Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

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Les niveaux de pensée


“You cannot solve current problems with current thinking. Current problems are the result of current thinking.”
Albert Einstein

[[vous ne pouvez pas résoudre un problème actuel avec la pensée actuelle. Les problèmes actuels sont les conséquences de la pensée actuelle]]

Dans l’art de convaincre d’Aristote il y a 3 niveaux : ethos, logos, pathos [[éthique, logique, émotionnel]]. Aujourd’hui nous sommes beaucoup plus dans le pathos, à cause de l’appauvrissement du logos. Suite à de nombreuses discussions dans les forums de ci de la, et à la réflexion sur la méthode (pensée) systémique, à force de voir les idées des uns et des autres souvent déformées, et particulièrement simplifiées, caricaturées, il semble que l’on puisse classer les façons de penser.

Ces différents niveau de pensée sont au cœur même des affrontements idéologiques, voire même parfois leur raison. L’article "La réalité en marche" en est une parfaite illustration : on peut avoir différents niveau de lecture d’un même événement.

A priori ce classement que je proposes s’applique uniquement à l’axe "logos", on pourrait éventuellement mettre plusieurs niveaux dans le pathos et l’ethos, mais je n’y ai pas encore réfléchi.

Ce post n’est pas totalement abouti, c’est un sujet assez difficile et délicat, que je n’ai pas vu abordé ailleurs.

Voici une définition des niveaux de pensée :

  1. 0D, binaire : le bien, le mal, tu es terroriste ou tu ne l’es pas, l’immigration c’est bien ou c’est mal (pas de nuance).
    Ici tout le monde sait faire, sur tous les sujets.
  2. 1D, linéaire : mécaniste, si je hausse les impôts, je récole plus, ici on va mesurer, tu es plus ou tu es moins, ton compte en banque est plein ou pas, tu es riche ou pauvre, connu ou inconnu, ou un peu connu, etc…
    Ici tout le monde sait aussi à peu près, faire, mais on va perdre quelques  sujets, exemple, l’immigration, les chiffres importent peu, ce qui compte c’est "le bien ou le mal" de l’immigration.
  3. 2D, dynamique : cette fois on va s’intéresser à la dynamique des phénomène : la croissance, la diminution, la vitesse. Ex : le PIB, dette, chômage augmentent ou diminuent.  Du moins de vue mathématique on utilise dérivées, intégrales, fonctions a seuil, exponentielles, hyperboles, hiérarchique; utilité marginale, rendement décroissants, pourcentages, effet levier.
    La on va perdre déjà pas mal de monde. Exemple : tuer un terroriste, si on en fabrique 2 autres au passage, ça ne sert à rien. Mais pourtant, dans la pratique on n’entends jamais ce genre de raisonnement. Ce qui compte ici ce sont les dynamiques concurrentes. Peu importe si a un moment il y a 1 méchant pour 10 gentil, si les méchants grossissent 2X plus vite.
  4. 3D, systémique : boucles de rétroaction (ponzi), système organique, systémique, complexité, propriété émergente,
    La on a perdu presque tout le monde et tous les sujets, sauf quelques niches
  5. 4D, holistique : hologramme (le tout est dans la partie et vice versa), résonance, synchronicité, subtilité cachée, tous les sujets et les acteurs sont liés, effet papillon, les lois structurantes universelles (auxquelles personnes n’échappe jamais)
    Ici il n’y a quasiment plus personne

Il faut bien comprendre une chose. J’emploie de terme de dimensions à dessin, car quand quelqu’un propose une explication, disons 3D, et qu’elle est lu avec une grille de lecture 0D, alors toute la subtilité, en est perdue. Je reprends l’exemple du sujet de l’immigration :

  • en 0D : c’est bien ou c’est mal. Point. Après on peut justifier : "chacun chez soi" ou bien "le racisme c’est mal".
  • en 1D : on regarde les chiffres, il y a trop d’immigrés ou pas assez, sans que ce soit bien ou mal, mais juste nécessaire ou utile, ou l’inverse nuisible
  • en 2D : on regarde l’évolution des chiffres, la dynamique dans le temps, on anticipe les futurs problèmes : la délinquance augmente trop, ils pourraient faire basculer les votes s’ils deviennent trop nombreux, de plus en plus de revendications et de lois communautaristes, balkanisation
  • en 3D : on regarde la dynamique et les répercussions sur l’ensemble de la société, les dommage collatéraux, qui en profite, qui est perdant : les effets sur la chute de niveau de l’école publique, le manque de modernisation, l’image du pays à l’étranger, les effets sur les pays d’émigration, quelle est la fonction de l’immigration, l’homéostasie de la nation, etc…
  • en 4D : on regarde le tableau d’ensemble, en mettant sur un pied d’égalité dans une même dynamique parce que soumis aux même "lois structurantes", l’immigré/nationaliste/gauchiste/élitiste

Évidement, c’est assez pénible pour quelqu’un qui pense en 2D (par exemple) de discuter avec quelqu’un qui se limite à la 0D. C’est pourtant très courant sur les forums.

D’une manière générale, pour résoudre un problème, selon le niveau de pensée, ça donne ce genre de choses :

  • en 0D : on choisi un camp, c’est très simple : c’est toujours celui du bien contre le mal, et on est toujours du bon coté, ce qui est rassurant.
  • en 1D : on renforce tel ou tel aspect, prends une loi, plus de ceci ou de cela : si l’Europe à des problèmes, c’est qu’il faut plus d’Europe. Trop d’insécurité ? plus de prisons ou de propagande anti-"sentiment d’insécurité". Très simple la aussi. Pas de place au doute.
  • en 2D : on doit déterminer un facteur sous-jacent qui guide l’évolution d’une tendance. Avec une analyse poussée ou peu trouver une solution. Les retraites ne seront pas payées ? on fait augmenter la natalité (immigration) plus vite que les retraites ne prennent du poids. Déjà plus compliqué, il a fallu anticiper les évolutions et trouver une solution indirecte.
  • en 3D : on doit trouver comment les variables s’articulent entre elles et sur quels levier jouer simultanément pour influencer le cours des choses, il faut en général des solutions globales (un peu de ceci et un peu de cela de manière coordonnée). Ici le pensée analytique ne suffit plus, il faut une pensée analogique(systémique). Faire baisser le chômage ? ce n’est pas simple, car il faut toucher a la fois les impôts, les cotisations, la compétitivité, les flexécurité et donner un "cap" à la nation, il faut que ça aie un sens a priori.
  • en 4D : il n’y a pas de solution "logique" au problème, il faut le transcender, utiliser son intuition, voir au delà. La solution n’a souvent que peu de rapport avec le problème, mais comme tout est lié … ça fonctionnera. On a l’impression que c’est magique. Le sens est donné à posteriori. Il faut la foi, c’est à dire, avancer sans savoir, sans le mental rationnel, ni même analogique. C’est le supramental d’Aurobindo. C’est la pensée holographique.

Chaque niveau de pensée est utile. Il ne s’agit pas ici de stigmatiser ou de tout voir en 4D parce qu’on est "un saint" (ce qui serait une pensée 1D d’ailleurs). Parfois le 0D est très utile : si vous êtes agressé dans la rue, vous vous préservez, point. Après coup, si ça vous amuse vous pouvez passer en 4D et vous demander qu’est-ce que l’univers à essayé de vous dire, mais pour cela, il faut être vivant. Chaque niveau de pensée demande un effet de plus en plus important, du temps, de l’investissement (cf les biais cognitifs). Donc, il vaut mieux toujours utiliser le niveau de pensée le plus rudimentaire tant qu’ils est suffisant. Mais c’est bien de savoir aussi monter d’un cran si nécessaire.

Aujourd’hui la crise économique nous oblige à passer au minimum en 3D, voire en 4D. (C’est la démarche que ce blog proposes et qui établi petit à petit une sorte de continuum entre la vie de tous les jours,  l’économie et le yoga).

Chaque niveau de pensée s’apprend, et s’enseigne, et dispose d’une méthodologie pour ne pas faire n’importe quoi. La vie se charge du 0D. Le 1D et le 2D, c’est l’école. Le 3D n’est pas vraiment enseigné nulle part. Certains chercheurs et universitaires l’utilisent et le formalisent toute fois. Le 4D, c’est un peu le but (avec des succès très relatifs) des religions. Pour chaque niveau il y a une méthodologie correcte et des sous niveaux de subtilité, même pour le 0D : il y a ce qui est bien et ce qui est mal, mais il y a les bonnes manières de lutter contre et les mauvaises !

Il serait aussi intéressant de voir comment une idée "voyage" entre les différentes dimensions, les chemins qu’elle peut parcourir ou non. Ça, c’est le sujet des sociologues, des neurologues, des psychologues, et surtout des politiciens et des experts de la communication / marketing. C’est le sujet majeur de la guerre cognitive dans laquelle nous sommes plongé, ou G4G [[guerre 4ème génération]], et que les tenants de la conspiration tentent d’analyser. C’est important pour comprendre le monde actuel et sa richesse. J’y reviendrais.

