, Qatar, Iran : 7 juillet 2014 – le roi des Saoudiens à 90 ans, sous assistance respiratoire et pas de successeur direct. C’est le premier producteur mondiale de pétrole. Je vous fait un dessin ?

19 Juillet 2014

Vacances

Soyez sages en attendant mon retour :

  • ne déclenchez pas de guerre mondiale
  • pas de génocide non plus
  • essayez d’éviter la guerre civile autant que faire se peut
  • ne provoquez pas d’écroulement financier avec vos dettes
  • pas de panique, d’autres s’en chargent pour vous !
  • restez éloignez des taubiracailles, des ponctionnaires, des syndicaniches, du caca-rente, des presstitués

A dans 10 jours. Lire la suite

Anti-terrorisme : nous sommes tous des terroristes !


C’est en faisant des recherche sur la manipulation et les dynamiques de groupes que je suis tombé sur ce document de synthèse sur le terrorisme qui est très intéressant en soi et qui prolonge la question de la surveillance. Le décorticage est un peu long car il touche pas mal de sujets abordés sur ce blog. Vous pouvez sauter au résumé/conclusion pour aller plus vite.

Si nous sommes tous mis sous surveillance, c’est parce que nous sommes tous considérés comme des terroristes potentiels.

Pourquoi nous surveiller tous ?

C’est en réalité très simple à comprendre si on a quelques éléments de base. J’ai lu la plus grande partie de cette thèse de 2011 (c’est pour ça que l’article à été long à écrire) qui est une mine d’or : "THE VIOLENT ISLAMIC RADICALIZATION PROCESS:A FRAMEWORK FOR UNDERSTANDING"  fait le tour de la question aux USA et qui montre comment le DoD (département de la défense) et le Homeland sécurity (sécurité intérieure) voient la question. Plusieurs études du processus de radicalisation dans le terrorisme islamique (le plus important aujourd’hui) sont cités et analysées.

Bref, venons au fait. Il y a deux éléments cruciaux qu’on découvre dans ce rapport, l’un au début, l’autre à la fin.

En France, on nous parle de loups solitaires, de détraqués. Il n’en est rien, c’est l’exact inverse. Il n’y a pas de profil pathologique du terroriste. Ce peut être n’importe qui. (Même si les loups solitaires peuvent exister – mais c’est plus le cas dans les milieux facho/identitaires)

Fundamental attribution error (Ross, 1977; Shaw, 1986). Fundamental attribution error is the tendency of people to explain behavior in terms of internal, dispositional causes and to overlook or ignore situational factors (Bongar, Brown, Beutler, Breckenridge, &Zimbardo, 2007). This concept explains the reasoning or propensity for others to describe terrorists as pathological, socio-paths, or otherwise flawed, as terrorist behaviors appear to be far outside the realm of the norm. It is important to recognize that within the process of radicalization, very “normal” socio-psychological processes occur and social roles and structures interact with “ordinary psychological processes common to most people to disengage or diffuse their natural moral restraints” (Bandura, 1999).

Deuxième point :

Profiling terrorists on the basis of race, ethnicity and religion gives rise to valid civil liberties concerns. Behavioral profiling is a legitimate means for identifying interdiction opportunities within the radicalization process, and appropriately preserves the civil liberties of citizens.

Voila le pot-au-rose : impossible de pourchasser le terroriste au facies pour des raisons politiques. Raisons légitimes ceci dit, sinon ça reviendrait à déclarer la guerre au musulmans et ça serait très vite bien pire.

President Obama outlined the expected U.S. approach to countering violent Islamic radicalization in his speech in Cairo in June 2009. He clearly stated that America is not at war with Islam and that message should be carried clearly, not only by the government but by American Muslims as well. The speech characterized U.S. efforts to defend and protect the rights of American Muslims.

Ceci dit les attentats ne sont que la face émergée de l’iceberg, il y a toute une graduation dans cette violence endémique qui s’exprime au quotidien et que le peuple doit subir.

Donc, si je résume : il n’y a pas de profil type de terroriste, en dehors du fait qu’il soit principalement musulman d’origine africaine (j’insiste sur le principalement : c’est l’époque qui veut ça – sachant que le terrorisme est une réponse à nos ingérences BHLiennes répétées dans les autres pays – on est franchement pas mieux). Mais comme ce n’est politiquement pas correct (parler des origines communes des terroristes reviendrait à avouer qu’on a foutu la merde en Irak, Syrie, Palestine) on va s’attacher une main dans le dos et cibler les "comportements". Il faut donc surveiller tout le monde (même si le document ne le cautionne pas) :

This belief furthers the position that operating based on a demographic profile of terrorists requires observation of a very large population from which to hone into the small number of persons who may radicalize or become involved in terrorism.

Comment se fabrique un attentat ?

Le reste du papier est aussi intéressant et riche d’enseignements parce qu’il essaye de décortiquer la mécanique du passage à l’acte. Si on essaye de comprendre avec la pensée analytique, d’expliquer par la psychologie, on échoue. Il faut passer par … la systémique, le raisonnement "global", ainsi que les biais cognitifs auxquels j’essaye de sensibiliser souvent ce blog.

Ils introduisent la notion d’identité sociale. On nous a inculqué que nous sommes des "personnes" (rappel : ça découle des lumières qui nous débarrassé des superstitions pour définir l’homme comme un individu rationnel et conscient) mais ce n’est pas réaliste à la lumière de ce qu’on sait aujourd’hui :

An understanding of social identity theory within the context of radicalization and terrorism facilitates an unders tanding of the socio-psychological dynamics of individuals and groups as they radicalize. [...] Social identity theories describe a situation in which a person has not one, “personal self,” but rather several selves that correspond to widening circles of group membership. In the case of radicalization, groups of like-minded friends, religious study groups, or cultural communities all represent different social settings and social identities within those settings.

En réalité nous avons plusieurs sous-personnalités (les mémoires, les comportements, les émotions s’agrègent en nous par grappes qui forment une sous-personnalité), mais aussi des "personnalités de groupe" selon des cercles concentriques d’appartenance (en simplifié : famille, proche, tribu, pays, religion – mais on peut rajouter tout groupe idéologique, par exemple "les survivalistes" "les picquistes" "les gauchistes" "les antifa", etc…).

Another professor of psychiatry who has weighed in on the discourse regarding radicalization and terrorism is Dr. Jerrold M. Post, who concurs that no one terrorist mindset exists and that diverse motivations among terrorist causes and groups are present. Post contends that “rather than individual psychology, then, what emerges as the most powerful lens through which to understand terrorist behavior is that of group, organizational, and social psychology, with a particular emphasis on collective identity

Selon les chercheurs, la mondialisation perturbe notre identité sociale (celles des immigrés encore plus, mais le petit peuple tendance facho aussi) et nous cherchons à la stabiliser, ce qui renforce l’emprise des groupes sur nous. Hors, c’est dans la dynamique intra et inter-groupes qu’on va trouver l’explication de la radicalisation : tout simplement par un phénomène de mise en concurrence (pseudo-darwinien) qui joue sur une psychologie aussi bien "normale" que pathologique.

Il s’agit d’être plus religieux que le voisin, plus radical, plus engagé. L’enjeu est une question de contrôle des ressources ("resource mobilization theory" dans le texte) : en gros, comment obtenir le plus de changement dans la société avec le moins de moyens possibles ! Le passage à l’acte rapporte respect, excitation, héroïsme (et in fine des femmes, du pétrole, de l’argent, du pouvoir) :

Our work also suggests that, especially in the case of ‘‘homegrown’’ young men,violent radicalization is not necessarily, or wholly, a religious, intellectual, orrational decision. There is an emotional pull to radicalization. To join the battleagainst the power and authority of Western states is considered risky, exciting, her-oic, and taps into a counter-cultural and anti-establishment tradition exemplified bymany youth subcultures, both Muslim and non-Muslim. Further, in-group peerpressure and an internal code of honour can render violence, in certain social contexts, the most obvious route to accrue status, respect, and meaning.

Le fait de faire sauter les verrous moraux avant le passage à l’acte est une étape dans ce processus graduel :

  1. Tout le monde
  2. Les déçus, insatisfaits,
  3. Ceux qui brisent les chaines morales (la fin justifie les moyens)
  4. Le bien et le mal
  5. Passage à l’acte

C’est un phénomène émergeant de la dynamique sociale (cf la thermodynamique de l’évolution). Si on le compare avec une marmite qui chauffe : avec l’augmentation de l’entropie (la chaleur = le désordre social/économique), le terrorisme est une question de dissipation de l’énergie (tensions sociales), c’est le contexte (la marmite qui chauffe) qui pousse à la création de champions (les bulles et l’ébullition = actes terroristes).

Concrètement, il y a un processus qui pousse les gens à la radicalisation qui est décrit par la métaphore de l’escalier :

pathtoviolence

Je fais deux parenthèses à ce niveau :

  • le "jujitsu politics" (le manuel est en lien à la fin de l’article) qui consiste à utiliser l’oppression qu’on subit de la part des autorités pour faire avancer sa cause est exactement la ou en est en France en ce moment avec l’affaire Soral-Dieudonné. On peut donc deviner les étapes suivantes.
  • il faut bien comprendre qu’on est face à une machine à fabriquer du terrorisme. Éliminer un terroriste ne sert à rien. Ben Laden à très vite été remplacé par un, deux, 10 autres qui voulaient prendre sa place.

