Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

Archives Mensuelles: octobre 2009

La crise systémique


Ce sujet fait suite à panique économique que j’avais démarré début 2008 sur un forum.

Même si on peut faire remonter cette crise très loin, je vous propose rapidement quelques dates saillantes qui ont marquées le déroulement de cette crise.

  • 22 juillet 1944, les USA suite à la guerre dont ils ont largement profité (et même en partie provoqué) se retrouvent avec 80% de l’or mondial, et font du dollar la monnaie d’échange international, indexé sur l’or.
  • 15 août 1971 Nixon, suite à la guerre ruineuse du vietnam, décide que le dollar n’est plus convertible
  • 24 mars 2006, quelques crise/bulles économiques plus tard, les USA décident de ne plus publier le M3, un indicateur économique central, rentrant dans un mode "je cache la poussière sous le tapis"
  • été 2007 la crise des subprimes éclate
  • 15 septembre 2008 Leman Brother fait faillite et menace d’emporter l’économie mondiale avec lui
  • 14 avril 2009, la FED décide d’employer (officiellement, c’est à dire qu’il n’était plus possible de le cacher) les outils "non conventionnels" : planche a billet pour payer la dette des USA.

On nous dit aujourd’hui que la crise est finie. Les mêmes personnes qui ne l’ont pas vue venir. Les même personnes qui n’ont rien soupçonnées durant tout 2007-2008 alors que le tsunami approchait.

Est-ce une crise économique ? Non. C’est bien plus que cela. La crise est totale.
C’est une crise qui touche tous les domaines de notre vie, de notre société : l’écologie, la santé, la science, le climat, la finance, l’économie, la démographie, la politique, l’alimentation, énergétique.

Tous ces domaines, a des degrés divers, sont frappée d’une crise profonde, montrant que tout est relié. Notre mode de vie occidental est en faillite, pas seulement nos banques.

Que pouvons nous attendre de la suite ?
Le pétrole peu cher, c’est fini. On a passé le pic oil (AJOUT 29/10/10 : confirmé depuis). Idem pour les autres sources d’énergie de grande échelle. L’énergie, dont le contrôle a assuré prospérité mais aussi pouvoir à notre société, et nos dirigeants va devenir progressivement rare et difficile à se procurer. L’économie va retrouver son sens étymologique. Sans alternative, d’ici une ou 2 générations on va se retrouver dans un mode de vie plus ou moins moyenâgeux, car la dépendance de notre industrie est trop forte envers le pétrole "gratuit".
Nos villes ne seront plus adaptés à ce contexte, ni notre gaspillage.

Concernant les USA, la vitesse de leur effondrement est proprement fulgurante à l’échelle de l’histoire. Le dollar est en sursis et peut couler d’une minute à l’autre alors que l’or et le pétrole sont repartis à la hausse. La déflagration nous touchera ici en Europe et en France. En tant que vassaux de l’empire nous ne pourront éviter des conséquences plus ou moins fâcheuses. Aujourd’hui la chute des USA est irréversible car ses détracteurs s’enhardissent tous les jours un peu plus, et ses alliés s’éloignent d’autant.
Les pays (Chine, Russie, Brésil, Inde, Iran, Vénézuela, etc..) multiplient les accords commerciaux hors dollar a grand pas. Les chinois et les japonais depuis le revirement politique spectaculaire récent se débarrassent progressivement de leur stock de dollar.

Toute reprise économique sera tuée dans l’oeuf par la spéculation sur le pétrole, par le carry trade sur le dollar. Bien d’autres facteurs montrent qu’elle n’est pas possible. C’est un voeux pieux, qui prendra encore de cours nos ministre de l’économie l’année prochaine qui sera décisive pour la suite des événements.

A quoi faut-il s’attendre ?
Guerre civile ? fermeture (temporaire) des banques ? succession de "petites" crises ? éclatement de l’Europe et fin de l’euro ? Insurrection ?

Difficile à dire, car cela dépends de beaucoup de facteurs dont certains choix qui ne sont pas encore faits, même si on voit bien la direction prise.

Ce qui est certain par contre c’est : augmentation drastique des impôts, diminution non moins drastique des services sociaux, augmentation de la criminalité, de l’insécurité, des tensions en tout genre. Les plus faibles et les plus démunis souffriront en premier, comme d’habitude :-(, et cela ira en s’empirant jusqu’à ce que quelque chose lâche …

Mais cette crise est aussi une opportunité pour ceux qui souhaitent vivre autrement. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Cela va nous pousser vers plus d’indépendance, d’autonomie. En bref, nous allons pouvoir sortir de l’assistanat et de l’infantilisation pour grandir (espérons sans trop de douleur) vers un mode de vie plus mature et responsable.

