Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

Archives Mensuelles: avril 2012

Yoga et économie


A priori qui y a-t-il de plus éloigné que le Yoga et l’économie : l’un étant dédié au spirituel, l’autre au matériel. (comme le yoga et le survivalisme).

Il est quand même possible de tisser des liens entre des "disciplines" si différentes. C’est une question d’approche plus qu’une question de nature. Si on considère l’économie comme un moyen de s’enrichir et de truander son prochain, alors, soit, cela n’a rien à voir avec le yoga. Mais si on considère l’économie comme un moyen de comprendre le monde, son prochain, et qui permet de mieux comprendre la société et d’y évoluer, alors cette démarche est tout à fait compatible avec l’esprit du yoga.

Et si l’on sort d’une vision un peu bigote du yoga, on peut même considérer que l’économie fait partie d’une branche "officielle" du yoga : le Jnana Yoga. Le Jnana Yoga est l’une des 4 grandes branches du yoga :

  • le karma yoga, le yoga de l’action (cf mère Thérésa par exemple)
  • le bakthi yoga, le yoga de la dévotion
  • le raja yoga, le yoga royal, qui est celui des asanas (les célèbres postures du yoga) et de la méditation
  • le jnana yoga, le yoga de connaissance et de la sagesse

Traditionnellement le Jnana Yoga se contente de l’étude des textes "sacrés" : concrètement c’est l’étude de la bible, de la bagavad gita, du coran, etc… Mais on peut étendre cette définition. La science moderne pourrait être considérée comme du Jnana Yoga : étudier l’univers (extérieur/intérieur) pour le comprendre, pourrait être considéré comme l’étude du Divin tout simplement.

Après, tout dépend de ce qu’on fait de ces connaissances bien sûr : L’objectif du yoga est de connaître et réaliser notre véritable nature. Ce n’est pas toujours le but de la science dont une grande partie ici en occident consiste a faire du profit avec des inventions scientifiques. Mais la recherche fondamentale s’en rapproche beaucoup plus : la science nous a montré que nous sommes constitués des mêmes atomes que partout dans l’univers, et pire, que tout les être vivants sur terre partagent une même mécanisme (l’ADN), et qu’il se pourrait bien qu’il soit aussi partagé par d’autres êtres sur d’autres planètes. En ce sens, la démarche scientifique s’apparente à celle du yoga. L’une serait plutôt extérieure/objective et l’autre plutôt intérieur/suhjectif. L’un Yang et l’autre Yin. Mais ni l’un ni l’autre ne sont fondamentalement limités à l’étude des "objets" extérieurs ou l’introspection de "l’intérieur". D’ailleurs le yoga vise à supprimer cette distinction.

L’économie elle même pourrait être considérée comme du Jnana Yoga : en effet, les notions d’individualité et de propriété privée, et même de bonheur et d’harmonie sont au cœur de l’étude économique. L’économie revient finalement à étudier et définir un ensemble de règles sociales qui nous permettent de vivre ensemble aussi bien que possible. L’économie démarre avec le droit, et donc la justice et les moyens pour faire respecter.

Par exemple, l’économie nous montre que le fondement de tout système économique remonte à la notion de propriété privée et du droit afférent, et que cette dernière dépends (et façonne en partie) de la notion que nous avons de notre identité propre. Le "moi je" occidental est structuré et structure la notion de propriété privée. Les 2 sont indissociables. Un "sauvage" (terme non péjoratif) appartient à la terre, et il n’a pas de notion de "moi je" comme nous, a l’inverse, l’occidental individualiste a un "moi je" et considère que certaines choses lui appartiennent de manière exclusive. Entre les 2, il y a toute gradation de forme de propriétés.

Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Jeremy Bentham tente de définir un système économique (l’utilitarisme) sur un calcul des bonheurs et des peines :

  • Durée : Un plaisir long et durable est plus utile qu’un plaisir passager ;
  • Intensité : Un plaisir intense est plus utile qu’un plaisir de faible intensité ;
  • Certitude : Un plaisir est plus utile si on est sûr qu’il se réalisera ;
  • Proximité : Un plaisir immédiat est plus utile qu’un plaisir qui se réalisera à long terme ;
  • Étendue : Un plaisir vécu à plusieurs est plus utile qu’un plaisir vécu seul ;
  • Fécondité : Un plaisir qui en entraîne d’autres est plus utile qu’un plaisir simple ;
  • Pureté : Un plaisir qui n’entraîne pas de souffrance ultérieure est plus utile qu’un plaisir qui risque d’en amener.

Il cherche donc à comprendre la nature profonde de l’homme et à l’utiliser pour en faire un système économique le plus efficient possible. Cette démarche est à la racine de toutes les écoles économiques, même si aujourd’hui, strates après strates, on s’est éloigné de ces conceptions, on les a perdues de vues.

Mieux, les 7 critères de Bentham on cela d’intrigant qu’on peut les mettre en parallèle avec les 7 chakras du yoga :

  • L’intensité, c’est la puissance, l’énergie brute, c’est le chakra racine du périné, le n°1
  • La proximité, c’est le relationnel, c’est le chakra 2, le chrakra sexuel
  • La certitude, c’est la volonté, le chakra 3, celui du plexus solaire
  • L’étendue, c’est le partage, l’englobement de l’autre en soi, c’est le chakra 4 du coeur
  • La fécondité, c’est la communication de son plaisir, c’est le chakra 5 de la gorge
  • la durée, c’est le temps, et le chakra qui contrôle notre notion du temps, c’est le 6, le 3ème oeil, c’est la sagesse et la compréhension qui permet de faire durer
  • la pureté enfin, facile, c’est le 7ème chakra, le chakra de la spiritualité

Il est étonnant de constater que les racines de l’économie se trouvent la plupart du temps dans les textes religieux (c’est un peu moins vrai dans l’occident moderne qui tend à s’émanciper de ces conceptions archaïques). Pour rappel l’usure était condamnée par l’église catholique. La schisme protestant à donné naissance à une autre science économique, car il autorisait l’enrichissement, alors que le catholicisme l’interdisait (en se référant à une citation biblique "il sera plus dur à un riche d’atteindre le royaume des cieux qu’a un chameau de passer par le chat d’une aiguille). Alors que le protestantisme (américain) considère la richesse comme un signe de la bénédiction de Dieu. Ces conceptions religieuses expliquent en partie les différentes écoles économiques et, dans le cas de la France, fille aînée de l’église catholique, pourquoi nous avons tant de mal a passer au libéralisme (protestant donc).