Autre point très important mis en avant dans ce rapport sur le chemin de la radicalisation : les liens avec l’étranger.

D’une part l’influence religieuse :

the model is religiously based and motivationally framed on the ideological premises of the Salafi Islamic religious sect, and focuses on socio-cultural permissive factors as those that most contribute to the process.
one important conclusion is that homegrown terrorists understanding of their religion was a relatively significant factor in their radicalization and implores more study. They concur that no single terrorist profile exists. The study underscored the importance of international connections to mobilization of HVEs. They concluded that prisons do not appear to be as important a factor in radicalization as some experts previously believed.
En gros, le Salafisme favorise le passage à l’acte plus que la prison. Mais les liens avec les réseaux armés étrangers est aussi très important :
Marc Sageman, who describes behavioral patterns in his book, Leaderless Jihad (Sageman, 2008), as radical messaging via the Internet, andsocialization with persons associated with the proliferation of the radical narrative, as well as travel to foreign countries where suspected Al Qaeda training camps may exist as some behavioral indicators that radicalization has occurred or is escalating
Aldo Stérone confirme et nous explique que si on peut recruter si facilement sur Internet, c’est bien parce qu’il y a une préparation en amont, familiale, culturelle, religieuse :

Ceci dit, entre parenthèse, c’est exactement, je dis bien exactement, pour cela que Vincent Peillon et d’autres promeuvent la théorie du genre et les ABCD de l’étatgalité :

il faut arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social

A l’inverse nous dans notre culture on glorifie la tolérance, le vivre-ensemble, l’égalité, le métissage à outrance (ce qui n’est pas mieux).

Rien n’est simple ;-)

Résumé

  • pas de profil pathologique du terroriste, tout le monde est concerné
  • c’est une phénomène émergeant de mise en concurrence qui produit des héros, des martyrs afin d’obtenir un changement sociétal
  • impossible de cibler selon des questions ethniques/religieuses pour des questions politiques
  • certains rouages essentiels sont à l’étranger (camps d’entraînement, idéologie permissive)
  • les politiciens se rabattent sur la théorie du loup solitaire parce que ce serait trop compliqué d’entrer dans les détails
  • il y a un terreau culturel et géopolitique au terrorisme (islam radical + interventionisme)

Conclusion

Les conséquences sont simples : selon la logique des services de protection, pour empêcher un terroriste il faut remonter la source du processus, ce qui signifie surveiller toutes les étapes, et toutes ramifications. Pour repérer un terroriste il faut surveiller en amont son groupe, ses amis, sa famille, ses sympathisants, sa communauté culturelle, ses maîtres à penser, ses voyages à l’étranger.

Au final il faut donc surveiller tous les idéologues, tous les circuits "hors système" (ce qui implique les hackers, les écolos, les anarchistes, les paramilitaires, les voyageurs, et les mafieux et j’en passe), et donc aussi le péquin moyen puisqu’il n’y a pas de profil type et qu’en plus, on ne peut pas cibler sur des questions ethnico-culturelles. Donc tout le monde doit être surveillé : sur le sol national, mais aussi et surtout étranger, puisque c’est la que se trouvent certains des rouages principaux.

L’anti-terrorisme justifie dont la surveillance massive, la militarisation de la physique sociale (=sociologie + big data). Ce qui a en plus l’avantage de pouvoir s’étendre aux mouvement protestataires, et à l’opposition politique. Pratique en période de bouleversement climatique et économique.

On voit aussi clairement dans ces rapports/études qu’il n’y a aucun, strictement aucun recul sur le système, aucune remise en cause. Que le terrorisme fasse 1000X moins de mort que l’interventionnisme américain ? Ben c’est le business quoi ! On va quand même pas cesser le business !!

Mais a l’inverse, le terrorisme apparaît comme un dommage collatéral de l’immigration ET de l’interventionnisme, avec une boucle de rétro-action positive (attention "positif" = qui se renforce avec le temps, donc = "cercle vicieux") : le terrorisme fait passer les peuples immigrés pour des barbares, et donc, pour s’en protéger, il faut les civiliser, et donc … intervenir !

Ça à l’air un peu simpliste formulé comme ça, mais justement, ce sont ces raisonnements simplistes (biais cognitifs) qui ont le plus d’emprise sur les masses (parce qu’elles n’ont pas le temps/envie de devenir des spécialistes du terrorisme), et donc, qui sont préférés par les politiciens : leur rôle étant simplement de les habiller avec des discours moralisateurs.

Conclusion de la conclusion

Surveiller tout le monde, non seulement est inefficace (c’est relativement facile de passer à travers les mailles du filet), mais en plus est inefficace (ça ne traite pas la racine du problème) et aussi inefficace (ça ne décourage même pas le passage à l’acte, au contraire ça le valorise). C’est triplement inefficace (au cas ou vous n’auriez pas compris ! lol)

Chacun joue son rôle dans cette partition collective. Personne n’a vraiment le choix. Les politiciens ne peuvent pas dire la vérité sans être responsable d’empirer la situation. Les terroristes sont pris dans un engrenage de violence. Les peuples sont pris dans un engrenage de passivité.

Pour vraiment solutionner cette question il faudrait revoir tout le système, stopper l’interventionnisme, et donc, remettre en cause le libéralisme qui le sous-tend, risquer la récession économique, affronter le chômage de masse, etc…

On est en train de s’enfermer nous même dans une cage rétrécissante avec comme effet de bord d’étouffer tout ce qui déborde du système. Au final, c’est tout ce qui est gratuit, innovant, "humain" qui se trouve en danger si on ne place aucune limite.

Pour finir il n’y a plus qu’a reboucler avec l’actualité :

L’Intérieur créé une nouvelle incrimination, celle d’entreprise terroriste individuelle. Etes-vous satisfaits?

On le demandait et je me félicite que Beauvau l’ait repris à son compte. Mais on regrette que l’article 5 soit trop restrictif et ne concerne que les faits les plus graves. L’incrimination ne se résumera qu’à l’acquisition de matériels et la préparation de l’engin explosif. On aurait voulu qu’il s’applique à l’ensemble du champ des infractions. Car avant de fabriquer un engin explosif, il y a toute une batterie de délits et un processus de radicalisation comme la consultation de sites sur Internet, le repérage de cibles… On ne prend pas assez en compte la diversité des actes.

Ben voyons … criminalisons la consultation de sites Internet, c’est sûr que la, on va gagner le combat contre le terrorisme.

Je ne peux ni confirmer ni infirmer que la NSA me surveille


Coucou la NSA ! Vous allez bien ? la famille ? le chien ?

Moi ça va … mais z’êtes un peu lourd la … faudrait vous calmer un peu, vous avez peur de quoi au juste ? De moi ? Vraiment ? Expliquez nous … parce que la, ça devient grotesque.

Alors comme ça, si j’utilise Linux (ce qui est mon cas) ou si je cherche à protéger ma vie privée (ce qui est mon cas), je suis un terroriste potentiel ? Si je m’intéresse aux logiciels libres, je peut être mis sous surveillance ? Linux c’est le mal ?

Attention, si vous cliquez sur ce lien, sur le site "LinuxJournal" (un site pour geek des plus banal, pour passionnés d’Open Source, de nouvelles technos et de tout ce qui tourne autour de Linux), vous tombez sur un site surveillé par la NSA, dont le forum est considéré comme extrémiste et dont les lecteurs doivent être mis sous surveillance. Si en plus vous utilisez Tor ou Tails (une distribution Linux avec Tor intégré) je ne vous raconte pas :

While that is troubling in itself, even more troubling to readers on this site is that linuxjournal.com has been flagged as a selector! DasErste.de has published the relevant XKEYSCORE source code, and if you look closely at the rule definitions, you will see linuxjournal.com/content/linux* listed alongside Tails and Tor. According to an article on DasErste.de, the NSA considers Linux Journal an "extremist forum". This means that merely looking for any Linux content on Linux Journal, not just content about anonymizing software or encryption, is considered suspicious and means your Internet traffic may be stored indefinitely.

Le problème de la surveillance ce n’est pas une question de vie privée, c’est une question de pouvoir. La surveillance du net, c’est l’oeil de Sauron, c’est le pouvoir sur les pouvoirs, c’est la fin de la séparation des pouvoirs de nos démocraties, c’est la fin de la démocratie. La fin de la neutralité du net, c’est l’anneau de Sauron. Mais ce n’est pas le retour à la dictature, le totalitarisme ou l’absolutisme, parce que la démocratie reste en façade pour faire diversion. On a toujours les élections, la presse dite libre, le législatif, l’exécutif et le judiciaire. C’est pire. C’est l’apparence de la liberté pour qu’on ne se rende pas compte qu’on est privé.

