Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

Archives Mensuelles: novembre 2011

La faute a qui ou quoi ?


Grosso modo, sur la blogosphère et dans l’esprit des gens, la crise est la faute de quelqu’un ou quelque chose …

Pour les uns, c’est une sorte de conspiration, c’est la faute a des gens qui ont "triché" ou faussé les lois, ou manipulé les peuples et les gouvernements. C’est la faute aux Américains, aux Chinois, aux Allemands, aux riches, aux étrangers, aux pauvres qui fraudent… Ou bien c’est la faute à Rockefeller et compagnie. Soit. C’est possible, et le danger est réel. Mais je ne suis pas partisan de donner trop de pouvoir à ces "gens". Je pense qu’ils agissent en mode "si on ne sait pas pourquoi il y a une crise, feignons de l’avoir organisée". Je pense qu’ils comme les "épouvantards" dans Harry Potter. Ils se vantent, plus ils font peur plus ils ont de pouvoir, mais en fait, il suffit de les ridiculiser pour leur ôter toute influence. En l’occurence, c’est assez facile à faire.

L’autre cible, pour les "penseurs" ce sont certains mécanismes qui sont fautifs. Soit. Certains accusent la loi de 1973 (j’y reviendrai plus tard car c’est faux). Ou bien c’est la faute à l’Euro. C’est aussi possible. Jorion accuse les taux d’intérêts d’être à l’origine d’une trop grande concentration de richesse. Voici ce que je lui réponds :

Le versement d’intérêts serait la cause de mauvaise répartition des richesses ?
C’est peut-être vrai mais ca reste à démontrer. Pour moi c’est un raisonnement d’un autre age, quasi pré-industriel, du moins, pré 3ème révolution industrielle.

  1. il y a l’inflation (même si elle est censée être sous laisse, dans la pratique on sait tous que sa mesure est biaisée a la baisse).
  2. il y a l’héritage qui me semble être un mécanisme au moins aussi important.
  3. tout le monde peut profiter des intérêts s’il le veut … le problème est plutôt que certains savent beaucoup mieux utiliser les armes économiques que d’autres… donc le problème serait plutôt l’ignorance.
  4. il y a le pic pétrolier per capita de 1979 qui annule les effets de ruissellement (qui étaient pourtant bien réel et visible jusqu’en 1980 – coïncidence ?)
  5. la mesure de la richesse est biaisée aujourd’hui car (par exemple) une retraite est l’équivalent d’une rente sur un patrimoine très important, du coup les inégalités ne sont pas si importantes que ça. Notre sort c’est quand même beaucoup amélioré.
  6. le papyboom qui provoque une concentration des richesses dans la classe d’age « vieux » n’a rien à voir avec les taux d’intérêts
  7. last but not least, la concentration du « capital » est « normale » dans la mesure de l’essor de la robotique … une machine aujourd’hui produit le travail de 100 hommes d’hiers ! Doit on répartir les fruits du travail de la machine envers : les 100 hommes d’hiers ? l’homme qui la conduit ? l’homme qui possède la machine ? Il y a un vrai débat de société qui n’a pas été effleuré par nos « penseurs » qui en sont encore a découvrir internet et google et qui ne perçoivent pas, perdus qu’ils sont dans leurs livres a quel point le monde a changé.

Et si ce n’était ni l’un, ni l’autre ? Et si ce n’était la faute à personne, ni à rien ?

Ça voudrait dire que chacun à raison dans son petit coin. Ça voudrait dire qu’on se tape dessus pour rien.

Donc je dirais que nos problèmes viennent d’une élite cupide et d’un peuple ignorant, et d’un contexte que personne ne pouvait anticiper (pour faire simple : libéralisme + peak pétrolier + internet + papyboom + psychologie collective). Ce que je reproche essentiellement à toutes ces "solutions toutes faites", du genre "il suffirait d’interdire la spéculation" "il suffirait de sortir de l’Euro" c’est qu’elle ne résoudront pas les vrais problèmes.

Les vrais problèmes c’est : la combinaisons de mécanismes+ de gens + de contexte !!!

Évidement c’est bien plus compliqué à cibler, comprendre, analyser et surtout à solutionner, et à expliquer (aucun politicien ne pourrait gagner de voix avec une telle vision des choses). Il n’en reste pas moins que les "solutions magiques" ne nous empêcherons pas de devoir faire face à des choix… des dilemmes :

  • que faire des vieux qui coûtent une fortune en pétro-médicaments ? du soleil vert ?
  • on économise de l’énergie (super pour l’écologie) ou on fait de la croissance. L’un causant chômage (et indirectement, famine et mort) de millions de personnes(si on fait ralentir la machine économique), l’autre par empoisonnement !
  • que choisir pour ne pas tuer l’innovation et le mérite, mais avoir de la redistribution et de la justice sociale ?
  • que faire de ces jeunes désabusés et sans avenir alors que leurs parents ont connus une amélioration continue de leurs conditions de vie sans équivalent dans l’histoire ?
  • que faire des machines qui remplacent le travail humain ? et comment répartir le fruit de leur travail ? et que vont faire les gens déclassés ?
  • que faire pour ne pas que les réformes « justes » ne provoquent un effondrement généralisé (et des millions de morts) dans ce système financier trop fragile qui ne supporte pas la moindre « contradiction » sous peine d’exploser en plein vol ?
  • faut-il sauver les démocratie alors qu’elle ne fonctionne correctement qu’en temps d’abondance et de redistribution et pas en temps de pénurie et de chacun pour soi ?

La finance mondiale n’est pas "mauvaise", elle est juste adaptée au contexte de croissance (exponentielle) et donc inadaptée au peak oil. Il faut (faudrait) donc en inventer une autre. Malheureusement l’intelligence collective n’est pas le fort de l’homme (visiblement). Donc, pour l’instant, on continue de foncer droit dans le mur, pas de solution qui n’émerge, nulle part.Pour être exact, il y a des petits bouts de solutions à droite à gauche, des bonnes intentions, quelques idées de bon sens, mais rien de global, de systémique. On sent bien qu’aucune des solutions ne marcherait sans une remise à plat globale, car il y a trop de problème en même temps, inter-reliés.

Il se pourrait même qu’on soit face à un problème qui dépasse l’intelligibilité

Et si l’humanité devait, pour s’en sortir, faire un saut qualitatif dans l’intuition et laisser (du moins pour certains choix) son intellect au vestiaire ?

L’internet de demain


L’exercice consistant à deviner ce que sera le net demain est très difficile. Je fais beaucoup de veille techno et je vois passer pas mal d’inventions incroyables. Laquelle rencontrera le succès du public ? je n’en ai aucune idée. D’ailleurs, en relisant un article "l’internet du futur" écrit en 2005, on peut voir la futilité de l’exercice. Pourtant je ne résiste pas à l’envie de vous parler de ce foisonnement inventif (si la crise ne fracasse pas tout bien entendu) :