Et la notion de propriété privée moderne est elle même née d’une controverse entre un pape et un ordre religieux : Jean XXII s’opposait aux franciscains sur la notion de propriété. Ces derniers étaient "riches" dans les faits, mais arguaient de n’avoir aucune propriété et donc d’être pauvre, comme le Christ le prescrivait :

Dans une nouvelle encyclique intitulée Quia Vir Reprobus et publiée en 1329, le pape entreprend de démontrer que le dominium reconnu aux hommes sur leurs possessions n’est pas différent, dans son essence, du dominium acquis par Dieu sur l’univers par son acte créateur et qu’il a ensuite concédé à l’homme lui-même en le créant à son image. Autrement dit, selon Jean XXII, Adam, dans l’état de nature, avant qu’Eve n’apparût, jouissait lui-même d’un dominium naturel sur toutes les choses temporelles de ce monde, du seul fait de la relation privilégiée qui le liait à Dieu et à sa création ; même si, en ces temps-là, Adam se trouvait seul, sans personne à qui opposer « sa propriété ». Moyennant quoi, conclut le pape, il est clair que la propriété est quelque chose de naturel, en ce sens qu’elle découle du dominium universel de Dieu sur le monde, que Dieu a concédé aux hommes avant même qu’ils fussent chassés du paradis original et dont, à l’inverse de ce que pensent les franciscains, nul ne peut se dédire puisqu’il s’agit d’un don de la loi divine. Lorsqu’un individu consomme les produits de son environnement [p. 55] terrestre, c’est un simple acte d’exercice du droit de propriété (dominium) qui lui a été concédé par Dieu avant même l’existence d’aucune loi humaine.

C’est ainsi que naquit la notion moderne de propriété "naturelle" (nous possédons notre corps) et par extension de propriété privée exclusive (cette même notion a débouché sur la fin de l’esclavage, puisqu’on ne peut pas posséder quelqu’un d’autre). Alors qu’au moyen age, un champ était la propriété : de Dieu, du seigneur, du paysan, des bêtes, tout à la fois. Et cela renvoies directement à la notion d’identité individuelle (et c’est d’ailleurs a cause de ces notions différentes d’identités et de propriété que l’esclavage était permis et ne choquait personne). A l’époque, on ne se définissait pas comme un "moi je", mais comme appartenant un village, une tribu, ou même on ne se définissait pas du tout. L’un étant lié a l’autre, la propriété a l’identité.

L’étude de l’économie permet donc de comprendre beaucoup de choses sur la société, et beaucoup d’idées reçues qu’elle nous a inculqué et dont peu de personnes se rendent compte. Cela fait partie de la sagesse du yoga que d’essayer de nous libérer de ces conceptions mentales, qui ne sont pas notre "nature profonde". Il faut donc être capable de voir "au delà". On peut le faire par la dévotion (bhakti), par l’action (karma), par la méditation (raja), ou par l’étude (jnana). L’un n’excluant pas l’autre bien entendu.

Dans le cas présent l’économie et son étude approfondie nous permet de nous libérer de notre karma collectif. Le karma est vu dans le yoga comme une chaîne, qu’il soit bon ou mauvais. On est autant enchaîné par une vie douillette et confortable (karma positif) que par une vie de douleurs et d’angoisses (karma négatif). L’objectif du yoga est de se libérer des 2. On dit "brûler" son karma. Mais il y a un karma individuel (qui ne concerne que nous en propre) et un karma collectif (quand on fait la guerre à un autre pays, même si on ne va pas personnellement au front tuer des gens, on partage ce karma collectif avec toute la nation dont on fait partie).

Pour se libérer du karma collectif, il faut être capable d’adopter d’autres perspectives que celle de la "culture ambiante". On peut le faire par le voyage, l’empathie, l’entraide, mais aussi par l’étude historique/économique. Par exemple, l’étude la nature de la monnaie ou  de la propriété privée nous montre à quel les mentalités et les pratiques ont évoluées au cours des ages, et a quel point notre propre mentalité est le reflet d’une époque bien particulière et d’un lieu bien défini. Brûler le karma collectif c’est brûler les idées reçues, les conventions sociales qui nous empêchent de voir la réalité "brute" (libre à nous après de la colorer comme on veut pour s’adapter à un contexte sociétal particulier).

Il y aurait encore beaucoup à dire… car l’économie nous permet de comprendre le monde contemporain et de "naviguer" plus sereinement en son sein. Ainsi, on peut méditer tranquillement, l’esprit détaché des contraintes matérielles, d’autant plus qu’on en comprendre bien le fonctionnement. Le yoga n’a jamais stipulé qu’il fallait aller vivre comme un reclus dans une grotte pour s’accomplir. Au contraire même, cela peu être une solution de facilité pour certains ou a certains moments. Et donc, a l’inverse, pour être parfaitement intégré dans la société, centré, tout en faisant son bonhomme de chemin, avoir quelques notions d’économie peut être un atout considérable pour la paix de l’esprit. L’économie (si elle ne devient pas un dogme) permet aussi de mieux comprendre les autres cultures, et donc, de développer son empathie. La encore, on rejoint le yoga.

A l’inverse, et c’est peut-être un des aspect les plus intéressants, la méditation peut nous ouvrir des portes ‘intérieures" pour trouver des solutions à des problèmes extérieurs bien tangibles … économiques en l’occurrence. La méditation qui nous permet pacifier et clarifier notre esprit peut nous amener a des solutions originales et créatives. Comme disait Einstein : on ne peut pas résoudre un problème avec le niveau de conscience qui l’a créé (ou quelque chose du genre, je n’ai pas pu retrouver la citation exacte).

Yoga et survivalisme


Quoi de plus éloigné à priori que le yoga et la survie ? L’un étant par essence "spirituel", et l’autre purement matériel ! Et pourtant, on peut trouver des similitudes entre les 2 et même des intersections. Je vais m’attacher à faire un pont entre les 2 dans cet article, car, comme je l’ai dit parfois, tous les sujets que je traite ici ne sont pas séparés dans mon esprit. J’expliquerais les liens yoga/économie dans un autre post bientôt.

Dans le monde de plus en plus hostile qui nous entoure, il peut être utile de connaître quelques "trucs". Ce qui est étonnant avec le survivalisme ou le yoga, c’est qu’a priori ce sont des choses dont on n’a pas besoin dans la vie courante, et pourtant, ils se révèlent très utile dans les gestes quotidiens. Ils sont en fait tous les 2 une manière de se construire soi même, car ils découlent de principes élémentaires universel qu’on peut appliquer dans tous les domaines. Finalement, le fait de les travailler ces principes dans un cadre particulier nous aide à développer des réflexes qui peuvent être utile dans beaucoup d’autres situations. On le fait sans s’en rendre compte, mais après coup on réalise qu’on a été plus "souple" vis à vis d’un collègue énervé, ou qu’on est allé a l’essentiel pour résoudre un problème ou qu’on se sent plus léger, etc…

Le yoga et la survie ont en commun la recherche de simplicité, d’autonomie, d’efficacité. Certaines techniques de yoga peuvent être directement employé dans le survivalisme.

