Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

Pourquoi j’ai retiré mes sous des banques ?


J’ai retiré toute mon épargne des banques (PEL+assurance vie). On me demande parfois pourquoi ?

Les banksters ont du pouvoir parce qu’on le leur donne. Ni plus ni moins. Retirer ses sous, c’est leur retirer ce pouvoir et c’est envoyer un message clair et sans ambiguïté aux "dirigeants". Cela signifie "vous avez trahi ma confiance". C’est plus efficace qu’aller manifester (pour ceux qui y croient encore). Au moins cet argent la ne servira pas à spéculer sur le prix  de la nourriture, ou a gonfler les prix de l’immobilier.

D’autre part, c’est une manière de protester contre les abus du capitalisme. Je ne suis pas contre le capitalisme (du mois son idéal), mais aujourd’hui, c’est devenu n’importe quoi. Et en plus, je ne crois pas que la version qu’on met en pratique actuellement (a base de banques centrales notamment) peut nous aider a sortir de la crise, au contraire, ca participe du problème.

De plus, les assurances vies, en période de "défaut sur la dette d’état"comme en ce moment, vous m’excuserez, mais je préfère prendre mes dispositions avant qu’il ne soit trop tard. La crise argentine est très édifiante. Et de toute manière historiquement il vient toujours un moment ou les dettes ne sont pas remboursées.

La garantie d’état qui monte à 100 000€ ca devrait vous mettre la puce à l’oreille au contraire. Pourquoi font-ils ça d’après vous ? pour rassurer. Et s’ils veulent rassurer c’est qu’il y a problème. Ils n’auront pas les moyens de garantir massivement de toute manière.

Enfin l’argent perds de la valeur ??? pas en période de déflation comme en ce moment. C’est une question de timing. Si on entre en hyperinflation alors oui, c’est mauvais. Sinon, pour le temps d’y voir plus clair et vu que l’immobilier a toutes la chances de chuter quand les taux remonteront … au contraire, on y gagne.

De toute manière, je me fiche de grapiller quelques pourcentages ici ou la, c’est ces fichus pourcents qui rendent le monde malade. La course au retour sur investissement. Si je perds un peu, je m’en fiche.

Je prends l’exemple du site "leboncoin" … on peut y revendre pas mal de truc, mais pas cher. Parfois ca fait mal au coeur de vendre un meuble presque neuf 1/3 du prix ou du matériel pour presque rien. J’ai l’impression d’y perdre, et je me dis que j’aurais mieux fait de garder ce qui aurait pu m’être utile encore, au cas ou. Puis après je réalise que si j’ai vendu par cher, j’ai aidé quelqu’un. Qui n’aura pas a payer le prix fort dans un supermarché. Ca fait diminuer d’autant la consommation et la sur-consommation. Et puis en fait, moi aussi je profite des bas prix d’un autre. Au final, tout le monde y gagne.

La c’est pareil. Je renonce a mes petits "intérêts", mais je les récupérerait ailleurs.

Post initial sur le forum "oleocène" pour voir la discussion d’origine.

(Ajout 24/11/10) : une enquête sur l’utilisation de l’argent des épargnants par les banques confirme que l’objectif de rendement les faits investir dans des opérations destructrices pour la planète.

(Ajout 04/01/11) : après l’appel spectaculaire et symtomatique d’Eric Cantona nous découvrons qu’il y a bien un bank run en cours en Grèce, qui précèdera celui d’Irlande et du reste de l’Europe ensuite. Il n’y aura pas d’argent pour tout le monde. Il faut "savoir" que d’ici 2013 il est prévu de mettre en place un mécanisme de décote sur les obligations en Europe. Cela signifie que les obligations n’en seront plus (lol), et surtout que vos assurances vies ou autres placements "sûrs" pourront être sabrés à volonté par les politiques. Mais bon, je dis ça, je dis rien ;-) . Les besoins de recapitalisation des banques en Europe sont estimés a mille milliard d’Euros selon la BRI. C’est vous qui allez les leurs donner ? pas moi en tout cas.

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34 Réponses à Pourquoi j’ai retiré mes sous des banques ?

  1. Virgile octobre 3, 2010 à 6:40

    Bonne initiative… Votre argent retiré des banques, je ne vous conseille pas de le conserver en cash. La monnaie papier perd de son pouvoir d’achat à vitesse accélérée, quoi qu’en disent tous les indices officiels d’inflation. La déflation n’est qu’apparente.