  • Après le premier Internet, nous avons eu Internet 2.0 (l’internet participatif qui permet a l’utilisateur non informaticien d’enrichir lui même les pages) : Facebook, Twitter, WordPress, le haut débit, Youtube, et surtout Internet dans la poche a travers l’iPhone, googlemaps, streetview;
  • IPV6 : les adresse web "http//yoananda.wordpress.com" sont en fait en interne des séries de 4 chiffres entre 0 et 256 (ce qui nous donne environ 4 milliard d’adresses possibles) du genre 192.168.1.1. Ces adresse (IP ) arrivent à saturation (dans la norme actuelle IPV4). On va les remplacer par d’autres (IPV6, soit 16 chiffres de 0..256 au lieu de 4), pour donner beaucoup plus de places disponibles. Mais il faut s’attendre a un effet rebond, et voir des IP assignées a beaucoup plus de choses que maintenant, peut-être même des nanobots, qui sait, ce qui nécessiterais des milliards d’IP, et au final, on arriverait encore a saturation très vite (comme pour le bug de l’an 2000) ou seulement dans les supermarchés, avec les produits, les caddys, les caisses enregistreuses qui auraient une IP grâce a RFID
  • le réseau 4G LTE (internet intermittent, haut débit, mobile, longue distance) devrait permettre d’améliorer de beaucoup l’internet dans la poche grace a des puces et des protocoles plus puissants, en attendant la 5G, qui serait elle basée sur un réseau de machines reliées à des nanosattellites (5 à 50Kg)
  • Sixth Sense, la réalité augmentée. Muni d’un projecteur, de capteurs sur ses doigts et d’une webcam, un Indien a inventé une interface bluffante qui permet (c’est difficile a décrire, autant que si on voulait décrire la télévision a des gens du moyen age) d’interagir avec l’environnement "augmenté". Il permet d’interagir avec des objets réels, enrichis, plutôt qu’avec un clavier/écran/souris, offrant toutes une nouvelles gamme de possibilités.
  • l’internet des objets, via la technologie (passive pour l’instant) RFID permet de tagguer les objets de sorte qu’ils soient reconnaissables par une ordinateur. Cela permettrait par exemple a votre frigo de savoir ce qu’il y a dedans, de vous prévenir en cas de péremption d’un produit. Les applications sont infinies. Pour l’instant, l’internet des objets est employé sur … les animaux, en remplacement des tatouages.
    Avec Arduino internet pourrait ne plus être passif, mais actif et se relier aux objets du quotidien pour les commander, les enrichir.
  • traduction de conversation temps réel serait une révolution qui pourrait mettre fin à la barrière des langues. Ce serait la fin de la malédiction biblique de la tour de Babel … autant dire, un événement plus qu’historique, biblique ! Nous en sommes proche et loin en même temps. La traduction automatique de google est loin de faire des miracles, mais elle existe, et est utilisable. Elle donne le sens général d’un texte. Mais aujourd’hui google proposes la même chose pour la voie, sur les téléphones Android, ce qui permettrait potentiellement d’aller discuter avec un chinois sans qu’il ne connaisse le français ni nous le mandarin ! Ca existe déjà. D’ici 20 ou 30 ans on peut espérer que ce soit relativement bien perfectionné !
  • le cloud : internet va-t-il faire disparaître nos données personnelles de nos ordinateurs ? le cloud permet que votre ordinateur soit déchargé de toute "intelligence locale", il n’est plus qu’un clavier et un écran dialoguant avec un ordinateur distant. Très pratique et moins coûteux pour les entreprises. Présenté comme une nouveauté, c’est pourtant le même principe que les minitels et anciens ordinateurs mainframe. Mais c’est en même temps un grand danger pour Internet car il permettrai son contrôle centralisé (contraire a ses principes d’origine)
  • pourrons nous toucher internet ? avec les hologrammes tactiles (par faisceau d’ultrason) : nous pourrions grâce une nouvelle technologie de toucher a distance, transmettre via un pyjama nos caresses a nos enfants à distance. Évidement, sachant cela, bande pervers, je sais que vous pensez à la même chose que moi dégoûtants !
  • la puissance des ordinateurs pourrait, non seulement continuer de croître selon la loi de moore, mais aussi connaître un bon en avant grâce aux ordinateurs quantiques et autres puces cognitives. Dans ce cas, Internet pourrait servir a des applications plus "intelligentes", c’est à dire, s’enrichir tout seul. Pour l’instant, par exemple, c’est nous qui taggons les photos parce qu’un ordinateur est incapable d’y reconnaître quoi que ce soit (c’est une technologie balbutiante non utilisable a grande échelle : google goggles). Mais demain, si les ordinateurs commencent a savoir reconnaître des formes, des mouvements, des visages, ils pourraient enrichir l’information que nous mettons, sans notre concours, ce qui démultiplierait la puissance d’échange… et de nuisance.
  • web sémantique ? sorte d’arlésienne pour que les machines comprennent mieux le contenu qu’on met sur internet, finalement, le projet avance quand même un peu avec les microformat qui sont compris par Google notamment.
  • webbot : un projet un peu particulier qui visait au départ à prévoir la bourse en scrutant les tendances sur Internet (pas con !). Projet qui s’est transformé en sorte d’oracle numérique analysant une sorte d’inconscient numérique collectif pour prévoir notre futur
  • internet et la finance ? vas-t-on finalement finir par décider que les hommes abusent systématiquement du pouvoir qu’on leur donne et confier le contrôle de l’économie mondiale à Internet qui sera chargé à la fois de comptabiliser nos échanges (monétisation), de nous surveiller, de nous réguler ? C’est déjà presque le cas en fait. D’ailleurs à ce sujet les téléphones NFC sont en train d’arriver., téléphones qui vont permettre de payer nos achats directement, mieux encore que la carte de crédit.
  • domotique ? le vieux rêve de Bill Gates d’avoir une maison (la sienne l’est) entièrement connectée.
  • l’internet serait-il chinois ? Tout simplement on oublie que de la même manière que le poids économique bascule vers l’Orient, il pourrait en être de même pour Internet (dont les organismes de gestion centraux sont essentiellement américains aujourd’hui – ICANN et IANA).
  • le web de demain sera-t-il toujours gratuit ? pourrait-il l’être ? les infrastructures sont loin d’être les plus coûteuses ! ce sont les datacenters qui coûtent, donc les services associés. cf facebook, le cas emblématique.
  • renaissance de l’artisanal avec le DIY ? mouvement marginal mais qui pourrait prendre pas mal d’ampleur avec les imprimantes 3D notamment en créant une singularité technologique : le jour ou les imprimantes 3D seront capables de se répliquer elles même, combiné avec l’Open Source, tout le monde sera en mesure de fabriquer chez lui tout ce dont il a besoin, y compris des moteurs, systèmes de collecte et stockage d’énergie, etc… en utilisant et améliorant les plans des objets disponibles sur le Net (lui même fabriqué par les imprimantes 3D …)
  • l’internet de demain pour les pauvres aussi, pour tout le monde ? Avec son projet d’ordinateur autonome, pas cher et éducatif, Negroponte essaye de faire reculer les frontières d’internet (qui est quand même réservé pour l’instant à des privilégiés). Car Internet crée un fossé (dit numérique) entre différentes couches sociales.
  • Internet va-t-il s’émanciper de l’ordinateur lui même pour devenir une sorte ‘d’habillage’ de nos objets (voiture, maison, frigo, …) tel que le préfigure la voiture écran Toyota Fun VII.
  • Et si la révolution était … un détecteur de mensonge personnel portable ? Les caméras de nos téléphones pourraient décoder pas mal de choses.

Ce qui me semble certain, c’est qu’on n’est pas au bout de nos surprises. Sans compter les NBIC (c’est à dire en restant soft … sans aller verser dans le transhumanisme).

GEAB 59 – mouaif bof


C’est un peu grâce au GEAB que j’ai découvert la crise. La pertinence de leur analyses et de leur prédictions m’ont incité à creuser le sujet de mon coté pour recouper les informations. Depuis l’eau a coulé sous les ponts. Puis certaines de leurs prédictions sur le dollar (qui était censé s’effondrer) ne se sont pas réalisées. Et je me suis demandé pourquoi ! Puis j’ai compris "ils sont pro-européens". Ça "colore" de plus en plus leur analyse. Alors qu’ils annoncent fièrement que l’Europe progresse … moi j’y vois plutôt une Europe qui s’enfonce a vitesse grand V.

Alors, qu’en est-il de ce GEAB 59 ?

Malgré la grande sympathie que j’ai pour leurs analyses, je ne peux que m’en éloigner de plus en plus. Selon eux l’Europe se construit à vitesse grand V grâce à la crise qui force le processus d’intégration. En fait, on devrait remercier la crise de nous avoir mis 3 Glodman boys non élus à la tête de 2 pays + la BCE ?

Alors quels sont leurs arguments ? la situation est pire aux USA et en UK ? oui c’est fort possible. Les anglo-saxons tapent sur l’Europe pour détourner l’attention ? certainement ! Ca ne veut pas dire qu’ils ont tort non plus sur leurs critiques ! Ca ne veut pas dire non plus que nous n’avons pas de problème. En gros, les anglo-saxons ont investi chez nous, et ils sont en train de s’apercevoir que finalement ils vont y perdre pas mal de billes …

Est-ce que ça veut dire que la situation va tourner à notre avantage ? je ne crois pas. Est-ce que ca veut dire que l’Europe est l’oie blanche de l’histoire ? Non, ce serait plutôt le dindon de la farce.

Quand a s’obstiner à croire que le coup d’état Bruxellois va nous sortir grandi de la crise … alors que l’Allemagne annonce la fin de l’Europe sociale … pour moi la, on commence à partir dans le déni de réalité.

Je ne prétends pas comprendre mieux qu’eux les rouages de cette crise, par contre, je prétends à plus d’objectivité et moins de naïveté politique. Et concrètement, cela fausse toute leurs analyses qui, au final, ne pourrons que plaire a des Attali et autres "fédéralistes" ou européistes convaincus.