La perte de transcendance


Notre société est malade de sa transcendance. Les autres problèmes finalement n’en sont que le reflet. C’est notre identité même qui est touchée, le sens qu’on donne à nos vies.

Définition

Suite à un article très pertinent (dont je conseille la lecture) comparant les fonctionnaires d’aujourd’hui au clergé d’antan, j’ai réfléchi à ce qu’est la religion (maçonnique) actuelle :

  • son clergé : les fonctionnaires
  • son paradis : le consumérisme
  • sa morale : l’universalisme
  • son péché originel : la Sh0@h
  • son dogme : le progrès
  • son dieu : l’argent
  • son Satan : le fascisme

Le besoin de transcendant, c’est à dire d’un idéal "plus haut" a atteindre semble inhérent à la nature humaine, c’est même le principe qui organise nos sociétés et qui dicte nos lois économiques in fine. Le transcendant est un besoin de l’homme, il lui permet de s’oublier, et surtout de supporter la souffrance. Il permet même de lui donner un sens : on accepte de souffrir pour obtenir un mieux être plus tard.

Chez nous le progrès ne se discute pas, c’est "bon", c’est un fait, c’est une évidence, et nous devons tous le souhaiter, y travailler, nous sacrifier pour lui. Tout ce qui est progrès est bon par nature :

  • la mariage homo est un progrès
  • l’immigration est un progrès
  • l’Europe est un progrès
  • la croissance économique est un progrès
  • l’universalisme est un progrès
  • une voiture avec toujours plus d’électronique et de gadget est un progrès,
  • les acquis sociaux sont un progrès (et non un avantage de caste),
  • etc…

Ce n’est au final qu’une version plus évolué de Totem et Tabou. Le Totem était l’identité symbolique de la tribu. Les tabous sont les lois, les interdits, les 2 premiers étant l’inceste et le cannibalisme. Nos tabous en tant que société sont nombreux. Par tabou j’entends ici que si vous n’en parlez pas en public de la manière attendue, vous risquez de perdre gros, voire votre travail. On ne peut pas être dissident sur les sujets suivants (ou difficilement) :

  • la mort
  • le racisme
  • le 11 septembre
  • la Sh0@h (il y a une loi, c’est dire)
  • le SIDA
  • l’anarchie
  • etc…

Je rajouterais pour faire bonne mesure Tamtam, c’est dire, les rituels qui nous définissent et qui nous servent à nous unir, a socialiser, à nous sentir en harmonie. Nos tamtams modernes sont noël, les match de foot, le 20h, etc…

Historique

Cette notion de transcendance évolue au cours du temps ou des zones géographiques, selon la mentalité locale :

  • Au moyen age la transcendance était représentée par la religion et ses valeurs (sacrifice, pauvreté, vertus, dépassement de la mort) et était probablement adaptée au monde de pénurie et d’ignorance de l’époque.
  • Ensuite avec l’arrivé des "lumières", du cartésianisme et des révolutions industrielles, l’église a été remplacée par "égalité, liberté, fraternité" (égalité de droits, liberté d’entreprendre, solidarité envers les plus démunis) des francs-maçons.
  • Dans le yoga, le transcendant c’est la conscience unitaire, le Samadhi,  et la dissolution de l’Ego. C’est un renoncement (d’où le terme de renonçant : le samyasin qui renonce … a ses propriétés économiques).
  • Dans le Newage, le transcendant c’est l’homme "ascensionné", qui maîtrise les lois de la co-création, qui communique avec les entités cosmiques, qui retrouve ses "pouvoirs" (potentialités latentes)
  • Pour Hitler, c’était la race pure. Pour les nationalistes / socialistes, c’est la nation ou la collectivité. Pour les communistes c’est l’égalité. Pour les africains c’est la tribu.

Perte

Mais aujourd’hui, en occident, en France, nous n’avons plus de transcendant.

Notre société n’a plus vraiment de valeur, elle ère comme un bateau ivre a la recherche d’elle même. Le consumérisme nous fait douter du bien fondé de notre modèle social, la pollution, le réchauffement climatique, la multiplication des cancers, les accidents industriels.

L’écologie est même une transcendance inversée ou il n’est pas question d’aller vers le faut, mais de ne pas chuter trop bas !

Pire, la société actuelle pourrait donner le jour à une nouvelle transcendance complètement déshumanisée. Le darwinisme sociale et économique nous pousse vers l’homo oeconomicus qui n’est qu’un robot froid et calculateur, efficace, mais inutile sans but (sacré). Sauf changement de cap, le mélange capitalisme/libéralisme et technologie moderne est en train de nous amener de la société du confort (eau courante, chauffage, super marché, machine à laver) vers le transhumanisme, ou l’idéal à atteindre est une sorte de sur-homme fusionné avec la machine pour devenir un super-prédateur.

Le risque c’est que cette transcendance perverse nous soit imposée de manière darwinienne. Ça donnerait quelque chose du genre "tu n’a pas l’implant mémoriel, tu n’a pas le boulot ni d’assurance". Peu importe l’implant, peu importe les modifications, on sera "obligé", par les autres de s’équiper, comme on peut déjà le voir en Californie ou ailleurs par la course à la chirurgie esthétique.

J’ai tendance à penser que tant que nous ne trouverons pas de nouveau transcendant, nous ne pourrons pas trouver de solution à la crise, nous ne supporteront pas les sacrifices afin d’en sortir, nous ne serons pas capable de construire une nouvelle économie. C’est un peu le nœud Gordien.

Une piste utopique

Je ne crois pas que nous allons "choisir" ou "inventer" une nouvelle transcendance. Ce serait d’ailleurs antinomique. Qu’est-ce qu’elle aurait de transcendant si elle émanait de nous directement ? Un jour, elle va s’imposer à nous.

Sans me faire trop d’illusions non plus, je pense que la prochaine transcendance pourrait être liée à l’ufologie. En effet, nous sommes à 2 doigts de vivre une nouvelle révolution copernicienne. Nous savons aujourd’hui qu’il y a des planètes partout dans l’univers, que les briques fondamentales de la vie sont présentes aussi, et que la zone d’habitabilité est plus étendue qu’on ne le croyait il y a 20 ans. Il suffirait que la NASA finisse enfin par découvrir de la vie microbienne sur Mars (Curiosity est la bas pour ce but précis) pour qu’ensuite les choses s’enchaînent assez vite. Si la terre n’est plus une exception, alors c’est que la vie apparaît "partout" (ou elle peut), donc potentiellement dans des millions de planètes rien que dans notre galaxie. Et donc ensuite, va se poser la question de la vie intelligente, et forcément, la réponse finira par arriver elle aussi, avec son corollaire : établir la communication. On finira un par "avouer" qu’on a déjà été en contact par le passé, et par le présent.

Alors, le nouveau transcendant sera tout trouvé. Ce serait un moindre mal, car l’humanité sortirait enfin de son autisme.

Les clés essentielles pour comprendre la crise


La crise actuelle réside dans la mise en place de boucles de réactions négatives (cercles vicieux) dans à peu près tous les domaines de la vie, les uns renforçant les autres. Si on se limite à un angle d’approche (du genre la finance, ou la gouvernance), on va tomber sur une explication simpliste (du style la cupidité, ou un complot quelconque) et des solutions inadéquates.

En quelques mots clés ça donne, classé par grand thèmes :

  • énergie : pétrole, exponentielle, ressources disponibles/réserves, plafond de verre du rendement énergétique
  • écologie : pollution, privatisation du vivant, perte de la biodiversité, changement climatique
  • entropie : complexification, robolution, invasion technologique, dette et effet levier, titrisation
  • démographie : immigration, vieillissement, surpopulation, inégalités (sociales, culturelles)
  • politique : crise de sens, de gouvernance, de leadership, contestation croissante, protectionnisme, repli sur soi, course à l’armement

Voici un résumé des clés essentielles que je retiens pour décoder l’actualité, voir au delà des discours et même des actions des officiels :