Dans la survie comme dans le yoga on se s’embarassse pas du superflu, on va a l’essentiel, au plus utile et versatile. Si votre sac à dos de survie est trop chargé, vous ne pourrez pas aller bien loin avec, et du coup, c’est contre productif. Dans le yoga c’est pareil, sauf que la surcharge est mentale, on se débarrasse des idées ou attitudes inutiles ou trop floues. Il ne faut pas s’encombrer.

Pour être un yogi accompli (du moins tant qu’on n’a pas dépassé totalement la condition physique) il faut un corps en parfaite santé. On ne pratique pas la méditation si on est gêné par toutes sortes de douleur dans notre corps. Dans l’absolu, la méditation est "au delà", mais par rapport à notre mental actuel (surtout en occident avec la télé, les gadget, la culture du caprice) il vaut mieux pratiquer avec un corps "calme" (sans douleurs). Donc la santé est primordiale dans les 2 cas.

Et pour cela les yogi ont des techniques aussi efficaces que rudimentaires. Déjà il s’agit de bien nourrir son corps pour qu’il soit fort et résistant. On retrouve les même principes pour le survivalisme. Le yoga étant une discipline très exigeante (et très gratifiante), la science qu’il a développé sur la nourriture peut être ré-utilisée pour la survie.

Les techniques pour apprendre à découvrir, comprendre, et contrôler son mental sont aussi très utiles pour la survie. Après tout, le yoga, quand il est pratiqué avec intensité nous amène à une confrontation intérieure avec la mort. En cela, il rejoint encore la survie dans laquelle la maîtrise de son mental (de ses pensées et de ses émotions) est une qualité primordiale.

De même les techniques de lavement ou de purification peuvent être très utiles. En cas de situation d’urgence, mais dans la vie courante tout aussi bien.  Si vous avez une indigestion, plutôt que de courir chez le médecin, vous pouvez tenter de vous faire un lavement d’estomac. Le jeûne peut vous permettre d’éliminer une maladie (et selon le docteur Shelton cette pratique est quasi miraculeuse – son livre est une sorte de bible du jeûne). Les asanas (postures) du yoga vous permettent de garder santé et robustesse du corps de manière préventive et améliorent la récupération de l’organisme après un effort et servent d’auto-diagnostique rudimentaires . L’usage en interne ou en externe de l’urine est a la fois une pratique yogique et survivaliste (pour guérir des plaies infectés ou bien pour obtenir un peu d’eau en cas de manque et comme moyen d’auto diagnostique interne).

A l’inverse le survivalisme peut vous amener à tester, découvrir, renforcer "qui vous êtes" : connaître ses limites et ses capacités est très intéressant et réconfortant (car la plupart du temps on les sous-estime énormément). Le survivalisme permet de mettre en pratique et d’améliorer la pratique du yoga.

Et même en allant plus loin, le yoga autant que la survie nous permet de développer une sensibilité accrue aux dangers, émotions, et sensations plus subtiles. Développer ses chakras c’est ressentir plus de choses, plus intensément. Les 2 sont intimement connectés à la nature, et à notre nature profonde. Le retour vers la nature qu’implique le survivalisme est un rappel de notre propre nature primordiale. On apprends a se "connecter" à ce qui nous entoure dans les 2 cas. On retrouve une sorte d’instinct dans les 2 cas, car il s’agit de s’éloigner du mental et de ses idées toutes faites.

Ce ne sont donc pas 2 pratiques qui s’exclue mutuellement, l’une étant faite pour les matérialistes paranoïaques et l’autre étant faite pour les ascètes détachés du monde. Ce sont deux pratiques complémentaires et même similaires dans une certaine mesure.

Le fossé s’agrandit


Je ne lis peut-être pas les bon blogs, peut-être que j’ai loupé ceux qui parlent d’amour et d’eau fraîche, mais je ne pense pas être totalement dans une illusion d’optique sociale non plus : il y a un fossé qui grandit entre les gens. Le plus grand révélateur de cette sensibilité exacerbée est peut-être l’humour. Il n’y a qu’a observer comment les humoristes marchent sur des oeufs. Observez comment certains sujets sont soigneusement évités… Il en est de même pour tout le "politiquement correct". Il suffit de regarder le "négatif" de notre société, d’observer tout ce qu’elle s’interdit de dire en public (en comparant avec tout ce qui se dit en privée et sur le net) pour le constater :

  • les mondialistes vs les nationalistes, symbolisé par l’opposition Vague Bleue Marine et UMPS en France, mais on peut retrouver la même opposition ailleurs en Europe.
  • la droite vs la gauche, l’extrême droit vs l’extrême gauche : il n’y a pas eu de débats durant la campagne entre les candidats. Ce n’est qu’un détail, mais c’est révélateur je pense du climat et de l’éloignement grandissant entre les "idéologies".
  • les vieux vs les jeunes : génération 68 accusée d’insouciance de consumérisme, d’égoïsme et d’avoir accaparé la richesse créé par ses parents pendant les 30 glorieuses et d’avoir ensuite polluée et saccagé le monde pour des plaisirs futiles et éphémères.
  • état vs citoyen : les fonctionnaires vs privés qui gagnent trop et ont trop de privilèges, les impôts toujours plus mal perçus, les services de renseignements (qui avant étaient un service de "proximité" et sont en train de se déshumaniser à force de tout informatiser), la technocratie en général qui ne voit plus que des courbes et des chiffres et oublie qu’il y a des gens derrières. De l’autre coté on a des citoyens qui perdent patience et confiance et qui jouent de moins en moins le "jeu".
  • l’oligarchie vs le consommateur, les élites accusent le peuple d’être trop nombreux, trop cupide, et trop bête (salaud de pauvres), c’est la faute aux chômeurs s’ils ne travaillent pas ces feignasses, c’est la faute des ménages d’avoir pris trop de crédits et de ne pas les rembourser, et en face on accuse les "élites" de toutes sortes de conspirations.
  • les immigrés vs les gens de souches, les banlieusards vs les gens des centre villes ou des campagnes, pas besoin de faire un dessin je pense.
  • les étrangers vs les nationaux : finalement, on s’aperçoit qu’on ne connaît pas très bien ces "branleurs de grecs", ces "fêtard de d’espagnols", ces "psychorigides d’allemands"… alors que penser des "sournois chinois", des "arrogants américains", des "fanatiques iraniens"; Tous les jours on en découvre de vertes et des pas mures sur les autres pays, les autres cultures…

Et la liste continue :

  • le nord "bien géré" vs le sud qui s’enfonce
  • les riches vs les pauvres
  • les BRICS vs l’OTAN
  • les musulmans vs les chrétiens vs les juifs
  • les hommes vs les femmes, les hétéro vs les homo
  • les traders vs les autres, les écolos vs les nucléaristes
  • les sionistes vs les arabes
  • patrons vs salariés, associations vs entreprises

On dirait que la cohésion sociale globale s’effrite au fur et à mesure que la crise s’approfondit (et elle va encore s’approfondir). "On" ne cesse de découvrir des horreurs, des cadavres dans les placard, des trucs sous les tapis. Ces dernier jours c’est l’Espagne qui fait la une, la Hollande. Chacun son tour on dirait.

