Récemment une personne de mon entourage a subit un stress intense à son travail. C’était un vendredi. Le WE s’est passé, et le lundi suivant, la situation stressante s’est résolue d’elle même. La personne a ressenti un immense soulagement : sa boule au ventre avait disparue. Mais elle a réalisée qu’elle ne s’était pas du tout rendu compte qu’elle avait eu ce stress permanent durant 3 jours. Elle ne s’était pas rendu compte à quel point son humeur et sa sociabilité était impactée. Ce n’est qu’après coup, comme en sortant d’une sorte de rêve hypnotique qu’elle a pleinement réalisé ce qui s’était passé. Et dans ce cas précis, elle a eu de la chance, ça aurait pu durer des mois, et fabriquer une maladie sans qu’elle ne s’en rende compte.
Cet exemple vécu montre que notre conscience est un phénomène fluctuant et fragile. C’est l’un des deux piliers de la G4G (guerre de 4ème génération / guerre cognitive). [Nous verrons l'autre par la suite, qui sont les biais cognitifs]
Afin de comprendre les ressorts de cette "guerre des cerveaux" il nous faut examiner la nature de notre conscience, de notre identité/personnalité, et surtout, les idées que l’on s’en fait …
Je reste volontairement vague, car ce sont des termes encore mal définis, et du toute manière, pour vraiment comprendre de quoi il retourne, vous pourrez le vérifier par vous même grâce a l’introspection !
Communément nous croyons être des individus conscients et rationnels. C’est faux.
(extrait de Scanners, le film de Cronnenberg)
Cette conception de l ‘homme provient des lumières, durationalisme. C’est le fondement même de la démocratie, car si l’homme n’était pas doué de raison, ou du moins, pas autant qu’il le croit, alors le vote n’aurait plus aucun sens. Et c’est bien le problème.
Freud a un peu bousculé ce dogme, mais pour l’essentiel, nous croyons toujours penser par nous même avec quelques lapsus de temps à autre qui traduisent l’existence d’une partie de nous plus ou moins sous contrôle (l’inconscient).
Les recherches modernes montrent tout autre chose.
D’abord, la conscience ne concernerait que 200 bits de données sur 400 milliards par secondes dans notre cerveau. C’est donc un phénomène très marginal. Il est postulé que la conscience (terme quasi indéfinissable) n’apparaît vraiment que quand toutes les aires du cerveau sont activés de manière cyclique (comme une onde qui ricocherait dans nos aires cérébrales) :
Les recherches récentes montrent que nos décisions sont prise avant que nous n’en ayons conscience. La conscience ne viendrait que rajouter une couche de rationalisation après coup. Rationalisation qui aurait d’ailleurs été développé au cours des ages en tant qu’arme de persuasion. Son utilisation pour la recherche de la vérité n’étant que très marginale. Déjà la, on a un problème, car si nos décisions sont inconscientes, et que la rationalité n’est qu’une sorte d’illusion, ça invalide totalement le paradigme démocratique, et ça pourrait expliquer bien de ses dysfonctionnement, mais ce n’est pas tout ! Accrochez vos ceintures.
Nous savons aussi maintenant que notre conscience n’est pas seulement "veille/sommeil", il y a de (très nombreuses) nuances. Le rythme cérébral nous montre qu’a tout moment nous sommes en même temps dans différents niveaux de conscience, qui peuvent se mélanger. Nous pouvons être éveillé et légèrement endormi en même temps par exemple (forme d’hypnose légère). C’est notre état naturel en fait. Si un danger immédiat nous menace, nous serons en état d’hypervigilance (faites un tour la nuit dans la forêt si vous voulez savoir ce que ça donne).
Encore pire. Si nous sommes triste, nous allons plus facilement nous souvenir de choses tristes. Rien que de très banal me direz vous. Oui. Mais c’est plus que ça, certains états font remonter des mémoires dont on ne parvient pas à se souvenir dans d’autres états. Émotions, pensées, mémoires sont en fait associées par "grappes". Ce qui fait que notre individualité en prends un coup : nous sommes composés non pas d’une personnalité monolithique mais d’un ensemble de sous personnalités. Et nous naviguons entre au grès des circonstance, sans pouvoir maîtriser le passage de l’un à l’autre. Les cas extrêmes nous amènent a des dédoublement de personnalité, mais en fait, nous sommes tous plus ou moins dans ce cas.
(il y a un Golum en chacun de nous)
Si on creuse encore plus loin dans notre psychisme, on va se rendre compte qu’au delà de certains seuils de conscience, ce ne sont même plus de "personnalités" qu’on peut parler. Nous pouvons vivre des expériences dans lesquelles nous ne somme plus ni nous même, ni un humain, fusionner avec l’univers, être décorporé, etc… C’est le domaine de la psychologie transpersonnelle, dans lequel nous sommes très en retard en France.
Nous avons une tendance naturellement forte a l’homéostasie, c’est à dire, a revenir dans notre état "normal". Ce qui nous donne l’illusion d’avoir une personnalité unique, définie, sous contrôle. Alors que c’est loin d’être le cas. Notez que les grappes de "émotion/pensées/mémoires" sont aussi associées a des niveau de conscience. Nous pouvons donc glisser de l’une à l’autre et perdre progressivement conscience sans nous en apercevoir le moins du monde.
Ce ne sont pas des phénomènes a la marge. Si vous vous observez fonctionner, vous verrez que c’est notre quotidien.
Si vous plongez quelqu’un dans un état d’hypnoïde, il devient plus suggestible. Il y a plein de techniques pour ça, très connues des commerciaux, comme la PNL ou l’hypnose Ericksonienne. Si vous lui faites vivre des expériences mystiques, vous pouvez carrément le reprogrammer (transes religieuses, euphorie des meetings politiques, etc…). En réalité c’est très courant, quotidien même. La télé d’ailleurs ne sert absolument qu’a ça. Regardez la télé et observez comment votre corps va se relaxer, votre mental se calmer. Vous êtes en hypnose légère. Mais toutes nos émotions en général altèrent notre jugement et si nous n’y prenons garde peuvent être utilisées contre nous. Les "prédateurs" sont partout, d’autant qu’eux même n’en sont pas forcément conscient (puisqu’on peut apprendre par mimétisme sans que la conscience n’intervienne jamais).
(le pouvoir de persuasion de Megan Fox ! prenez conscience tout ce que ça vous fait de la regarder, en tant qu’homme ou femme, mais aussi surtout qu’on est pas tous équipé pareil !)
Il se trouve aussi que nous ne sommes pas tous égaux face à la conscience. Certaines sont plus fragiles, malléables, souples que d’autres. D’autres au contraire on un pouvoir "naturel" sur les autres ! Ce sont ces différences, très grandes, et leur exploitation qui sont l’un des socles de la G4G. Les politiciens, les chefs religieux, les publicitaires, les commerciaux, les avocats et bien d’autres sont très doués pour altérer notre conscience et nous manipuler. En fait, nous le faisons tous en permanence : nous manipulons noter conscience et celle des autres, le plus souvent de manière inconsciente. Notamment de façon grégaire. Le "troupeau", les masses ont un effet sur les consciences.
La nouveauté, c’est qu’aujourd’hui, suite aux progrès de la science, les techniques de manipulation ont énormément progressé. Elles sont d’autant plus efficaces qu’elles sont subtiles et indétectable. Leur caractère invasif en font des armes de manipulation massives. Les conspirationnistes parlent souvent des techniques de reprogrammation militaires (MKUltra), mais ce ne sont finalement que des méthodes grossières et qu’on ne peut utiliser en masse.
Elles ont des effets économiques très puissants. C’est grâce (en partie) a ces techniques qu’on persuade tout le monde qu’il lui faut une voiture pour se sentir libre, être propriétaire d’une maison pour se sentir en sécurité, qu’il faut exporter la démocratie, etc… Avec toutes les conséquences que l’on connaît. Si vous n’êtes pas à même de vous interroger sur vos motivations profondes, sur vos paradigmes de pensée, sur les influences extérieures (notamment pour ne pas perdre vos proches) alors vous êtes forcément une victime car cette guerre est sans pitié.
Le yoga (mais pas seulement) est un des rares moyens de renforcer sa conscience pour se prémunir des influences extérieures, de manière méthodique et efficace. Notamment via la respiration. Les yogi disent d’ailleurs que le propre de l’homme c’est de pouvoir respirer consciemment. J’ajouterais qu’un critère de mesure pour savoir ou vous en êtes c’est justement d’observer combien de temps par jour vous êtes conscient de votre respiration. Cela permet d’avoir une idée de notre niveau d’inconscience.
Ce qu’il faut retenir :
nous n’avons pas une personnalité mais plusieurs sous-personnalités
notre conscience passe facilement dans un état hypnoïde de suggestibilité accrue
la science moderne sait utiliser de nombreux leviers pour nous influencer
J’ai expliqué différents niveaux de pensées, qui sont aussi différents niveaux de conscience et qui reflètent une complexité croissante. Il y a un "bon qualitatif" à faire entre chaque niveau.
J’aime les choses concrètes, alors je vais prendre un exemple simple pour montrer comment ça fonctionne dans la pratique : le jogging.
Dans notre société on nous apprends/inculque a tout séparer. Il y a un temps pour le travail, un temps pour le loisir, un temps pour le repos, le soin, etc…
Je cours/ Je ne cours pas. 0D
Je cours plus ou moins vite, plus ou moins loin. 1D.
Mais je peux considérer que courrir c’est aussi un entrainement pour autre chose, une compétition, pour être en meilleure forme, être plus performant. La on est dans la 2D.
Je peux intégrer le jogging, en tant que "geste" dans une attitude plus globale : courrir est juste une phase de l’entrainement. Par exemple, comme pour la musculation, il y a l’échauffement avant, l’étirement après, le repos, et aussi la nourriture. Tous ces gestes sont intégrés dans une attiude plus globale, de bien être / santé. La on serait dans la 3D. Courir fait partie d’un tout, agit sur d’autres facteurs qui eux même sont influencés par le jogging.
On peut aller encore plus loin.
Quand je cours, je peujx me rendre compte que ça modifie mon état d’esprit. Il se passe plein de choses pendant l’activité. Mon corps me parle, douleur ici, recentrage la, fatigue ou regain d’énergie, etc…
Courir devient une source d’inspiration, le mental est mieux aéré, on a plein d’idées qui nous viennent (la marche dans la nature fait pareil), on peut être inspiré sur tout un tas de sujet, résoudre des conflits ou des dilemmes. Courir devient une méditation, une thérapie, en plus d’être une activité physique. La, on est dans le 4D, tout est unifié, il n’y a plus de séparation entre les "choses".
Avec cette attitude, il y a une continuité qui s’établit entre tous les gestes de la vie.
Tout se reflète dans le tout et inversement. "Tous pour un et un pour tous".
Le travail devient aussi loisir, le loisir une thérapie, la thérapie une méditation, etc … tout se confonds, il n’y a plus séparation. On a intégré les différents niveaux.
Notre mental est le roi pour séparer les choses, il faut ensuite les réconcilier, faire du couper/coller en somme et instaurer une dynamique.
“You cannot solve current problems with current thinking. Current problems are the result of current thinking.”
Albert Einstein
[[vous ne pouvez pas résoudre un problème actuel avec la pensée actuelle. Les problèmes actuels sont les conséquences de la pensée actuelle]]
Dans l’art de convaincre d’Aristote il y a 3 niveaux : ethos, logos, pathos [[éthique, logique, émotionnel]]. Aujourd’hui nous sommes beaucoup plus dans le pathos, à cause de l’appauvrissement du logos. Suite à de nombreuses discussions dans les forums de ci de la, et à la réflexion sur la méthode (pensée) systémique, à force de voir les idées des uns et des autres souvent déformées, et particulièrement simplifiées, caricaturées, il semble que l’on puisse classer les façons de penser.
Ces différents niveau de pensée sont au cœur même des affrontements idéologiques, voire même parfois leur raison. L’article "La réalité en marche" en est une parfaite illustration : on peut avoir différents niveau de lecture d’un même événement.
A priori ce classement que je proposes s’applique uniquement à l’axe "logos", on pourrait éventuellement mettre plusieurs niveaux dans le pathos et l’ethos, mais je n’y ai pas encore réfléchi.
Ce post n’est pas totalement abouti, c’est un sujet assez difficile et délicat, que je n’ai pas vu abordé ailleurs.
Voici une définition des niveaux de pensée :
0D, binaire : le bien, le mal, tu es terroriste ou tu ne l’es pas, l’immigration c’est bien ou c’est mal (pas de nuance).
Ici tout le monde sait faire, sur tous les sujets.
1D, linéaire : mécaniste, si je hausse les impôts, je récole plus, ici on va mesurer, tu es plus ou tu es moins, ton compte en banque est plein ou pas, tu es riche ou pauvre, connu ou inconnu, ou un peu connu, etc…
Ici tout le monde sait aussi à peu près, faire, mais on va perdre quelques sujets, exemple, l’immigration, les chiffres importent peu, ce qui compte c’est "le bien ou le mal" de l’immigration.
2D, dynamique : cette fois on va s’intéresser à la dynamique des phénomène : la croissance, la diminution, la vitesse. Ex : le PIB, dette, chômage augmentent ou diminuent. Du moins de vue mathématique on utilise dérivées, intégrales, fonctions a seuil, exponentielles, hyperboles, hiérarchique; utilité marginale, rendement décroissants, pourcentages, effet levier.
La on va perdre déjà pas mal de monde. Exemple : tuer un terroriste, si on en fabrique 2 autres au passage, ça ne sert à rien. Mais pourtant, dans la pratique on n’entends jamais ce genre de raisonnement. Ce qui compte ici ce sont les dynamiques concurrentes. Peu importe si a un moment il y a 1 méchant pour 10 gentil, si les méchants grossissent 2X plus vite.
3D, systémique : boucles de rétroaction (ponzi), système organique, systémique, complexité, propriété émergente,
La on a perdu presque tout le monde et tous les sujets, sauf quelques niches
4D, holistique : hologramme (le tout est dans la partie et vice versa), résonance, synchronicité, subtilité cachée, tous les sujets et les acteurs sont liés, effet papillon, les lois structurantes universelles (auxquelles personnes n’échappe jamais)
Ici il n’y a quasiment plus personne
Il faut bien comprendre une chose. J’emploie de terme de dimensions à dessin, car quand quelqu’un propose une explication, disons 3D, et qu’elle est lu avec une grille de lecture 0D, alors toute la subtilité, en est perdue. Je reprends l’exemple du sujet de l’immigration :
en 0D : c’est bien ou c’est mal. Point. Après on peut justifier : "chacun chez soi" ou bien "le racisme c’est mal".
en 1D : on regarde les chiffres, il y a trop d’immigrés ou pas assez, sans que ce soit bien ou mal, mais juste nécessaire ou utile, ou l’inverse nuisible
en 2D : on regarde l’évolution des chiffres, la dynamique dans le temps, on anticipe les futurs problèmes : la délinquance augmente trop, ils pourraient faire basculer les votes s’ils deviennent trop nombreux, de plus en plus de revendications et de lois communautaristes, balkanisation
en 3D : on regarde la dynamique et les répercussions sur l’ensemble de la société, les dommage collatéraux, qui en profite, qui est perdant : les effets sur la chute de niveau de l’école publique, le manque de modernisation, l’image du pays à l’étranger, les effets sur les pays d’émigration, quelle est la fonction de l’immigration, l’homéostasie de la nation, etc…
en 4D : on regarde le tableau d’ensemble, en mettant sur un pied d’égalité dans une même dynamique parce que soumis aux même "lois structurantes", l’immigré/nationaliste/gauchiste/élitiste
Évidement, c’est assez pénible pour quelqu’un qui pense en 2D (par exemple) de discuter avec quelqu’un qui se limite à la 0D. C’est pourtant très courant sur les forums.
D’une manière générale, pour résoudre un problème, selon le niveau de pensée, ça donne ce genre de choses :
en 0D : on choisi un camp, c’est très simple : c’est toujours celui du bien contre le mal, et on est toujours du bon coté, ce qui est rassurant.
en 1D : on renforce tel ou tel aspect, prends une loi, plus de ceci ou de cela : si l’Europe à des problèmes, c’est qu’il faut plus d’Europe. Trop d’insécurité ? plus de prisons ou de propagande anti-"sentiment d’insécurité". Très simple la aussi. Pas de place au doute.
en 2D : on doit déterminer un facteur sous-jacent qui guide l’évolution d’une tendance. Avec une analyse poussée ou peu trouver une solution. Les retraites ne seront pas payées ? on fait augmenter la natalité (immigration) plus vite que les retraites ne prennent du poids. Déjà plus compliqué, il a fallu anticiper les évolutions et trouver une solution indirecte.
en 3D : on doit trouver comment les variables s’articulent entre elles et sur quels levier jouer simultanément pour influencer le cours des choses, il faut en général des solutions globales (un peu de ceci et un peu de cela de manière coordonnée). Ici le pensée analytique ne suffit plus, il faut une pensée analogique(systémique). Faire baisser le chômage ? ce n’est pas simple, car il faut toucher a la fois les impôts, les cotisations, la compétitivité, les flexécurité et donner un "cap" à la nation, il faut que ça aie un sens a priori.
en 4D : il n’y a pas de solution "logique" au problème, il faut le transcender, utiliser son intuition, voir au delà. La solution n’a souvent que peu de rapport avec le problème, mais comme tout est lié … ça fonctionnera. On a l’impression que c’est magique. Le sens est donné à posteriori. Il faut la foi, c’est à dire, avancer sans savoir, sans le mental rationnel, ni même analogique. C’est le supramental d’Aurobindo. C’est la pensée holographique.
Chaque niveau de pensée est utile. Il ne s’agit pas ici de stigmatiser ou de tout voir en 4D parce qu’on est "un saint" (ce qui serait une pensée 1D d’ailleurs). Parfois le 0D est très utile : si vous êtes agressé dans la rue, vous vous préservez, point. Après coup, si ça vous amuse vous pouvez passer en 4D et vous demander qu’est-ce que l’univers à essayé de vous dire, mais pour cela, il faut être vivant. Chaque niveau de pensée demande un effet de plus en plus important, du temps, de l’investissement (cf les biais cognitifs). Donc, il vaut mieux toujours utiliser le niveau de pensée le plus rudimentaire tant qu’ils est suffisant. Mais c’est bien de savoir aussi monter d’un cran si nécessaire.
Aujourd’hui la crise économique nous oblige à passer au minimum en 3D, voire en 4D. (C’est la démarche que ce blog proposes et qui établi petit à petit une sorte de continuum entre la vie de tous les jours, l’économie et le yoga).
Chaque niveau de pensée s’apprend, et s’enseigne, et dispose d’une méthodologie pour ne pas faire n’importe quoi. La vie se charge du 0D. Le 1D et le 2D, c’est l’école. Le 3D n’est pas vraiment enseigné nulle part. Certains chercheurs et universitaires l’utilisent et le formalisent toute fois. Le 4D, c’est un peu le but (avec des succès très relatifs) des religions. Pour chaque niveau il y a une méthodologie correcte et des sous niveaux de subtilité, même pour le 0D : il y a ce qui est bien et ce qui est mal, mais il y a les bonnes manières de lutter contre et les mauvaises !
Il serait aussi intéressant de voir comment une idée "voyage" entre les différentes dimensions, les chemins qu’elle peut parcourir ou non. Ça, c’est le sujet des sociologues, des neurologues, des psychologues, et surtout des politiciens et des experts de la communication / marketing. C’est le sujet majeur de la guerre cognitive dans laquelle nous sommes plongé, ou G4G [[guerre 4ème génération]], et que les tenants de la conspiration tentent d’analyser. C’est important pour comprendre le monde actuel et sa richesse. J’y reviendrais.
Petit détours pour faire des liens entre le micro et le macro, l’individuel et le collectif, l’économique et le quotidien. Je fais une digression qui sera utile dans les sujets à venir.
"ce qui est en haut est comme ce qui est en bas". Pour comprendre la situation actuelle il faut pouvoir prendre du recul par rapport a notre mentalité collective, par rapport à nos réflexes de pensée les plus profonds.
La plupart des choses que nous construisons servent a contrôler : une maison sert a contrôler la température, une voiture sert a contrôler la vitesse, une arme sert a contrôler une personne. Etc…
La crise actuelle trouve ses racines dans notre besoin maladif de contrôle, de sécurité.J’insiste, besoin maladif. Le contrôle en soi n’est pas mauvais par essence.
Le contrôle et son corollaire le pouvoir est une des caractéristiques de notre société et de nos vies. Le contrôle imprègne tous nos gestes quotidiens, et même nos pensées. Nous dépensons énormément de temps et d’effort a essayer de "contrôler" tout ce qu’on peut. C’est pour cela que somme si friands du CDI, que nous planifions nos WE et nos vacances, que nous élisons des gens, que nous écrivons des lois et fabriquons des prisons, des hôpitaux,etc… Tout cela permet de contrôler la maladie, la violence, l’incertitude, l’insécurité, etc…
Au final, ce sont nos émotions que nous cherchons à contrôler, par le biais de l’emprise sur l’extérieur (en grande partie illusoire), au lieu de la maîtrise de nous même. (Tiens on dirait presque un discours yogique ! lol)
Le contrôle est ancré profondément en nous.
Le contrôle a un rapport avec nos limites propres. Notre soif de contrôle nous aveugle souvent quand à nos limites. J’ai recensé plusieurs sortes de limitations, que je résumerais par ces mots tout simple :
je ne sais pas, (ou je ne suis pas sûr)
ça me dépasse,
je m’en fiche, (je pourrais sûrement mais je n’ai pas envie)
je me suis trompé.
Avouer nos limites est tabou notre société du contrôle. Vous remarquerez que rares sont ceux qui disent l’une de ces petites phrases. Pourquoi ? Parce qu’on avouerait qu’on peut perdre le contrôle. Et ça, ça ne rassure pas les gens en face ! D’où la course au contrôle.
Combien de discussions seraient rapidement réglées si nous nous contentions de dire "je ne sais pas vraiment / je me suis peut-être trompé / je crois que, mais sans certitude". On peut aller plus loin et identifier les émotions qui sont derrière (j’ai peur que / je suis angoissé par / j’ai besoin d’être rassuré pour / etc…).
Le contrôle c’est le symptôme du manque de confiance : confiance en l’autre (dimension spatiale), confiance en l’avenir (dimension temporelle).
L’économie a besoin de confiance. Le contrôle donne une forme de confiance. Plus nous nous faisons confiance, plus nous sommes efficace, car la méfiance coûte cher (très cher). La confiance naît des règles collectives que nous nous donnons (et que nous respectons). L’état en tant que garant de ces règles, est le pilier de la confiance. Pilier étatique pourtant attaqué de nos jours : l’Europe se pose en rivale des nations.
L’usure, comme je l’ai expliqué, est un système de contrôle qui naît du manque de confiance mutuel entre agents économiques.
Le pouvoir donne le contrôle. Nous cherchons à contrôler la nature autant que notre nature. Nous supportons mal que les choses nous échappent. Pourtant, elles le font et le feront toujours, comme je l’ai expliqué. Notre propre cerveau nous échappe.
Le yoga nous apprends le lâché prise. Non pas pour abandonner le contrôle, mais pour l’équilibrer. La maîtrise de l’énergie sexuelle n’est rien d’autre que ça : trouver l’équilibre entre contrôle et lâché prise, en l’apprendre par l’intermédiation du corps. L’apprendre à nos cellules même, au niveau le plus profond de notre être !
Je voudrais faire une analogie entre le contrôle au niveau "micro", c’est à dire, cellulaire, et au niveau macro, collectif, l’économie. La sexualité primaire masculine est maniaco-dépressive par essence. Quand l’envie nous tenaille on est en phase maniaque, et si on parvient à se soulager, on passe en phase dépressive. Notre économie fonctionne sur les même cycles, avec alternance de phase manique (la victoire contre le communisme et l’euphorie qui s’en est suivie) et dépressive (la crise actuelle). L’un reflète l’autre, et c’est assez logique en fait.
Dans le yoga nous apprenons à sortir de ces cycles, a les transcender, par la maîtrise de l’énergie sexuelle, ce qu’on va nommer l’homme multi-orgasmique, mais qui en réalité est bien plus que cela. Pour y parvenir, il n’y a pas de secret, c’est ce que qu’enseigne le yoga : la bienveillance, l’honnêteté, la persévérance.
Ce sont les yamas et niyamas (pour ceux que ça intéresse):
Le bouddhisme propose sensiblement la même chose avec sa voie du milieu, l’octuple sentier :
vision juste
pensée juste
parole juste
action juste
profession juste
effort juste
attention juste
concentration juste
Il ne s’agit pas de morale religieuse, mais d’efficacité biologique. Le yoga (unité) vise à être en accord avec soi même et en harmonie avec l’environnement. Sans cette unité intérieure, il n’est pas possible de parvenir à sublimer l’énergie sexuelle. Elle s’accumule, provoque des tensions, des conflits intérieurs. Pour qu’elle circule bien il faut être détendu, relaxé, bien dans sa peau. Comment y parvenir en mentant, en trichant, en manipulant ? Le seul moyen c’est d’être celui qu’on est. Ce n’est pas de la morale, il ne s’agit pas de correspondre à une image d’Épinal. Quand on est en colère, on est en colère : Faire semblant d’être tolérant, doux, non violent, c’est juste tricher. Si on n’est pas généreux, on ne l’est pas. Point. Il ne s’agit pas d’aller s’inventer des excuses ou de faire un concours pour battre mère Thérésa. Être ce qu’on est n’est pas facile, c’est s’accepter avec ses qualités et ses défauts, et surtout ses limites.
On comprends aisément que si nous ne parvenons pas à le faire à titre individuel, nous n’y arriverons pas a le faire au niveau collectif. D’ou, toutes les dérives qu’on peut voir actuellement, au niveau économique, politique, sociétal. En même temps, comment reprocher aux autres ce qu’on ne parvient pas à faire soi même ! C’est une leçon d’humilité et de tolérance.
Comme je l’ai déjà expliqué, selon moi la crise actuelle est une crise de civilisation, une crise systémique. C’est aussi une crise de la pensée, de notre manière de concevoir et percevoir le monde. Encore une fois, nous allons voir comment économie et spiritualité sont liés.
Nous voulons ou croyons contrôler nos vies. Les anciens savaient qu’ils ne maîtrisaient pas grand chose et comblaient ce vide par des superstitions. Finalement, la "magie" était une manière de "communiquer" a les Dieux qui président nos destinées, afin d’essayer de les influencer, de les amadouer. Sommes nous si différent ? Nous incantons l’Euro et l’Europe à la place de Zeus et Chronos … mais au fond …
« Il n’existe pas d’autre activité humaine où autant de foi est basée sur aussi peu de science que la finance ». Scientific American, le 26 octobre 2011
Pourquoi ce sujet est important ? Parce que comprendre ce qui est entre nos mains et ce qui ne l’est pas permet 2 choses :
comprendre les vrais facteurs qui influencent le cours des événements et jouer dessus
ne pas tomber dans les pièges de ce qui n’est finalement que le brouhaha qu’on rajoute dessus.
Plus précisément, permettre de se détacher des discours des politiques qui nous vendent de fausses solutions, une illusion de pouvoir et aller au delà, voir au travers, et trouver le vrai pouvoir. La plus grande peur des hommes politiques est qu’on se rendre compte qu’ils n’ont en fait aucun pouvoir (si ce n’est celui de nuire).
Nous occidentaux, avec le scientisme, nous pensons contrôler nos vies, de nos société, décider de nos sort. Pourtant, au contraire la science confirme que n’avons pas beaucoup d’emprise, à tous les niveaux.
Voici une liste (non exhaustive), un peu en vrac de facteurs hors de notre "contrôle", un mini catalogue :
l’inconscient : 90% de nos actes se font à notre insu.
l’inspiration, l’intuition : D’où naissent les pensées ? Actuellement on ne sait pas vraiment, et finalement, quand une personne à une nouvelle idée, d’où vient-elle ? qui sait si des "Dieux" ne nous l’ont pas soufflée ? La plupart des économistes par exemple ne restent dans les livres d’histoire que pour une seule idée nouvelle.
le pic pétrolier + croissance démographique qui façonnent l’économie bien plus que les choix budgétaire, la politique monétaire et autres grigri d’économistes
progrès technos : imprimerie, pilule, bombe A ont eu un impact sociétal bien plus grand que n’importe quel politicien
les structures familiales qui façonnent les structures politiques. Selon Todd si le communisme (par exemple) a pu s’implanter dans certaines zones et pas d’autres c’est parce qu’il pré-existait sous forme de familles communautaires. Idem pour le capitalisme et les démocraties.
les "mêmes" sortes de virus des pensées animés d’une vie propre et qui nous contrôlent autant que les gènes peuvent vouloir le faire afin de se reproduire (cf le principe de Lucifer d’Howard Bloom)
notre cerveau rationnel est plus fait pour convaincre que pour la vérité : la raison est unearme bien plus qu’un chemin vers la vérité
nos limites avouées ou non (je ne sais pas, etc…) + incapacité a les reconnaître ont une influence sur nos vies : certaines scientifiques montrent que nous ne sommes pas assez intelligents pour la démocratie
les astres qui influencent notre humeur (cycle de 11 ans du soleil + cycle de 28 jours pour la lune). Il est avéré qu’en cas de tempête solaire les crimes augmentent, et pareil en cas de pleine lune.
on ne décide pas qui on aime, ce qui nous plaît ou nous déplaît, on le constate simplement
nos traumatismes d’enfance (psychogénèse) peuvent avoir une grande influence sur le cours de nos vies, et on ne souvent pas y faire grand chose (mis à part l’EMDR qui semble une des rares méthodes qui guérissent vraiment)
complexité du monde : plus on doit gérer le monde de "haut" (hautes sphères mondiales), plus on doit trouver des moyens de "comprendre" un monde complexe : les dirigeants et les élites font appel à des outils intellectuels qui s’apparentent plus à des superstitions (qu’elles soient économiques, politiques, religieuses, ésotériques, etc…)
interactions entre 2 personnes : comme s’il y avait une vie propre, cf le langage non verbal, nos corps parlent d’eux même au dela des mots, sans que nous n’y puissions grande chose (même si certaines essayent de tricher avec la PNL)
l’environnement (tempêtes, accidents, météo, récoltes) qui peuvent faire basculer nos vies
film :la vague, qui montre comment les choses peuvent nous échapper, comment un symbole, une idée peut prendre vie, comme si elle avait une existence propre (cf les égrégores des ésotéristes)
une erreurmathématique s’est glissée dans le calcul des probabilités et est en partie à l’origine de la crise financière
notre besoin de croyance qui dépasse parfois/souvent l’acceptation des faits
contagion émo décisionnelle (gustave le bon)
Edouard Bernay le père de la propagande: celui qui s’est illustré en amenant les femmes à fumer disait "il est plus facile de manipuler l’opinion des foules que celle d’une personne"
effet de second tour, la encore montre comment une situation peut nous échapper. Par exemple le protectionnisme, celui en le pratique le déclenche chez les autres, et ça annule les gains initiaux en provoquant en surenchère de protectionnisme
le besoin d’égalité/homogénéité sociale (critère déterminant pour l’espérance de vie, la santé)
apparemment on ne peut pas être empathique et analytique en même temps
expérience de Milgram montre le pouvoir de l’autorité, et l’expérience de Ash sur le conformisme
autre exemple : si on regarde à quoi s’est joué la 2ème guerre mondiale, on se rends compte que les Nazis auraient très bien pu gagner, et que ce qui a fait pencher la balance est quasiment de l’ordre de l’effet papillon
nos pulsions : nous avons tellement de mal à les contrôler que tout un tas d’institutions et d’artifices y sont dédiées. Nous sommes notamment le pays qui consomme le plus d’antidépresseurs au monde. Nous ne contrôlons pas plus eros que thanatos.
Au mieux nous pouvons influencer le cours de choses… souvent au prix d’un effort constant et soutenu. Au pire, même avec beaucoup de travail, nous n’avons aucune emprise sur le déroulement.
J’espère avoir montré a quel point nous croyons "construire" le monde, alors qu’en fait, nous ne nous contrôlons pas nous même.
Énormément de choses que nous croyons décider sont en fait de simples résultats de facteurs sous-jacent structurels. C’est vrai dans nos vies, c’est vrai au niveau géo-économique.
Et il n’y a rien à faire. La science nous dit en substance que beaucoup de choses nous échappent, et nous échapperons toujours. C’est paradoxal alors que la science est notre meilleur outil pour justement gagner plus de contrôle.
Je termine par une note plus yogique. Dans le bouddhisme il est dit que la vie est souffrance (cf les 4 nobles vérités). La souffrance à une cause. Cette cause c’est l’ignorance. Nous pouvons faire cesser la souffrance.