  1. le pétrole, et d’une manière plus large l’énergie qui sous-tends la production industrielle. Le pétrole étant l’énergie directrice. Le pétrole pas cher a passer son pic, mais il n’est pas le seul : terres arables, eau, halieutique (poissons), céréales, viande, électricité, nucléaire, km parcourus, ont tous passé leur pics. Donc tout le monde se bat pour ce qu’il reste, et les tensions vont devenir insupportables d’ici moins de 10 ans quand on aura passé le pic pétrole tout court. Les famines reviendront, le chômage de masses, les épidémies, et les révolutions/révoltes et donc la répression, les régimes autoritaires.
  2. la complexification : met en danger la démocratie (par incompétence), l’économie (effet de bords non voulus), la science (trop de domaines de recherches ont été ouvert). Gérer un pays devient très compliqué, les hommes de lois ont eux même de mal a suivre ainsi que les comptables. Ça laisse de la place à toute sorte de mafia pour se cacher dans les coins. Ça empêche d’y voir clair et de gérer les vrais problèmes. Ça décourage, et ça éloigne même les plus talentueux.
  3. la pollution : déclenche le réchauffement climatique, provoque de nombreuses maladies (chroniques, cancers), dégradation de la biosphère dont nous dépendont, et féminisation a travers la flot d’hormones féminines de la pilule déversés dans l’eau qui a un impact sur le comportement humain (féminisation de l’homme, hystrionisme pour la femme)
  4. la robolution, qui inclus internet : les robots font de plus en plus le travail des hommes, rendant le chômage structurel, ils deviennent intelligents et reliés et sont peut-être les précurseurs de la 3ème révolution industrielle. L’ère informatique modifie le flux d’information et déstabilise et même rends obsolète nos démocraties. La société de la surveillance se met en place avec la fin des libertés individuelles. Les politiques ne peuvent plus prendre de "vrai" décisions, étant constamment sous les feux des projecteurs ils ne peuvent plus décider ou négocier, ni changer d’avis. Ils deviennent de pur produits marketing.
  5. la dette, qui est de la monnaie fiduciaire, qui repose in fine sur la confiance (et non plus l’OR) : confiance dans les mécanismes du marchés (qui ont faillis en 2009), confiance en la croissance économie (qui ne peut exister sans pétrole), confiance dans le pouvoir de l’état de prélever des impôts. Confiance donc qui disparaît progressivement. La dette est aussi devenue une arme dans la guerre économique que se livrent les nations, mais aussi les multinationales contre les peuples (via la privatisation du vivant). La dette et ses intérêts se remboursent par : l’inflation, la croissance, le défaut de paiement…
  6. la démographie : les vieux rentiers des pays riches face a l’afflux massif des jeûnes immigrés des pays pauvres, la relative facilité avec laquelle on manipule les foules (du pain et des jeux), le besoin de se regrouper par affinités, la recherche d’égalité (et son corollaire, la lutte contre les inégalités), les incompatibilités culturelles. La surpopulation. Les structures familiales (Todd).

Ces 6 clés bien comprises permettent dans une démarche de matérialisme historique de comprendre quasiment toutes les informations et de replacer l’actualité dans un contexte qui permet du lui donner du sens. Ils permettent de savoir si une décision pour sauver l’Euro sera "bonne" ou "mauvaise" par exemple.

L’ajout par exemple du MES, du FESF, ou d’autre mécanismes : rajout de complexité + espoir de restaurer la confiance SI la croissance revient = échec assuré. Après rien n’empêche de replacer tout ça dans un contexte eschatologique, d’y voir une apocalypse ou des prophéties, de se dire que Jésus va venir nettoyer tout ça ou le messie remettre de l’ordre.

Si on découpe les dernières décennies en tranches de 30 ans, environ 1 génération on a traversé plusieurs périodes assez nettement tranchées:

  • 1880-1913 (les 30 joyeuses) : on sort de la guerre de sécession (1865), de la guerre franco-prusse (1871), on a l’étalon OR (1871) et l’apogée de la première mondialisation avec le charbon (trains/bateaux).
  • 1913-1945 (les 30 affreuses) : Mais en 1913, c’est le pic charbon (dont la crise démarre en 1907), et le début de la phase de transition vers le pétrole : 2 guerres mondiale, la crise de 1929, et la victoire des américains.
  • 1945-1979 (les 30 glorieuses): la guerre froide, le développement exponentiel du pétrole, la révolution verte, le dollar/or. Pic du pétrole onshore. Décolonisation.
  • 1980-2008 (les 30 piteuses) : endettement massifs, bulles à répétition, stagnation du pétrole per capita, guerres du pétrole, augmentation des inégalités. Symboliquement la faillite de Leman Brother marque le grand tournant, la changement d’ère. Immigration massive.
  • 2009-2040 (les 30 calamiteuses) : crise de l’Euro, crise du dollar, pic "pétrole conventionnel" (=pas cher), retour des grandes famines, retour des révolutions, retour des épidémies, réchauffement climatique avéré et visible. Phase de transition vers "quelque chose" de post-industriel, post-capitaliste, et post-démocratique. Émergence de la génération Z : lucides et créatifs, mais (cyber)poissons rouges aussi (au niveau de la mémoire).

Internet et le biais de confirmation


Parmi les biais cognitifs il en est un qui me semble particulièrement pernicieux sur Internet. Le "biais de confirmation" : Internet est tellement vaste qu’il est possible d’y trouver tout ce qu’on veut en grand nombre.

  • Si je suis conspirationiste je peux trouver des tonnes de documentaires, preuves historiques, scandales, citations, plans machiavéliques. Je peux finir par croire que la conspiration dirige le monde de A à Z.
  • Si je suis raciste, je peux trouver des tonnes d’agressions des immigrés envers les "blancs". Je peux finir par croire que les immigrés africains sont la source de tous nos problèmes.
  • Si je suis gauchiste, je peux trouver des tonnes d’exemple des dégâts de la finance, des patrons, des riches. Je peux finir par croire que le libéralisme est l’alpha et l’omega de la crise.
  • Si je suis ufologue, je peux trouver des tonnes de cas de survol d’OVNI, de documents déclassifiés, de témoignages de transfuges. Je peux finir par croire qu’ils (les extra-terrestres) vont bientôt prendre contact officiellement avec nous.
  • Si je suis libéraliste, je peux trouver des tonnes de dysfonctionnement de l’état, de fonctionnaires sert à rien qui se plaignent, de distribution de subventions qui perturbent l’économie (et la vie des gens), d’injustices à cause de la complexité administrative, de clientélisme, de dette et de budgets en déficit, de guerres. Je peux finir par croire que l’état doit disparaître ou du moins être réduit au strict minimum.
  • Si je suis contestataire, je peux trouver des tonnes de dysfonctionnement au niveau de la science, de la médecine, des laboratoires, des université, de l’enseignement. Je peux finir par croire que la crise touche l’ensemble du système y compris ses fondements.

Ce ne sont que quelques exemples. Je parle en connaissance de cause, pour avoir céder à quelques "sirènes" moi même.

Autre aspect, pour les blogueurs, nous avons tendance à attirer un certain public. Pour un lecteur de blog, il est plus facile de quitter les blogs qui ne nous intéressent pas que de passer du temps à expliquer notre vision des choses au blogueur. Sans parler de la censure. Ce qui fait que les blogs ont tendance a coaguler les gens qui pensent de manière similaire ensemble.

Je ne suis pas sociologue, je ne sais pas trop quel impact sociétal ce phénomène peut avoir, mais je ne doute pas qu’il en ai. J’aurais tendance à penser que ça fait monter les communautarisme et qu’il y a décalage grandissant entre les gens. Ça devient difficile de dialoguer si on n’est pas "du même bord".

Pour ne pas sombrer dans ces travers, il me semble important de varier les sources d’information, voire même de les opposer. Il faut se creuser la tête et essayer de concilier les visions opposées. Mais, ce que je constate, c’est que certains choisissent de s’enfermer. Car suivre une ligne bien définie, facile à comprendre, attire un large public et est un gage de succès. Attention, je ne critique pas les personnes qui font ce choix. Au contraire même, je trouve qu’en poussant une certaine logique (dialectique) dans un sens, même si elles se ferment à d’autres idées, elle font quand même progresser la réflexion globale. Il faut des spécialistes, et il faut des généralistes. Tant que chacun sait ou sont ses limites !

Cependant, a titre individuel, je pense qu’il faut être très prudent face à toutes ces idéologies qui se répandent sur Internet. Pour ma part, cela me demande un gros effort. Mais c’est aussi passionnant.

Est-ce le moment d’acheter ?


Un internaute me relance sur la question de l’achat immobilier avec le sempiternel, une fois le crédit remboursé, c’est 100% de gain. Ce qui est totalement faux, bien sûr, sauf peut-être pour un agent immobilier ;-) !

J’ai donc prix un cas concret pour voir ou en était sur le marché immo.

Appartement, 2 pièces, même surface, même quartier, même ville, même conso énergétique, pris sur “seloger” :

  • location 520€cc dont 40€ de charges a déduire, soit 480€ par mois, épargne PEL entre 2.5 et 3.5, disons 3% pour faire une moyenne
  • achat 110 000€ a crédit taux du moment sur 20 ans 3.45%

l’inflation ne sert que pour revaloriser les loyers/charges. Disons 2%.

Voici ce que donne le simulateur.

Concrètement ça donne quoi ? (je passe les détails du calcul, j’utilise un simulateur excel très bien fait)
ça donne que dans 20 ans :
si les prix stagnent, le propriétaire dispose d’un équivalent capital de 104000€ et le locataire dispose d’un capital argent de 82000€, soit une différence en équivalent surface de 1/10ème de plus, on passe de 69m2 a 77m2.

MAIS
cela suppose que l’immobilier stagne, hors, il est notoire qu’on est dans une énorme bulle immobilière (cf le friggit). Si les prix chutent de 20% (ils chuteront probablement de 40%) alors louer est totalement équivalent a acheter, mais avec la “souplesse” en plus pour le locataire.