Les positions se radicalisent petit à petit au fil du temps. L’impression qui se dégage des lectures c’est que les gens, les idées deviennent de plus en plus rigide. En tant qu’individu je peux être selon les moments de la journée ou les périodes de ma vie : un épargnant qui réclame les intérêts de ses sous déposés en banques, un salarié qui se plaint de trop d’impôts, un chrétien charitable ou un égoïste libéral, être malade et dépendre de l’aide sociale, avoir envie de monter une nouvelle entreprise, etc… Et dans mes proches ou connaissances j’ai sûrement des fonctionnaires, des retraités, des étrangers, des riches, des pauvres, des sympathisants de gauche ou de droite, etc…

Nous prenons (plus ou moins) tous les rôles à un moment ou un autre, selon les circonstances.

Et pourtant, on dirait bien que les gens se réfugient dans une "identité" bien précise, définie et relativement immuable et que cela se reflète dans les écrits, les paroles, les attitudes… "l’autre" devient de plus en plus différent, de plus en plus loin, de plus en plus emmerdant pour tout dire. Les vieux oublient qu’ils ont été jeunes, les jeunes qu’ils seront vieux, qu’on est tous l’étranger (et le con) de quelqu’un d’autre …

Comme dans les films de Walt Disney, il y a un méchant et un gentil, et le méchant, ce n’est jamais nous n’est-ce pas ? Comme dans les discours de Bush aussi.

Nous oublions que nous sommes un petit peu de tout le monde. Nous oublions que les Syrien, les Chinois, les Grec, les  Allemands ,les bobos, les pauvres, les vieux, les malades, les immigrés aiment tous leurs enfants et leur famille, chacun a leur manière. Tous finalement voudraient bien un monde meilleur mais ne savent pas trop comment faire face à ce monde si complexe et si difficile à cerner. Alors il faut bien se "choisir" une manière de comprendre et donner du sens à ce monde, non ? Les idéologies toutes prêtes sont la pour ça. Mais on ne peut pas avoir tous la même, on est tous différents.

Toujours est-il que cette évolution de la psychologie collective est inquiétante. On dirait bien que les gens sentent que ça va barder, et ils se disent que ça tombera sur le dernier à avoir tort, sur le faible et ils préfèrent naturellement que cela ne soit pas eux. Chacun semble chercher des raisons pour que l’épée de Damoclès tombe sur le voisin plutôt que sur lui. Mais ils oublient que les voisins font la même chose, et souvent, ils sont plus nombreux.

Je ne sais pas, mais c’est vraiment l’impression que ça donne. Nulle part je n’ai lu quelqu’un dire "la crise c’est ma faute, désolé".

Et pourtant, nous sommes tous un peu responsables. Par notre petite cupidité insignifiante, mais prise collectivement, ajoutée a celle des autres … Par notre feignantise … ou nos petites lâchetés vite oubliées. Évidement, on peut-être lâche 1 seconde, et être généreux et fort tout le reste de la journée. La soir au moment de dormir on se dit que le bilan n’est pas si mauvais. Mais pourtant cette petite seconde d’inattention à peut-être (sûrement) fait beaucoup de mal a quelqu’un. Et si on cumule tout ça …

Si nous ne sommes pas prêt à sacrifier "un peu" au profit des autres … alors le fossé va aller en s’agrandissant … Apparemment, c’est ce qui se passe. Du moins ici en Europe. Ailleurs, je ne sais pas.

En tout cas, ça sent le processus de sélection darwinien tout ça.

Quelle porte de sortie ?


Le pétrole va manquer ? qu’a cela ne tienne, nos industriels vont nous trouver des solutions, non ? Ils en ont plein dans les cartons, d’ailleurs, c’est à cause du lobby pétrolier que la voiture électrique n’a pas percée … c’est ce qu’on entends ici ou la sur les blogs ou ailleurs chez les scientistes, les continuistes, et autres économistes qui s’en tiennent a certains chiffres sans rien connaître des difficultés de la science et de la technique. Non, la voiture électrique n’est pas rentable, et ne le sera pas. Sauf percée technologique sur les batteries ou les panneaux solaires, mais ce n’est pas à l’ordre du jour.

J’essaye souvent d’expliquer qu’entre la découverte en laboratoire et le procédé domestique dans nos maisons, il y a un gouffre, qui souvent n’est pas rempli. Nous avons exploité un "filon" depuis la première révolution industrielle, celui de l’énergie "carbone" (que ce soit sous forme de pétrole, gaz ou charbon). Ce filon arrive à sa fin. Qu’est-ce que nous avons d’autre en stock au niveau scientifique ?

Pas grand chose en réalité. Ou en fait trop de choses … Nous cherchons une aiguille dans une meule de foin. Quel sera le prochain procédé énergétique miracle ? il est peut-être caché la quelque part parmi les millions de sujets que les scientifiques explorent, il y en a peut-être un ou 2 qui vont déboucher sur quelque chose dans … 10, 20 ou 50 ans ? pas facile de savoir. Pourtant les tentatives (et par conséquent les échecs) ne manquent pas.

Des solutions existent, c’est sûr. Mais des solutions au manque de pétrole ? des solutions rapide à mettre en place pour tout le monde ? ca c’est beaucoup moins sûr. Changer la structure énergétique d’un pays, ca ne se fait pas juste parce qu’on le décide. Il faut compter entre 30 et 50 ans. On ne pas passer des pompes à essence à des prises électriques juste par un coup de crayon. Il faut mettre en place toute une industrie de masse, des usines, des savoir faire, des réparateurs, des ingénieurs, des vendeurs, il faut former des gens, créer des écoles, des filières, etc…

La déplétion pétrolière constatée est de l’ordre de 6% par an, et sera suivi de peu par le charbon et le gaz (car pour les exploiter on utilise du pétrole). L’intensité énergétique s’améliore de l’ordre de 1% par an (au mieux) au niveau mondial. Ça signifie que chaque année on est capable de faire la même chose que l’année précédente avec 1% d’énergie en moins. Mais on a déjà mangé notre pain blanc, et les progrès suivant seront plus difficile. La croissance de la population et de 1.14% par an, ce qui compense nos gains. Donc, pour l’instant, on compense le déclin du pétrole "facile d’accès" par du pétrole "difficile d’accès". Mais cela ne durera tout au plus qu’une dizaine d’années maximum avant d’atteindre le pic définitif. Et à ce moment la, il faudra "être prêt"… car les choses iront très vite, contrairement à ce qu’on pourrait croire, la fin du pétrole ne sera pas une pente douce.