    Je serais vous, j’achèterais de l’or – de l’or physique, en pièces par exemple. D’ailleurs, quel que soit le scénario, inflation ou déflation, l’or est gagnant. Mais la raison principale pour laquelle il monte aujourd’hui, et continuera encore longtemps de monter, c’est que comme vous le dites, la confiance dans le système économique et financier est en train de disparaître.

    Acheter de l’or, c’est dénoncer les errances du capitalisme financier organisé par les Etats et les banques centrales.

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  6. Chantal novembre 29, 2010 à 6:47

    J’ai également retiré mon assurance vie et je l’ai mise à la NEF ; j’espère avoir bien fait….

    Par contre, j’ai des obligations SG qui sont encore bloquées, je ne sais pas si je vais pouvoir les récupérer, alors qu’il s’agit de l’argent que j’ai touché après 12 ans de combat en justice, pour un licenciement.

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  8. M.H. janvier 6, 2011 à 4:31

    Manifester en retirant l’argent des banques, si elles sont responsables, pourquoi pas. Il faut savoir qu’elles avaient tout intérêt à prendre des risques, parce que le gouvernement donne pas mal d’incitatifs. Le FDIC, vous connaissez ?
    La spéculation sur l’immobilier, c’est bien gentil, mais vous ne parlez pas de Freddie Mac et Fannie Mae, vous ne parlez pas non plus des injections continues de la Fed depuis toutes ces années. Les prix augmentent parce qu’il y a des injections permanentes et parce que le crédit trop bon marché a incité à l’endettement massif. Il faut comprendre aussi que lorsqu’un prix augmente, le principe économique est le suivant : l’offre s’adapte à la demande et résorbe les fluctuations de prix. Dans le cas de l’immobilier, il faut comprendre que les réglementations en tous genres ont tout simplement empêché l’offre de croître quand elle en avait besoin (en France également, l’immobilier est sur-réglementé : zonage, limitation des hauteurs, des constructions…). Ensuite, on avait des credits agencies qui se sont amusées à coller des triple-A pour tout le monde. A cause de qui ? De la SEC.
    http://analyseeconomique.wordpress.com/2010/12/21/agences-de-notation-plus-de-concurrence-ou-plus-de-conflits-dinterets/

    Je pense qu’on se fait trop d’idées à leur sujet, et qu’on aime à leur prêter des pouvoirs que les banques n’ont pas. C’est facile de faire porter le chapeau sur les marchés financiers quand les réglementations exacerbent les tentations à la prise de risques. Ce qu’on voit : elles ont pris des risques. Ce qu’on ne voit pas : on "leur a fait" prendre des risques.

    • yoananda janvier 6, 2011 à 4:48

      Oui "on" c’est nous, c’est moi, qui leur demande un certain pourcentage d’intérêt sur mon épargne ! Bien sûr que les banques ne sont pas toutes seuls. Mais on peut se renvoyer la balle pendant longtemps, ou bien, on agit en accord avec soi-même.
      Oui je connais FDIC, SEC, FED, GSE, & co … ils ne sont que des rouages "lointains". Ma banque est un rouage accessible sur lequel je peux avoir un impact. Idem sur l’immobilier, je peux participer à la bulle en prenant des DeRobien ou autre défiscalisation (qui au final font monter les prix) ou pas … bien sûr "on" est incité à le faire. Mais est-on obligé de systématiquement succomber à la tentation ? Et les banques aussi.
      Oui on remonte toujours a ce système de concurrence darwinienne entre agents économiques promu par un libéralisme prédateur. Mais on peut faire autrement ! Cf l’Open Source par exemple.

  9. M.H. janvier 6, 2011 à 6:02

    Non bien sûr, on n’est pas obligé de succomber à la tentation. Mais ça n’enlève rien au fait que quelqu’un derrière donne les incitatifs pour. Sans incitatifs, on en serait encore là aujourd’hui ? Puisque vous admettez qu’on nous a incité au risque, comment mettre cela sur le dos du capitalisme ? Les agents économiques (vous comme moi) répondent à ce genre d’incitatifs; comme des assurances chômage élevées peuvent parfois encourager à la paresse.
    FDIC, GSE, SEC… j’insiste : ce ne sont pas des rouages lointains. Quand on encourage les prises de risques et qu’on assure qu’en cas de faillite, on est renfloué, vous appelez cela libéralisme et responsabilité ? Ou c’est moi qui ait une conception étrange de la responsabilité (pourquoi pas). L’état rend les individus irresponsables en voulant se substituer à eux, en leur donnant un faux sentiment de sécurité qui leur donne plus de latitudes.
    Si on réagit aux incitatifs, ce n’est pas une raison pour tolérer les incitations perverses.