Les problèmes structurels de l’Euro sont passés sous silence. L’absence totale de solution pacifique pour la Grèce et les autres pays du sud est ignoré, de même que la contestation populaire. En fait, on dirait que le GEAB confond Europe du nord et Europe tout court. L’Europe du nord, des pays bien plus avancés que nous sur beaucoup de plans (économie, social, impôt, énergies renouvelables, processus démocratiques) eux peuvent s’intégrer grâce à un fédéralisme "léger".

Mais intégrer par la force des peuples qui ne sont ni prêts, ni disposés à évoluer dans ce sens… ne peut nous mener a autre chose que la catastrophe ! Et la dessus les anglo-saxons ont raison à mon avis !

Il faut des décennies pour faire changer les mentalités, pour mettre en place des infrastructures modernes, pour faire fonctionner une administration performante et pour … gagner la confiance tout simplement ! L’euro en a peine 10 ans n’a pas vraiment gagné ses gallons, bien au contraire. L’Europe qu’on nous a vendu n’était foncièrement une mauvaise idée dans l’absolu, mais un mauvais calcul. "On" a été trop pressé de faire bloc face à la mondialisation, on a eu trop peur face a la concurrence chinoise et la niake américaine.

Du coup, il aurait fallu donner aux pays du sud une culture économique qui leur aurait fait "aimer" le progrès et l’Euro, qui leur aurait donné envie d’avancer. Il aurait fallu éduquer par l’exemple, et non pas se précipiter pour faire "bloc" bêtement en se disant "on va pouvoir faire du ponzi jusqu’a plus soif". Éduquer une population, reformer un pays, ça prends des dizaines années. Ce n’était tout simplement pas l’heure de l’Euro.

Nous (Européens) ne sommes pas UN peuple, ne partageons pas une même langue, une même culture, des même rêves.

Autre point aveugle  de l’analyse du GEAB : l’oligarchie. Il y a peut-être une rivalité entre blocs continentaux, mais il y a aussi une clique internationaliste qui n’a plus de patrie, si ce n’est celle de l’argent. Cette clique est exactement la même ici, en Angleterre et aux USA. Ils se fichent éperdument des USA, de l’Europe ou d’autres pays. Ce qui compte, c’est leurs idées, leur suprématie, leur porte monnaie. Le même sort est réservé a tous les peuples : l’ignorance et la souffrance. L’Europe se tiers-mondise, de même que les USA et l’Angleterre. Mais du fait des psychologies différentes, nous y réagissions différemment, mais pas mieux.

Ils oublient aussi dans leurs analyses les spécificités des USA : a savoir le dollar est (pour l’instant) encore la monnaie d’échange international, et ce sont eux qui sécurisent les exploitations de pétrole et garantissent l’équilibre international.

L’équipe du GEAB est incapable de voir les tendances supra-nationales a l’œuvre derrière cette crise (pic pétrolier, lutte des classes démultipliée avec l’arme informatique). Si les blocs continentaux se replient sur eux même, c’est à cause du pic pétrolier. Sinon comment expliquer qu’ils se soient autant ouvert les uns aux autres pendant que c’était la fête du pétrole ?

Bref, on verra ce qu’il ressort de tout ça, je pense dès 2012. En matière de géo-politique, je suis encore trop novice pour être catégorique. J’essaye d’utiliser mon bon sens. Les arguments du genre "nous on est mieux que les voisins", j’ai du mal à accrocher. Pour l’instant, nous sommes un peu dans une zone de confusion. Difficile de savoir qui va tomber en premier et comment. Il y a bien une guerre économique en cours, mais de la à dire que nos dirigeants s’en sortent mieux que ceux des voisins ! lol quoi !

Pour finir une parenthèse politique : ils annoncent un second tour avec Hollande / Lepen.

777 la chute du vatican et de wall street


Sur les conseils insistant d’un ami, je suis allé feuilleter le livre 777 de Jovanovic dans un rayon d’une librairie.

Les prémices du bouquin sont intéressantes : si personne n’a pu interpréter l’apocalypse de St Jean, c’est parce qu’on n’était pas à la fin des temps et que du coup, on ne pouvait pas comprendre, sans le fameux -777 a wall street le 29 septembre 2008. Ce fait la est vrai. Alors pourquoi pas … voyons ce qu’il a dire ?

J’ai lu, grosso modo, les 2 premiers chapitres, et les 2 derniers pour me faire une idée.

L’ensemble de ce que j’ai lu est tellement capillo-tracté qu’il m’a parru inutile de l’acheter, et de le lire en entier. Je vais prendre un exemple :

Pierre Jovanovic nous dit en gros que toutes les prophéties concordent, pour parler de notre époque. La maque de la bête, c’est la carte visa, etc… Il prends par exemple la prophétie de Madeleine Porsat en 1843 :

  1. Intempéries, inondations ;
  2. Maladies sur les plantes et sur les animaux ;
  3. Choléra sur les hommes ;
  4. Révolutions ;
  5. Guerres ;
  6. Banqueroute universelle ;
  7. Confusion.

Nous serions censé en être au 6ème point selon Jovanovic. Aucun autre événement historique ne serait comparable a ce -777 sur le NYSE (la bourse de NewYork, centre névralgique de la finance mondiale), le 29 septembre 2008. Sauf que c’est faux.

  • 3 ans plus tard ce fameux -777, on voit bien que pour maquant qu’il ai été cet événement n’a pas été si terrible, pas de banque route universelle (mais on en est pas passé loin)
  • des prophéties comme ça j’en fait autant, il suffit de prendre un livre d’histoire, par exemple le 14ème siècle
  • on pourrait prendre comme date 1929, qui collerait mieux, et même ça collerait encore mieux avec 1907 qui a été bien pire à l’époque, la bourse perdant 50% de sa valeur !!! mais qui connaît cette crise qui a précédé la 1ère guerre mondiale ?
  • cette série de catastrophes, on peut la faire coller a presque n’importe quelle époque ! la belle affaire. D’ailleurs, sur le même principe que l’astrologie, connu sour le nom d’effet Barnum : en donnant le même thème astrologique (suffisamment vague, du genre "vous allez faire une rencontre") aux gens, il se reconnaissent majoritairement dedans.
  • manque de bol, la prophétesse dit aussi que "Pie IX est le dernier Pape de l’Église opprimé : Croix des Croix. À lui douleur, et aussi la joie. Après lui, la délivrance. Lumen in Coelo : c’est l’oeil de Marie." Pie IX est mort en 1878, ce qui collait avec l’époque de la prophétie, mais pas avec l’interprétation de Jovanovic qui a donc évacué cette partie.

Tout le reste du livre est de cet ordre. J’ai lu plusieurs points qui démontrent une méconnaissance de l’économie qui laisse place a l’interprétation fantaisiste, et qui permet grâce à une grande "érudition" sur les textes de surfer sur l’ignorance du lecteur un peu crédule.

Tout ça pour en arriver à la conclusion que les anges du mal ont créé le communisme pour détourner les hommes de la "vraie" foi de l’église, et que ça y est, maintenant, l’empire du mal (=celui des banques) va tomber, et que lui l’élu de Dieu et ses anges nous révèle la vérité comme un ancien prophète (mais il ne faut pas le dire, juste le lire entre les lignes). Ouf !

Ces fichus fichiers qui fachent


Le fichage n’est pas nouveau en soi. Les scandales les concernant non plus (cf l’histoire du fichier SAFARI en 1974 surnommé "la chasse au Français"). Historiquement, les premières cartes d’identités ont été crées pour ficher les criminels, avant d’être généralisés à toute la population (après la seconde guerre mondiale).