  • Ça suppose qu’il n’y ait pas de travaux à faire.
  • Ça suppose que le quartier reste fréquentable.
  • Ça suppose qu’on ne doit pas changer de ville pour le travail.
  • Ça suppose qu’on ne vive pas trop loin de son travail et qu’on n’ai pas trop de km en voiture à faire…
  • Ça suppose souvent qu’on ne divorce pas (oui je sais c’est un coup bas ! )

ça suppose beaucoup de choses.

DONC
il est clair que l’achat primo accédant est aujourd’hui un énorme pari sur l’avenir, en plein déflation, en pleine bulle de l’immo et des bons du trésor. 20 ans c’est long.

Évidement, si vous venez de vendre, si vous avez un apport conséquent, si vous avez des taux à 1,5% négocié en Allemagne, c’est différent.

Le but de mes/mon article n’est pas, n’a jamais été, de dire "il faut acheter" ou "il ne faut pas acheter", mais de vous donner les moyens de réfléchir par vous même sur le sujet, en dehors des idées reçus "si je loue je perds de l’argent alors que si j’achète a la fin je suis propriétaire et je ne loue plus". C’est la stupidité de ce raisonnement qui me fait écrire, pour montrer que c’est juste un pari sur l’avenir. Ce n’est pas une règle générale, et mathématiquement, c’est une idiotie. Quand on achète à crédit, on loue de l’argent et à l’inverse quand on loue on a les moyens de placer. Au final : on loue quelque chose, et on a un capital dans les 2 cas !!! J’espère que c’est clair pour tout le monde.

Pour faire simple, il n’y a pas de miracle : "on" veut que vous soyez propriétaire, alors "on" vous laisse croire que c’est mieux ainsi. C’est d’autant plus facile que ça correspond à un besoin de sécurité atavique. En clair "on" joue sur vos émotions. Ce n’est pas forcément un choix rationnel.

La solution ultime à la crise


J’ai eu une épiphanie ce matin: J’ai enfin trouvé la solution à nos problèmes. Pic pétrolier, réchauffement climatique, épuisement des ressources, démographie !

Faisons appel aux mécanismes du marché. Après tout, les marchés ont résolu tous nos problèmes jusque là. Le marché a permis les 2 révolutions industrielles, l’augmentation du niveau de vie, la diminution du chômage, la révolution verte qui a nourri des milliards de personnes, la TV, Internet, la bombe atomique et l’équilibre de la terreur (et donc la paix), etc… tant de bienfaits !

En fait, les problèmes restants sont dû au fait que des forces obscurantistes empêchent encore la pleine application de la logique de marché. De même quand l’Europe a des problèmes, la solution, c’est plus d’Europe, et quand l’Euro a des problèmes, la solution c’est plus d’Euro (union bancaire, eurobonds, impôt européen).

Qu’est-ce qui nous manque au juste ? Pas grand chose à mon avis.

Il suffirait de donner un prix à la vie humaine et d’utiliser les mécanisme de marché pour réguler la population.  Et je pense aussi un prix au travail des machines. De sorte qu’on puisse mettre les 2 en concurrence directe (puisqu’aujourd’hui ce sont les machines qui font le plus gros du travail et que demain elles n’auront même plus besoin de nous) afin de laisser les forces du marché trouver le bon salaire pour les hommes, et le juste prix de la vie humaine.

Nous avons déjà presque tout ce qu’il nous faut pour le faire. Il ne reste que les derniers petits pas pour que l’humanité accomplisse son destin:

  • grâce au système de la dette, on peut savoir à l’avance quel sera le coût d’une vie : élever, éduquer en enfant (les étudiants canadiens nous montrent la voie), payer sa santé, sa retraite, son chômage. Autant officialiser cet état de fait, et chiffrer à la naissance une dette que l’individu devra rembourser tout au long de sa vie. Après tout, s’il est né et s’il vivra, c’est grâce au système.
  • grâce aux assurances vies on peut déterminer le prix d’une mort prématurée. C’est à dire avant que quelqu’un n’ait fini de rembourser ce qu’il coûtera. Les assurances vie sont d’ailleurs le futur eldorado de la finance mondiale qui pourra spéculer sur les accidents et les maladies.
  • pour plus de justice, on va pouvoir grâce aux séquençage ADN à moins de 1000$, repérer les individus avec des tares ou des potentiels et chiffrer le montant des assurances, ou au contraire donner des primes.
  • afin de s’assurer de la bonne marche des remboursements, il suffira d’utiliser les systèmes de surveillance déjà existants ou sur le point d’être mis en place : la base élève pour détecter les déviants dès le plus jeune age (3 ans comme le suggérait Nicolas Sarkozy), et généraliser le fichier ELENA des salariés utilisé en Allemagne. Il suffira aussi de rendre l’utilisation de facebook obligatoire (ce qui ne devrait pas poser de problèmes puisqu’il l’est déjà quasiment – celui qui n’a pas de compte facebook est hasbeen) pour s’identifier sur n’importe quel site web (y compris et surtout les blogs, on peut se logger partout avec son ID facebook de nos jours), mais surtout de rendre les comptes nominatifs (c’est la tendance actuelle de toute manière, annoncée par Mark Zuckerberg). Fini l’anonymat et les perturbateurs de l’ordre public et de la paix mondiale qui se cachent derrière.
  • On pourrait combiner Facebook avec le système très intelligent de censure mis en place en Chine pour les bloggeurs : un permis à point. Si vous dites des choses qui conviennent on vous rajoute des points, et à l’inverse, on vous en enlève. Une sorte de mécanisme de marché la aussi. Il suffirait de remplacer les "points" par des amendes et des subventions. Quoi de mieux pour faire taire l’opposition que de la rendre pauvre ! Une sorte de marché des idées en somme.
  • Dans le même ordre d’idée, il ne faut pas se fermer aux solutions de surveillance/censure plus élaborés que la technologie porte en germe, tels les puces sous cutanées. On pourrait inclure un système de marché pour surveiller les gens et récompenser punir leurs actions, et même émotions (grâce à des décharges électriques ou hormonales, des sortes de glandes endocrines de marché). On a déjà commencé avec les animaux et les voitures. Le dernier sanctuaire (le corps) ne devrait pas être long à tomber, pour notre plus grand bonheur. On pourrait même optimiser les trajets des gens, faire venir des taxis automatiquement, bref, créer des tas de nouveaux emplois.

Avec un tel système, généralisé au cheptel humain mondial, le prix de la vie dissuaderait les plus pauvres d’enfanter. Les meilleurs gènes seraient récompensés, et la collaboration de tous au système serait assuré par un système de récompense / punition.

La population serait naturellement régulée. Les chômeurs définitivement déclassés seraient remplacés par des machines plus performantes ou des humains aux meilleurs gènes. Un système d’assurance leur permettrait de vendre leur capital de dernières années de vie afin d’en faire profiter des proches, s’inspirant ainsi du meilleur de l’islamisme qui a bien compris que ce n’était pas tant les 70 vierges du paradis, mais plutôt l’assurance de voir sa famille à l’abri du besoin qui motivait ses troupes. Ainsi, en se donnant la mort un chômeur gagnerait de l’argent pour ses proches et coûterait moins cher à la société. Idem pour les vieux et les malades en phase terminale, ils pourraient vendre leur espérance de vie restante s’ils n’avaient plus les moyens de payer les frais. Toujours ce fichu tabou sur le prix de la vie qui bloque tout. A l’inverse les riches pourraient se payer les dernières technologies qui nous rapprochent de jour en jour de l’immortalité. Ils l’auraient bien mérité.

Un marché de la peur pourrait être à terme mis en place, une fois le tabou du prix de la vie humaine dépassé. Plus tard, quand la technologie le permettra (mais les prémices sont déjà là) un marché généralisé des émotions, qui fagociterait le marché de la drogue, de la TV, du cinéma, de la musique. Tout est déjà quasiment en place. Il ne manque plus qu’à le graver dans le marbre à l’aide de quelques lois. D’ailleurs on pourrait aussi aboutir à un marché des lois, de l’éthique, de la morale et des valeurs, puisque c’est déjà presque le cas, grâce au système de lobbying. Les lois s’achètent d’ors et déjà. Ce ne serait que généraliser/reconnaître ce qui se fait déjà. D’ailleurs, en matière de justice, Bouygues est un précurseur avec ses prisons privées où les rebuts de la société peuvent être reconvertis en travailleurs lucratifs. De plus aux USA le pentagone fait de plus en plus appel à des intervenants extérieurs (mercenaires tels que Black Rock), déléguant la sécurité du pays à des multinationales. L’état ne servira bientôt plus qu’a collecter des impôts.