    Vous croyez que nos gouvernements sont tous choupinous, qu’on doive leur faire confiance et qu’ils n’ont rien à se reprocher ? Alors pourquoi taper sur les banques ?
    Parce qu’à vous lire, le gouvernement n’est responsable de rien.

    • yoananda janvier 6, 2011 à 11:42

      dans cet article oui, mais sur le reste du blog non ! lol
      Je tappe aussi sur les gouvernements et les dirigeants.
      Tout ce joyeux petit monde qu’on appelle "l’oligarchie" en sommen, qui s’étend des politiques aux multinationales en passant par quelques militaires, labos pharmaceutiques, et financiers, et qui sont organisés en sociétés secrètes avec quelques familles bien mafieuses en haut de la pyramide.
      Mais l’état, je n’ai aucune latitude d’action sur lui contrairement aux banques ! Ce n’est pas un pauvre vote dans un jeu totalement truqué une fois tous les 5 ans qui va y changer grand chose. Donc, reste les banques, qui sont le maillon faible, en définitive. C’est pas plus compliqué que ça.
      C’est l’ensemble du système qui est atteint.
      Je me fiche du nom qu’on lui donne ou de qui sont les responsables a l’autre bout de la planète. J’agis au niveau ou je peux pour cesser de l’alimenter.
      Non pas que le système soit mauvais en soi (il nous a bien servi jusque dans les années 70). Mais il est déséquilibré actuellement. Au point de menacer notre santé, notre survie, notre bonheur. Il n’est plus adapté au contexte actuel (peak oil & crise environnementale & la pression progressiste d’internet).
      Les banques ne sont pas mauvaises en soi non plus. Elles sont mauvaises actuellement, sous leur forme actuelle. (on les aurait laissé faire faillite, ou bien on aurait créé des good bank ou plein d’autres solutions ca serait différent – mais les politiques les ont encouragées) Les banques ne sont pas pire que les politiques, mais pour parler aux politiques il faut toucher au portefeuille, au PIB, a la croissance, c’est le seul message qu’ils entendent. Et il n’y a qu’un moyen de le faire : via les banques. (et sortir du consumérisme)

  10. M.H. janvier 7, 2011 à 1:37

    yoananda,
    "Donc, reste les banques, qui sont le maillon faible, en définitive. C’est pas plus compliqué que ça."

    Comme je l’ai dit, les banques ne sont pas responsables à proprement parler. Vous cherchez des excuses pour taper sur elles, vous essayez de vous persuader que les banques ont plus de pouvoir qu’elles n’ont. Oui, d’une certaine manière, l’économie repose sur les institutions bancaires. Mais en principe, elles ne peuvent pas faire n’importe quoi, sauf si les risques sont quelque part subventionnées. N’oubliez pas que les banques craignent la ruée bancaire. On a vu récemment qu’elles ont agit comme si elles ne craignaient pas la ruée. Ça ne vous choque pas ? Non, puisque vous savez tout ça.
    Le problème c’est que vous avez des à priori anti-marché, vous préférez donc rejeter la faute sur le privé "par principe", et certainement pas au nom de la raison. Vous n’êtes peut-être pas impartial, d’accord. Mais il ne faut pas semblant du contraire.
    Si vous voulez "agir", je ne pense pas que c’est en boycottant les banques que ça va changer quoi que ce soit; ça, c’est le mauvais bout de la raison. Ce sont nos institutions qu’il faut boycotter. C’est ça, prendre la raison par son bon bout. Sous prétexte que les banques sont plus faibles que l’état, vous vous attaquez aux banques. Ce sont plutôt les réglementations qu’il faut faire tomber, bien au contraire. Et ça ne se fera pas en suivant les conseils de Saint Cantona. Parce que les réglementations demeureront, la Fed demeurera, encore et toujours.
    D’après moi la meilleure façon de parler aux politiques, c’est de les renseigner et les informer. Ce sont les réglementations du passé qui ont causé tous ces bouleversements. Ce n’est donc pas en rajoutant des réglementations, coûteuses qui plus est, qu’on s’en sortira. Votez Ron Paul, pas Cantona.