Le fichage "étatique"

  • En Allemagne il existe un fichier national qui recense les salariés, notamment, ceux qui font la grève, combien de temps et pourquoi … Ce fichier se nomme ELENA. Il recense aussi les raison d’un éventuel licenciement. Autant dire que si vous ne vous tenez pas a carreau, ca risque d’être un peu difficile de retrouver du travail, même si en principe, ce fichier serait inaccessible aux employeurs.
  • La Base élève : et oui, maintenant nos enfants sont fichés de manière parfaitement anodine, dans les établissement de l’éducation nationale. Sachant que la première version du fichier contenait des données ethniques… qui ont été retirées sous la pression populaire. Il en reste quand même un "identifiant élève" national. Encore une fois, il s’agit d’une modernisation visant à simplifier l’administration. Cependant, comment résister un jour ou l’autre à la tentation de repérer les "déviants" … (selon des critères qui seront de toute manière toujours arbitraire, qu’on le veuille ou non). Le jeu en vaut-il la chandelle ?
  • En 2008 le gouvernement à mis en place le fichier EDVIGE (puis s’est rétracté sous la pression populaire) visant à fichier toute personne ayant de l’influence sur l’opinion populaire et pouvant porter atteinte à l’ordre public. Il s’agit donc de fichier toute personne contestataire. Ce qui suppose que l’état détiendrait le monopole de la vérité et une forme infaillibilité ? Que l’on fiche les terroristes (potentiels), je peux comprendre, mais la, on parle d’une police de la pensée. C’est une dérive de plus.
  • Mais ne vous inquiétez pas, EDVIGE a été remplacé par une projet plus ambitieux et Européen qui vise à ficher et analyse les "personnes à risque". Et, je soupçonne même que le grand projet serait au final, grâce à la science cognitive, de les "dépister"… comme voulait le faire Sarkozy pour repérer dès la maternelle les futurs délinquants:
    Moi, je souhaite qu’on aille même sans doute un peu plus loin», sur «la question de la détection précoce des comportements», (…) «Cela a été dans beaucoup de rapports. On dit qu’il faut le faire dès l’âge de trois ans pour être efficace» (…) Je ne suis pas un spécialiste, donc je ne déterminerai pas à quel âge il faut le faire», (…) «quand vous détectez chez un enfant très jeune, à la garderie, qu’il a un comportement violent, c’est le servir, c’est lui être utile à lui que de mettre en place une politique de prévention tout de suite.
  • Il existe aussi le réseau d’écoute global anglo saxon ECHELON, avec satellites, stations d’écoute, interception d’appels téléphoniques, etc… et son petit frère Européen ENFOPOL.
  • Il y a eu bien sur le Patriot Act aux USA qui n’est pas du fichage a proprement parler, mais qui montre bien l’utilisation qui peut être faite des fichiers une fois qu’ils existent.  En l’occurrence, cette loi permet de faire ce qui était interdit avant : croiser les fichiers. Une fois que le citoyen a accepté et s’habitue (à la longue) il est plus "facile" (et tentant) de ne pas revenir en arrière. Procédés qui ont d’ailleurs fait tâche en Europe, puisque l’accord SWIFT, que vous pouvez lire sur la dernière page de vos contrats bancaires si vous avez ouvert un compte récemment, stipule que les banques françaises peuvent envoyer des informations bancaires vous concernant aux USA si ces derniers en font la demande. Et vous avez acceptez … (sans l’avoir lu je suppose, mais vous pouvez aller vérifier). En l’occurence, je ne suis pas dans le secret des Dieux, mais il est facile de comprendre que suite à la chute du mur de berlin, TOUS les agents secrets affectés ont été reconvertis dans le domaine de… devinez … l’espionnage économique/industriel. J’ai vraiment du mal a croire que ces personnes (qui ne rendent pas vraiment de compte au peuple) se prive d’une telle manne d’information pour prendre l’avantage sur leurs "amis" Européens.

Le fichage "commercial"

  • En France, le pass NAVIGO à Paris, sauf pour les rares personnes qui payent 5€ de plus pour avoir la version anonyme permet de tracer une bonne partie des déplacements des gens. Soit disant pour lutter contre la fraude ! Mais on se doute bien qu’un fraudeur ne va pas utiliser un pass navigo, il fera comme tout le monde, il passera avec une autre personne.
  • Les supermarchés, sous prétextes de cartes de fidélités fichent leurs consommateurs, car en effet, cela leur permet de savoir qui achète quoi, nos habitudes de consommations. Dans le but de nous étudier tels de rats de labo, pour nous vendre toujours plus.
  • Autre accord visant en principe a protéger le droit d’auteur, ACTA, s’il était mis en place obligerait les FAI a ficher et fliquer leurs clients afin de repérer et punir toute infraction a la propriété intellectuelle et au droit d’auteur. Cet accord touche à un autre domaine que la sécurité de l’état ou des personnes. Il s’agit de la sécurité d’intérêts commerciaux. Les lois sur la propriété intellectuelle et les droits d’auteurs sont en effet censés protéger l’innovation et entrepreneuriat. Mais son application passe par encore une fois par la mise en place d’outils de fichage et de surveillance des personnes. La encore, avec les même risques (quasi inéluctables dans le monde actuel) de dérives a un moment ou un autre, pour une raison ou une autre, interdisant au final toute déviance.
  • A tout seigneur, tout honneur, il me faut mentionner HADOPI qui est peut-être l’archétype de tout ce qui se fait de mal dans le domaine : loi injuste, inefficace, anticonstitutionnelle, liberticide et anachronique. Facilement contournée, n’aidant pas vraiment les artistes a être rémunérés a part quelques "gros", proposant un cumul des peines et un courcircuitage des juges interdit par la constitution française, voté en catimini la nuit par 3 députés qui étaient resté "après la fermeture" (je caricature un peu, mais c’était quand même la réalité). C’est une loi votée par et pour les "producteurs" (ceux qui se font de l’argent sur le dos des artistes) qui voulaient protéger leur rente de situation, face à la monté d’internet. Lady Gaga a bien compris et mise non pas sur sa musique qu’elle donne gratuitement sur le net, mais sur les concerts et la performance artistique ! De plus il existe d’autres moyens de rémunérer les auteurs si c’était vraiment l’objectif : mettre en place une taxe globale (licence globale) qui serait redistribuée a l’audimat (facile a mesurer sur le net). La encore, on voit les lobbys marchands a l’œuvre, comme dans le cas d’ACTA.
  • On peut rapprocher des mesures d’une autre loi en cours de mise en place, l’IPRED qui vise à organiser la répression de tous les "les partageurs, remixeurs, codeurs et inventeurs en tous genres".
  • L’influence du lobbying marchand est telle dans sa lutte acharnée pour fliquer les internautes qu’il est question de modifier la nature profonde et intrinsèque d’internet à travers deux sujets :
    • le filtrage du net. Il s’agit la de mettre en place des outils au plus bas niveau pour écouter/surveiller/ficher tout ce qui passe sur Internet, de sorte à pouvoir repérer toutes les déviances : les "tricheurs" (contrefaçons, plagiat, pédophiles) aujourd’hui … et les opposants politiques demain à coup sûr.
    • la neutralité du net. (c’est légèrement hors sujet, mais je le met quand même) Il s’agit cette fois d’accorder plus d’importance à certains contenus qu’a d’autre. Par exemple, si vous êtes LeMonde, ou le Figaro, vous voudrez que vos pages Internet se chargeront en mémoire 10 ou 100X plus vite par rapport au blog de Yoananda (ce qui serait dommage avouez le ! ;-) ). Aujourd’hui tout le contenu du net est indifférencié. Mais demain, cela pourrait ne pas être le cas. Heureusement, pour l’instant, l’Obama protège (grâce à son véeo) la neutralité du net. Mais les attaques continueront, sans cesser. Et si demain la neutralité est perdue, alors, par exemple, si vous êtes abonnés au Orange, vous ne pourrez aller voir que les vidéos (incrustées de pub) Dailymotion, car Youtube sera aux mains du concurrent, et les vidéos mettront beaucoup plus de temps à être téléchargées. Sympa non ?

Le fichage "social"

  • Enfin, et c’est peut-être la le pire et le plus vicieux, le fichage "volontaire", que l’on nomme "réseau social". Il faut savoir que 80% des informations vous concernant sont écrites par … les autres ! Il faut savoir que les services secrets utilisent de plus en plus Facebook. Il faut savoir que Facebook, lui encore, collecte des données sur vous a votre insu (les contacts de vos amis dans vos emails, votre historique de navigation). Le créateur de Facebook n’a aucune éthique sur la vie privée dans sa vision du monde (lors de sa dernière conférence sur la "timeline" il a clairement expliqué que selon lui, toute votre vie devrait être décrite sur facebook) , il ne recule que sous la pression des utilisateurs, pour ne pas perdre des clients. C’est tout. Il ira aussi loin qu’il pourra. Imaginez que demain, pour obtenir un emplois, on ne vous demande plus un CV, mais une "timeline" Facebook. Timeline sur laquelle vous n’aurez qu’un contrôle réduit.
  • (Ajout 15/11/11) Fichés à notre insu via le web mobile encore plus intrusif ?
    Itrmanager.com signale une enquête récente qui révèle que sur 101 applications pour mobiles testées, 56 d’entre elles communiquent le numéro de téléphone, 47 donnent la localisation de l’utilisateur et 5 informent sur l’âge et le sexe et tout cela sans en avertir le consommateur.

Parano ou lucide ?