En allant un tout petit peu plus loin, les états eux même seraient soumis à concurrence, puisque étant eux même des sortes d’entreprises à pondre des lois sur la base de valeurs communes. C’est déjà le cas grâce à l’Europe comme on peut le voir avec la crise de la dette : l’Allemagne est mise en concurrence avec la Grèce par exemple. On peut aller encore plus loin et mettre les états en concurrence avec les multinationales et que le meilleur gagne, sur le modèle du projet EuroVegas par exemple, ou une entreprise pourrait établir une "zone" en Espagne en fixant ses propres lois, son propre service de sécurité, etc… l’état Espagnol n’y aurait plus court.

Un marché où l’on pourrait acheter et vendre des années de vies permettrait enfin de compléter le marché du travail et d’aboutir à un équilibre qui permettrait de sauver la planète et son écosystème. Ce marché généralisé permettrait un progrès permanent. Les plus riches (et donc les plus efficaces au sens darwinien du terme) finançant ou pénalisant les gens, les idées, les émotions, les valeurs afin d’aller toujours plus loin, plus gros, plus fort.

Il faudrait éventuellement finir d’intégrer le reste de la biosphère dans ce marché : il ne doit plus manquer que de l’air (la taxe carbone n’étant rien d’autre au final)  et de l’eau de mer dedans (les animaux, les terres, les métaux, et autres ressources étant déjà chiffrées), afin que la pollution puisse être chiffrée, via des impôts qui serviraient à payer des entreprises de dépollution et de géo-engineering qui stopperaient le réchauffement climatique. En cas de dommage collatéraux, pas de problème, le marché permettrait de rémunérer des nouvelles entreprises qui nous fourniraient de nouvelles solutions, ce qui serait bon pour le PIB. Un peu comme ce qu’on fait en médecine actuellement. Le marché de la santé n’étant au final qu’un prélude à la fixation d’un prix à la vie humaine. Plus tard le mécanisme pourrait être étendu à la Lune et aux extra-terrestres si un jour on en découvre. Le brevetage du vivant permettrait de donner un prix aux meilleurs gènes. La fusion avec les nano technologies permettrait à terme d’aller encore plus loin en prenant le contrôle total de l’infiniment petit.

On pourrait alors s’endetter pour se payer un gène de l’intelligence ou de l’avidité ou le nano implant mémoriel qui permettrait ensuite au bébé d’avoir les cartes en main pour rembourser l’effort que ses parents auraient consenti pour lui s’ils sont pauvres. (les riches étant dispensés grâce au capital accumulé d’un tel effort).

Le seul frein véritable à la mise en place de cette merveilleuse utopie, c’est de faire tomber le dernier tabou : le prix de la vie humaine.
Tout le reste devrait pouvoir suivre dans problème.

Ainsi peu importe le pic pétrolier, peu importe le vieillissement des populations, peu importe la pollution et le réchauffement. Le marché réglerait tout nos problèmes. Pour toujours.

Il faut donc continuer à libéraliser, il faut privatiser, il faut plus de marchés.

Mario Draghi, président de la BCE

Mais heureusement pour nous, c’est exactement ce que l’Europe et les lobbys américains sont en train de mettre en place… pour notre plus grand bonheur à tous, pour sauver le monde et les petites abeilles ( peu importe si elles disparaissent, grâce au marché, fini les problèmes, on pourrait les remplacer par des nanobots poléniseurs bien plus efficaces), si on relie leur actions et qu’on découvre le fil directeur. Tout est déjà en place.

Éventuellement, on pourrait changer la déclaration des droits de l’homme : les hommes naissent libre et égaux en droits et en dignité, et en soumission aux lois du marché.

En plus, par chance, la crise permet d’accélérer la mise en place de cette merveilleuse solution.

La faute a qui ou quoi ?


Grosso modo, sur la blogosphère et dans l’esprit des gens, la crise est la faute de quelqu’un ou quelque chose …

Pour les uns, c’est une sorte de conspiration, c’est la faute a des gens qui ont "triché" ou faussé les lois, ou manipulé les peuples et les gouvernements. C’est la faute aux Américains, aux Chinois, aux Allemands, aux riches, aux étrangers, aux pauvres qui fraudent… Ou bien c’est la faute à Rockefeller et compagnie. Soit. C’est possible, et le danger est réel. Mais je ne suis pas partisan de donner trop de pouvoir à ces "gens". Je pense qu’ils agissent en mode "si on ne sait pas pourquoi il y a une crise, feignons de l’avoir organisée". Je pense qu’ils comme les "épouvantards" dans Harry Potter. Ils se vantent, plus ils font peur plus ils ont de pouvoir, mais en fait, il suffit de les ridiculiser pour leur ôter toute influence. En l’occurence, c’est assez facile à faire.

L’autre cible, pour les "penseurs" ce sont certains mécanismes qui sont fautifs. Soit. Certains accusent la loi de 1973 (j’y reviendrai plus tard car c’est faux). Ou bien c’est la faute à l’Euro. C’est aussi possible. Jorion accuse les taux d’intérêts d’être à l’origine d’une trop grande concentration de richesse. Voici ce que je lui réponds :

Le versement d’intérêts serait la cause de mauvaise répartition des richesses ?
C’est peut-être vrai mais ca reste à démontrer. Pour moi c’est un raisonnement d’un autre age, quasi pré-industriel, du moins, pré 3ème révolution industrielle.

  1. il y a l’inflation (même si elle est censée être sous laisse, dans la pratique on sait tous que sa mesure est biaisée a la baisse).
  2. il y a l’héritage qui me semble être un mécanisme au moins aussi important.
  3. tout le monde peut profiter des intérêts s’il le veut … le problème est plutôt que certains savent beaucoup mieux utiliser les armes économiques que d’autres… donc le problème serait plutôt l’ignorance.
  4. il y a le pic pétrolier per capita de 1979 qui annule les effets de ruissellement (qui étaient pourtant bien réel et visible jusqu’en 1980 – coïncidence ?)
  5. la mesure de la richesse est biaisée aujourd’hui car (par exemple) une retraite est l’équivalent d’une rente sur un patrimoine très important, du coup les inégalités ne sont pas si importantes que ça. Notre sort c’est quand même beaucoup amélioré.
  6. le papyboom qui provoque une concentration des richesses dans la classe d’age « vieux » n’a rien à voir avec les taux d’intérêts
  7. last but not least, la concentration du « capital » est « normale » dans la mesure de l’essor de la robotique … une machine aujourd’hui produit le travail de 100 hommes d’hiers ! Doit on répartir les fruits du travail de la machine envers : les 100 hommes d’hiers ? l’homme qui la conduit ? l’homme qui possède la machine ? Il y a un vrai débat de société qui n’a pas été effleuré par nos « penseurs » qui en sont encore a découvrir internet et google et qui ne perçoivent pas, perdus qu’ils sont dans leurs livres a quel point le monde a changé.

Et si ce n’était ni l’un, ni l’autre ? Et si ce n’était la faute à personne, ni à rien ?

Ça voudrait dire que chacun à raison dans son petit coin. Ça voudrait dire qu’on se tape dessus pour rien.

Donc je dirais que nos problèmes viennent d’une élite cupide et d’un peuple ignorant, et d’un contexte que personne ne pouvait anticiper (pour faire simple : libéralisme + peak pétrolier + internet + papyboom + psychologie collective). Ce que je reproche essentiellement à toutes ces "solutions toutes faites", du genre "il suffirait d’interdire la spéculation" "il suffirait de sortir de l’Euro" c’est qu’elle ne résoudront pas les vrais problèmes.

Les vrais problèmes c’est : la combinaisons de mécanismes+ de gens + de contexte !!!

Évidement c’est bien plus compliqué à cibler, comprendre, analyser et surtout à solutionner, et à expliquer (aucun politicien ne pourrait gagner de voix avec une telle vision des choses). Il n’en reste pas moins que les "solutions magiques" ne nous empêcherons pas de devoir faire face à des choix… des dilemmes :

  • que faire des vieux qui coûtent une fortune en pétro-médicaments ? du soleil vert ?
  • on économise de l’énergie (super pour l’écologie) ou on fait de la croissance. L’un causant chômage (et indirectement, famine et mort) de millions de personnes(si on fait ralentir la machine économique), l’autre par empoisonnement !
  • que choisir pour ne pas tuer l’innovation et le mérite, mais avoir de la redistribution et de la justice sociale ?
  • que faire de ces jeunes désabusés et sans avenir alors que leurs parents ont connus une amélioration continue de leurs conditions de vie sans équivalent dans l’histoire ?
  • que faire des machines qui remplacent le travail humain ? et comment répartir le fruit de leur travail ? et que vont faire les gens déclassés ?
  • que faire pour ne pas que les réformes « justes » ne provoquent un effondrement généralisé (et des millions de morts) dans ce système financier trop fragile qui ne supporte pas la moindre « contradiction » sous peine d’exploser en plein vol ?
  • faut-il sauver les démocratie alors qu’elle ne fonctionne correctement qu’en temps d’abondance et de redistribution et pas en temps de pénurie et de chacun pour soi ?