    Les crises bancaires sont loin d’être inhérentes au capitalisme, loin d’être ce que vous croyez, ce que vous "voulez".
    http://analyseeconomique.wordpress.com/2010/12/03/george-a-selgin-the-theory-of-free-banking-money-supply-under-competitive-note-issue-1988-111/
    Et dans le même ouvrage que j’ai commenté/traduit, Selgin montre comment le système bancaire écossais du 17ème siècle, libre alors, avait fonctionné. Et plutôt bien en fait. Malheureusement, cette épisode de free banking est peu relatée dans le cercle de l’économiste mainstream qui a lui aussi des a priori anti-marché, alors pour le citoyen lambda…

    • yoananda janvier 7, 2011 à 2:21

      Je vous suggère de jetter un oeil au résumé du blog.

      Faut de tout pour faire un monde. Moi je tape sur les banques, vous vous éduquez les politiques (a supposer qu’il vous écoutent vous plutôt que leurs copains qui financent leurs campagnes – lol), vous votez Ron Paul (moi je suis Français, je peux pas)… je crois surtout que vous cherchez des excuses pour rester tranquille pépère… mais demandez aux Tunisiens … on est juste les prochains sur la liste.

      J’ai expliqué pourquoi il y avait urgence. Et aussi parce que notre société régresse dans presque tous les domaines, en dehors des gadgets / loisirs.

      Je ne diabolise pas le principe des banques, je critique les banques sous leur forme actuelle. Et vous faîtes de même il me semble. Les réglementations aujourd’hui sont devenues un grand foutoir : elles sont faites en partie par les gens qu’elles sont censées réguler. Elles sont tellement complexe et opaque qu’elles sont : facile a contourner, facile a exploiter pour faire de nouvelles "arnaques" (en exploitant l’asymétrie de l’information).
      Je ne diabolise pas les marchés non plus. Je critique les marchés sous leur forme actuelle pervertie.

      Ce sont des outils. Comme un marteau : on peut s’en servir pour enfoncer un clou ou pour défoncer un crane. On peut s’en servir pour clouer une brèche ou pour clouer une cloture …
      Actuellement, vous avez compris que ce n’est plus le cas.

      • M.H. janvier 7, 2011 à 2:50

        Justement, nous ne parlons pas de la même chose. Vous dites que les réglementations ont provoqué la crise, mais en vérité, vous dites "ce sont les mauvaises réglementations qui ont provoqué la crise", tandis que moi je dis "ce sont les réglementations tout court". Parce que certains systèmes libres ont fonctionné dans le passé, sans réglementations. Dans votre cas, l’affirmation sous-entend que ce sont de "bonnes" réglementations qui vont pouvoir réguler les banques, sous-entendu que le système bancaire ne peut pas s’auto-réguler, chose qui n’est pas fondée. Je vous ai fourni un lien, si vous n’avez pas d’apriori sur le marché libre, lisez-le. Vous apprendrez des choses.

        Vous tapez sur les banques, mais comme je le dis, les réglementations demeurent. l’essentiel du problème demeure, et vous ne faites rien pour changer cela; donc vous perdez votre temps. Pire. En attaquant le système bancaire, vous donnez raison au gouvernement, qui croit qu’un système bancaire saint doit forcément passer par une réglementation adéquate, ce qui non seulement est coûteux mais en plus, complètement inutile. Renseignez vous sur le système bancaire écossais. Lisez Selgin et Sechrest.

      • yoananda janvier 7, 2011 à 4:01

        ha oui ! je n’avais jamais réfléchi a cet aspect "réglementation". Je ne pense pas que ca remette en cause ma démarche. Ca voudrait juste dire que je mettrais mes sous dans une banque non réglementée ;-)
        J’ai pas le temps de lire tout de suite, mais je vais regarder.
        J’ai tendance a penser au fond de moi "ultralibéraliste" mais je pense pas que ca soit applicable a l’ensemble de l’humanité. C’est mon a priori du moment.
        Mais je crains que le marché soit aussi utopiste que le communisme au final. Faut composer avec les appétits de pouvoirs des humains.