Sur le principe, je ne suis pas contre le fichage dans l’absolu. Ce ne sont pas des sujets qu’on peut "trancher" du revers de la main en disant "le fichage c’est le mal". Les terroristes existent et on ne peut quand même pas les laisser tuer des gens impunément. Les contrefaçons existent, le piratage aussi, etc…

Cependant, je me demande si c’est bien le moment de faire ça ? alors que la démocratie est en train de disparaître … si on était bien "établi" dans une relation de confiance avec nos dirigeants, je serais beaucoup moins méfiant envers ces fichiers. Mais la, en l’occurrence, le timing est mal choisi. Et tout mis bout à bout, ça fini par ressembler a du 1984 ! Ça renforce les suspicions … alors que le pouvoir politique vacille, que le capitalisme lui même connaît des loupés … le fichage ne peut qu’avoir des airs d’intimidation ou de récupération. Et puis, il ne faut (surtout) pas négliger que les fichiers mis en place ont été élagués sous la pression populaire, mais l’intention premières etait très claire.

Et en plus, ces fichiers et les lois qui vont avec, ont de moins en moins a voir avec l’intérêt du peuple, et sont de plus en plus la pour protéger des intérêts "de groupes" (les états, les lobbys mercantiles). Intérêts qui ont tendance a converger en plus, dans une espèce de régime censitaire (au lieu d’une personne un vote, c’est un dollar/euro un vote).

Et d’une manière ou d’une autre, vu le pouvoir croissant que les lobbys ont, ils parviendront à avoir accès à ces fichiers pour "vous donner le meilleur travail possible", adapté a votre parcours, et en fait, vous forcer a rentrer dans le moule, sous la menace de ne pouvoir trouver du travail si vous n’avez pas coopéré. Puisque de toute manière ça arrangera l’état qui y verra la un moyen d’augmenter son PIB et ses recettes fiscales.

Et pire… qui sait s’il ne voudront pas vous imposer, pour votre bien, le conjoint idéal aussi un jour … (je suis sur qu’il y ont au moins pensé …)

Aller plus loin :

(Ajout 29/02/12) en tout cas Ikea ne s’est pas privé d’aller piocher dans ces fichiers histoire de voir si ses recrues étaient bien des employés modèles : c’est juste la logique capitaliste au final … Pour moi ca réponds à la question "parano ou pas"…

Notre démocratie est en train de disparaître


Sous ce titre un peu provoc, je souhaite parler de 2 facteurs antinomiques (du moins au premier abord) qui sont en train de changer radicalement la démocratie telle que nous la connaissons.

Les marchés prennent le pouvoir par le haut

D’abord, la plus visible : les marchés. Ils sont en train de prendre le pouvoir "par le haut", en imposant, via la dette, dirigeants et réformes politiques. Si les marchés sont contents, on obtient du crédit pas cher, sinon, on ne peut plus emprunter. C’est une forme de "démocratie" censitaire : le pouvoir de l’argent. Ce n’est pas une personne un vote, mais un euro (ou un dollar) un vote.

A la rigueur, mais c’est un autre débat, idéalement parlant, ça pourrait être un choix de société : les plus méritants réussissent mieux, donc gagnent plus d’argent, et on leur donne un droit de regard plus important sur les choix politiques. Pourquoi pas … mais on sait bien que le seul point commun des élites est leur propension à "fermer les yeux" plutôt que le mérite pur qui caractérise l’entrepreneur.

Toujours est-il que pour l’instant, on dénombre 6 cadavres politiques :

  • Berlusconi pour l’Italie
  • Papandreou pour la Grèce
  • Radicova pour la Slovaquie
  • Zapatero pour l’Espagne
  • Socrates pour le Portugal
  • Cowen pour l’Irelande
  • Et la Belgique (qui s’en tire mieux sans dirigeant apparemment) vient de recevoir un ultimatum pour présenter un budget
  • (ajout 21/12/11) bienvenue à l’ancien président de Leman Brothers en tant que ministre de l’économie espagnole. Leman Brother’s, vous vous souvenez ? la banque qui a fait faillite et précipité la crise mondiale …

Et remplacé par qui par quoi ? Les marchés eux mêmes, ceux qui ont provoqué la crise se retrouvent maintenant au "pouvoir" (c’est une idéologie plus que des hommes qui sont concernés) :

Mon premier s’appelle Mario Draghi. Il est diplômé d’économie du Massachussetts Institute of Technology (MIT). Il a été chargé des privatisations italiennes de 1993 à 2001. Il est devenu gouverneur de la Banque d’Italie en 2006. De 1993 à 2006, il a siégé dans divers conseils d’administration de banques. De 2002 à 2006 il a été vice-président pour l’Europe de Goldman Sachs, la sulfureuse banque d’affaires américaine. Il vient d’être nommé président de la Banque centrale européenne (BCE).

Mon second s’appelle Loukas Papadimos. Lui aussi est diplômé du Massachussetts Institute of Technology (MIT). Il a été professeur à l’Université américaine de Columbia avant de devenir conseiller économique de la Banque de réserve fédérale de Boston. De 1994 à 2002, il a été gouverneur de la Banque de Grèce : poste qu’il occupait quand la Grèce s’est « qualifiée » pour l’euro, grâce à des comptes falsifiés par Goldman Sachs. Puis, il a été vice-président de la Banque centrale européenne (BCE). Il vient d’être nommé, sur pression de l’Union européenne et du G20, premier ministre de Grèce avec le soutien des deux partis dominants.

Mon troisième s’appelle Mario Monti. Il est diplômé de l’Université de Yale. Il a étudié le comportement des banques en régime de monopole. Puis il a été durant dix ans commissaire européen, de 1994 à 2004. D’abord « au marché intérieur et aux droits de douane » (ou plutôt à leur suppression) puis à la concurrence. Membre de la Trilatérale et du groupe de Bilderberg – selon Wikipédia – il a été nommé conseiller international de Goldman Sachs en 2005. Il vient d’être nommé sénateur à vie et l’Union européenne et le G20 tendent de l’imposer comme président du conseil italien.

L’eDemocratie fait entendre sa voie par le bas

De l’autre coté, nous avons Internet qui s’invite dans le débat politique, "par le bas" cette fois, de bien des manières différentes :

  • Internet est difficile a contrôler, et Internet a une mémoire. Difficile pour un politique de mentir, alors que tout est enregistré sur le web.
  • Internet permet plus de dénonciations et de surveillance des "petites affaires en col blanc", d’où les nombreux scandales qui éclatent.
  • Internet permet aux peuples de faire entendre leur voix : sur le 11 septembre par exemple, mais aussi pacte2012 pour la justice (attention, voir le commentaire de Camille sur ce sujet), ou bien la révolution fiscale.
  • Internet permet une nouvelle pédagogie politique : cf révolution fiscale
  • Internet permet une remontée bottom-up réellement démocratique directe. cf la mutation des parti politiques.
  • Internet permet la contestation : printemps arabe, OccupyWallStreet, même si on se doute que c’est récupéré et instrumentalisé, du moins en partie.
  • Internet permet le Buzz, autant pour les politiques "mainstream" que pour les alternatifs, et permet de contourner parfois la censure officielle. La diabolisation devient plus difficile quand l’interlocuteur a un droit de réponse.
  • Internet propose des outils : pour les pétitions, pour la curation, pour les rencontres, pour la réflexion collective et individuelle, pour le journalisme citoyen, pour la diffusion rapide.

Les initiatives sont tellement nombreuses qu’il est impossible des les énumérer. Cette tentative de classification est bien sommaire. Mais la tendance de fond est là. L’internet, qui est la voix du peuple par excellence, s’invite, bon gré, malgré, dans le débat politique.

Les 2 tendances s’affrontent : la démocratie directe citoyenne et la démocratie censitaire indirecte. Dans le premier cas les citoyens proposent des moyens, des solutions, dans le second cas, les financiers demandent des résultats, des objectifs. Peut-être que les 2 pourront se réconcilier un jour, mais il faudrait que l’argent redeviennent un moyen d’échange (a somme nulle) et non un moyen de profit uniquement (on sait toutes les dérives que ça entraîne).

Mais il est clair qu’à moyen terme (1 génération maximum) la démocratie sous sa forme actuelle aura disparue. Est-ce que les 2 modèles vont cohabiter ? je ne sais pas, mais en ce moment, ils s’affrontent.

La démocratie, ça fonctionne vraiment ?