La finance mondiale n’est pas "mauvaise", elle est juste adaptée au contexte de croissance (exponentielle) et donc inadaptée au peak oil. Il faut (faudrait) donc en inventer une autre. Malheureusement l’intelligence collective n’est pas le fort de l’homme (visiblement). Donc, pour l’instant, on continue de foncer droit dans le mur, pas de solution qui n’émerge, nulle part.Pour être exact, il y a des petits bouts de solutions à droite à gauche, des bonnes intentions, quelques idées de bon sens, mais rien de global, de systémique. On sent bien qu’aucune des solutions ne marcherait sans une remise à plat globale, car il y a trop de problème en même temps, inter-reliés.

Il se pourrait même qu’on soit face à un problème qui dépasse l’intelligibilité

Et si l’humanité devait, pour s’en sortir, faire un saut qualitatif dans l’intuition et laisser (du moins pour certains choix) son intellect au vestiaire ?

Notre démocratie est en train de disparaître


Sous ce titre un peu provoc, je souhaite parler de 2 facteurs antinomiques (du moins au premier abord) qui sont en train de changer radicalement la démocratie telle que nous la connaissons.

Les marchés prennent le pouvoir par le haut

D’abord, la plus visible : les marchés. Ils sont en train de prendre le pouvoir "par le haut", en imposant, via la dette, dirigeants et réformes politiques. Si les marchés sont contents, on obtient du crédit pas cher, sinon, on ne peut plus emprunter. C’est une forme de "démocratie" censitaire : le pouvoir de l’argent. Ce n’est pas une personne un vote, mais un euro (ou un dollar) un vote.

A la rigueur, mais c’est un autre débat, idéalement parlant, ça pourrait être un choix de société : les plus méritants réussissent mieux, donc gagnent plus d’argent, et on leur donne un droit de regard plus important sur les choix politiques. Pourquoi pas … mais on sait bien que le seul point commun des élites est leur propension à "fermer les yeux" plutôt que le mérite pur qui caractérise l’entrepreneur.

Toujours est-il que pour l’instant, on dénombre 6 cadavres politiques :

  • Berlusconi pour l’Italie
  • Papandreou pour la Grèce
  • Radicova pour la Slovaquie
  • Zapatero pour l’Espagne
  • Socrates pour le Portugal
  • Cowen pour l’Irelande
  • Et la Belgique (qui s’en tire mieux sans dirigeant apparemment) vient de recevoir un ultimatum pour présenter un budget
  • (ajout 21/12/11) bienvenue à l’ancien président de Leman Brothers en tant que ministre de l’économie espagnole. Leman Brother’s, vous vous souvenez ? la banque qui a fait faillite et précipité la crise mondiale …

Et remplacé par qui par quoi ? Les marchés eux mêmes, ceux qui ont provoqué la crise se retrouvent maintenant au "pouvoir" (c’est une idéologie plus que des hommes qui sont concernés) :

Mon premier s’appelle Mario Draghi. Il est diplômé d’économie du Massachussetts Institute of Technology (MIT). Il a été chargé des privatisations italiennes de 1993 à 2001. Il est devenu gouverneur de la Banque d’Italie en 2006. De 1993 à 2006, il a siégé dans divers conseils d’administration de banques. De 2002 à 2006 il a été vice-président pour l’Europe de Goldman Sachs, la sulfureuse banque d’affaires américaine. Il vient d’être nommé président de la Banque centrale européenne (BCE).

Mon second s’appelle Loukas Papadimos. Lui aussi est diplômé du Massachussetts Institute of Technology (MIT). Il a été professeur à l’Université américaine de Columbia avant de devenir conseiller économique de la Banque de réserve fédérale de Boston. De 1994 à 2002, il a été gouverneur de la Banque de Grèce : poste qu’il occupait quand la Grèce s’est « qualifiée » pour l’euro, grâce à des comptes falsifiés par Goldman Sachs. Puis, il a été vice-président de la Banque centrale européenne (BCE). Il vient d’être nommé, sur pression de l’Union européenne et du G20, premier ministre de Grèce avec le soutien des deux partis dominants.

Mon troisième s’appelle Mario Monti. Il est diplômé de l’Université de Yale. Il a étudié le comportement des banques en régime de monopole. Puis il a été durant dix ans commissaire européen, de 1994 à 2004. D’abord « au marché intérieur et aux droits de douane » (ou plutôt à leur suppression) puis à la concurrence. Membre de la Trilatérale et du groupe de Bilderberg – selon Wikipédia – il a été nommé conseiller international de Goldman Sachs en 2005. Il vient d’être nommé sénateur à vie et l’Union européenne et le G20 tendent de l’imposer comme président du conseil italien.

L’eDemocratie fait entendre sa voie par le bas

De l’autre coté, nous avons Internet qui s’invite dans le débat politique, "par le bas" cette fois, de bien des manières différentes :

  • Internet est difficile a contrôler, et Internet a une mémoire. Difficile pour un politique de mentir, alors que tout est enregistré sur le web.
  • Internet permet plus de dénonciations et de surveillance des "petites affaires en col blanc", d’où les nombreux scandales qui éclatent.
  • Internet permet aux peuples de faire entendre leur voix : sur le 11 septembre par exemple, mais aussi pacte2012 pour la justice (attention, voir le commentaire de Camille sur ce sujet), ou bien la révolution fiscale.
  • Internet permet une nouvelle pédagogie politique : cf révolution fiscale
  • Internet permet une remontée bottom-up réellement démocratique directe. cf la mutation des parti politiques.
  • Internet permet la contestation : printemps arabe, OccupyWallStreet, même si on se doute que c’est récupéré et instrumentalisé, du moins en partie.
  • Internet permet le Buzz, autant pour les politiques "mainstream" que pour les alternatifs, et permet de contourner parfois la censure officielle. La diabolisation devient plus difficile quand l’interlocuteur a un droit de réponse.
  • Internet propose des outils : pour les pétitions, pour la curation, pour les rencontres, pour la réflexion collective et individuelle, pour le journalisme citoyen, pour la diffusion rapide.

Les initiatives sont tellement nombreuses qu’il est impossible des les énumérer. Cette tentative de classification est bien sommaire. Mais la tendance de fond est là. L’internet, qui est la voix du peuple par excellence, s’invite, bon gré, malgré, dans le débat politique.

Les 2 tendances s’affrontent : la démocratie directe citoyenne et la démocratie censitaire indirecte. Dans le premier cas les citoyens proposent des moyens, des solutions, dans le second cas, les financiers demandent des résultats, des objectifs. Peut-être que les 2 pourront se réconcilier un jour, mais il faudrait que l’argent redeviennent un moyen d’échange (a somme nulle) et non un moyen de profit uniquement (on sait toutes les dérives que ça entraîne).

Mais il est clair qu’à moyen terme (1 génération maximum) la démocratie sous sa forme actuelle aura disparue. Est-ce que les 2 modèles vont cohabiter ? je ne sais pas, mais en ce moment, ils s’affrontent.

La démocratie, ça fonctionne vraiment ?

Notre démocratie souffre de toute manière de problèmes structurels, qui jusque là, sont passés "inaperçus", mais qui maintenant deviennent handicapants :

  • la démocratie "par essence" consiste à imposer par la force les décisions de la "majorité" (votante) aux minorités … et finalement on peut en arriver à l’effet inverse de celui escompté.
  • la démocratie, on le voit dans la pratique, a tendance à provoquer une sorte de "pensée" unique un peu molle
  • la démocratie à tendance à nous forcer à être tous d’accord … sur tout !!!! Je veux bien qu’on se mette d’accord sur quelques points essentiels et vitaux, mais sur tout …
  • la démocratie (à la Française) est représentative et non pas participative. Nous élisons des gens, qui portent des "programmes", au lieu de voter pour des lois ou des mesures (comme cela se fait en Suisse). Programmes avec lesquels nous ne sommes peut-être d’accord qu’en petite partie. En général les gens votent pour 1 ou 2 mesures.
  • la démocratie provoque comme une tendance au "mensonge", ha non, il faut dire "promesse".
  • les élus, sénateurs ou députés sont obligés bien souvent de voter pour des lois auxquelles ils ne comprennent rien, comme le faisait remarquer Tim Geithner à propos des lois votées suite à la crise financière. Cf Hadopipar exemple :

    « Arrêtons de dire que nos dirigeants sont bêtes…
    Ils sont parfaitement conscients de la situation »
    Je ne suis pas complètement d’accord.
    Je suis consultant en informatique (avec lien finance). Quand je vais voir un film ou il y a des parties liées à l’informatique, je trouve cela souvent ridicule. Alors que quand je regarde un film avec des histoires d’avocats, médecins, je n’ai pas cette même réaction surement par manque de connaissance des domaines.

    Avec la mise en place d’Hadopi, j’ai pu me rendre compte que cela se transposait aussi à la politique.
    Hadopi est une loi ridicule et complètement dépassée dès les débuts de son application.
    Vu que c’est mon domaine, cela m’a vraiment sauté aux yeux.

