Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

Introduction au survivalisme


A mon sens, le survivalisme est un état d’esprit qui peut très bien s’intégrer dans nos modes de vie moderne sans sombrer dans la caricature. Dans le contexte actuel de la crise, se tourner vers ses propres ressources intérieures plutôt que faire confiance aveuglément à la société n’est pas une mauvaise idée. Mais, à mieux y réfléchir, cela semble même intemporel, et d’une certaine manière, spirituel (il y a plein de "ponts" entre le survivalisme et le yoga).

  • Alors, le survivalisme c’est quoi ?
  • Se préparer, nous diras-t-on !
  • Se préparer à quoi ?
  • Au pic pétrolier ? a l’effondrement économique ? à la fin du monde en 2012 ? à la dictature ? a l’inévitable guerre ?

Ou bien tout simplement, à l’inconnu, a la vie.

Finalement, le survivalisme ne sert pas forcément a cristalliser les peurs et les angoisses. C’est aussi une manière de chercher à vivre dans le monde réel plutôt que dans le fantasme du monde virtuel qu’on cherche à nous vendre en permanence dans le monde moderne. C’est reconnaître qu’on ne connaît pas tout, qu’on ne maîtrise pas tout, qu’on ne comprends pas tout. Mais on se prépare à y faire face quand même. Finalement, il s’agit, comme dans le Yoga, de remettre le mental (qui tends a vouloir tout contrôler) à sa place. C’est réaliser l’impermanence si chère aux bouddhistes.

On parle alors de néosurvivalisme :

Quand on remonte aux derniers jours déprimants où nous étions dans un "mode survie", les plus récents, Y2K (le bogue de l’an 2000) bien sûr, et avant ça les années ’70, la seule chose que l’on voyait était seul un élément du survivalisme : la caricature, le gars avec son AK-47, se dirigeant vers les collines avec assez de munition, de porc et de haricots pour traverser la tempête. Le Neosurvivalisme est très différent de ça. On observe des citoyens ordinaires, prenant des initiatives futées, se diriger dans un sens intelligent afin de se préparer au pire. (…) Il s’agit donc d’un survivalisme de toutes les façons possibles : cultiver soi-même, être auto-suffisant, faire autant que possible pour se débrouiller aussi bien que possible par soi-même. Et cela peut se faire dans des zones urbaines, semi-urbaines ou à la campagne. Cela veut dire également : devenir de plus en plus solidement engagé avec ses voisins, son quartier. Travailler ensemble et comprendre que nous sommes tous dans le même bain. Le meilleur moyen d’avancer c’est en s’aidant mutuellement

Historiquement le survivalisme remonte aux début du siècle dernier, a un certain Georges Hebert qui définit 3 règles (de bon sens je dirais) :

  • préparation logistique : prévoir du matériel, de la nourriture, des plans de secours pour évacuer, un refuge
  • préparation psychologique : savoir comment on réagit à la solitude, comment notre entourage réagit aussi, comment la société se comporte en cas de crise
  • préparation physique : avoir un corps en bonne santé, entretenu physiquement par des exercices quotidien, connaître ses limites physiques, self-défense

C’est le contraire de l’insouciance. C’est juste être adulte finalement. Les animaux sont tous des survivalistes finalement : quand l’écureuil fait sa réserve de noisettes pour l’hiver. Donc, tout l’inverse de la tendance actuelle a l’infantilisation qui veut faire de nous de bon consommateurs bien abrutis qui ne se posent pas de questions.

Le survivalisme à donc des accointances avec :

  • la yoga (garder son corps en bon état de marche, connaître son mental, techniques de nettoyage et de purification du corps)
  • la décroissance (retour au local, autonomie, indépendance, maisons basse consommation ou positives)
  • l’écologie (retour à la nature, polluer moins, utiliser des outils et méthodes durables, jardinage)
  • la naturopathie (se soigner sans pétrochimie, eg pharmacie)
  • sport, art martial, self-défense
  • etc…

Ce qui n’empêche pas d’avoir un compte en banque ou de regarder des séries télé pour se détendre ! Mais, quand on se connaît soi même, quand on connaît le monde, quand on connaît les possibilités "de jeu", alors, on est plus libre. On est plus libre de dire merde a son patron si on sait que "on s’en sortira" même sans job (temporairement) par exemple. Il ne s’agit pas d’aller vivre dans la forêt, mais de savoir que déjà, on peut réduire ses "besoins" et trouver beaucoup de solutions à énormément de situations. On est plus libre d’être soi-même. Et c’est l’essence même de la spiritualité. Ironiquement, si on en revient aux peurs "apocalyptiques", on peut voir que le survivalisme peut aussi très bien s’adapter aux "petites peurs quotidiennes". C’est en cela qu’il peut très bien s’intégrer à notre mode de vie moderne.