    • yoananda janvier 7, 2011 à 11:56

      J’ai parcouru votre article sur Selgin.
      Je n’ai jamais eu de doute sur le fait que les banques centrales n’étaient qu’une vaste arnaque !!!! lol
      J’en parle d’ailleurs dans un de mes posts avec une approche plus intuitives certes, mais, tout ce qui est "central" n’est pas une bonne idée (sauf pour le "centre" en question qui profite de la situation). C’est juste une question de "mafia" qui s’arroge le pouvoir de création monétaire. C’est tout, ni plus ni moins.

  11. M.H. janvier 7, 2011 à 1:48

    A propos du consumérisme, qui soit disant n’est plus viable aujourd’hui (depuis les années 70, d’après ce que vous dites). Il faut comprendre que la croissance n’est pas une fin en soi, sauf pour nos politiques. Si grâce aux efficiences de productivité et aux nouvelles méthodes de travail, on fait de la croissance, c’est bien. On ne s’en plaindra pas de devenir plus riche. Tout le monde y gagne.
    Maintenant, si effectivement, il manquera bientôt des ressources, ou qu’à cause de l’absence de propriété privée, on a des phénomènes de "tragédie des communs", la régulation peut aussi se faire d’elle-même. J’entends ici et là semble-t-il que les services sont extrêmement énergivores. Soit. Si ça consomme trop, le prix des ressources se raréfiant va augmenter, et ça se répercutera sur les coûts de production qui deviendront intenables. Au final, les activités les plus énergivores et les plus "dispensables" disparaitront, à cause du manque à gagne.
    Si vous avez une telle aversion pour la croissance, du fait qu’elle n’est pas tenable éternellement, pensez à ce que j’ai dit. Le prix des ressources aura tôt fait de supprimer les activités énergivores, qui seront remplacées par des activités plus économes en ressources.

    • yoananda janvier 7, 2011 à 2:30

      La encore les choses sont un peu plus subtiles dans mon esprit que ce que le blog laisse paraître.
      Je ne suis pas contre la croissance. Je suis contre la croissance à tout prix, parce que la croissance suppose plusieurs choses : elle est la pour perpétuer le système des dettes, des promesses que les politiciens on faites en définitive ! Faites aux rentiers notamment.
      Je suis pour la croissance infinie des connaissances, mais pas pour celle de l’exploitation, ni de ressources naturelles, ni des hommes.
      Oui, sur le manque des ressources, le prix est impacté sur le long terme. Mais sur le court terme, les politiques faussent le jeu, avec la PAC, avec les dettes, avec le protectionnisme et d’autres tricheries. En ce moment justement on est rattrapé par la réalité. Et au lieu de faire face, les politiques veulent essayer de tricher encore plus !

      Mais, comme l’a expliqué Paul Jorion, la loi de l’offre et la demande est un mythe. Plus exactement un cas particulier. Le prix est avant tout fixé par un lutte de pouvoir. La loi de l’offre et la demande n’étant que le cas particulier ou les forces sont en équilibre.

      Le consumérisme est encore "viable". La preuve, on est toujours la. Mais en réalité, il aura du s’estomper a partir des années 70/80. Je sais plus dans quel post (ha oui ici)j’ai expliqué que c’est a ce moment la que les politiques ont délibérément choisi de lancer la machine a dette pour continuer la goinfrerie.

      • M.H. janvier 7, 2011 à 3:03

        En quoi la croissance perpétue la dette ? C’est nouveau. Bien sûr, l’incapacité des gouvernements à allouer les ressources de façon efficace fait qu’il ne peut pas créer des richesses et donc qu’il ne peut pas rembourser ses propres émissions de dettes, si c’est ça que vous dites, alors ce n’est pas intrinsèque au marché.

        Sur les prix faussés, je vous rejoins. Quand on ne fait pas payer le coût des marées noires, les prix sont plus faibles, cela aurait pu se régler avec la propriété privée/commune (à ne pas confondre avec propriété publique : voire Elinor Ostrom).
        Donc, où est le problème ? Ah oui. L’offre et la demande est un mythe ? Et c’est Jorion qui le dit ? Ouf ! Dans ce cas, ça veut que la loi de l’offre et de la demande est vraie.
        Et non, le prix n’est pas "fixé"; le prix est une convention.