    Et en fait, c’est la même chose dans les autres domaines et c’est amplifié en économie vu que ça n’a rien d’une science exacte.

    Ce qui est intéressant, c’est que lors de discussion, souvent quand une solution proposée par des politiques est contestée, beaucoup vont répondre « mais ils sont conseillés par des experts du domaine ».
    Cela m’est arrivé avec des collègues. Je leur ai fait remarqué que pour Hadopi, ce sont aussi des experts qui ont proposés des solutions.
    Et autant pour Hadopi ils voient bien le problème, autant pour le domaine qui leur est moins familier, ils arrivent à conserver une confiance dans les décisions prises.

    A chaque solution politique qui me touche de prêt, j’ai l’impression que ces politiques ne sont jamais conscients des effets pervers (le non vu de Bastiat) et la plupart du temps, la solution est déjà dépassée lors de son application.

    Et quand on voit Barroso dire qu’un rejet du plan européen pars les grecs aurait des conséquences « imprévisibles ». les politiques qu’ils ont menés jusqu’à ajourd’hui si elles n’ont eu des conséquences « prévisibles » (par eux, d’autres avaient bien prévu), alors ils ont créés volontairement cette crise.

    Pour ma part, je n’ai plus aucune doute, les politques ne sont bons qu’en politique.

  • Enfin regardez ce graphique :

On est loin d’un système idéal. Et Internet est en train de bouleverser tout ça, puisque maintenant, les gens s’emparent des sujets qu’ils maîtrisent et font entendre leur voie. Grâce à internet il est maintenant possible pour tous ceux qui ont une cause à défendre de le faire.

(Ajout 23/11/12) Superbe article sur la "non démocratie" qui complète très bien le mien :

  • les représentants élus sont en concurrence avec d’autres non élus qui ont plus de pouvoir qu’eux : industriels, média, marchés, judicaires)
  • candidats eux même financés
  • en dehors des conformistes la liberté d’expression n’existe pas
  • l’éducation nécessaire au libre choix est une chimère, surtout pour tous ceux dont la lutte pour la survie les empêche de s’informer correctement
  • la complexité administrative et juridique excluent une grande partie de la population de la démocratie
  • l’organisation centralisée ne permet pas la démocratie a l’échelle du territoire français

La télé s’trop ringard !


Il devient de plus en plus clair que la TV "classique" est en voie de ringardisation vitesse grand V. Quand je vois les commentaires sur Internet à propos des émissions de télé, je me dis qu’il ne doit plus rester que quelques attardés pour la regarder . Elle devient de plus en plus un sujet de discussion périphérique et non central comme elle le fût dans les années 80/90.

Pour ma part, je ne peux plus la regarder, même si je le voulais. Les émissions même les plus "intelligentes" sont souvent limitées a des avis très convenus. Surtout ne rien dire de pertinent, on sait jamais, il y a trop de monde qui regarde ! On a des avis de pseudo expert, et rarement une vraie contradiction. Rien d’aussi riche et pertinent que ce qu’on peut trouver (plus vite en plus) sur Internet.

Je regardais sur M6 Replay le dernier "Capital" sur la crise. Les ficelles des interventions de Pecresse (ministre du budget) et Ouéda (PDG de la Sogé) sont tellement grosse ça tient de la bouffonnerie. C’est la novlangue :

  • Peceresse : "la crise est derrière nous" ! LOL
  • Ouéda : "les banques se prettent entre elle" ! RELOL

Le reste de l’émission est en retard de 2 ou 3 wagons…

Que reste-t-il ? la Jetset du PAF avec son univers rose-bonbon devrait nous divertir ? c’est pathétique.

Et face à la concurrence de réseaux sociaux et de la blogosphère, je vois mal ces clown ternir encore longtemps. Apparemment je ne suis pas le seul à penser de la sorte, et je croise de plus en plus de personnes qui n’ont tout simplement plus la télé et qui ne s’en portent pas plus mal.

(ajout 09/10/11) En plus d’être ringard (et je soupçonne aussi de rendre un peu neuneu) la télé tue !

De nombreuses recherches ont été menées, et elles aboutissent toutes à la même conclusion : le petit écran nuit gravement à la santé physique et psychique.

J’ai pas vraiment lu le détail de l’article, de toute manière, il n’y a qu’a stopper la télé pour se rendre compte après quelques mois "d’abstinence" de son effet sur soi. Par contre, je suis étonné visiblement le temps passé sur la TV augmente (j’aurais pensé que les gens se déportaient sur le net).

Les maîtres du monde


BAM, coup de tonnerre (ca ne fera pas la une, mais croyez moi, c’est du lourd et ça va changer les discussion radicalement dans la blogosphère, et peut-être même remonter jusqu’au média mainstream un jour).

Jorion vient de publier un billet intitulé "les maîtres du monde" qui nous parle d’une publication universitaire scientifique récente (traduction partielle ici) qui à pris pour objet d’étude le réseau des multinationales disséminées sur la planète.

Ce document est une pierre angulaire, à la fois pour comprendre la crise systémique et aussi pour la conspirologie (étude de la conspiration). Il nous révèle que suite a l’étude (selon la théorie des réseau) de la base de donnée de l’OCDE sur 30 millions d’acteurs économiques : les 43060 multinationales totales recensées sont en fait contrôlées par un coeur de 147 d’entre elles.

Ce "coeur" est un réseau très étroit de compagnies qui sont toutes reliées fortement les unes aux autres. Ce qui en fait une sorte de super-société. Une sorte de WorldCompany en fait. Les scientifiques se sont aperçus que les sociétés détiennent du capital les unes des autres, ce qui leur assure de facto un certain contrôle. Ils ont découvert que les 4/10 du contrôle est concentré dans ces 147 entités, et qu’elles sont au 3/4 financières. Ils nous disent que ce coeur est tellement "serré" que ca explique que la crise se propage mondialement très rapidement et que ça s’apparente au phénomène du "club de riche". Puis ils donnent la liste des 50 plus grosses sociétés, ou l’on retrouve AXA en 4ème place, BNP, et d’autres bien connues.

Tout ceci appelle plusieurs commentaires, puisque j’ai déjà soulevé ce sujet ici.

  • (je ne sais plus si c’était ici ou ailleurs) j’avais dit que la crise allait changer quelque chose de fondamental : la finance a besoin de l’opacité, hors, depuis la crise, les spots sont tournées vers elle. Nous en avons la la démonstration éclatante. Et beaucoup d’autres révélations passées et futures en sont la preuve. Ce qui est sûr c’est que ca ne va pas leur plaire, et que ce genre d’études vont avoir beaucoup de mal à être financées dans l’avenir !
  • il faut prendre acte de la mort de la démocratie
  • nulle part dans l’article il n’est fait mention de plusieurs choses pourtant essentielles : derrière ces 147, il y a un noyau encore plus petit, la FED, le FMI, et quelques autres, et quelques "think thank", et autres groupes d’influence (Bilderberg, Le siècle, …) qui assurent une unité de décision et de moyens au bloc des 147. Et derrière cette "strate" il y a les 8 familles dont j’ai déjà parlé.

Je ne crois pas que la crise aie été planifiée par cette oligarchie. Je crois au contraire que l’oligarchie est en partie la cause de la crise (une seule des 147 TBTF en crise touche toutes les autres directement, cette entité globale est trop fragile et propage les problèmes trop vite). En effet pour que la crise ai pu être planifiée il aurait fallu prévoir et contrôler la concomitance de :

  • le pic pétrolier
  • le papyboom
  • des erreurs de modèle mathématique dans l’évaluation des risques financiers
  • la chute du mur de Berlin (et la victoire "finale" du capitalisme sur le communisme et le national socialisme, les 2 ennemis mortel du 20ème siècle) qui provoqua une vague d’euphorie se traduisant par la bulle internet et la bulle des subprimes
  • internet (et donc le HFT, le MERS, etc…)

Coordonner tout ca pour faire exprès de provoquer une crise mondiale pour instaurer le "NOM" selon la stratégie du choc de Naomi Klein … ??? Si c’est le cas, ce n’est pas le fait d’humain ou de groupes d’humains, aussi puissant soient-ils. De toute manière, il n’y a qu’a voir que les élites n’ont (comme le dit Jorion) qu’un seul trait en commun : ce n’est pas l’intelligence ou la compétence, c’est "la tolérance a l’erreur" pour comprendre qu’ils en sont incapables. Par contre, c’est leur fond de commerce de faire croire au peuple qu’ils maîtrisent la situation !