Quelles sont les solutions pour continuer à "progresser" ? (et pour ne pas revenir à l’age de pierre)

Il y a tout un tas de procédés carbonés intéressants, mais qui ne permettent qu’un gain à la marge. Je fais un rapide survol, je ne rentre pas dans les chiffres. C’est juste pour montrer les axes de recherches … qui ne marchent pas. Attention, il faut faire la part des choses entre les solutions "simplistes" (et irréalistes) que nous vendent les politiciens, et parfois certains industriels en recherche de crédit, et le "la réalité économique" et industrielle. Ce n’est pas toujours facile de faire la part des choses, surtout a l’heure actuelle avec la sur-information. Il faut un minimum de bagage scientifique pour s’y retrouver. Du genre les kWh, les TEP, et quelques notions de rendement énergétique…

Après nous essayeront de voir ce qui pourrait marcher, et surtout, à quelle échéance. J’ai cherché déjà pour moi même des solutions "viables". Je n’explique pas tous ce que j’ai testé en détail, je fais juste un résumé :

  • La gazéification ? utilisé pendant la guerre, abandonné ensuite. Moteur stirling ? abandonné pas assez rentable.
  • Le solaire, éolien, sont soutenus par le pétrole, l’hydrolique déjà exploité. Le géothermique ? pour l’instant très marginal et le restera (pas dispo partout, compliqué).
  • Le renouvelable ? bois ? non. Algue bleues ? non. Biofuel ? non.
  • Nucléaire ? trop dangereux. Thorium ? premier prototype prévus dans 30 ans en Chine/Inde. Iter (fusion) ? pour la fin du siècle.

Ce qui est confirmé par divers chercheurs : compenser le déclin rapide du pétrole avec ce qu’on sait déjà faire, ce sera insuffisant :

Avec deux fois plus de centrales nucléaires, tous les toits de France couverts de panneaux photovoltaïques et thermiques, des centaines de milliers d’éoliennes, l’exploitation des forêts il n’y a plus que 30% de l’énergie à trouver.

Notez que même en poussant tout ce qu’on peut au maximum, il manque quand même 30% de l’énergie a l’appel. Et en plus, cette conversion il faudrait la faire très vite, en 10 ou 30 ans, pendant qu’il reste encore un peu de pétrole pour le faire.

Sur "TED", une plate-forme pour faire tourner les meilleures idées de la planète, j’ai regardé bon nombre de vidéos. Je vous garantie que les scientifiques sont tous très très inquiets. Ils parlent tous d’urgence, de changement radical et vital. Beaucoup viennent vendre leurs idées avec enthousiasme, cependant, les difficultés sont nombreuses. Les élites (scientifiques, pas politiques) sont conscientes du problème, et ils se creusent la tête, pour de vraie, pour éviter la catastrophe.

Qu’est-ce qu’on a sous le coude ?

  • Hydrogène ? trop compliqué (pression, étanchéité). Ce n’est de toute manière qu’une  pile améliorée.
  • Batteries nouvelle génération ? trop coûteux pour l’instant sauf percée (batteries metal/air par exemple). Mais a base de métaux rares et très cher. Ça restera niche pendant un long moment.
  • Exploitation minière de la lune ? trop risqué, mais théoriquement possible, d’ici quelques décennies.
  • Reste pour l’instant : les OGM pour nourrir plus de monde avec moins d’engrais, pesticides, machines. Le terraforming pour contrer le réchauffement (déployer des nanoparticules dans l’air) mais très risqué. Trop.
  • Les nano énergies ? il y a du potentiel. Les batteries qu’on cultive, peut-être. Les films transparents solaire, peut-être.

A quoi allons nous être confrontés ? Il faut bien comprendre, sans rentrer dans les détails, qu’entre une découverte en laboratoire et un procédé industriel rentable économiquement il y a tout un chemin de croix qui n’aboutit pas toujours. On a l’impression que c’est souvent le cas, parce que simplement, tout est basé sur la facilité que nous procure le pétrole et qui nous permet des milliers d’applications. Mais la, on remet en cause ce fondement …

Dans tous les cas, même s’il y a quelques avancées de ci de la, il reste, et même Attali le souligne, que nous n’avons pas de solution pour la voiture, et le transport en général.

Je laisse la parole au directeur de la R&D d’EDF (a priori le gugus assez sérieux et pas la pour faire peur au gens) :

VI. — CONCLUSION: UNE PRISE DE CONSCIENCE DIFFICILE, MAIS NÉCESSAIRE ET URGENTE
Pour nous, la ressource la plus rare du monde énergétique, c’est le temps dont nous disposons pour assurer les nécessaires transitions vers une meilleure efficacité énergétique, et vers un nouveau système énergétique où seront développés les usages finals de l’électricité, y compris dans les transports, via les ENR et le nucléaire.
Nous avons vu que ces transitions coûteuses ne seront toutefois mises en place que dans le cadre de plans d’urgence qui supposent des efforts conséquents (2 % du PIB environ). Une réelle sobriété énergétique sera nécessaire dans les pays les plus consommateurs pour arriver à boucler le bilan. Ces plans d’urgence ne porteront leurs premiers effets visibles qu’au bout de 15 ans, et il faudra 30 à 50 ans pour les développer pleinement et reconfigurer l’ensemble du monde énergétique. Si les décisions sont prises rapidement, nous avons une chance de réussir à structurer une réelle coopération mondiale et d’éviter que les tensions énergétiques qui se profilent autour de 2015-2020 ne dégénèrent en conflits mondiaux et autres effondrements économiques, pour un coût qui dépassera
très largement 2 % du PIB. Nous avons aussi une chance de préserver la viabilité de la planète en contrôlant nos émissions de CO2 et en évitant d’aggraver le changement climatique qui se dessine.
Mais ces décisions sont impossibles à prendre tant que les choix politiques ne resteront conditionnés que par le seul souci du pouvoir d’achat à court terme. Jusqu’à quand le consommateur d’aujourd’hui dictera-t-il sa loi au citoyen, au politique… et au consommateur de demain?
L’ensemble de ces analyses est assez facile à comprendre intellectuellement, mais beaucoup plus difficile à croire et à réellement intégrer dans nos schémas de pensées. Pour construire le nouveau monde énergétique, il reste à dénouer deux difficultés, qui ne seront pas les plus faciles. L’une concerne le consommateur: « il n’est pas contraire à la raison de préférer la destruction du monde entier à une égratignure de mon doigt » (23). L’autre concerne le citoyen: « tout le problème vient de ce que nous ne croyons pas ce que nous savons » (24)

Il n’y a pas de solution "immédiate", de porte de sortie à portée… le problème est pour dans moins de 10 ans, et entre le labo et la maison il faut compter 30 ans minimum pour un procédé industriel. D’ou la question du timing soulignée par le directeur de recherche d’EDF.