        Sur le pic Oil, je ne suis pas un spécialiste du sujet. Je note juste que si l’on ne peut pas trouver de solution alternative, on fera moins de croissance, la mondialisation ne sera plus, les transports rares et sur de courtes distances. Je ne pense pas qu’il y ait quelque chose que le gouvernement puisse faire. Sinon, dites-moi ce qu’il "peut" faire.

      • yoananda janvier 7, 2011 à 4:04

        Non je voulais dire en effet qu’a cause de la dette on est enfermé dans la croissance.
        Sur le peak oil, on a 30 ans de retard (piffomètre) … donc 1 ou 2 générations sacrifiées qui vont faire un retour dans les années 70 (piffométre aussi) en terme de niveau de vie.
        Bien sur, je parle des masses, des peuples, les élites vont s’arranger pour elles continuer a avoir un niveau de vie et de technologie qui augmente. Sauf guillotine qui viendrait leur barrer le passage.

        Le gouvernement pourrait faire en effet, mais pas celui qui existe actuellement. Il faudrait qu’ils soient un peu moins bornés et qu’ils poussent les aspect recherche et aussi indépendance et autonomie énergétique au niveau local. En gros il faudrait casser les lobbys de l’énergie. Chose impossible aux dirigeants actuels.

  12. M.H. janvier 7, 2011 à 3:26

    yoananda,
    "(a supposer qu’il vous écoutent vous plutôt que leurs copains qui financent leurs campagnes – lol)"

    Bon, j’admets. C’est frustrant de reconnaître que les riches écrivent les lois qui leur conviennent, et nous sont défavorables, et contre lesquelles on ne puisse (presque?) rien faire. Bien que je n’ai ni d’apriori sur le marché libre ni sur le libéralisme, je ne me considère pas libéral. Toutefois, ces "ultra" libéraux que vous détestez tant plaident soit pour la suppression de l’état soit pour sa limitation aux fonctions régaliennes. Leur argument est le suivant : si l’état n’a pas de pouvoir sur le marché, alors il n’y a plus de lobby.
    Maintenant, il faut calculer les coûts et les bénéfices. Si l’état sait mieux réguler le marché que le marché lui-même, peut-être que le bénéfice est supérieur au coût (lobby). Mais ce qu’on constate, les grands maux d’aujourd’hui, soit la dette, la crise, le chômage, la santé, l’éducation… c’est le fait de l’interventionnisme. Dû à la "mauvaise régulation" ? Ou la "régulation" tout court ?
    Pour ma part, j’ai l’impression que les fervents opposants au libre-marché préfèrent admettre (sans émettre aucune preuve) qu’il s’agit forcément d’une mauvaise régulation, sous-entendu qu’il existe une bonne régulation, qui ferait mieux que les marchés, sous-entendu que les marchés ne sont pas optimaux. Je préfère prendre du recul. Car je ne suis pas sûr que ce soit vraiment le cas.

    • yoananda janvier 7, 2011 à 4:13

      moi non plus. Je n’ai pas la prétention d’apporter des solutions a ces problèmes complexes. Mais je pense qu’internet a ce pouvoir ! Je ne suis ni pour ni contre le libéralisme, bien au contraire.
      A la base l’idée de limiter les pouvoirs de l’état est bonne. Mais ca ne change rien au final, car un marché "libre" va obligatoirement aboutir a un monopole, quand le meilleur aura bouffé tous les autres. Alors on se retrouve avec l’équivalent en pire de l’état : la multinationale. Donc y a bien un problème à la base. Et vouloir du marché partout, faut pas se leurrer non plus, ceux qui défendent cette idée, ce n’est pas par humanisme, c’est parce que marché = profit ! (pour certains)

      De toute manière on échape pas au corporatisme, que celui-ci prenne la forme d’état, de lobby, de multinationales, on empêchera jamais des hommes de s’associer pour arnaquer leurs pairs. Quelque soit le règles du jeu qu’on fixe ou qu’on ne fixe pas.
      A moins de faire tout gérer par un ordinateur géant mais la … ;-)

      • M.H. janvier 7, 2011 à 7:03

        "Mais ca ne change rien au final, car un marché « libre » va obligatoirement aboutir a un monopole, quand le meilleur aura bouffé tous les autres. "