Notre démocratie souffre de toute manière de problèmes structurels, qui jusque là, sont passés "inaperçus", mais qui maintenant deviennent handicapants :

  • la démocratie "par essence" consiste à imposer par la force les décisions de la "majorité" (votante) aux minorités … et finalement on peut en arriver à l’effet inverse de celui escompté.
  • la démocratie, on le voit dans la pratique, a tendance à provoquer une sorte de "pensée" unique un peu molle
  • la démocratie à tendance à nous forcer à être tous d’accord … sur tout !!!! Je veux bien qu’on se mette d’accord sur quelques points essentiels et vitaux, mais sur tout …
  • la démocratie (à la Française) est représentative et non pas participative. Nous élisons des gens, qui portent des "programmes", au lieu de voter pour des lois ou des mesures (comme cela se fait en Suisse). Programmes avec lesquels nous ne sommes peut-être d’accord qu’en petite partie. En général les gens votent pour 1 ou 2 mesures.
  • la démocratie provoque comme une tendance au "mensonge", ha non, il faut dire "promesse".
  • les élus, sénateurs ou députés sont obligés bien souvent de voter pour des lois auxquelles ils ne comprennent rien, comme le faisait remarquer Tim Geithner à propos des lois votées suite à la crise financière. Cf Hadopipar exemple :

    « Arrêtons de dire que nos dirigeants sont bêtes…
    Ils sont parfaitement conscients de la situation »
    Je ne suis pas complètement d’accord.
    Je suis consultant en informatique (avec lien finance). Quand je vais voir un film ou il y a des parties liées à l’informatique, je trouve cela souvent ridicule. Alors que quand je regarde un film avec des histoires d’avocats, médecins, je n’ai pas cette même réaction surement par manque de connaissance des domaines.

    Avec la mise en place d’Hadopi, j’ai pu me rendre compte que cela se transposait aussi à la politique.
    Hadopi est une loi ridicule et complètement dépassée dès les débuts de son application.
    Vu que c’est mon domaine, cela m’a vraiment sauté aux yeux.

    Et en fait, c’est la même chose dans les autres domaines et c’est amplifié en économie vu que ça n’a rien d’une science exacte.

    Ce qui est intéressant, c’est que lors de discussion, souvent quand une solution proposée par des politiques est contestée, beaucoup vont répondre « mais ils sont conseillés par des experts du domaine ».
    Cela m’est arrivé avec des collègues. Je leur ai fait remarqué que pour Hadopi, ce sont aussi des experts qui ont proposés des solutions.
    Et autant pour Hadopi ils voient bien le problème, autant pour le domaine qui leur est moins familier, ils arrivent à conserver une confiance dans les décisions prises.

    A chaque solution politique qui me touche de prêt, j’ai l’impression que ces politiques ne sont jamais conscients des effets pervers (le non vu de Bastiat) et la plupart du temps, la solution est déjà dépassée lors de son application.

    Et quand on voit Barroso dire qu’un rejet du plan européen pars les grecs aurait des conséquences « imprévisibles ». les politiques qu’ils ont menés jusqu’à ajourd’hui si elles n’ont eu des conséquences « prévisibles » (par eux, d’autres avaient bien prévu), alors ils ont créés volontairement cette crise.

    Pour ma part, je n’ai plus aucune doute, les politques ne sont bons qu’en politique.

  • Enfin regardez ce graphique :

On est loin d’un système idéal. Et Internet est en train de bouleverser tout ça, puisque maintenant, les gens s’emparent des sujets qu’ils maîtrisent et font entendre leur voie. Grâce à internet il est maintenant possible pour tous ceux qui ont une cause à défendre de le faire.

(Ajout 23/11/12) Superbe article sur la "non démocratie" qui complète très bien le mien :

  • les représentants élus sont en concurrence avec d’autres non élus qui ont plus de pouvoir qu’eux : industriels, média, marchés, judicaires)
  • candidats eux même financés
  • en dehors des conformistes la liberté d’expression n’existe pas
  • l’éducation nécessaire au libre choix est une chimère, surtout pour tous ceux dont la lutte pour la survie les empêche de s’informer correctement
  • la complexité administrative et juridique excluent une grande partie de la population de la démocratie
  • l’organisation centralisée ne permet pas la démocratie a l’échelle du territoire français

FAQ Economie


Je vois que beaucoup ne parviennent pas a comprendre comment l’économie fonctionne. Et visiblement, ce n’est pas une qu’une impression puisqu’un étude vient de rendre compte du niveau "lamentable" des Français en la matière. Il est très clair dans mon esprit que s’il y a une crise économique aujourd’hui, c’est en partie a cause des financiers d’une part, mais en grande partie a cause de cette ignorance crasse des gens : c’est beaucoup plus facile de manipuler quelqu’un qui n’y connaît rien, et en plus, c’est beaucoup plus difficile de diriger une économie "proprement" s’il faut en plus anticiper les "mauvais" comportements des gens.

Je vais expliquer avec des mots simples. Parce que ca l’est. Et parce que quand on prends un cours d’économie, il faut toujours qu’il nous pondent des explications improbables ou pour comprendre ce qu’est un billet de banque il faut comprendre ce qu’est un CDS et la topologie stochastique intrinsèque de la monade ontologique banco-jubilatoire (ca ne veut rien, ne cherchez pas) et vice versa !

Attention, pour l’instant ce sont des notes. Il manque pas mal d’explications "intermédiaires". Posez vos questions, ça m’aidera a rédiger plus clairement.

Mathématiquement parlant il n’y a que 3 outils a maîtriser :

  • [indispensable] la règle de trois
  • [indispensable] la boucle de rétroaction
  • [important] l’effet levier ou démultiplicateur
  • [option] conceptuellement les fractales peuvent aussi aider beaucoup, et la théorie du chaos (attracteurs étranges)

L’économie c’est quoi ?

L’économie, c’est une manière de gérer les échanges entre humains. On souhaite que ces échanges soient équitables, que celui qui donne reçoivent aussi. Finalement, c’est une manière de compter pour assurer la "confiance" (en soi et en la vie). D’ou l’idée de monnaie fiduciaire (fidus / confiance).

L’économie c’est l’outil qui sert à gérer :

  • la récompense sociale du mérite (à travers le salaire, l’investissement, le dividendes, etc…)
  • la solidarité (a travers les retraites, le chômage, les assurances, etc…)
  • la liberté (a travers la propriété privée, le droit, la sécurité et la confiance, etc…)
  • l’équité, la justice et l’harmonie sociale

Elle se base (en occident) sur l’état de droit, qui assure que les règles sont respectées, ce qui permet d’avoir la confiance dans le système économique, et dans le droit et la propriété.

Les 4 piliers de l’économie sont donc :

  • la propriété (garantie chez nous par l’état de droit) – c’est un moyen de règlement de litiges
  • la monnaie (qui est aujourd’hui de la dette pour l’essentiel) – c’est un moyen d’échange avant tout
  • le patrimoine (culturel, cognitif, le savoir faire, l’innovation, les biens matériels et infrastructures) – ce dont on peut disposer
  • la confiance (efficacité, gestion du risque et des litiges) qui est le ciment du reste – le reflet de notre subjectivité, adossé a une certaine rationalité

L’économie ça sort d’où ?

Je vais faire très rapide. Au début on a "rien", même pas de troc, mais des tribus. Puis viens le troc. Puis viennent les coquillages pour compter le troc. Puis viens l’or, qui ne s’abîme pas, qui est trop mou pour servir, et qui est joli ! Puis viens les banques pour ne pas se faire piquer son or. Puis viens le chèque pour ne pas se faire piquer son or quand il circule.

Puis viennent les lumières, et c’est la que naît l’économie moderne. D’abord, on défini les bases du capitalisme : la propriété privée garantie par l’état de droit (=la loi est la même pour tous). La liberté est limitée par cette propriété privée. On crée la libre entreprise, les salaires. On crée au passage la démocratie basée sur le consentement à l’impôt qui doit être progressif (ce qui met fin au privilèges féodaux).

Tout ce "package" est le fondement de notre économie moderne. L’économie ce n’est pas juste "faire du profit", c’est tout un système idéologique, auquel on ne penses plus tellement ça nous parait "évident".

L’argent, la monnaie ?

A quoi ça sert l’argent ?

A comptabiliser les échanges, pour faire en sorte que ce qu’on donne d’un coté, on le récupère de l’autre. L’avantage de l’argent, c’est qu’il permet des échanges sur des objets de nature différente, et des échanges dans le temps. L’argent, c’est généralement ce qu’on a en poche.

La monnaie est un terme plus général pour désigner tous les moyens d’échange. On confond souvent les 2 dans le langage courant.

Mais rappelons en introduction qu’on réserve le nom de monnaie aux actifs qui présentent deux caractères particuliers :

  • ils sont “liquides”, c’est-à-dire qu’ils peuvent être utilisés instantanément,
  • ils sont “sans risque” de perte ou de gain en capital lorsqu’ils sont mobilisés (c’est-à-dire transformés pour être la contrepartie de l’échange).