Ce pouvoir grandit tous les jours. Pour l’instant, il est encore dépendant de nos sous, de nos impôts, de nos peurs, mais bientôt, il ne le sera plus car il s’intègre au "business" au quotidien, il sera autonome et plus rien ne pourra lui échapper.

Donc voila ou en est : tout va bien tant que vous faîtes ce que vous dit. Tout va bien tant que vous pensez comme on vous dit. Tout va bien tant que vous achetez comme on vous dit :

  • Faites un jardin potager. C’est suspect. (vous êtes probablement un putain de survivaliste armé jusqu’aux dents)
  • Utilisez Linux pour ne pas payer les licences M$ ou Appeul. C’est suspect. (vous êtes probablement un putain de hacker).
  • Crypté vos communications. C’est suspect. (vous êtes probablement un putain de dissident)
  • Payez en liquide vos achats. C’est suspect. (vous êtes probablement un putain de travailleur au noir)
  • Lisez les mauvais livres (dont la liste s’allonge tous les jours). C’est suspect. (vous êtes probablement un putain d’idéologue)
  • Vous achetez une cocotte minute. C’est suspect. (vous êtes probablement un putain de terroriste)
  • Échangez des graines avec votre voisin. C’est suspect. (vous êtes probablement un putain d’écologiste)
  • Vous vous soignez naturellement. C’est suspect. (vous êtes probablement dans une putain de secte)

Ce n’est pas du fantasme. C’est déjà en train de se produire par petites touches ici ou la. Les militants verts sont de plus en plus surveillés, vendez des tomates non conformes et vous verrez, les potager privés sont vraiment menacés, certains pays veulent passer en "tout numérique" pour les achats, la cocotte minute fait suite aux attentats de boston, les graines "naturelles" se font de plus en plus rare, les partisans de la médecine naturelle doivent faire profil bas. Etc…

La liste est "arbitraire" (pas tout à fait car elle obéit à une logique très précise). En tout cas, elle n’a rien à voir avec le terrorisme, la pédophilie ou le vol d’identité. C’est la bonne excuse.

Vous remarquerez que grosso-modo, tout ce qui est gratuit est suspect. Et si vous faite les liens avec le reste de l’actualité, vous comprendrez que l’étau se resserre, alors même que la tendance est à la monétisation pour tout, y compris, à terme, la procréation (on a vu la création d’un marché de l’occasion pour les enfants adoptés aux USA – mais faut pas stigmatiser, alors on appellera ça une "aide à l’amour parental" ou je ne sais quoi – en tout cas c’est du pain béni pour les couples homos qui vont pouvoir changer d’enfants quand ils sont lassés).

Maintenant, si au contraire vous voulez faire partie du système, alors tout ça ne vous dérangera pas, au contraire, ça va vous rassurer, puisque ça va construire un mûr protecteur autour de vous. Un mur invisible, mais qui vous protège … des dangers mais aussi de  la vérité, et des autres, vous savez, les sauvages, les rebelles, les bouffeurs de bébés, les hackeurs, les jardiniers (sont très dangereux avec  leurs bêches, on n’est jamais assez méfiant), etc…

Il y a quelques années, quand vous annonciez Big Brother, on vous trairait de parano. Maintenant on y est. Pour une personne ciblée, 10 autres sont surveillées. Quand je dis "ciblée" comprenez surveillance accrue, car tout le monde est déjà surveillé. En France, le système mis en place passe … par le maghreb : on leur a vendu des systèmes de surveillance de leurs peuples, mais sur-dimensionnés, de manière à ce que nous aussi on ai notre NSA locale. On commence à surveiller nos cartes de crédit pour prédire nos soucis de santé. Il existe des sociétés dont le job est de collecter tout ce qu’elles peuvent sur vous, et la liste des informations collectées va très loin. Et ce n’est pas tout car bien sûr, c’est un sujet militarisés : ils veulent savoir comment prédire et tuer dans l’oeuf les révolutions. Mieux : ils se sont rendu compte qu’on peut influencer les émotions des gens en manipulant la timeline facebook, on peut même tricher sur des élections en modifiant les résultats google …

Mieux encore : en ce moment il y a deux domaines qui explosent, la domotique et l’e-santé. Nos pouls, nos calories dépensées, et demain notre niveau de stress commencent à être stockés sur le cloud. Les maisons se remplissent d’appareils intelligents qui surveillent et pilotent les appareils électriques (ce qui permet de diminuer sa consommation). Mais même les jardins n’y échappent pas : il existe des capteurs reliés a votre ordinateur qui surveillent l’humidité, le niveau d’engrais et d’autres paramètres de votre terre. Plus besoin de vous occuper du jardin.

Ce n’est pas "mal" en soi, ça a un intérêt. Mais donner toutes ces informations à une poignée de gens sur lesquels on n’a aucun contrôle ? C’est de la folie pure. Quand c’est gratuit, c’est vous le produit. Est-ce que l’humanité va devoir encore une fois en passer par une catastrophe sans nom avant de comprendre ?

Le nouveau Chouard : le gentil virus armé !!


Jusqu’ici Chouard n’était pas très crédible à mes yeux, parce que son gentil virus ne ferait jamais le poids face à des gens qui se battent à mort pour le pouvoir. Se poser la question "de la cause de causes de notre impuissance", c’est se poser la question du rapport de force, et donc, des armes au sens large (à feu, rhétorique, de masse, etc…), mais aussi des armes létales en particulier.

Hors, même s’il n’a pas inventé l’eau chaude, il commence à aborder la question. Et pour le coup, même si je trouve dommage qu’il lui ai fallu tout ce temps pour en arriver la, je dois reconnaître qu’il le fait "bien", il va au fond du sujet.

http://www.agoravox.tv/actualites/citoyennete/article/etienne-chouard-les-raisons-de-44983

Chouard aborde timidement la question du "citoyen armé".

De ce que j’en sais, aux USA, les états ou les armes sont autorisées sont ceux ou il y a le moins de meurtre par arme à feu et de crimes, et le plus de politesse : forcément, on y réfléchit à deux fois avant de perdre son sang froid ou de devenir un délinquant.

A titre individuel, être armé, ça peut être de se vouloir responsable de sa propre vie et ne pas s’en remettre à l’état nounou. C’est donc être adulte face à la vie, et aussi accepter qu’on doit/va mourir un jour et que la vie peut être violente tout autant que douce et paisible. Bien sûr, sans même parler de criminalité, ça pose tout un tas de questions au niveau sociétal !

Forces armées : débat entre Etienne Chouard et Laurent Henninger

Cette fois ci, Chouard aborde frontalement la question.

Le mieux c’est que vous regardiez si le sujet vous intéresse. Sinon, voici un petit compte rendu rapide des points qui m’ont interpellés, émaillé de réflexions personnelles.

Chouard pose le débat

Toujours assez naïf, mais pour le coup, il rentre dans le vif du sujet : Comment éviter que la police ne tire sur la foule mais qu’elle ai les moyens de nous protéger (des mafias / des politiciens corrompus) ? Comment éviter que les révolutions ne tournent en eau de boudin au profit de nouveaux oligarques (révolutions arabes) ? etc…

Un peu de lucidité : si un pays cherche à s’émanciper, il se fait attaquer pour un prétexte ou un autre (Kaddhafi). Chouard commence à être cible lui même, donc il expérimente cette logique.

Appliquer le panoptique au gouvernement ? Oui mais on se coupe un bras en cas d’agression externe. De plus actuellement les débats sont d’une technicité folle.

Il cite la Suisse et ses citoyens armés, et défends le concept !!!! Il se rends compte qu’il FAUT être armé. ENFIN !!!

Laurent Henninger réplique

Chouard débarque en inventant l’eau chaude ! C’est un problème que l’humanité essaye de résoudre depuis tout temps. lol

Réactions du public

Ils ont du  mal à dépasser la logique "mais si on désarme tous il n’y aura plus de guerre ni de lutte de pouvoir et on sera en paix". On voit les cerveaux bien lavée, et les biais cognitifs à l’oeuvre.

Un exemple : les aborigènes n’avaient rien, et n’avaient pas de raison de se faire la guerre et ça a duré 30 000 ans. Premier problème : on est venu les exterminer.

Deuxième problème : je sais que c’est difficile à comprendre pour l’occidental moderne de la ville, mais, si on n’a pas des frigos, des maisons, des armes de chasse : on ne passe pas l’hiver. Tout le reste découle de ça. Nous sommes dans une zone non viable pour l’humain normal sans technologie, sans armes contre la nature, et donc par conséquence, contre les autres hommes. Les aborigènes eux peuvent vivre de l’air du temps, littéralement, à cause de leur climat clément.

Réponse très intéressant de Laurent (on le sent un peu énervé a force de répondre toujours au même arguments) : un changement anthropologique de cette ampleur demanderait 50 000 ans.