        La théorie du monopole naturel n’a rien de si évident. L’idée c’est que du fait de la concurrence imparfaite, certaines entreprises sont plus grosses que d’autres, parce qu’on préfère leur produit. Elles bénéficient de l’effet volume, donc baisse des coûts fixes, achat de gros au rabais etc. Petit à petit, donc, elle grossit, ses coûts diminuent, lui permettant de faire la guerre des prix. Tout ceci concourt à jeter les petits concurrents hors du marché. Devenue monopole, l’entreprise se permet de flouer le consommateur.
        Il y a deux problèmes à cette théorie. La première est l’élasticité de la demande. Dans de très nombreux cas, les produits sont très élastiques, et la moindre fluctuation des prix/qualité s’accompagnera d’une fluctuation de la demande. J’ai le monopole des jeux électroniques. Je fais monter les prix ou baisser la qualité, rien ne vous empêche d’économiser vos sous pour des jeux de société, des voyages, des croisières, pour des achats de vêtements, des biens d’équipements, des diners au restaurant de luxe etc. Les choix ne manquent pas. Même un monopole a la pression de la concurrence, aussi indirecte soit-elle. Un autre argument c’est de dire que la concurrence se fait aussi via la mondialisation, ce qui affaiblit considérablement la théorie du monopole naturel. Enfin, le dernier argument est la "concurrence monopolistique", aussi imparfaite soit-elle, permettant de différencier les produits de même nature.
        Le deuxième problème c’est l’inélasticité de la demande : l’eau et l’électricité. Je ne peux pas décider de consommer moins d’eau, sinon je meurs. Comment faire dans ce cas ? Thomas Di Lorenzo a apporté sa (belle) contribution à ce sujet. Je vous recommande vraiment de lire, parce que ses conclusions sont (parfois) choquantes.
        http://mises.org/journals/rae/pdf/rae9_2_3.pdf
        Si vous voulez aller encore plus loin, lisez aussi Harold Demsetz dont l’argument est également très originale. Son "why regulate utilities ?" n’est pas mal non plus.
        En bref, le monopole naturel c’est beau sur le papier, mais dans les faits, il semble que cela ne soit pas aussi évident que ça n’y paraît.
        Certes, vous me direz, il y a Cochabamba, et la Californie. D’abord, pour Cochabamba, le FMi et la Banque Mondiale (qui n’ont rien de libéral) ont forcé le pays à initier des investissements pour se payer un réseau d’aqueduc du standard des pays riches. Le problème, c’est que pour payer, il fallait avoir un PIB suffisant, produire suffisamment de richesses. Or la Bolivie, très pauvre, ne pouvait pas se payer un réseau d’une telle qualité, ni supporter un tel investissement "forcé" (rappelons-le). Alors les prix ont flambé, et ce qui devait arriver arriva.
        Sur Enron, les causes sont multiples, mais voici quelques unes : interdiction des contrats à terme, "contrainte" écologique, blocage des prix de détail.
        http://www.annales.org/ri/2001/02-2001/hadas09-13.pdf
        Il y en a d’autres, mais ce sont les exemples de privatisations ratées les plus populaires. Bien souvent, on privatise, mais on ne libéralise pas, ce qui signifie que la société privatisée est toujours aussi lourdement réglementée. Ce que les esprits ont retenu en revanche, c’est que le privé, c’est mal. C’est dommage qu’on se trompe à ce point.