Pourtant ils sont très différents l’un de l’autre, l’argent c’est un chiffre, la monnaie, c’est un vecteur à 4 dimensions :

  • sa masse (sa valeur faciale)
  • sa vitesse de circulation (plus il y a d’échanges dans un temps donné, plus l’argent circule vite)
  • sa durée de vie (la dette est une monnaie qui a une durée de vie définie)
  • sa liquidité (la facilité avec laquelle on peut l’échanger contre autre chose) – a voir si c’est la même chose que la vitesse de circulation

La dette ?

C’est de l’argent créé temporairement. Il sert a faire des échanges et à s’assurer qu’au final, ils sont équilibrés. La dette assure que le jeu comptable soit a somme nulle, au bout d’un certain temps. Nous avons (selon l’échéance de la dette) plus ou moins de temps pour résoudre les déséquilibres. L’avantage de la dette, c’est qu’elle permet des échanges dans le temps.

Il y a 2 manières (à ma connaissance) de faire un emprunt : en donnant un gage (Hypothèque, CDI, …) ou en utilisant les dépôts d’un autre (l’argent est prêté et les intérêts reversés à l’épargnant). L’intérêt d’avoir un gage c’est que la personne a "tendance" (euphémisme) a venir rembourser à échéance pour retrouver ses bien hypothéqué ! C’est ce que l’on nomme "monétisation".

Les USA auraient pu rembourser leur dette, mais ne l’ont pas fait pour garder un actif financier sûr.

Le quantitative easing ?

Le QE (quantitaive easing) n’est rien d’autre que ça : vous allez chez un préteur sur gage, vous lui filez votre montre en or, et il vous donne du cash. Si vous le remboursez, il vous rends votre montre (qui en principe vaut plus que l’argent qu’on vous a prêté … car le cash est plus liquide qu’un objet, qu’il faut se débrouiller pour revendre chez un receleur ensuite, et les 2 vont prendre une marge, négocier, etc…, donc il faut que ça rapporte, sachant qu’en plus, il faut être spécialiste des montres et de l’or pour connaître son vrai prix, il y a donc un risque à gérer).

Le QE sert à injecter de l’agent "frais" dans l’économie, pour la liquidifier (c’est un avance de trésorerie en somme). C’est un pari sur le retour de la croissance, sinon, c’est une perte sèche.

Le QE n’est pas de la création monétaire (mais il en a les même effets inflationnistes) :

Un quantitative easing retire du portefeuille global mondial une masse d’assets qui offrent un rendement et en contrepartie émet un asset à maturité zéro, de la monnaie, qui ne rapporte rien. Donc on retire du rendement en injectant des liquidités.

L’intérêt ?

Disons que je vous prête ma hache. Cette hache peut couper 100 arbres, ensuite, elle se casse. Si je vous la prête et que je m’en suis servi 30 fois, si vous l’utilisez 50 fois, alors il ne me reste que 20 utilisation. L’intérêt, c’est le comptabilisation de cette perte : je réclame une contre partie.

Mais les taux d’intérêts rendent la dette non remboursable ? oui, et au final, c’est la représentation mathématique de notre effort permanent pour lutter contre l’usure de la vie, et notre propre usure personnelle (manger quoi !).

Dans son livre "La révolution fiscale" Pikkety nous apprends d’ailleurs que l’usure est d’environ 14% du PIB, soit 2 mois de boulot, juste pour l’usure des infrastructures (sans parler de manger):

soustraire du PIB la dépréciation du capital qui a permis de réaliser ces productions, c’est-à-dire l’usure des bâtiments, équipements, ordinateurs, ampoules, etc., utilisés au cours d’une année. Cette masse considérable, évaluée à 280 milliards d’euros en 2010 (soit 14 % du PIB)

L’usure ?

L’intérêt et l’usure étaient la même chose "avant" et étaient condamnée par l’église. De nos jours, l’intérêt est autorisé, mais l’usure est toujours interdite. Par contre il n’y a pas de définition "fixe" de l’usure. On fixe grosso modo le seuil a 1/3 de plus que le taux moyen. C’est pour éviter les exagérations en somme.

La spéculation ?

La spéculation est autant nécessaire a l’économie que la météo de demain a l’agriculteur. Par contre, il y a spéculation et casino. Aujourd’hui ce n’est pas toujours facile de différencier les 2.

Le PIB ?

C’est une mesure plus ou moins bonne de l’activité économique d’une nation. Plus il y a d’échange, plus on comptabilise de "richesse" crée, et donc, de capacité a rembourser la dette. C’est un chiffre essentiellement politique plus que réel. Il sert a calculer beaucoup d’autres choses. Aujourd’hui la mesure du PIB est cassée.

L’inflation ?

La, c’est un sujet plus difficile a appréhender. L’inflation c’est la mesure de la hausse "générale" des coût. Mais on devrait plutôt parler de l’inflation de quoi par rapport a quoi … Au final, ce qui compte, c’est le temps qu’on passe a travailler, et le temps dont on dispose pour nos loisirs. La, on aurait une vraie mesure de l’inflation. Car si les prix de la nourriture coûte 3X plus cher, mais que votre salaire fais X5 … en réalité, les prix diminuent pourtant l’inflation va vous dire "200% d’augmentation" … d’où le "bug" dans l’esprit des gens qui n’arrivent plus a savoir de quoi on parle. Calculez combien d’années de travail va vous coûter votre maison, combien d’heures de boulot pour vous payer une voiture. Et la vous saurez vraiment s’il  a inflation ou pas et dans quel domaine.

La loi Rotschild de 1973 ?

C’est la loi qui dit que la France ne peut plus emprunter a la banque de France (à taux 0), mais doit emprunter aux marchés. En gros, cela revient à interdire la planche a billet (qui a été la cause de l’hyperinflation a d’autres époques).

Cette loi est indissociable de la loi de 1982 qui a mis fin a l’indexation (des salaires sur l’inflation). Le but étant de limiter l’inflation.

D’un point de vue strictement mathématique cette loi est neutre. D’un point de vue politique par contre, cette loi oblige les dirigeants à passer par les marchés. C’est une loi libérale qui vise a réduire le pouvoir "nocif" de l’état. En réalité l’état n’a aucun pouvoir ni nocif ni bénéfique, tout dépends des dirigeants qu’on met ! Donc parfois cette loi sera "bonne", d’autres fois elle sera "mauvaise". En tout cas, elle est aujourd’hui au profit des banquiers.

Comment une banque gagne de l’argent ?

  • Grâce au différentiel des taux d’intérêts entre les emprunts et les placements
  • Grâces aux frais bancaires
  • En jouant au casino boursier

La titrisation c’est quoi ?

J’ai plein de gâteaux cerise/chantilly a refourguer, mais la plupart des acheteurs ne veulent que des cerises ou que de la chantilly ! Je regroupe tous mes gâteaux, je sépare les cerises, la chantilly et la patte à gâteaux, et je les revends séparément en grossiste : un gros paquet avec que de la cerise, un gros paquet avec que de la chantilly et un gros paquet avec que de la patte.

C’est pareil pour les subprimes : j’ai un gros paquets d’emprunts pour des maisons. Chaque emprunt est plus ou moins risqué selon si c’est un clodo ou un immigré clandestin ou un artiste ou un dealer. Mais on est aux USA, tout le monde a droit à sa chance, et en plus, c’est l’économie la plus forte du monde (lol). Bref, tout le monde à droit a son prêt. Ces prêts sont regroupés, puis redécoupés : a certains je vends la partie "la plus sûre" (la cerise), a d’autres la partie un peu moins sure (la chantilly) et a d’autres, la partie la plus risquée (la patte a gâteau). L’idée, c’est de revendre le risque et de ne garder qu’une commission au passage. Argent facilement gagné du coup puisque a servir d’intermédiaire, on ne risque pas de perdre, mais on gagne quand même une commission. Enfin … en théorie ! lol

Une banque centrale ca sert a quoi ?

En Europe, ca sert a réguler la masse monétaire (de dettes essentiellement) grâce a des taux d’intérêts directeurs. S’ils sont haut, personne n’emprunte, il y a moins d’argent, ca ralenti l’économie. S’ils sont bas, beaucoup d’emprunts et donc beaucoup d’argent qui circule, et donc, plus d’activité économique. Mais des taux trop bas provoquent l’inflation ou des bulles et des taux trop haut la récession ou le chômage. Il faut donc trouver le juste milieu.