Pour l’instant nous n’avons RIEN pour conserver les voitures, et avions au niveau actuel. On peut faire du co-voiturage, réserver l’avion pour les militaires et utiliser plutôt des bateaux et trains pour les transports de marchandise, mais clairement les transports sont a moins de 10 ans d’un gros changement. C’est la fin des voitures lourdes, et rapides et probablement des camions. La petite voiture de ville en libre service "autolib" pourra peut-être survivre, et pendant un temps l’autopartage.

Pour les maisons on peut mieux s’isoler, utiliser le chauffage solaire. C’est faisable. Il reste la question : le ferons nous ? qui a les moyens de refaire l’isolation de sa maison ? qui peut se payer des panneaux solaires pour chauffer son eau ?

Les inconnues :

  • comment les mentalités vont elles s’adapter ?
  • les retraites, le chômage, la sécu ?
  • nourrir tout le monde ? (quel pays pourra faire la transition a temps ?)
  • la finance mondiale et le système de dette ?

Le problème c’est qu’une société a une grosse inertie. On ne change pas tout de fond en comble juste par un trait de plume, en allouant des crédits ici ou la.

Pour moi le plus gros point noir dans l’histoire … c’est que le prochain président ne va pas du tout s’occuper de tout ça. Et quand la situation deviendra intenable, il sera trop tard. Le plus gros sujet d’inquiétude est bien la. Si la politique est un miroir de la société, alors nous sommes aveugles, collectivement parlant. Rien ne sera fait dans les 5 prochaines années qui sont pourtant notre dernière chance en la matière. Après, il sera trop tard. En fait, il est déjà trop tard. On a déjà dépassé le seuil de la transition "douce", mais on pourrait encore s’en tirer avec un gros effort de dernière minute.

Il faut bien comprendre que depuis le premier choc pétrolier, les gouvernement et les industriels sont très actifs dans le domaine "alternative au pétrole". La voiture électrique a été tentée dès les années 80. Depuis ces années la on réduit notre gaspillage d’énergie. Mais nous sommes pris dans une logique qui nous pousse toujours plus loin dans la fuite en avant. Et depuis 30 ans, nos meilleurs scientifiques n’ont pas trouvé de solution. Maintenant, il va falloir changer de modèle de société, celle ci ne peut plus se perpétuer.

Mais notre société est malade, fragile et lourde, ca va être compliqué de faire un 100m dans ces conditions.

A suivre.

Sarkozy est en tête !!!


Edit : il semblerai que j’ai parlé trop vite. Visiblement le report de voies du FN ou du centre sera très limité. Sarkozy a beaucoup déçu. Apparemment il est hors course, et mon calcul trop simpliste.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire au premier abord, c’est bien Sarkozy le vainqueur de ce premier tour.

Hollande ramasse le plus de voies à ce premier tour, mais pour le 2ème tour, c’est Sarkozy qui arrive en tête si on cumule les points de "droite" :

Sarkozy : 25.9+18.1+1.9+0.2 = 46.1

Hollande : 29.9+11.1+2.1+1.2+0.6 = 44.9

1,2 points en faveur de Sarkozy.

Même si dans l’absolu Lepen n’est ni a droite ni a gauche, elle rejoint Sarko sur la politique d’immigration et les votes seront reportés intégralement. Idem pour Mélanchon et Hollande pour d’autres raisons.

Donc pour l’instant, c’est Bayrou, si jamais il appelle à voter qui peut faire pencher la balance d’un coté ou de l’autre, sinon, par définition, comme c’est le centre, difficile de savoir comment les votes vont se répartir.

Donc Sarkozy est loin d’avoir perdu, contrairement à ce que pense beaucoup de monde. Et je vous garanti que ce calcul que je viens de vous montrer, il l’a fait il y a très longtemps. Il savait très bien que les votes FN se reporteraient sur lui.

Mais le FN n’est pas juste anti-immigration, ils ont aussi une tendance anti-système et anti-sarko (et dénoncent la loi 1973 par exemple). S’ils ne votent pas Hollande, ils ne voteront peut-être pas massivement Sarko non plus. (certains spécialistes disent que la moitié du FN ne votera pas au second tour, mais il se peut qu’il en soit de même pour Melenchon, la dessus, je n’ai pas d’informations).

A moins d’une surprise abstentionniste au 2ème tour Sarko pourrait très bien être ré-élu.

En tout cas, rien n’est joué, je croyez pas les journaux qui donnent Hollande vainqueur !

PS : les score finaux donnent un avantagent encore moindre à Hollande. Et selon certains analystes Bayrou est "trop petit" pour peser (sauf s’il appelle à voter d’un coté ou d’un autre pour négocier une place de ministre) ce serait plutôt Marine qui détiendrai la clé des élections.

GEAB 64 joue au LEGO sur un nuage


Le GEAB 64 est sorti. Je vais faire mon petit commentaire de leur vision des choses, même si je m’intéresse de moins à moins a leur production. Ce numéro confirme.

La bonne nouvelle ? Flamby sera élu et va développer un partenariat avec les BRICs et renégocier l’appartenance à l’OTAN. Sur la papier sa sonne bien au premier abord. Mais dans le fond … au delà du trip "je joue au LEGO politiques" qu’elle serait la substance de ce partenariat ?

Qu’est-ce que l’Europe, et a fortiori la France à a proposer que les USA n’ont pas ? et que va-t-on obtenir en retour de plus ? Le pétrole est en déclin, on n’en aura pas plus, et le peu qui restera ira aux USA. Les autres se partageront les miettes. Pour l’instant l’innovation est encore vivante aux USA et si solution il y a au pétrole, ça viendra probablement de la bas. Déjà  la fracturation montre qu’ils sont capable de trouver des technos qu’on ne trouve pas ici … leur pôle recherche n’est pas bloquée contrairement a nous qui sommes empêtrés dans l’idéologie nucléocrate.

Les NRJ vertes ne seront qu’un pis allé pour ne pas retourner tout simplement au moyen age, mais on ne gardera pas notre niveau de vie. Surtout ici en France, ou on est sur un petit nuage, et que personne ne se sort les doigts … seuls ce qui ont activement anticipé la transition auront encore un peu d’énergie dans 20/30 ans. Déjà dans 10 ans, le monde aura radicalement commencé a changer.