Chouard :

"nous ne sommes pas violent ou non violents, ça dépends du contexte"

"tout pouvoir s’étend tant qu’il ne trouve pas de limite"

Je trouve cet axiome extrêmement important : on l’a oublié. Le pouvoir à réussi à nous faire croire qu’il est "gentil". Mais c’est uniquement parce qu’on est soumis. On le voit avec Internet, ça leur est insupportable, et a moins de partir sur la question du pouvoir, on ne peut résoudre la question de la vie privée, de la liberté sur Internet, du terrorisme, des hackers, etc…

Le problème avec ces nouvelles règles constitutionnelles, comme le fait remarquer Laurent, c’est qu’on arrive d’une part a une liste infinie de pré-conditions, et donc d’obstacles, mais aussi d’autre part de contradictions, sur la manière d’équilibrer le pouvoir sans qu’il puisse être détourné, mais qu’il reste efficace.

Laurent :

"tout régime politique confronté à la guerre se transforme en régime fasciste / autoritariste"

Ce qui débouche sur une question très intéressante : qui dit qu’on est en guerre ou en paix ? qui le décrète ?

Donc par exemple : qui décide d’appuyer sur le bouton nucléaire, et comment ? imaginons que pour décider on passe par un référendum d’initiative populaire … soit, mais s’il faut répondre à une menace dans la minute ? on fait quoi ?

Ils débouchent sur le concept de "rotation des charges" pour que la corruption ne soit pas payante (si le fonctionnaire corrompu n’est plus la dans 6 mois à quoi bon !). On aurait donc des élus temporaire, en charge de professionnels de terrains (le niveau de compétence requis exclue l’amateurisme).

Fabrice Ebelpoin (spécialiste de la surveillance) :

Intervention sur le concret, comment la surveillance généralisée s’est mise en place dans les pays dit démocratiques. Fabrice dit que techniquement on ne peut pas se protéger de la surveillance (ni politiquement d’ailleurs). On peut toutefois leur mettre des bâtons dans les roues. C’est un sujet que je connais très bien, malheureusement, il n’a pas pensé à mentionner quelques fondamentaux : décentralisation et transparence (logiciel libre en somme), sans quoi le cryptage ne sert à rien.

Je l’affirme par ailleurs dans un article en préparation : la surveillance, c’est l’oeil de Sauron, c’est le pouvoir qui contrôle les autres pouvoirs. C’est un point qui revient souvent dans le débat : comment surveiller les détenteurs du pouvoir !

Débat extrêmement intéressant, et salutaire vu notre époque.Surtout si on a envie que les choses changent.

Il me reste quand même un petit reproche à faire. Le blabla c’est bien, mais l’action c’est mieux. Parler des règles c’est bien, mais les essayer c’est mieux. non ? Dans le cas présent, plutôt que de parler des armes, pourquoi ne pas prendre un cours de tir et voir ce que ça fait d’avoir une arme dans sa main ou au moins inviter un policier ? Même si aujourd’hui l’action concrète est clairement découragée en France par tout un corpus technocratique de règles absconses, ça serait encore mieux de joindre l’action à la parole.

Incidents après le match de l’Algérie : Sur le traitement différencié de l’information et la tribalisation


On pourrait en rire si ce n’était pas si grave.

Je profite des événements algériens pour mettre en relief un phénomène important sur Internet : la tribalisation. En l’occurrence, le même événement a donné lieu a des comptes-rendus très différents selon les sources. Rien de nouveau la dedans, ça a toujours existé, cependant, c’est toujours intéressant de le voir en direct, et de pouvoir en mesurer les écarts.

  • http://echelledejacob.blogspot.fr/2014/06/guerre-ethnique-carcassonne.html

    Vendredi, à 1 h 15, une grosse bagarre a éclaté place Davilla entre une centaine de supporters et 12 paras du 3e RPIMa…
    Si dans votre entourage quelqu’un veut s’installer à Carcassonne dissuadez-le. J’ai vu cette ville se dégrader et ça continue…

  • http://www.agoravox.tv/actualites/societe/article/victoire-de-l-algerie-houria-45799

    A Paris, dans le quartier de Barbès, des supporters algériens scandaient des propos fort peu amènes devant les forces de l’ordre : « Allah ouakbar ! Oussama Ben Laden ! »
    A Mâcon, les forces de l’ordre ont dû prendre la fuite face à l’avancée des supporters algériens
    A Maubeuge, quelques histrions tenaient en boucle ce langage bien peu fraternel : « La France est à nous, la France est algérienne ! »
    Sur RMC, un boulanger raconte qu’il a voulu se mêler à la fête des supporters algériens, mais qu’il a reçu en retour des injures… car il était français.
    A Lyon, des supporters algériens tirent au mortier sur la police

Coté français de souches, c’est l’inquiétude. Quand les algériens sont de sortie, il est conseillé de rester chez soi. On rase les murs. On accumule les vidéos violentes, comme pour se donner du courage, ou pour chercher du soutient.

C’est le pompom pour  l’inénarrable Christophe Barbier qui y voit au contraire, en ciblant 2 gus dans la masse, une preuve de vivrensemblitude. Bon lui, il ne doit pas souvent se balader dans les quartiers sensibles avec son écharpe rouge à mon avis ou aller manifester avec les algériens. Mais peu importe, il est la pour nous expliquer, nous éduquer, nous sortir de notre fange de semi-humains.

Dans la presse mainstream on peut voir l’effort de "vivre ensemble" : On minimise les violences (sans les nier) et on rappelle qu’elles sont loin d’être les seules. Cependant, la journaliste en question est algérienne. D’autre part, les autres épisodes violents qu’elle cite sont souvent le fait de racailles du même acabit !

Elle accuse la Lepenisation des esprits : les pauvres immigrés seraient acculés à la violence à cause du racisme rampant des français de souche.

  • http://www.islametinfo.fr/2014/06/30/photo-du-jour-casseur-supporters-algeriens-antifa/

    La technique du chaos pour stigmatiser une population ou faire avorter une lutte est connue. Qui n’a pas vu ces vidéos où des policiers en civil cassent pour faire dégénérer une manifestation pacifique ? Qui n’a pas vu ces groupes de casseurs sortant tout d’un coup d’une bouche de métro pour faire éclater une manifestation en émeute ?

Chez les musulmans l’accent est mis sur des casseurs antifa que se seraient mélangés aux joyeux manifestants, suggérant habillement que la technique des fouteurs de merde aurait été utilisée pour diaboliser les gentils musulmafricains. Toujours l’angle victimaire qui est presque une marque de fabrique. Et puis après tout, pourquoi se gêner puisque ça marche si bien.

Donc pour résumer :

  • le peuple y voient l’échec du vivre ensemble
  • l’élite veut y voir une preuve de vivre-ensemble
  • les médias tentent de minimiser, de rejeter la faute sur le peuple raciste
  • les musulmans bottent en touche, c’est la faute des antifa

La question n’est pas de savoir qui a raison ou qui a tort. La question c’est de constater que les opinions sont radicalement divergentes, et qu’il n’y a pas de dialogue possible. On pourrait rétorquer qu’il y a toujours un dialogue possible, qu’il suffit de mettre les gens autour d’une table et de les faire discuter pour que qu’ils se réconcilient. Certes, et d’ailleurs, beaucoup de monde essaye de le faire. Mais il faut aussi constater qu’il y a d’autres forces à l’oeuvre, et qu’avec le temps, la situation se dégrade tous les jours un peu plus, parce que justement, on ne peut pas mettre tout le monde autour d’une table, et que les gens n’en ont pas forcément envie en plus. Les discours volontaristes ne fonctionnent pas parce qu’ils nient le vécu d’une partie des gens.

Ce qu’on constate au contraire, c’est un processus de tribalisation, avec une tendance à l’œuvre ou chacun se replie sur son idéologie. C’est en partie en réaction à la mondialisation qui fait perdre ses repères à tout le monde, et chacun cherche à échapper à cette aliénation et à se construire de nouvelles certitudes (qui ne peuvent pas s’embarrasser de la contradiction). Internet, au lieu de rapprocher les gens comme les geek utopistes l’avaient espéré (il le fait pour une minorité éclairée seulement) accentue les divisions, les rancoeurs, et les incompréhensions.

La crise et son cortège de malheurs est aussi un facteur explicatif. Tout le monde est tendu du string, se méfie de son voisin, donc la moindre occasion déclenche tout un cortège de système d’alarmes internes : parce qu’on se demande quand ça va finir par nous tomber dessus. Autant les uns que les autres. On est tous sur la défensive.

Il y a aussi une question de "masse", de concentration, des idées et des gens. Je ne sais pas ou sont les seuils qui font basculer les dynamiques de groupes, mais il est clair que c’est un facteur.

Ce phénomène de tribalisation ne concerne pas que la question immigrée, bien au contraire. On a la même chose entre la droite / la gauche par exemple, entre les fonctionnaires / le privé, etc… Le seul remède c’est d’essayer de comprendre le point de vue des autres, de lire des sources très différentes, et si possible, de discuter avec les personnes qui pensent différemment. Mais ça, c’est à titre individuel. A titre collectif, ça ne change rien au fait que la situation se dégrade et va encore se dégrader. Ça nous échappe parce-que les facteurs sous-jacents ne sont pas sous notre contrôle.