Aux USA la banque centrale a pour rôle de juguler l’inflation, mais aussi de maintenir le chômage bas. En Europe il n’y a que l’inflation qui compte.

Et les autres (systèmes économiques) ?

Bien entendu un système économique n’est qu’une convention entre nous. On pourrait fonctionner avec d’autres conventions, et même sans … Il existe d’autres systèmes économiques, plus ou moins différent de celui qui est en oeuvre chez nous. D’ailleurs, il y a des (grosses) nuances d’un pays a l’autre :

  • économie solidaire
  • économie distributive
  • monnaies fondantes
  • communisme (on a vu ce que ça a donné)
  • la mafia (système économique archaïque mais pas inefficace pour autant)

Et on peut aussi faire un lien entre système économique et système politique, les 2 sont souvent liées. La démocratie allant avec le libéralisme par exemple. Souvent ces systèmes sont des utopies. Ils ne sont jamais mis en oeuvre "parfaitement". Pourquoi ?

  • parce que l’homme n’est pas parfait
  • parce que la nature n’est pas parfaite
  • parce que l’adhésion de l’homme a ces système n’est pas parfaite
  • parce que l’histoire n’est pas parfaite (en gros : on part d’un système déjà existant et il faut assurer la transition)

L’effet levier c’est quoi ?

Pour gagner 1 000 euros, je peux jouer en bourse et placer 10 000€, en espérant un gain de 10%. Mais je peux aussi placer 100 000€ et espérer un gain de 1%. Ça revient strictement au même, d’un point de vue mathématique. Mais un gain de 1% est plus facile a obtenir. Donc,  toute la question est : comment se procurer les 100 000€ initiaux, si on ne les a pas. Ces 1000€ vous pouvez les obtenir en demandant 100€ a 10 personnes ou bien 1€ à 100 personnes, ou bien vous pouvez demander 10€ à 10 personnes pendant 10 mois d’affilés. L’effet levier consiste a jouer sur ces paramètres pour démultiplier vos gains. Ce qui peut provoquer des effets papillons, bien entendu.

Concrètement, c’est ce qui se passe, quand la banque centrale baisse ses taux, alors on peut jouer sur le différentiel de taux (avec ceux d’une autre banque centrale par exemple) en emprunter des fortunes, pour faire des tous petits gains (mais au final vous aurez amassé plusieurs millions d’euros !). C’est aussi ce qui se passe avec les "robots boursiers" : ils gagnent très peu (quelques fractions de dollar), mais très souvent (a la milliseconde près), et donc, beaucoup … Ou bien encore, si vous prenez une commission de 1€ a chaque transaction bancaire, vous gagnerez 10 fois plus si vous parvenez a faire "éclater" cette transaction en 10 transactions plus petites. Etc… les exemples sont infinis, et croyez moi, les financier se cassent la tête tous les jours pour en trouver de nouveaux !

CDS mon amour ?

comment j’ai arrêté de m’en faire et j’ai commencé à aimer les CDS. Les CDS c’est un truc fabuleux. Si vous avez une voiture vous allez voir votre assureur, et en cas d’accident, il prends en charge les dégâts (dans un monde idéal du moins). Le CDS permet de s’assurer contre les accidents du voisin. Malin non ? vous prenez une assurance, vous dégonflez ses  pneus pour augmenter vos chances et … Jackpot !

Ne croyez pas que ça ne se fait pas ! Goldman Sachs a permis à la Grèce de rentrer dans l’Euro en traficotant ses comptes. En même elle avait parié dans son dos qu’elle se ferait piquer pour fraude plus tard ! Pas mal non ?

Bon les CDS c’est un peu dépassé maintenant … le prochain produit miracle des financiers ? les assurances vies… Je vous laisse imaginer la suite.

L’économie ça sert à quoi ?

  • a savoir ce qui se passe quand on confie notre argent à un banquier
  • a savoir ce qu’il en fait
  • a comprendre que si on a du mal a boucler la fin du mois, c’est pas forcément parce qu’on s’y prends mal
  • a comprendre aussi qu’on peut pas vivre éternellement au dessus de ses moyens

Pourquoi les économistes se trompent autant ?

  • les modèles mathématiques répondent à des critères plus politique qu’autre chose
  • ce sont des mathématiciens et il n’y comprennent rien aux gens
  • les gens n’y comprennent rien aux maths (et ne font pas ce que les économistes avaient prévus)
  • les modèles économiques ne sont bon qu’a une chose : prédire le passé
  • les politiciens changent sans cesse les règles du jeu
  • les économistes vivent dans un monde infini, le pic pétrolier "s’trop ringuard"
  • les économistes répondent aux questions qu’on leur pose : comment faire de la croissance. Dit autrement : ils sont la pour nous faire rêver, et pas pour nous faire revenir sur terre.
  • les économistes sont eux aussi payés (et donc, ce sont d’autres qu’eux qui décident qu’elle théorie doit être mise sur le devant de la scène)
  • a cause de biais cognitifs et parce qu’ils confondent corrélation et causalité (a leur avantage)

Le capitalisme c’est quoi ?

Il ne faut pas confondre capitalisme, économie de marché, libéralisme, qui sont souvent mélangés dans l’esprit des gens sous le vocable "capitalisme". Le capitalisme c’est :

  • la propriété privée
  • la libre entreprise
  • le droit d’accumuler du capital
  • le salariat

Il est né de la réforme protestante qui déculpabilisait l’enrichissement personnel qui devient un signe des faveurs divines et non plus un obstacle au royaume des cieux, c’est pour cela que les USA en sont les champions. Le capitalisme est aujourd’hui associé a l’économie de marché (mécanisme de fixation des prix) et du libéralisme (amoindrir le rôle de l’état et garantir la liberté individuelle). Il est à noter que le capitalisme ne parvient pas a s’implanter sans état de droit : en effet, la maison (propriété d’usage) ne peut pas être mise en hypothèque sans papier prouvant se propriété, et la pompe économique ne peut être amorcée.

La propriété privée

C’est une notion assez complexe en définitive qui remonte jusqu’à notre conception même du "moi" (c’est à moi). Elle sert à régler les litiges de manière consensuelle au lieu d’utiliser la violence. C’est donc un pouvoir consenti (par approbation ou soumission) qui peut être transféré.

Le droit de propriété comporte trois attributs :

  • l’usus qui est le droit d’utilisation du bien ;
  • le fructus qui est le droit de percevoir les fruits et les produits ; un fruit est un revenu qui se renouvelle (une récolte, un loyer…), un produit est un revenu qui amoindrit la valeur du bien (une carrière, une mine) ;
  • l’abusus qui est le droit de disposer de sa propriété comme on l’entend : donation, vente, transformation voire destruction…

Et 5 caractères :

  • le caractère exclusif : en principe une chose appartient à un seul propriétaire ;
  • le caractère absolu : le propriétaire peut faire ce qu’il veut de la chose ;
  • le caractère perpétuel : le droit subsiste autant que la chose.
  • Autonome : depends-t-il d’une autre entité (religieuse, communautaire, état, famille, mafia)
  • Universel : Est-il un droit pour tout le monde, selon quel critère ? (appartenance ? Censitaire? Application normative ou pragmatique/contextuelle)

La propriété sert a l’efficacité économique, l’utilité collective … et la justice (individuelle).

Formes de propriétés "communes" : libéralisme (on possède son corps et son travail), socialisme (l’intérêt général prime sur l’individu), anarchisme (propriété d’usage), communisme (propriété collective des moyens de production).

C’est de la notion de propriété que découle : la justice, l’impôt, l’enclos, l’héritage, la personne morale, le monopole de la violence par l’état, le patrimoine, etc.

Le droit de propriété moderne individuel, universel, "naturel", trouve sa source dans l’encyclique intitulée Quia Vir Reprobus et publiée en 1329 par Jean XXII dans une querelle qui l’oppose au Fransicains bien avant la Déclaration des droits de l’homme de 1789 et à notre Code civil de 1804.

Actif/Passif

Merci à Patrick Luder pour m’avoir donné l’explication la plus simple que j’ai pu trouvée :

  • Actif = utilisation du patrimoine
  • Passif = provenance du patrimoine
  • Charges = Activités déficitaires mais nécessaires au fonctionnement de l’activité.
  • Produits = Activités bénéficiaires de l’activité.

Aller plus loin

  • Le panurgisme chez les traders : explique quelques concepts fondamentaux dans le trading
  • La finance ca sert a quoi ? du moins en principe …
  • Les produits dérivés par Olivier Berruyer
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 51 followers

%d bloggers like this: