Préambule : Ce que je vais expliquer dans ce post est capital. C’est un post qui synthétise et propose une explication sur la dynamique systémique de la crise, à l’échelle civilisationnelle. Ce point de vue permet de réconcilier beaucoup d’informations contradictoires. Pour faire simple : notre société est en train de se scinder en 2, entre ceux qui plongent dans le nouveau monde ultra technologique, et ceux qui s’accrochent à l’ancien.
Hollande l’a promis. Donc, c’est qu’elle reviendra. D’ailleurs, je propose qu’on fasse passer une loi pour obliger la croissance, interdire la récession. Et tant qu’on y est, une loi pour interdire la maladie aussi.
Le pétrole décline, mais les énergies renouvelable sont en forte croissance. Qu’est-ce qui va gagner ? Si vous consultez Enerzine, un webzine dédié aux énergies, vous ne pouvez que penser qu’avec toutes ces innovations et ce foisonnement il n’y a pas et n’y aura jamais de problème énergétique, au pire pétrole sera vite remplacé. Sauf que ces innovations coûtent un bras, d’autant plus pour ceux qui ont déjà une voiture.

[[réponse : le pétrole car les ER ne sont pas au niveau, pour tout un tas de raisons - mais les nanotechno elles peuvent changer la donne, par contre il va y avoir un gros trou d'air]]
La croissance doit au minimum être plus importante que l’inflation, sinon cela signifie qu’on s’appauvrit. Elle doit aussi être plus importante que la croissance démographique, sinon, la encore on s’appauvrit.
Si on s’appauvrit trop, a l’extrême, cela signifie :
- la fin du chômage
- la fin des retraites
- les congés payés
- la fin de la sécurité sociale
- la fin des allocations familiales
- la fin de l’école gratuite
Bref, tous les "acquis" (pour l’éternité et les siècles des siècles) pourraient être remis en cause. C’est la croissance qui finance tout ça. La Grèce fait le chemin inverse, et ils sont chroniquement en pénurie de médicaments, l’état s’est arrogé le droit de regarder dans les comptes bancaires des gens, en France on interdit déjà les paiements en liquide de plus de 1000€, les achats d’OR anonyme ont été interdits, etc…

Bref ! Vous l’avez compris la croissance est essentielle a un niveau global. Maintenant, on va regarder plus en détail.
Premier aspect (dit Malthusien) : on fera de la croissance (non parce qu’on est des capitalistes, mais parce qu’on se reproduit trop, et parce que on a tous besoin d’un minimum de confort, et de rêves) quoi qu’il arrive, quitte a tout "bouffer" (c’est cyclique dans nos civilisations, quand on a tout consommé ca finit systématiquement en guerres, famines et épidémies, puisqu’on ne se refrène jamais).
Il se trouve même si globalement la croissance est "atone" (pour faire simple disons qu’aujourd’hui on est a croissance 0) il y a des poches de croissances (d’ou les cornucopsites qui pensent que la technologie nous sauvera – et c’est vrai, la technologie seule peut nous sauver, ou nous détruire, ou sauver certains et détruire d’autre), notamment dans les nouvelles technologies. D’ailleurs, si vous suivez les news scientifiques, sur les nano découvertes, sur le capitalisme cognitif (dont tous les réseaux sociaux font partie), sur les progrès de la robotisation, la médecine regénérative, vous vous direz : mais la croissance est bien la bon sang !!!
Oui, la croissance est "la", mais elle n’est pas partout. Donc, si on raisonne en terme global, si certains font de la croissance, et que la somme totale est nulle, c’est que d’autres font de la "décroissance". Voila pourquoi WallStreet fait des profits records : c’est leur boulot, identifier les pôles de croissance et en profiter.
D’un certain point de vue, on peut croire que c’est mal réparti, et que ces gens la volent la croissance des autres, puisque les inégalités explosent. C’est vrai. Pourtant ça ne veut pas dire qu’ils volent les autres, il feraient de la décroissance quand même (le pétrole pas cher c’est fini je rappelle).
Sauf que ! Sauf que cette croissance, c’est pour mettre en place des systèmes moins énergivore, des énergies renouvelables, des systèmes de partage des connaissances, des nouvelles filières de haute technologie (NBIC ou BANG). Pendant ce temps, les RMIstes manifestent pour continuer leur petit job pépère dans les usines, alors que d’autres sont dans des labos à créer des nano tubes de carbone.

Si on dit : "on va partager la croissance", alors, on va tuer la poules aux oeufs d’or : a quoi bon créer un labo pour fabriquer des nanobatteries 100X plus performantes si l’état vous reprends tout via les impôts après. Il faut que les entreprises innovantes puissent investir, risquer, trouver des débouchés, etc…
Reste la grande question sur la vie, l’univers et le reste. Que va-t-il se passer ?
Je ne sais pas, mais ce que je sais, c’est ce qui est en train de se passer : il y a un décrochage. Du point de vue des élites, les "gueux" n’arrivent pas à suivre. Car évidement, pour pouvoir profiter de toutes ces nouvelles technologies, il y a un coût, financier, mais surtout cognitif.
Si vous achetez un ordinateur pour simplement faire du facebook avec, c’est un coût net pour vous. Si au contraire vous en faites des choses qui vous rapportent (par exemple parce que vous participez au DIY ou a que vous apprenez des techniques pour économiser l’énergie) alors vous remboursez votre ordinateur, indirectement. Si vous utilisez l’avion pour du tourisme, c’est un coût net. Si vous l’utilisez pour voyage d’affaire (au cours duquel vous pouvez faire du tourisme) alors vous avez gagné de temps, vous faites du profit, et vous rentabilisez l’avion.
C’est la ou beaucoup décrochent. Les gueux profitent de tout un arrosage technologique dont ils font un mésusage. Ce devraient être des outils de travail (au moins en grande partie), ils en font des jouets. D’un point de vue économique, c’est un véritable trou noir qui engouffre des ressources folles (vu les masses en jeu) et qui détruit la planète.
En principe, c’est une question d’adaptation. Si les gens comprennent et se forment suffisamment vite, ils peuvent se raccrocher aux wagons de la nouvelle société qui naît. Sinon ils s’accrochent au vieux monde qui meurt (celui du pétrole) avec leurs vielles voitures qui consomment et polluent trop.
Le premier problème, c’est que, vu les progrès de la robotisation, vu le potentiel des nanotech, je ne suis pas certain qu’on ai besoin d’autant de monde dans la nouvelle société.
Le second problème, c’est que je ne suis pas certain que les nouvelles génération aie compris de quoi il retourne, ni même n’ai toutes les capacités a s’y adapter.
Pour maintenir une voiture des années 60/70 ce n’était pas très compliqué, les moteurs étaient simple. Dans le monde actuel, il faut un spécialiste quand il y a une panne dans notre véhicule. Idem pour les ordinateurs. Les technologies sont peut-être plus "naturelles" à utiliser mais ils sont plus délicates et complexes à maintenir et fabriquer.
Les africains n’ont pas de ramassage de poubelles. Quand ils n’ont plus l’utilité d’un outil, ils le jettent, la ou ils sont. Comme ce sont des objets en bois, en argile, ou en métal, ça ne pose pas de problème. Mais quand ils reçoivent des "joujous" emballés dans du plastique et qu’ils font la même chose, alors la, ça devient problématique. Nous on récupère, on recycle.
Avec l’arrivée des nouvelles techno, notamment les nanos, ça va être pareil, mais en pire.
La maison de demain va demander des vraies compétences, pour "tuner" la chaudière, pour combiner éolien/solaire/hydro/batteries/isolation, etc… ou alors elle coûter trop cher et donc, il faudra vivre sans chauffage dans des maisons mal isolées.
Hors ce qui m’inquiète un peu, c’est que le niveau dans les écoles qui devraient augmenter pour suivre le rythme fait l’inverse en réalité, il baisse (la encore, pas pour tout le monde, il y a des écoles qui sont tournées vers l’avenir, ce qui signifie que d’autres plongent en réalité beaucoup plus).

Le troisième problème c’est une question de rythme, de vitesse. Nous avons 3 facteurs en concurrence :
- la vitesse fin du pétrole (30 ans)
- les nouvelles technos / énergies (70 ans ?)
- la vitesse d’adaptation humaine (50 ans)
raisonnablement, on peut penser que les humains se s’adaptent pas vraiment a cours de leur vie, ce sont leurs enfants qui le font. Le cerveau est malléable, mais pas tant que ça, pas pour la majorité des gens. Les smicard de l’usine goodyear ne se reconvertiront pas en consultant en sécurité informatique. Sans être spécialiste, en faisant une grosse moyenne, je pense qu’il faut compter aujourd’hui 50 ans pour un renouvellement de génération. Hors le pétrole ne va pas durer 50 ans, il décline déjà très vite et dans 30 ans, il n’y en aura probablement que 2X moins qu’aujourd’hui. Par contre 30 ans, ça ne fera pas 2X moins de monde dans la vielle génération. Pour les nouvelles technos, il est difficile de savoir. A priori, les cycles économiques nous indiquent un rythme de 70 ans.
Tout le problème est la.

Que faire de tous ces gens qui décrochent ? ou qui s’accrochent a l’ancien monde pétrolier ? monde qui disparaît. Notez qu’on eu exactement la même problématique il y a 100 ans, presque tout rond, lors du passage des machines à vapeur, vers le monde du pétrole, avec l’arrivée (années folles) des nouvelles technologies électriques. Pour l’époque l’électricité était quelque chose d’aussi nouveau que les nano-technologies pour nous. Le charbon était sur le déclin. De la même manière, les gens ont du s’adapter (et ils ont fini par le faire) au nouveau monde pétrolier/électrique plus complexe. Enfin, en moyenne, car il y a toujours des boulets.
Notez enfin que grâce au pétrole, le charbon a connu une deuxième vie. Il se pourrait qu’il en soit de même pour le pétrole. Il pourrait connaître une 2ème vie grâce aux nanos. Mais ce n’est pas ce qui se passe avec le gaz de schiste, au cas ou vous vous posez la question. Les nanos, on devrait connaître la première vague dans les 10 ans à venir, en même temps que le pic pétrolier absolu.
Je persiste donc à dire que nous allons connaître une période, de 20 à 50 ans, de gros troubles. Quand je dis gros troubles, je parle de millions de morts.
Cette grille de lecture permet de comprendre la vrai enjeu du sauvetage des banques : c’est a la fois les acquis sociaux, mais aussi les progrès technologiques qui sont en jeu. De manière très paradoxale, si on n’avait pas sauvé les banques des gens du vieux monde, ils seraient en grande difficultés aujourd’hui. Sauver les banques peut sembler être un coup des méchants capitalistes, en réalité, c’est un coup des marxistes, et c’est totalement anti-darwinien. Pourtant tout le monde semble croire le contraire.
WordPress:
J’aime chargement…
Commentaires récents