Ponzimmigration : 10 musulmafricains oui, 10 millions non


Le débat est intéressant, déjà parce que c’est nouveau sur un mérdia, sans qu’il ne se résume au sempiternel

L’immigration c’est trop bien, parce que ! Et si t’es contre le métissage forcé t’es qu’un raciste, un sous-homme.

Plusieurs points sont abordés qui nécessitent de plus amples commentaires.

L’immigration ça rapporte … peut-être à un minorité, peut-être pendant les 30 glorieuses, mais l’immigration coûte au pays : selon les chiffres très conservateurs de l’OCDE (déjà cité sur le blog). D’autres chiffres (incluant la sécurité, l’éducation, les plans banlieue, la culture de l’assistanat, etc…) donnent un coût de 70 milliard annuels.

Sans compter le coût de la fracture sociale et culturelle d’une nation de plus en plus divisée entre les pro / anti immigration au fil des scandales (prières de rue, Trappes, Bretigny, Trocadero, François Noguier, cantines halal, piscines séparées, etc…). Et sans compter maintenant avec l’implantation durable du djihadisme sur notre sol, qui fait de plus en plus souvent la une des médias.

Ensuite le nombre d’immigrés serait officiellement de 5 millions … oui c’est un peu de la triche, comme pour les catégories de chômeur. Le chiffre "réel" est bien plus important : on serait plus proche de 23% de la population (chiffre évoqué dans la vidéo qui serait un fantasme) si on compte les immigrés et leurs descendants. En 2050 la moitié des naissances seront des descendants d’africains (cf rapport du Sénat déjà cité ici) : ils seront tous des français sur le papier.

Comme pour les impôts, il doit y avoir une courbe de Laffer de l’immigration. A petite dose, c’est enrichissant. A forte dose (c’est la dose qui fait le poison), c’est mortel. Si je vous fait boire un verre d’eau, c’est bien, si je vous fait boire 5 litres d’un coup, vous mourrez noyé.

La France terre historique d’immigration, peu-être (et encore on parle d’immigration intra-européene et on oublie les phases ré-migration) mais d’immigration massive, d’immigration de remplacement, sûrement pas !!!

Dernier point, le modèle américain : eux ce sont des protestants, le multiculturalisme est codé dans l’ADN leur société. Nous non. Nous sommes une république, les communautés ne sont pas reconnues. Ce qui marche (pas si bien que ça qui plus est) chez eux ne peut pas être simplement copié tel quel chez nous. On n’est pas le Brésil non plus. Et puis nous, nous ne valorisons pas le mérite de la même manière : chez les anglo, les aides sont beaucoup moins développées, il faut se sortir les doigts pour réussir, alors qu’ici on peut se laisser couler. Et en plus, nous les incitons à s’installer définitivement au lieu de ne faire que passer. Sans compter qu’il n’est pas dit que la politique des pays du Maghreb soit de nous envoyer les meilleurs éléments, on pourrait même se demander s’ils ne nous envoient pas des charters d’indésirables locaux quand ils sélectionnent les visas …

Revue : Jean Michel Wizenne, anarchisme, métissage, dissidence


Instructeur d’Arts Martiaux, de QI Gong et exerce aussi le métier de musicien professionnel. Je vous proposes ses vidéos qui, sans être révolutionnaires sont enrichissantes, notamment sur l’anarchisme, sujet assez méconnu en général (et puis c’est aussi pour patienter avant les articles plus pêchus en préparation ! lol)

Sur le métissage : très intéressant comme c’est quelqu’un qui côtoie "l’autre" dans sa vie, il sait de quoi il parle. Le métissage, c’est la fin de l’autre, on devient tous mélangés, c’est la fin des différences, des cultures, et donc de la possibilité enrichissement mutuel. Mamadou le sioux, Jean la fatma, et Hatsumi le viking … ça le fait pas, n’importe comment qu’on essaye, c’est comme essayer de faire entrer un carré dans un rond ou l’inverse. Parce que non content de mélanger les cultures, les "races", maintenant on mélange les sexes, les ages.

Sur l’histoire de l’anarchisme, ses penseurs, ses tentatives. Je retient particulièrement l’expérience espagnole … tous les autres (de mémoire : Catho, Fascistes, Communistes, Libéraux,…) ennemis jurés en temps normal se sont ligués pour génocider les anarchistes. Preuve que ce système fonctionnait et menaçait quelque chose de fondamental.

Par contre, je formule une critique sur la légitimité de l’autorité, comme quoi, pour les anarchiste elle ne serait pas démontrée (voire démontrable). La légitimité de l’autorité de l’état découle de son rôle de "pacificateur". C’est le léviathan de Montesquieu : l’état détient le monopole de la violence afin de faire cesser le cercle vicieux des vendettas et les autres formes de violence "tribales". L’état met tout le monde d’accord et en plus protège contre l’envahisseur potentiel.

C’est en tout cas la justification usuelle. Il aurait été bien qu’il le mentionne, ou mieux qu’il contre-argumente sur ce point central, puisque c’est quand même l’un des piliers de notre civilisation. Pour certains, c’est l’état qui justement pervertit / soumet l’homme et le rends violent donc la question ne se pose pas. C’est l’éternel débat "nature / culture".

De ce que j’en sais, l’état à beaucoup fait diminuer la violence, très présente dans l’homme "sauvage" (ce qui fait du bon sauvage Rousseauiste un mythe) : comme l’explique Steven Spinker nous vivrions dans une époque qui n’a jamais été aussi paisible, malgré tout (y compris les deux guerre mondiales).

Fan mais critique : Réaction sur Dieud0 (indépendamment du fond) qui lance une agence publicitaire ad-hoc dans sa dernière vidéo. Très pertinent, d’autant plus que c’est un vrai fan. Après, je pense qu’il oublie que Dieud0 s’est lancé dans une entreprise révolutionnaire (pour de vrai, pas juste pour rire) et que le financement est un passage obligé. Sans jugement.

Pareil : esprit critique sur la dissidence, en l’occurrence certains propos de S0ral. Ne connaissant pas le sujet, je ne peux pas commenter dans un sens ou dans l’autre. Mais je met la vidéo pour ceux que ça intéressera.

 

Controverse : Contre argumentaire du pic pétrolier


La crise peut s’expliquer par le pic pétrolier seul, mais aussi par la finance à elle seule.

Dans cet article je vais défendre le point de vue opposé du pic pétrolier. En général dans un blog on ne fait pas ce genre d’exercice, on a une ligne éditoriale, un public qui l’apprécie, et donc on s’y tient, on ne prêche pas pour l’église d’en face. Mais quitte à brouiller les pistes, ça me paraît important de le faire. C’est d’ailleurs les picquistes qui m’y ont incités ainsi que la lecture du rapport annuel de BP (sorti le 16 juin). Je suis bien obligé de constater que la production mondiale de pétrole, et même d’énergie tout court continue d’augmenter.

Contres-arguments

La répartition de la valeur ajoutée à beaucoup diminuée pour les salaires. Les gens gagnent moins, donc ils consomment moins, et donc, le PIB patine, on compense par de la dette mais cette dette ne fait que renforcer le déclin de la part salariale, et au final on à besoin de moins en moins de pétrole, dont la production croit de moins en moins : non pas à cause de la difficulté de production, mais de la faiblesse de la demande.

Ce n’est donc pas la production de pétrole qui limite l’économie, mais la demande économique qui limite la production de pétrole.

C’est une question fondamentale, car dans un cas, il y a pic pétrolier, et donc gros problèmes à l’horizon, dans l’autre, il y a juste les cycles économiques (plus ou moins) normaux et le business as usual.

Voici depuis 1999 les chiffres de la production :

1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
72293 74983 75213 74991 77639 81054 82107 82593
2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
82383 82955 81262 83296 84049 86251 86808

On voit bien un trou d’air APRES 2008, puis une reprise ensuite. De même un trou d’air léger APRES 2001 et la bulle dotcom.

Je sais bien que ces chiffres incluent les pétrole de schiste, offshore et tutti quanti, mais en volume … ça monte. Ça diminue temporairement après les crises.

On voit bien que ça stagne entre 2005 et 2008 mais la crise n’est pas surgie de nulle part, il y a un processus de maturation. Donc on peut y voir déjà la faiblesse de la demande et dire, à postériori, puisque les volumes ont augmentés ensuite, que c’était bien la demande et non pas la production qui étaient déficients (ou bien un simple phénomène de retard le temps que les investissements deviennent de vrais puits).

Le contre-argument c’est qu’il aurait été prouvé (par Jancovici) que le pétrole diminuerait avant le PIB d’environ 1 an. Le problème c’est qu’il y a des effets retards dans l’économie : on fait des stocks de matière première, d’épargne, de produits, et le bilan comptable n’est fait qu’à la fin de l’année. Je ne sais pas si c’est pareil partout mais les impôts sont payés 1 an plus tard, et les budgets sont votés 1 an à l’avance. On a donc un décalage potentiel d’au moins un an justement… ce qui invalide cette histoire que le déclin du pétrole précède le déclin économique. En plus ce fameux décalage ne saute pas aux yeux. Sans compter que la production de pétrole est loin d’être instantanée : il faut investir et mettre en production les nouveaux puits : ça demande des années, il faut donc une anticipation correcte, sinon vous produisez trop et les prix s’effondrent, ou sinon vous produisez trop peu et les gens croient que c’est le pic pétrolier (et les prix montent).

Autre argument : l’argent est abondant avec les QE et compagnie, donc si l’économie patine, c’est que c’est le pétrole qui se raréfie. C’est oublier la vitesse de circulation monétaire : l’argent à beau être abondante s’il reste sous l’oreiller, c’est comme s’il n’était pas la.

La croissance ou son absence de production pétrolière s’expliquerait par des facteurs géopolitiques et non pas technologiques.

Après la 2ème guerre mondiale, il faut reconstruire l’Europe, ce qui tire l’économie mondiale entière avec les 30 glorieuses et la demande de pétrole s’accélère fortement. Puis vient la guerre Kippour, l’embargo arabe envers tout ceux qui soutiennent Israël. Idem pour le 2ème choc pétrolier, c’est la chute du Shah d’Iran. Cependant en 30 ans, on a reconstruit, et il y tout d’un coup moins de travail et donc, trop de pétrole. Les années 80 voient donc le contre-choc pétrolier ou les prix diminuent fortement mais l’économie patine et l’occident se lance dans la dérégulation pour se redonner un second souffle, c’est le reaganisme et le tatchérisme. Le 3ème choc pétrolier s’expliquerait donc par la crise des subprimes suivie de la crise de la dette, mais surtout par l’arrivée progressive des papyboomer qui mécaniquement saturent l’économie de dette (qu’on leur rembourse à eux notamment) et asphyxient les jeunes.

Et le fait que la production globale mondiale de pétrole augmente fortement en 2013 crédite à posteriori la thèse d’une faible reprise due au travail des banques centrales pour rétablir la confiance. Le pétrole n’a jamais manqué puisqu’il est au rendez vous, a postériori.

Autre argument : en France la consommation pétrolière diminue depuis 30 ans, et pour autant, ce n’est pas la fin du monde, ni même celle de la croissance (même si elle s’étouffe progressivement).

On peut donc faire de la croissance avec moins de pétrole. Même si nous sommes un peu un cas particulier avec le nucléaire, ça montre que c’est possible, et le gaz ou le charbon peuvent tenir ce rôle.

Exemple: un ordinateur consomme 60W, probablement moins que les premiers ordinateurs, pourtant on fait de plus en plus de choses avec : il y a des métiers entiers qui sont basés dessus. Toute une partie de l’économie (qui en plus est en forte croissance) utilise peu ou moins d’énergie au fil du temps et génère du PIB. C’est ce que les économistes nomment le passage à l’économie de service (au lieu d’une économie industrielle). C’est d’ailleurs ce que vit la Chine en ce moment.

Même la fin de Bretton Woods que les picquistes comme moi expliquent par le pic pétrolier USA peut être expliqué par la guerre du Vietnam et surtout le rapatriement des réserves d’OR par les pays tiers (initié par De Gaule). Les pénuries d’essence et les files d’attentes pour faire le plein aux USA n’auraient été que la conséquence de la peur des gens qui se seraient précipités pour faire des réserves (peut-être qu’ils avaient pris ce genre de réflexes à la suite de la crise des missiles de Cuba).

La crise actuelle ne serait pas due au pétrole, mais au statut menacé du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale. Cause ou conséquence, en tout cas, ça secoue !

Conclusion ?

Pourquoi raconter tout ça alors que j’ai longuement défendu le pic pétrolier ?

D’une part parce que je peux me tromper, et il est important de savoir entendre un point de vue opposé au sien. D’autre part, parce que ça montre pourquoi le sujet du pic pétrolier reste cantonné à des débats d’experts et ne perce pas dans les média main-stream. Vu que la courbe de production pétrolière augmente, l’évidence ne prêche pas en faveur d’une quelconque pénurie.

Pire : peut-être que les deux explications ne s’excluent pas, mais se complètent. Peut-être un cycle de pénurie engendre un cycle de demande plus faible qui provoque un moindre besoin de pétrole, et que c’est l’inverse par moment selon d’autres facteurs, comme la psychologie sociale à l’échelle de l’humanité ? Allez savoir …

Ce qui fait que selon la manière dont on regarde, on peut voir une explication ou l’autre.

Pour certains elle tourne à gauche, pour d’autre elle tourne à droite, et si vous vous concentrez vous pouvez faire changer la direction vous même …

Question de point de vue.

Il faut aller plus loin.

Nous avons Steven Koppits qui dit en substance que si le pétrole était la, l’Asie se développerait plus vite qu’elle ne le fait. Mais le soucis c’est ça ne prends pas en compte le changement climatique. L’Asie voudrait bien, mais ne peut point, parce que la bas la pollution est telle qu’ils sont obligés de prendre des mesures. On a aussi les travaux de Gaël Giraud sur la co-intégration du PIB/Pétrole mais au final, la valeur prédictive est assez minime.

Contrairement à ce que je pensais, le débat n’est pas tranché. Au final que ce soit une explication ou l’autre ou les deux, je ne suis pas sûr que ça ne change chose car dans les deux cas nous sommes engagé dans un cercle vicieux qui aboutit à un effondrement soit partiel, soit total de l’économie occidentale.

C’est probablement le temps qui tranchera, et notamment la fin de la bulle des schistes. On y verra plus clair à ce moment la. Le fait que le prix du pétrole ai été multiplié par 4 depuis 10 ans est aussi un indice fort en faveur du pic pétrolier, de même que les besoins en CAPEX (investissements) énormes de l’industrie pétrolière pour les années à venir. Mais ce ne sont que des indices, pas des preuves.

Cette vision plus nuancée / contradictoire permet aussi paradoxalement une meilleure anticipation. Elle permet de comprendre pourquoi 6 ans après Leman Brother l’économie est toujours debout, ce qui à surpris les picquites de la première heure.

Le plus important peut-être, c’est que "je ne sais pas vraiment". Et on doit tous vivre avec ça tous les jours et faire des choix quand même. Non seulement on ne sait pas, mais en plus on ne sait pas si on ne sait pas. Pensez à l’énergie qu’on dépense tous à essayer de se convaincre d’une chose ou d’une autre !

Et puis il y a un avantage à prédire une chose et son contraire : comme ça on peut toujours avoir raison et dire "je vous l’avais bien dit" !!! lol

Jusqu’à quel point sommes nous manipulable ?


Je n’ai pas la réponse. Cependant,vous allez voir qu’on est beaucoup plus manipulable qu’on ne le pense, et peut-être même qu’au final, les "choix individuels rationnels" ne sont qu’une minorité de nos comportements… il est difficile de savoir ou se trouve la limite et même s’il y en a une tant on peut aller loin.

Naïvement je pensais que l’humain est manipulable (plus ou moins) à la marge, en fait, non, l’exception c’est plutôt quand il n’est pas manipulé. C’est un sujet très proche des biais cognitifs, et comme on l’a vu, ils sont plutôt la norme que l’exception, on fonctionne avec eux en permanence.

Je vous proposes les meilleurs documentaires que j’ai pu trouver sur le sujet.

Comment l’argent influence nos actes (déjà proposée) :

L’expérience de l’ascenseur (déjà proposée) sur la pression sociale :

Derren Brown – Mind Control – sur les messages subliminaux, par un mentaliste – très impressionnant

StreetHypnose à Caen – prise de contrôle d’une personne dans la rue en un instant

Comment échapper a une amende par l’hypnose – très intriguant car pour le coup il s’agit de jouer avec un agent de police

StreetHypnose a Toulouse – même veine qu’à Caen

TAVISTOCK la dictature sans larmes : comment faire accepter aux peuples leur propre domination

Dans les secrets de la communication non verbale : la manipulation par les politiciens

Les techniques de manipulation sur la RTS : essentiellement de la sociologie, mais démontre comment des tonnes de choses nous influencent sans que nous en ayons conscience. Documentaire extrêmement intéressant, je vous invites à le regarder, si vous le souhaitez bien sûr [[petite technique de manipulation au passage ! lol]] – souvenirs malléables, publicité rampante, comportement induit, sens trompés [[encore une technique de manipulation : je met des couples de mots censés vous intriguer car vous ne les connaissez pas mais en même temps ils vous sont familiers]]

Jujitsu Politique : (le PDF qui va avec) – la c’est au niveau politique

Pour ceux qui veulent aller plus loin, voici deux documents sur les techniques employées par les services secrets (de vraies mines d’or) :

Maintenant des cas plus ordinaire :

  • Favoriser l’apprentissage en débloquant le corps : ça montre comment la posture corporelle peut influencer les émotions, le stress et nos capacités cognitives en général
  • La fonction de survie de la reconnaissance de pattern qui joue contre nous dans certaines situation : conférence TED sur les biais cognitifs.
  • Qu’est-ce qui décide en nous ? Encore un TED sur les prises de décisions. Je rajoute que j’avais vu un documentaire qui montrait que nous prenons souvent les décisions avant même d’en avoir conscience, et que nous rationalisons nos choix après coup !