6% d’amélioration de l’intensité énergétique (chiffre ultra optimiste, voire pas du tout réaliste) ne suffiront pas compenser le déclin quand on aura atteint le pic de production pétrolier… mais on a une certaine marge de manœuvre il est vrai vu le gaspillage généralisé érigé en symbole de la richesse.

Donc BRICs … pourquoi pas … mais je ne vois pas bien l’intérêt … A la rigueur la Russie je comprendrais pour ses ressources. Mais la Chine, l’Inde et le Brésil, je ne vois pas trop… quand on voit la tête du Dry Baltic Index.
Je ne vois pas bien qu’est-ce qu’on aurait à proposer de mieux que les USA pour qu’ils échangent préférentiellement avec nous. Notre modèle social que le monde nous envie ? lol Nous n’avons plus de ressources, tout juste un savoir faire … Bon a la rigueur les Allemands ont une industrie de qualité; mais la France … du vin et du fromage ? on va  pas aller bien loin avec ça. On ne peut même vanter nos fonctionnaires qui seraient notre meilleure monnaie d’échange dans l’absolu, s’ils servaient à quelque chose d’autre que siphonner la richesse nationale.

Mettez vous a la place des Russe/Chinois : vous avez un européen, et un américain en fasse de vous. Vous savez que les USA ne font pas de cadeaux, mais au moins ils ont des trucs a offrir. Nous on a quoi ?

A la rigueur, on peut avoir un partenariat avec l’Afrique, échange ressources contre savoir faire. Mais au delà, je ‘y crois guère.

Base Autonome Durable


Je suis tombé sur une conférence de Soral (dont le travail fait de plus en plus de bruit sur le net) : comprendre l’empire et survivre à son effondrement. Je ne suis pas vraiment d’accord avec son analyse, notamment parce que jamais il ne parle "pétrole". Sans cet élément, on ne peut que tomber dans le conspirationnisme. Ma position à ce sujet est simple : s’il y a conspiration, c’est parce que nous y consentons, plus ou moins consciemment. Nous collaborons par nos petits compromis quotidiens. Bref, ce n’est pas une fatalité, mais un choix, relativement confortable en réalité, car il nous donne l’illusion que nous contrôlons la situation (collectivement parlant). Bref, c’est plus rassurant de se dire "c’est la faute a WallStreet" que de se dire "il n’y a plus de pétrole, et rien pour le remplacer". Dans le premier cas il y a une solution simple.

On retrouve aussi l’erreur courante faite sur la dette "qu’on ne remboursera jamais et que c’est un scandale". La dette c’est notre monnaie. Si on la rembourse, on n’a plus de monnaie. C’est aussi simple que ça. La question de la dette est plus subtile, il s’agit de savoir comment et qui elle "arrosé". Mais peu importe car au final (en première approximation) les 2 positions se rejoignent : la dette est un instrument au service de l’oligarchie.

Concernant l’OR, attention, en avoir un peu c’est bien, mais 50% me semble excessif, car l’état peut inventer des moyens pour saisir l’OR, et il peut être volé. De plus, à moins d’être très riche il vaut mieux (a mon avis) se concentrer sur des choses plus directement utile.

Ce qui m’intéresse surtout c’est la réflexion de l’invité (Piero San Giorgio) sur l’effondrement. Car sur ce point, nous sommes d’accord. Il proposes la mise en place de "bases autonome durable" selon un concept en 7 points :

  1. l’eau
  2. la nourriture
  3. l’hygiène / santé
  4. énergie
  5. connaissance (savoir faire / culture)
  6. défense
  7. lien social

La, on est dans une théorisation survivaliste qui me semble très pertinente. Même si je n’en parle pas souvent, c’est un des sujets principaux de ce blog. Je vais commenter chaque point, car il y a beaucoup à dire qui pourrait vous intéresser :

  1. l’eau risque en effet d’être un problème pour beaucoup, notamment dans les villes. On peut récupérer l’eau de pluie, mais surtout, il faudrait éviter de gaspiller 30 litre d’eau chaque fois qu’on tire la chasse d’eau. C’est le point le plus critique en situation de survie, car on peut se contenter de très peu d’eau en dehors des toilettes.
  2. la nourriture évidement, faire quelques réserves pour un coup dur, mais au long terme … le jardin est la seule option raisonnable.
  3. l’hygiène, santé : sur ce point, il y aurait beaucoup à dire. Comment faire sans pétro-médicament ? Le Yoga dont j’ai parlé ici apporte quelques solutions, car c’est un système qui demande un corps en parfaite santé. La médecine chinoise à base de plantes et d’aiguilles est aussi une piste, de même que l’ostéophatie. Ce sont des médecines "de survie", mais au final, le terme est impropre, car on pourrait croire que c’est un choix par dépit, alors que c’est le contraire, ces médecines sont meilleures à plus d’un titre que l’allopathie.
  4. l’énergie : c’est le point critique selon moi. Je n’ai pas trouvé une seule solution viable sur le long terme qui permette l’autonomie. Théoriquement nous avons plein de solutions, mais dans la pratique, il n’y a "rien". On pourrait inventer un système de gazéification solaire, des moteurs stirling, des système de stockage d’énergie, etc… mais, soit c’est trop compliqué, soit ça n’intéresse pas les industriels. Pour l’instant, je n’ai rien pu trouver de viable, économiquement parlant et de suffisamment simple. Donc, il va falloir se contenter de beaucoup moins.
  5. la connaissance : c’est un point très intéressant. Aujourd’hui, que savons nous faire "en vrai" ? Probablement pas grand chose pour la plupart d’entre nous. Imaginez vous en situation d’effondrement, quelles sont les vraies compétences dont vous disposez, avec des outils rudimentaires (a moins de résoudre la question de l’énergie) ? Il est important de savoir ce que nous devons préserver, quel ensemble de connaissances et pratiques …
  6. la défense : sujet tabou s’il en est dans notre société beaucoup trop Yin, il faut quand même être conscient que le monde bisounours dont on a pu bénéficier jusque la est en grand péril.
  7. le lien social : on ne s’en sortira pas seul dans son coin. Et pourtant malgré l’urgence, il est très difficile de parvenir à se mobiliser, seul ou à plusieurs. Peut-être que la nécessite fera son oeuvre à un moment ou un autre.

Je n’ai pas lu le livre, mais il me semble mériter le détours.

100 ans de gaz aux USA ?


Je ne sais pas si vous avez vu passer les news concernant l’annonce faramineuse de 100 ans de gaz disponible aux USA. Le tout avec un prix du gaz en chute libre qui confirme l’annonce. C’est la nouvelle ruée vers l’or aux USA.