Pour conclure (il y aurait beaucoup plus à dire, mais je souhaite garder l’article pas trop long), je vous invite fortement à lire ce commentaire tiré du blog de Jorion en réponse à cette étude :

Dans ce contexte, on peut imaginer que ces transnationales héritent du droit régalien non pas de frapper monnaie, mais au contraire de détruire monnaie.
Au bout de 5 ans de pressions incommensurables, les Etats pourraient tomber à genoux face à ses transnationales. Entre le désir d’être réélus aux prochaines élections et le réel pouvoir qu’ont les institutions financières à faire la pluie et le beau temps sur l’humeur des gens de par le monde devenus entièrement matérialistes, les élites politiques -quelles qu’elles soient- pourraient laisser tomber l’éponge. C’est-à-dire ne plus être les protecteurs du peuple, si elles ne l’ont jamais été…
Le but des transnationales ne serait plus alors de faire du bénéfice puisque l’argent serait sous contrôle. L’argent devenant la propriété du réseau transnational. Le but serait seulement de contrôler les gens selon des normes.
Dans ce contexte, on pourrait imaginer que l’argent se dote d’une nouvelle valeur. Non pas celle du travail accompli ou de la richesse créée, mais celle du contrôle total des transnationales sur la vie des gens.
Ces derniers qu’on appellera par la même occasion dans quelques années les « transnationaliens nouveaux ». En référence aux « hommes nouveaux » des années soviet’.
Vous riez? Rira bien qui rira le dernier! Le monde se reconfigure. D’ici 10 ans, voilà ce qui pourrait advenir…
L’Europe bureaucratique deviendrait l’exemple même d’appareil étatique globalisé. Appareil de gestion sociale et nationale traitant juste de l’économie selon les directives du réseau des transnationales.
Après la tempête économique dévastatatrice de l’automne 2011, en janvier 2013 précisément, il se murmure que les transnationales auraient proposé aux Etats de remettre les compteurs de la dette à zéro. Les Etats -épuisés par les crises à répétition- acceptent secrètement l’offre.
A l’époque, on disait que les Transnationales avaient toujours rêvé de s’affranchir de la politique étatique. En janvier 2015, dans certains magazines libertaires, on écrira qu’ils avaient réussi à la phagocyter!
Mais vite le vent de la tyrannie commence à souffler, les magazines libertaires commencent à se faire plus discret.
On se souvient qu’en 2011-2012, les armées du monde entier étaient toute sur le pied de guerre, mais qu’elles se rendaient bien compte qu’elles avaient trop à perdre à jouer leur rôle devant l’infinie force de feu disséminée sur le globe tout entier. La guerre mondiale ne devait plus se faire l’ancienne comme celle de 40-45. Le jeu d’alliances qui en découlerait était jugé trop dangereux. Alors, on préférait continuer à piller les plus faibles comme en Lybie.
L’autre pan militaire existant, pas celui de l’OTAN, lui, devait servir à autre chose:protéger les Etats de leurs propres citoyens devenus insurgés car appauvris de mille façons différentes depuis 2007. Il y avait un accord tacite à ce propos qui se résumait ainsi dès le printemps 2012: « Oui, mon Général, oui mon Président ». Les deux hommes ne s’aimaient pas, mais ils se respectaient pour leur bravoure.
On se souvient aussi que la Bourse et le Forex étaient devenus eux pendant ce temps-là les vrais champs de bataille. Les actionnaires mourraient les uns après les autres (surtout durant la tempête financière d’automne 2011), les spéculateurs aussi. S’ils ne mourraient, ils avaient la chance de guérir d’avoir voulu toujours gagner plus durant toute leur vie. Les cupides devenaient les grands sages d’un seul coup! Ceux qui le pouvaient encore s’achetaient des lingots d’or en guise de souvenir d’une époque bénie pour le capitalisme
Entre temps, les altermondialistes trépignaient déjà comme des fous, ils n’attendaient plus qu’une chose: que cet ancien système s’écroule. Selon eux, le capitalisme ne respectait rien, ni les humains ni la nature. Il fallait que qu’il dégage une bonne fois pour toute! En même temps, les PDG des entreprises déjà mises au « vert » (les bons élèves du marketing écologique) eux et leurs managers n’en croyaient pas leurs yeux quant à l’incompétence des politiques à relancer l’économie, ça les agaçait profondément de devoir dégraisser et restructurer sans cesse leurs entreprises et d’un point de vue philanthropique, ils auraient préféré mieux, c’est peu de le dire. Ce sera donc après 5 ans de cris et de douleur atroce, de révolte populaire, de récession, d’inflation, de renvoi d’immigrés et de répression populaire que le beau bébé naitra. Naissance inespérée pour tous les naufragés et presque morts de l’ancien système, ce bébé sera l’Espoir incarné.
Il sera accueilli dans des larmes de joie. Les peuples chanteront sa naissance. Mais vite, ce nouveau bébé s’avèrera assez capricieux. Il ressemblera comme deux gouttes d’eau à ses parents. Le portrait craché de papa: entrepreneur décidé et charismatique et la sensibilité de maman: « écophile » maternante. C’est drôle à dire, mais déjà embryon, il voulait un « autre monde », un monde plus doux. En grandissant, on se rendra vite compte que cet enfant si prometteur était en fait un nouvelle tyrannie, un hybride « bolchévico-capitaliste bio ». Pour le dire franchement, une dictature des altermondialistes.
Car les multinationales et les entreprises les plus résistantes avaient résisté à la tempête et là où elles demandaient encore poliment aux consommateurs d’acheter leurs produits par toutes sortes de manipulations marketing, elles avaient vite compris qu’elles pourraient désormais obliger à manger, boire, dormir, penser, baiser, faire du sport, lire, penser à l’environnement en un mot: vivre, selon leur façon de voir les choses. Nous y voilà! L’ordre! Il sera mis en application concrète dès 2017 par la population elle-même car les altermondialistes et les multinationales auront pactisé pour leur meilleur et pour le pire (du courant libertaire). Les firmes, entreprises, multi- et transnationales auront su s’adapter définitivement à la demande forte de nouvelles normes « éthique et responsable pour une symbiose parfaite entre l’homme et la nature ». provenant des altermondialistes depuis des années en premier et acceptée passivement par toutes les personnes sensibilisées à la question environnementale dès leur plus jeune âge. D’ailleurs, à ce propos, l’énorme buzz qu’avait crée le film « Home » de Yann-Arthus Bertrand sera considéré comme l’acte fondateur qui aura « mis sur la bonne voie » des centaines de milliers d’enfants dans le monde. Les bénéfices n’auront plus lieu d’être, c’est la symbiose homme-nature désormais qui obsède! L’écologisme comme seul prisme pour découvrir le monde sera la clé et surtout la clé de la réussite pour les apparatchiks du nouveauSystème Transnational Globalisé et Démocratique. Ces derniers auront enfin pris le droit de traiter les citoyens du monde comme on les a toujours traités. Mal, grossièrement, de façon humiliante et de toutes façons de manière complètement partiale. Ils deviendront les pires éducateurs de normes d’après-demain, ils s’autoproclameront les « garants du bien-être et de la symbiose parfaite avec la nature » et protègeront les gros, les vieux, les laids, les bordéliques, les négligents, les paresseux et les timides d’eux-mêmes. Faut-il encore qu’on sache ce qu’est exactement tout cela… Le droit et la justice auront été sabordé depuis longtemps. Complètement manipulés et travestis par le grand réseau transnational. Les « apparatchi-coatchs » auront toute l’autorité de ce réseau derrière eux pour faire appliquer leur vision du monde.
Jogging et fitness seront la norme. Cigarettes interdites évidemment. Tout cela sera très bénéfique pour toute personne et pour l’Etat qui aura ,de cette façon, moins de frais de santé à prévoir puisque les gens seront sains. L’argent circulera de façon rapide et efficace grâce à de nouvelles politiques ambitieuses!
Vêtements, objets, portables, tout sera scrupuleusement distribués selon l’empreinte carbone. L’Objectif parmi les objectifs. Officiellement, personne ne méritera une empreinte carbone plus grande qu’un autre, chacun sera sur un pied d’égalité. Officieusement, seuls les plus dévoués à la cause pourront polluer comme des porcs.
Manger librement sera un vague souvenir, la composition de notre assiette s’élaborera au plus haut niveau dans les bureaux de l’Europe Incorporation rebaptisée « My Sustainable and Responsible Berlaymont ». Allusion aux deux termes très en vogue avant la naissance du beau bébé: : durabilité et responsabilité Celui qui ne voudra pas manger de cette nourriture ne mangera pas, le « coach-pion » transnationalien pourra se prémunir d’une éventuelle culpabilité en se disant qu’il nourrit ses « enfants ».
Pour finir, j’aimerais aller au bout des choses car ça ira jusque-là avant que le Système ne s’autodétruise (la Planète aura pris un sacré coup de vieux malgré tout parce que l’hypocrisie du système atteindra des sommets, rien à voir avec aujourd’hui!)
Surveiller les objets, les meubles, les vêtements, le portable de ton voisin pour voir s’il les a bien entretenus comme ce sera partout prescrit (La propagande affichée partout dira « Prenez soin de vos objets, la planète vous remercie ») relèvera de la survie personnelle.
Naturellement, Internet, le savoir accessible à tous, vous l’aurez presque oublié, c’était dix fois trop dangereux… La Boétie et les archives de Jorion un vague souvenir, secret Transnationalien oblige!

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