        Vous dites que le marché, c’est le profit. Quelque part, c’est bien aussi parce que ça incite les producteurs a faire du mieux qu’ils peuvent. J’ai lu il y a longtemps que les médecins d’autrefois payaient leurs clients en fonction de leurs revenus. on appelle ça la discrimination des prix. C’est bien parce que… ce que les pauvres payent en moins est compensé par les prix réservés aux riches qui eux sont moins sensibles aux fluctuations de prix. Cela leur permettait de gagner des clients, des parts de marchés, ce qui au final incite les autres producteurs à faire de même pour éviter de perdre des clients; et c’est un phénomène qu’on retrouve aussi dans pas mal de secteurs. Mais si l’état devait intervenir pour tenter d’imposer une uniformisation des tarifs, ce sont les pauvres qui écopent. Cette politique égalitariste est inégalitaire…
        Le marché a des imperfections, mais les forces du marché tendent de corriger ces imperfections en général. Parfois, ça ne marche pas, parce que l’intervention empêche l’ajustement automatique des marchés. Un exemple classique : si un jour la productivité vient à décroitre (problème saisonnier), les prix vont monter. la Banque centrale risque d’interpréter cela comme une "inflation monétaire". Que fait-elle ? Elle contracte la masse monétaire. Mais entretemps, le marché a déjà réagi : du fait des hausses de prix, par l’effet d’encaisses réelles (ou effet Pigou), les agents demandent moins de produits, et plus d’encaisses. L’épargne gonfle, donc les taux diminuent pour stimuler l’investissement. Les prix à la consommation eux sont redevenus stables; finie l’inflation. A ce stade, la contraction monétaire par la BC va simplement… provoquer une énorme déflation, d’où il émergera une récession.
        Ce sont des choses qu’il faut comprendre. Souvent, les adversaires du marché considèrent que le marché ne tend jamais à s’équilibrer, ou y échoue.
        Bien souvent, l’état intervient. c’est malheureusement une chose que ni les états ni les économistes néoclassiques acceptent d’admettre. Si l’on accepte l’idée de l’auto-régulation, ça veut dire que l’Etat ne sert à rien, et si le rôle de l’économiste est de conseiller l’Etat, de trouver des remèdes à l’économie pour les administrer, alors lui non plus ne sert à rien. D’aucuns ne veut l’admettre. Il est regrettable que le marché soit autant diabolisé, et que nos gouvernements interviennent toujours plus, afin de justifier toute forme d’intervention.

      • yoananda janvier 7, 2011 à 10:43

        c’est bien joli tout ca, mais ce n’est pas dans ce monde qu’on vit. Moi je m’intéresse à la réalité. La réalité c’est que ce monde (occidental) agonise et que les monopoles existent bel et bien. Que dans votre monde imaginaire ils n’existent pas, soit. Mais c’est pas dans ce monde que je vis. Le marché libre, on ne sait pas a quoi ça aboutira avant d’essayer. C’est aussi simple que ça. La question est : peux-t-on essayer ? le veux-t-on ? la réponse aux deux question est : non. Ce n’est pas "ma" réponse, c’est juste une constatation. A partir de la… on peut soit passer sa vie a chercher un moyen de changer le monde pour quel ressemble a notre "rêve", soit on peut vivre dans le monde réel. La question c’est à qui fait-on confiance : a notre "mental", ou bien … a autre chose ;-)

  13. M.H. janvier 7, 2011 à 11:24

    "La réalité c’est que ce monde (occidental) agonise et que les monopoles existent bel et bien."

    Je me demande bien alors pourquoi je me suis donné la peine d’argumenter un minimum. Encore une fois, si vous n’avez pas d’apriori sur le marché, vous pouvez lire le document de Lorenzo que je vous ai fourni, et lire les nombreux travaux de Demsetz. La question n’est pas de savoir s’il y a des monopoles ou non, mais pourquoi ils existent, et pourquoi ils perdurent. Vous ne fournissez aucun argument pour étayer votre affirmation (sans fondement, apparemment).
    Les quelques exemples de privatisation que j’ai cités, c’était juste pour vous mettre en garde. Ce qu’on nomme privatisation ne sont que des ersatz de libéralisme. Ce n’était pas vraiment le libre-marché qui dirigeait ces économies, mais bien l’interventionnisme.
    Encore une fois, je suis pragmatique.

    Sur le fait qu’on veuille ou non s’évertuer à changer et à influencer la société, je ne bouge pas le petit doigt, c’est vrai. Je peux, mais ne veux pas; d’abord, j’ai peu d’influence sur le cours des choses, ensuite, mon temps est précieux. Mais ce n’est pas ce qui nous empêche de débattre.

  14. decoufle janvier 19, 2011 à 7:03

    bonjour yoananda, votre site est interressant
    question : comment faites vous pour vivre en société sans argent sur un compte banquaire?
    par exemple votre abonnement internet est prélevé sur un compte non?

    • yoananda janvier 20, 2011 à 9:18

      Le titre est un peu trompeur, c’est mon épargne que j’ai retiré des banques.
      Et puis retirer ses sous ne veut pas dire fermer son compte. Il suffit juste de garder le minimum pour recevoir salaire et faire les virements. Le reste est en liquide. Croyez moi c’est déjà amplement suffisant pour l’instant. Y a qu’a voir la tête du banquier. Et c’est plus raisonnable que de totalement se désocialiser. Si on choisi cette voie a l’extrême, alors il faut jeter sa carte d’identité, etc… peut-être un jour, mais pas maintenant.

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