Ensuite, et c’est la la partie la plus intéressante, si vous commencez à observer votre quotidien, vous allez constater que la manipulation en fait partie intégrante. Ça peut être même ludique. Quelques petits exemples :

  • On peut calmer une personne en colère non pas en lui parlant et en argumentant mais en la touchant de manière adéquate
  • Faire accepter une demande à un voisin récalcitrant  non pas en jouant sur les poursuites judiciaires ou financières (amendes) mais en menaçant  sa position sociale (bien plus efficace et sans rancune à la clé)
  • Auto-manipulation : pour éviter les petits creux : associer une chanson à la satiété et re-chanter quand on a faim

C’est une introduction, j’y reviendrais car c’est un sujet essentiel à mon avis, mais je dois encore compléter mes recherches.

Vaccination : pour ou contre ?


  • D’un coté la Bachelot qui veut vacciner toute la planète pour une grippe bénigne et faire toucher le pactole à ses amis des labos, le scandale du vaccin contre l’hépatite B, et les enfants qui tombent gravement malade juste après un vaccin.
  • De l’autre des vaccins obligatoire pour aller à l’école ou à l’étranger et scientifiques qui bossent dans des labos améliorer nos conditions de vie.

Que croire ?

Cet article n’est pas tant sur les vaccins que sur notre monde moderne et sa complexité et comment cela nous impacte dans notre quotidien sur des questions "vitales". C’est un "voyage intellectuel" en somme qui peut nous apprendre plusieurs choses.

Les antis

Voici donc un documentaire anti-vaccins assez bien foutu :

Les vaccins ne serviraient à rien. Et rendraient même malade.

J’ai vérifié de mon coté : contrairement à ce qui est dit usuellement la variole n’a pas été éradiquée par les vaccins, mais par la quarantaine. C’est dit dans ce rapport de l’OMS.

1 point donc pour les anti-vaccins.

D’autres études montrent que les enfants vaccinés sont 2 à 5 fois plus malades que les enfants non vaccinés.

Enfin l’étude "interdite" qui prouve (sur des animaux) que l’usage répété de vaccins provoque des maladies auto-imunes.

Wow … donc les vaccins n’auraient jamais fonctionné comme le disent les antis ? Les maladies étaient déjà en train de disparaître avant qu’on n’introduise les vaccins ? Mais alors ils font quoi dans les labos ? Ils font semblant et sont tous complices ? Ça parait un peu gros. Et les médecins ne se sont jamais douté de rien ?

Les contre  arguments

Du coup j’ai enquêté pour y voir plus clair. Première chose, les graphiques expliquant que les vaccins n’ont pas d’impact sur les maladies existent, mais il s’agit du taux de mortalité et non pas de l’incidence (du nombre de malades en gros).

On voit bien que la rougeole à disparu suite aux vaccins :

Ça signifie qu’en réalité on meurt moins des maladies, vaccins ou pas vaccins, ce qui est très logique à cause d’une meilleure alimentation et conditions sanitaires. Par contre les vaccins éradiquent bien les maladies.

Pire, les maladies reviennent si on arrête les vaccins.

Donc la, on est face à un argument en mousse qui montre que les antis ne comprennent pas de quoi ils parlent et mélangent les serviettes et les torchons.

Ensuite, comme l’a expliqué Bronner dans "La démocratie des crédules" on a un effet d’empilement argumentatif. Un néophyte face à tous ces arguments (dont certains sont vrais ou partiellement vrais) anti est submergé et à tendance à croire. Ce serait le même effet à l’origine des théories de la conspiration sur le 11 septembre et autres (sur lesquels je n’ai pas d’avis, je n’ai pas creusé). On a le même phénomène avec la loi de 1973 sur la dette française soit dit en passant, avec des documentaires trompeurs qui font beaucoup de bruit.

Délire

Mais pire. Dans cette vidéo on voit Bill Gates proposer de tuer des millions de personnes grâce aux vaccins pour dépeupler la planète et répondre au défi du changement climatique :

C’est une conférence publique. Les interventions a TED sont très réputées. Vous imaginez l’assemblée des experts applaudir un génocide en étant filmé sur internet ?

Ça devrait nous mettre la puce à l’oreille. En fait la formulation de Bill est certes un peu courte, mais il parle de la transition démographique : si on aides les gens a moins mourir et à être en bonne santé, ils font moins d’enfants, et la population finit par se stabiliser.

Les gens qui vont à TED connaissent ces sujets et comprennent tout de suite de quoi il parle. Mais sur le net, il y a des gens ignorants qui cherchent des preuves du complot, et … en trouvent !!!

C’est le fossé cognitif dont je parlais précédemment. Fasse à un monde complexe, et agressif, si on n’est pas ‘armé’ il devient très anxiogène. La conspiration est une réponse rassurante, parce qu’au fond, elle signifie qu’on a toujours le contrôle, et qu’on peut solutionner la question facilement.

C’est beaucoup plus angoissant de se dire que l’humanité de contrôle pas ce qui se passe. Ce qui est d’ailleurs l’hypothèse que je défends sur ce blog : pic pétrolier, fossé cognitif, complexité, phénomènes émergents, changement climatique … on ne contrôle vraiment pas grand chose en réalité, pas même notre cerveau (biais cognitifs) – ce qui n’empêche pas le monde de tourner plus ou moins bien.

Il faut donc faire très attention quand on cherche sur internet, on peut trouver tout ce qu’on veut. C’est le "biais de confirmation". Il faut être méfiant, et parfois c’est assez compliqué de démêler tout ça. [Je le dis parce que je me fais avoir régulièrement]

Hypothèse

Maintenant, voici mon hypothèse pour expliquer pourquoi d’un coté on a un dialogue de sourd entre les autorités et les anti-vaccins.

Le pot-au-roses serait caché ici :

"Systemic autoimmunity appears to be the inevitable consequence of over-stimulating the host’s immune ‘system’ by repeated immunization with antigen, to the levels that surpass system’s self-organize criticality." (Emphasis added.)

Il se pourrait que les labos testent des vaccins tout  frais, sortis du tube à essai, et donc, à leurs yeux, tout se passe bien. Mais lors de la mise sur le marché pour des millions de personnes, sont rajoutés des adjuvants qui servent notamment à mieux conserver les vaccins.

Ce serait ces adjuvants au mercure et/ou aluminium qui posent problème en affaiblissant, non seulement le virus, mais aussi le système immunitaire de l’hôte. Sans compter l’autre effet de sur-excitation du système immunitaire si on abuse trop des vaccins. C’est peut-être l’une ou l’autre ou les deux des explications qui font qu’entre le labo et ses conditions idéales, et le terrain il y a un décalage et que des gens en sont vraiment victime sans qu’il y ait complot pour autant.

Dans tous les cas, si les vaccins éradiquent bien certaines maladies, c’est probablement au prix d’autres problèmes plus ou moins grave selon les individus. D’autant plus que maintenant on vaccine pour de plus en plus de maladies, on mélange les souches, les adjuvants, et peut-être simplement qu’on abuse. On paye notre vision mécaniste de la médecine. Quand on introduit quelque chose dans notre corps, sa réponse est globale, systémique, et non pas limitée a un organe ou une fonction.

Du coup personne dans l’histoire n’a totalement tort/raison. Il y a bien des intérêts financiers qui faussent la donne, et de la crédulité du coté antis, y compris des médecins s’y font prendre.

Est-ce qu’il faut faire vacciner ses enfants ? C’est obligatoire dans certains cas, et c’est un risque (non négligeable à mon avis – surtout avec les cocktails récents). Donc renseignez vous bien avant. Ce n’est pas un choix facile.

Non pas LE mais LES pics pétroliers


Quand on parle du pic pétrolier, on fait référence au déclin de la production globale, comptée en nombre de barils.

C’est une mauvaise manière, ou du moins grossière, de "compter" qui masque bien des problèmes.

Nous n’avons pas UN mais DES pic pétroliers.