Quelques liens que j’ai trouvé intéressants :

  • Le survivaliste : un blog que je viens de découvrir mais qui a l’air de très bonne qualité
  • Neosurvivalisme : un site avec plein de bon conseils, même pour la vie courante
  • pour le fun sachez qu’il y a une émission sympa sur le survivalisme (ne pas prendre au sérieux): Bear Grylls, seul face a la nature. Voici un épisode en nature, et aussi en version "ville" (peut être plus utile), pour vous donner une idée.
  • David Manise instructeur de survie, si vous voulez faire des stages en nature. Un des seuls a faire ça en France. J’ai pas testé perso.
  • Olduvaï pour se préparer au monde post-pétrole au départ, mais mieux que Huggy les bons tuyaux
  • François Couplan pour savoir se nourrir et se soigner avec les plantes sauvages (une référence et une mine d’or). Il donne aussi des stages hors de prix !
  • Une chaine survivaliste sur youtube, très sympa et plein de bon conseils pratiques !

Bon et puis au pire, si la crise systémique dégénère brusquement, ben vous perdrez pas (trop) pied …

Je rappelle juste, à toutes fins utiles, qu’aujourd’hui, le monde occidental est un colosse aux pieds d’argile. Véritablement. Nous vivons dans la société de la dépendance, de l’accoutumance et du flux tendu. Le moindre problème, et ça peut dégénérer très vite. Nous n’avons aucun stock de nourriture pour ainsi dire, et très peu de marge de manoeuvre (sans que édifice ne s’effondre, sinon dans l’absolu, on a beaucoup de gras dans lequel tailler). A peine 1 semaine devant nous. Toutes la nourriture transite par un et un seul point en France (le marché de Rungis). Le moindre problème d’approvisionnement pétrolier peut virer à la catastrophe (que nous avons frôlé à quelques heures près lors des grèves des raffineries lors du dernier plan d’austérité retraite) Nous avons des gouvernements qui n’hésiterons pas à nous sacrifier. Et nous vivons dans un monde capitaliste du chacun pour soi (ou son clan), ou les incidents vont se multiplier.

Je ne veux pas noircir le tableau, mais il ne faut pas non plus sombrer dans l’angélisme et se dire que ça y est, on a réussit à créer la société parfaite.

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5 Réponses à Introduction au survivalisme

  1. 110 juillet 28, 2011 à 12:02

    Wah j’suis un survivaliste alors!
    Ca fait du bien de lire une description sensée, généralement on a droit à des stéréotypes excessifs et dé-crédibilisants.
    Faire face à la vie sans la tutelle de cette société artificielle, c’est une question de bon sens.
    En faisant certains gestes, comme prendre de l’eau dans une source par exemple, je revois mes grands-parents qui vivaient comme ça, ils avaient connus la difficulté de la subsistance.
    L’humanité a toujours connu ca, c’est ce qui est normal.

    Peut être avons nous gaspillé notre seule chance d’une existence confortable.
    Ou peut être est-ce un bouleversement nécessaire pour le passage de l’humanité à une autre étape d’évolution, un point de rupture.
    Ce n’est pas si étrange si on observe cela à l’échèle de l’univers.

    Je suis globalement optimiste mais personnellement, je suis prêt à aller là ou la vie me conduit avec une foi profonde quant au bien fondé du rôle que j’ai à jouer. Même si c’est bref, je suis heureux dors et déjà de mon existence.
    J’y met le plus de présence et d’amour, je suis les signes, je prend le pouls du monde, etc.
    La vie est si intense.
    J’ai parfois des flashs et je ressent une familiarité avec la vie de quelqu’un, ou encore avec époque, un ressenti, un lieu, etc.
    Je ressent alors que ma conscience explore une réalité temporairement, et que je ne suis pas la forme que prend la conscience mais la conscience elle-même, c’est la même en chacun de nous.
    "Même le soleil mourra un jour", je crois qu’il n’y a d’autre finalité à l’existence que ce que nous y faisons ici et maintenant. L’acceptation de la vie – ou une résistance à la vie qui est auto-destructrice.
    Car nous somme la vie et la rejeter c’est se rejeter. Et se rejeter c’est la rejeter.
    C’est la clé de voute de ma foi.

    Très bon article en tout cas Yoananda.
    Passionnant, instructif, sage, clair, complet…

    Porte toi bien et @+ :)

  2. Emmanuel octobre 28, 2011 à 11:04

    Bonjour,
    Merci pour cet article.
    je suis survivaliste et pour moi c’est tout simplement pouvoir me passer pendant en temps plus ou moins long d’une aide extérieur tout en préservant mon confort et celui des miens.
    J’en parle sur mon blog: http://www.terre-nouvelle.fr/category/survivalisme

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