Qu’en est-il vraiment ? Les analystes de "TheOilDrum" un blog spécialisé sur l’énergie avec des très bonnes infos nous donne son avis :

Résumé : les 100 ans concernent les "ressources", les réserves, c’est à dire les ressources commercialement exploitables, il y en a au mieux pour 25 ans. Ensuite, il faut bien comprendre que ce gaz, c’est du gaz de schiste, donc très très coûteux en termes environnementaux. Pour avoir un dernier "shoot" les USA saccagent des vastes territoires. Peut-être que eux peuvent se le permettre vu qu’ils ont une densité de populations moindre, mais il n’en reste pas moins que ces terres sont sacrifiées. Ensuite, ce gaz est actuellement vendu à perte, car en fait, c’est une bulle d’investissement du a des prix élevés il y a peu (on est passé de 13$ a 3$).

Les puits horizontaux et la fracturation coûtent beaucoup plus cher, et les puits déclinent plus vite :

Donc, rien n’a vraiment changé. L’énergie pas chère, c’est fini. Et d’ici peu la réalité va revenir en force. Les USA se sont acheté 5 ou 10 ans d’énergie, et probablement dès l’année prochaine il y aura une correction assez violente.

Au contraire même ce qui se passe est symptomatique de la peur croissante liée aux pénuries d’énergies, "on" se jette sur le premier espoir qui passe, on s’y accroche, on veut y croire … en dépit du bon sens. La chute n’en sera que plus dure, Parce que en réalité, ça dit bien ce que ça veut dire : il n’y a pas d’alternative sinon des mauvaises solutions !!!

Ajout 17/01/13 : il semblerait qu’en fait les gaz de schistes profitent d’une fiscalité généreuse, ce qui explique le boom des investisseurs dans ce domaine, puisque, sans croissance, le meilleur de gagner de l’argent, c’est la defiscalisation.

Revue : histoire vivante de la pensée économique


J’avais découvert Jean Marc Daniel au détours d’une vidéo il y a quelque mois. Son discours sans parti pris et sans faux semblants sur l’économie m’avait séduit, et je souhaitait parfaire mes connaissances dans le domaine. Je me suis procuré son livre "Histoire vivante de la pensée économique".

Je ne vais pas y aller par 4 chemins, je pense que ce livre est un chef d’oeuvre.

  • d’autant que je puisse en juger, il est complet, pédagogique, clair, sans parti pris
  • c’est bien d’une histoire "vivante" qu’il s’agit, le livre est émaillé de plusieurs anecdotes sur les économistes qui mettent en relief les théories elles même par du "vécu"

Le livre est plaisant à lire, l’auteur fait preuve d’une grande érudition en la matière, et traite un sujet extrêmement difficile et complexe de manière tout à fait abordable pour un novice. J’ai beaucoup aimé que les différentes écoles de pensées sont mises sur un pied d’égalité sans parti pris : pas de favoritisme, pas de guerre de clocher.

Si vous souhaitez comprendre un peu mieux l’évolution de la pensée économique, je ne saurais trop vous conseiller ce livre. Il permet de comprendre la difficulté de la tâche, pourquoi les économistes ont tant de mal à prévoir et gérer les crises. Je dirais que l’économie n’a été finalement qu’une série de bricolages plus ou moins chanceux. Peut-être qu’avec l’informatisation elle est en train de sortir de l’enfance … même si la crise actuelle ne plaide pas en faveur de cette thèse, il y a de l’espoir.

Dernier point et non des moindres. En lisant le livre, je m’était noté toute une série de questions que je comptais adresser à l’auteur, comme par exemple "étrange, jamais les économistes n’étudient la notion de confiance", etc… et bien, toutes mes questions (et j’ai la prétention d’être assez "chiant" dans ce domaine) ont été abordée dans le dernier chapitre qui clos l’historique par une mise en perspective et une réflexion de fond sur le travail de l’économiste.

C’est pour toutes ces raisons que (et pourtant je suis très critique en général) je n’ai absolument rien à redire à ce livre, et que je le met dans la catégorie "chef d’oeuvre".

Le grand retour


Je continue ma petite réflexion escathologique sur le sujet des prophéties. J’ai essayé de montrer dans un premier temps qu’il y a beaucoup de prophéties, et probablement beaucoup de monde pour y croire aussi. C’est un élément essentiel de toutes les religions : un monde meilleur nous attend, et un jour prochain (de notre vivant si possible) il sera "effectif".

Cet âge d’or promis débute par le retour d’un personnage important :

  • Les chrétiens attendent le retour du Christ (prophétisé dans l’apocalypse)
  • Les juifs l’avènement du Messie (qui reconstruira le temple de Salomon)
  • Les musulmans, l’Imam Al Mahdi, ainsi que le retour de Jésus
  • Les bouddhistes se préparent à l’Avènement du Bouddha Maitreya
  • Nostradamus annonce le grand Monarque
  • Les brahmanes attendent l’avènement du Kalki Avatar
  • Les zoroastriens espèrent le Saoshyant (sauveur)
  • Les grands initiés mongols se préparent à l’avènement de l’actuelle incarnation de Genghis Khan l’empereur universel
  • Les sociétés secrètes qui dirigent la Chine et contrôlent 1 milliard 300 millions d’êtres humains oeuvrent pour le retour de Tchin Tseu Houang Ti, l’empereur fondateur de la Chine (258-210 avant JC)
  • Les Aztèques et Mayas l’appellent le "Fils du Soleil’, et le voit comme un être spirituel qui va emmener le monde vers une nouvelle dimension (le monde du 5e soleil) lors de sa venue (vers 2012 ?) ;
  • Les Incas l’appellent le "Pachacuti", le "Transformateur de la Terre", et le voient de la même manière que les peuples du Mexique : un être spirituel doté de grands pouvoirs afin d’écraser les forces de l’ombre ;
  • Les Amérindiens du Nord (Sioux, Cheyennes, Hopis…) aussi ont divers noms pour ce personnage et le voient comme un être spirituel aux grands pouvoirs
  • Les Aborigènes le voient comme celui qui va déclencher la "vague siprituelle" qui va emmener le monde vers une nouvelle dimension, un nouveau monde tout pur, à partir de l’Australie

Ce "personnage" pourrait être une allégorie, il pourrait représenter un évènement céleste (la planète X), les extra-terrestres (pour Raël), mais il est essentiellement perçu comme un homme (ou une femme) qui viendra rétablir la justice et le bonheur sur terre, et mettre fin à la souffrance. Mais on voit que cette espérance est une espèce de constante dans l’esprit humain, quelque soit le lieu et l’époque. A ceci près qu’aujourd’hui, cette espérance est exacerbée par les prophéties "principales" qui semblent se réaliser. Evidement, il y a beaucoup de "candidats" qui trainent ici ou la qui se prennent pour le messie, le mahdi, jésus ou maitreya … D’ailleurs en parlant du bouddha maitreya, il est à noter que Little Bouddha avait annoncé sortir de sa jungle en 2012 à l’époque.

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