  1. Le pic des exportations / importations (merci valuebreak de me l’avoir rappelé): pour un pays exportateur les soucis commencent bien avant qu’il n’atteigne son pic "local" car sa consommation interne grandi. Quand il exporte moins, sa rente diminue et la vie se complique. Le pic des importations est similaire mais pour un pays qui importe : même si les exportations globalement augmentent, si un pays voisin paye plus que vous, vos importations peuvent diminuer. C’est le cas notamment pour l’occident qui importe de moins en moins car le surplus qui reste part en Asie. Donc même si en volume le pétrole augmente, il en reste moins pour nous de toute manière. Notez que pour l’instant on s’en accommode relativement bien.
  2. Le pic pétrolier "local". Que le reste du monde continue de produire ou pas, si votre pays à passé son pic pétrolier ça a des conséquences. Surtout quand ce pays est les USA. Leur propre pic (1971)  à changé la géopolitique mondiale et les a obligé à se mêler des plus des plus des affaires des autres. Autre exemple l’Égypte qui a passé son pic pétrolier, n’exporte plus, et sombre dans le chaos car ils n’ont plus de ressources pour nourrir leur peuple.
  3. Le pic pétrolier "onshore", c’est à dire du pétrole qu’on extrait sur terre et non pas en mer (ce qui est beaucoup plus cher et compliqué). Étrangement, c’est depuis qu’on a passé ce pic en 1979 que les dettes explosent et que la croissance diminue. Pour les économistes les 2 phénomènes ne sont pas liés. Les dettes sont une conséquences de la "dérégulation".
  4. Le pic pétrolier "per capita" … même si la production augmente, si le nombre de personnes qui consomment augmentent encore plus vite, au final, par tête de pipe il y a de moins en moins de pétrole. Hors ce pic nous l’avons aussi passé dans les années 80.
  5. Le pic du pétrole "pas cher" : certains pétroles sont plus facile à extraire que d’autres (c’est le pétrole "conventionnel", a l’inverse des sables bitumineux, du pétrole en mer profonde, du pétrole de schiste qui sont beaucoup plus coûteux). La limite de ce pétrole est inconnue, on le sait de manière empirique quand on commence à avoir des problèmes économiques, quand l’essence coûte trop cher. Probablement qu’on l’a atteint en 2005 en même temps que le pic du pétrole conventionnel.
  6. Le pic pétrolier "net d’énergie" : en général on raisonne en baril de pétrole. Mais tous les barils ne sont pas équivalents, certains contiennent du pétrole de meilleure qualité que d’autres (entendez qu’il contient plus d’énergie que d’autres), . Ce pic nous l’avons vraisemblablement passé aux alentours de 2010. Ce qui signifie que même si le volume produit augmente, l’énergie qu’on en retire diminue. Mais l’illusion de la croissance est sauve.
  7. Ensuite il y a un autre pic, appelons le "pic induit" : le pétrole est au centre d’un écosystème énergétique. On peut se chauffer au fioul, ou au gaz ou au charbon, et convertir l’un en l’autre (plus ou moins facilement). Donc, même avec moins de pétrole on peut compenser en partie. Mais il existe un seuil ou le manque de pétrole se répercute sur les autres énergies (car il faut bien du pétrole pour extraire le charbon, le gaz, etc…). Ce pic est compliqué à situer, mais il existe, et, semble-t-il, nous ne l’avons pas encore franchi.
  8. Ensuite il y a le pic "relatif" : l’énergie dont on dispose est relative à notre besoin. Aujourd’hui pour vivre une vie "normale" nous avons besoin de plus d’énergie qu’avant. Pour extraire une tonne de cuivre nous avons besoin de 100X plus d’énergie qu’il y a un siècle, parce que tout le cuivre facile d’accès a été exploité. C’est pareil avec les autres composants qui se raréfient partout sur la planète. Bien sûr on consomme moins d’essence pour se déplacer, et l’activité minière est marginale. Il est difficile d’évaluer l’impact réel de ce pic, mais il existe bel et bien.
  9. On peut rajouter le pic de financement (merci captain flemme), qui va précéder de peu le pic absolu : ce pic, qui est en train d’arriver selon Steven Koppits, c’est le croisement d’un coté des demandes en crédit pour augmenter les capacités de production, et un prix de vente du pétrole qui ne peut plus augmenter sans faire caler l’économie mondiale. Ça coûte trop cher d’investir par rapport à ce que ça rapporte. De nombreux projets pétroliers son abandonnés en ce moment même faute rentabilité. L’EIA a chiffré récemment des besoins financiers colossaux dans les années à venir.
  10. Enfin il y a le pic pétrolier "absolu", quand le volume total de pétrole produit en nombre de barils va diminuer. Quand ce pic arrivera il sera trop tard pour faire quoi que ce soit parce qu’on sera en train de faire des arbitrages : (je caricature) doit ont garder l’énergie qui reste pour les hôpitaux ou pour les labos de recherche sur les sources d’énergie alternatives ou pour fabriquer des armes pour voler le pétrole des autres ou sécuriser le notre ?

Les détracteurs du pic pétrolier ne parlent que du dernier point, et se cantonnent à dire "la production de pétrole en volume augmente, ou est le problème ? s’il manque du pétrole, l’Arabie saoudite le produira. circulez il n’y a rien à voir".

Comprenez bien une chose : ce n’est pas la quantité de pétrole qu’il y a sous terre qui compte. C’est la vitesse à laquelle on l’extrait. Faites l’expérience : courrez un 200m avec la bouche ouverte pour respirer. Puis courrez le uniquement avec le nez ouvert. Puis courrez le 200m avec une seule narine ouverte. Puis bouchez vous les narines et courrez en respirant uniquement à l’aide d’un paille. L’air est toujours la, mais si vous ne le pompez pas suffisamment vite, vous ne pouvez pas accélérer votre rythme.

Des hydrocarbures, il y a en pour des milliers d’années sur Vénus et pour des millions du Jupiter. Mais on n’a pas la technologie pour aller les chercher de manière rentable. C’est pareil avec les pétroles de schiste et le pétrole arctique et le reste : ce qui compte, c’est combien on peut en extraire par jour, et à quel prix de revient. "On" nous dit que la fracturation est une percée technologique. C’est faux, la technologie existe depuis des dizaines d’années, elle est simplement devenue rentable à cause du prix élevé du pétrole, et a cause du dumping fiscal qui les accompagne et des taux bas des banques centrales. En gros, on est des rats qui avons mangé toutes les croquettes et on se rends compte que le paquet en carton peut aussi remplir l’estomac.

Donc, sans pétrole abondant l’économie mondiale ne pourra pas tenir la distance ou maintenir sa vitesse, et donc la croissance de son PIB. Sans PIB, ça signifie : dette qui monte, chômage qui augmente, inflation … Pour commencer, parce que ensuite, ça signifie : conflit pour l’accès aux ressources, concurrence exacerbée entre les pays et au sein d’un pays. Ensuite ça signifie que tout le "luxe" de nos sociétés (retraites, sécurité sociale, congés payés, indemnités chômage, éducation gratuite) seront impossible à maintenir. Ensuite, c’est insécurité, instabilité politique. Puis guerre, guerre civile, révolution, coup d’états, révoltes, etc…

Le pétrole n’est qu’un "symbole", il n’est pas la seule ressource concernée, ce n’est que la ressource "directrice" (celle qui a le plus d’impact sur les autres). Aujourd’hui, nous avons atteint le pic du phosphore, composant essentiel des engrais. Hors, sans cet engrais, la production agricole serait énormément réduite car les terres sont "mortes" et il faudrait 20 à 30 pour qu’elles renaissent. L’eau manque et on en a besoin de plus en plus pour toutes sortes d’usages. Les terres arables sont aussi menacées. Le poisson devient un luxe parce qu’on pèche tellement qu’on empêche les poissons de se reproduire, et ils sont de moins en moins nombreux. Etc…

Tout cela est masqué parce que les supermarchés sont pleins, les périphériques bouchonnent, et que de plus en plus de monde est obèse et qu’on a des super gadgets.

Mais en réalité nous sommes en sursis. parce que nous avons dépassé les 5 premiers pic, et probablement les 3 suivants. Il ne reste plus que pic pétrolier absolu et le pic financement qui le précède de peu. Et quand celui ci arrivera, tout peut se produire. Les marchés peuvent capoter, l’économie s’arrêter net, et même on pourrait encore continuer à faire semblant en certain temps. On pourrait vivre un basculement rapide, ou continuer le lent déclin. Mais la situation peut basculer à tout moment depuis 6 ans. Elle à déjà basculée dans de nombreux pays, le dernier en date étant l’Ukraine. Les manifestations visibles n’ont rien à voir. Les gens se déchirent pour des questions de langue, de culture, de frontière, de politique, et parfois pour des détails (pensez a la Turquie qui a connu de gros remous a cause d’arbres qu’on allait abattre..). En France la crise se manifeste sur des questions sociétales qui opposent la gauchosphère et la fachosphère : famille, immigration, drogues, Europe … Mais ce ne sont que des prétextes au fond, les vrais problèmes sont ailleurs, puisqu’on pourrait très bien co-exister malgré toutes ces oppositions. Le problème final se situe dans le porte monnaie : qui va payer, qui va devoir sacrifier son niveau de vie, et pour quelle raison. Et on perds complètement de vue les raisons structurelles, profondes, de la crise … si tant es qu’on les ai jamais aperçus.

Aujourd’hui les signaux s’accumulent laissant penser à une nouvelle crise "à la 2008", mais en pire, parce que les problèmes sont plus importants, et parce que les états sont déjà exsangues. Cette fois, pas de cavalerie pour nous sauver in-extremis. Il ne faut pas oublier que les banques centrales sont pied au plancher (taux d’intérêt négatif pour la BCE, injection massive de dizaines de milliards par la FED tous les mois), les statistiques sont trafiqués jusqu’à la moelle pour masquer la situation (inflation, dette, PIB, chômage sont tous maquillés), les règles comptables ont été adoucies (depuis 4 ans pour que les banques ne fassent pas toutes faillites d’un coup), etc…

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