Il va falloir cesser de s’en remettre aux politiques pour notre avenir, aux lobbies pharmaceutiques pour notre santé, aux banquiers et assureurs pour notre argent et notre sécurité, aux policiers pour notre ordre, aux religieux pour notre spiritualité, aux télés pour nos pensées, aux supermarchés pour notre nourritures, etc… Fini la fausse facilité et les excès.

La reprise sous perfusion


Il deviens de plus en plus clair aux yeux des commentateurs et journalistes, et même, chose incroyable, chez les économistes que la reprise ne se fera que sous perfusion. C’est à dire qu’il est demandé à l’état de porter l’économie à bout de bras.
Le marché est malade, l’état lui donne son sang, mais le marché est une outre percée, et l’état commence à se rendre compte qu’il va juste se vider de son sang lui aussi. Alors bien sur, la facture nous sera reversée, sous forme d’impôts, de sévérité, d’austérité, et moins de services sociaux.
Mais jusqu’à quand cela va-t-il durer ?

L’économie à montré des signes de reprises grâces aux aides à la casse qui ont "boosté" pour un temps les ventes de voitures, mais une fois le parc renouvelé artificiellement, quand la prime s’arrête, alors la demande est d’autant plus faible que tous ceux qui pouvaient ont déjà fait leur courses. La chute est d’autant plus importante. Et même avec les primes, ce ne sont que des petites voitures qui se sont vendues. La chiffre d’affaire n’est pas au RDV. Pas de quoi faire grimper les actions. Pas de quoi alimenter la sacro-sainte croissance.
Idem dans les autres domaines tels que le bâtiment.

C’est la que les choses vont se corser. Aux USA le mouvement des "tea party" (contestation sociale) prends de l’ampleur. Obama a signé pour une taxe sur les pneus chinois qui ont aussitôt répliqué sur les poulets.
"Soyez en bonne santé, et si vous êtes malade, mourrez vite" résume les nouvelles politiques de sécurité sociale qui fleurissent dans les pays riches.
Ce ne sont que des petits symptômes avant coureurs mais la réalité est la et va bientôt nous rattraper.

Avec leurs primes, leurs milliers de milliards de dollars déboursés, les états ont acheté du temps. Qu’ont-ils fait avec ce temps ? en 3 G20, le bilan est :

  • une liste grise des paradis fiscaux (états non coopératifs) qui se limitent a la fraude de particulier (les entreprises et les banques n’étant pas concernés)
  • une mesurette sur les bonus des traders
  • et bientôt un impôt ridicule sur les transactions financières

En un an, les politiques ont minimisés l’ampleur de la crise. Soit. On peut comprendre si le but est de ne pas affoler les populations. Mais rien n’a été fait pour éviter qu’on ne replonge dans les mêmes problèmes. Au contraire, les banques "too big to fail" (trop grosses pour faire faillites sans mettre à terre l’économie mondiale) sont encore plus grosses. L’opacité et la complexité de l’économie sont encore pire. Les excès de la finances repartent de plus belle :
Le marché des "subprimes" étant mort, c’est à dire, le marché visant à plumer les pauvres, maintenant, c’est le marché des assurances vies qui est visé. Concrètement, il s’agira de parier sur la durée de vie des gens, et, bien sûr, de toucher un max s’ils meurent plus vite.
Ca tombe plus vite, les politiques parlent de plus en plus de réduire la population mondiale.

Voila ou nous en sommes, sans compter que d’autres bulles (les CDS, les LBO) nous menacent.

Donc, avec le temps le temps gagné, ils ont tout empiré.

Maintenant, combien de temps la situation va-t-elle tenir ? c’est impossible de le dire, mais, ce qui est certain, c’est qu’elle peut dégénérer (très rapidement) à n’importe quel moment. Qu’est-ce qui portera le coup fatal ? c’est difficile à dire. Mais les états sont a bouts de force et ne pourrons plus compter sur la confiance de leurs populations au prochain round. Je pense qu’ils le savent.

Malheureusement, le pessimisme est la seule option.
Par contre, dans l’absolu, ce qui se passe n’est pas une mauvaise chose puisque le modèle consumériste occidental à fait long feu. Il est temps de passer à autre chose. Mais la transition pourrait être beaucoup plus facile si elle était un minimum anticipée et gérée. Dans tous les cas, quelque chose de nouveau va naître de cette crise. A nous de faire en sorte d’y participer pour le meilleur.

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