Hors de quoi s’agit il ? L’ignorance dont il est question, c’est l’ignorance de notre propre nature : nous ne savons pas réellement ce que nous sommes. Dans le yoga il est dit que les pensée, et même les émotions ne sont pas notre "soi", qu’elles sont extérieure. Finalement, la science ne l’infirme pas, bien au contraire. Elles nous confirme que nous faisons partie d’un tout qui nous dépasse et nous englobe. Dans l’Hindouïsme il est dit que nous sommes "sat chit ananda", c’est à dire "existence, conscience, félicité". En effet si nous acceptons nos limites, si nous acceptons de ne pas être isolé du tout (l’illusion suprême de l’ego), si nous réalisons que nous n’avons pas le contrôle, que nous ne sommes pas ces émotions, ces pensées … que reste-t-il au final ? …
Selon moi, la crise actuelle ne pourra se résoudre sans changer notre manière de penser. Einstein disait
"on ne résous pas un problème avec le même niveau de conscience que celui qui la créé" (“You cannot solve current problems with current thinking. Current problems are the result of current thinking.”).
Un peu de "philo" cette fois, quel est le rôle de la "raison" dans le développent de la crise ?
On fait souvent remonter la crise aux politiques, aux banquiers, voire aux juifs, aux immigrés, comme si c’était la faute a quelqu’un, comme si en fait on contrôlait tout ce qui nous arrive. C’est faux. Nous ne contrôlons pas grand chose en réalité.
Nous ne contrôlons pas le nombre de barils de pétrole qu’on peut extraire de la terre en un jour. Nous ne contrôlons pas les effets sur le climat et la biosphère de notre exploitation des ressources. Nous ne contrôlons pas non plus quand nous tombons malade ou en dépression. On ne contrôle en définitive même pas nos propres vices, peurs, traumatismes ! Nous n’avons choisi rien de tout cela. On essaye de faire du mieux qu’on peut avec.
L’analyse de la crise selon la méthode du matérialisme historique évacue beaucoup de facteurs "humains" de la place prépondérante qu’on leur donne habituellement : c’est la faute aux juifs, aux immigrés, aux financiers, aux capitalistes, ou a la cupidité (ou autre péché capital). Cette grille de lecture nous montre qu’il y a des facteurs qui nous échappent totalement (qui aurait pu prévoir le réchauffement ou qu’on ne trouverai pas de solution à temps au problème pétrolier, ou bien qu’Internet allait énormément complexifier le monde, entre autre) …
L’avantage de cette approche c’est de ne pas sombrer dans la stigmatisation. Mais au delà de ça, il est nécessaire de s’émanciper de cette manière de voir les choses qui voudrait que l’homme contrôle tout ce qui lui arrive, qu’il n’est plus soumis aux forces de la nature qui le dépasse, qu’il suffit de trouver un fautif pour résoudre nos problèmes.
Il est vrai qu’il s’agit d’une lutte séculaire pour ne plus être soumis au "destin", ou à la fatalité. Quand Nietzsche proclamait le surhomme et la mort de Dieu, je pense qu’il faisait référence à cette évolution : L’homme à d’abord expliqué ce qu’il ne comprenait pas par des Dieux qui se jouaient de lui. Puis il a compris qu’il avait une emprise sur le monde, et à chassé les Dieux. Il s’en est gardé un seul pour expliquer ce qui lui échappait encore, mais avec l’avènement du scientisme il a fini par tuer Dieu, il n’avait plus besoin de lui puisqu’il n’était plus soumis à ses caprices : il était sur le point de maîtriser la nature, et son destin !
Mais aujourd’hui, ses vieux démons le rattrapent. Finalement, nous ne contrôlons pas tout, pas aussi bien qu’on aurait aimé le croire. Pire, nous ne nous contrôlons pas nous même !!! Et nous n’avons plus personne à accuser … si ce n’est "les autres".
Il est donc important de replacer la crise dans ce contexte anthropologique et de faire la part des choses. Les "facteurs extérieurs" existent toujours, même si nous ne les appelons plus "Dieu capricieux". Si nous ne contrôlons pas tous les facteurs, y compris nous même, il n’en reste pas moins que les problèmes auxquels nous faisons face remontent presque systématique à un facteur commun : nous les avons fabriqués a l’aide d’un outil bien particulier, notre raison.
On ne peut donc comprendre pleinement la crise actuelle sans se tourner vers ce qui se passe dans nos têtes, sans prendre un peu de recul par rapport à culture ambiante… qui semble admis par tous, qui n’est pas discuté ou remis en question (le cartésianisme pour ne pas le nommer).
Qu’est-ce qui relie tous ces facteurs et qui explique autant les succès que les échecs si ce n’est notre rationalité cartésienne. Du moins la foi aveugle dans la raison toute puissante, élevée au rang de nouveau Dieu éternel. Nous avons voulu tout soumettre à la raison, évacuer les superstitions, les croyances "religieuses", et même plus grave … les émotions. Nous coupant ainsi de ce qui nous fait nous sentir en vie.
C’est cela le mal profond dont nous souffrons, et qui nous empêche de voir les vrais problèmes, et de mettre en place les solutions. Car au final, contre quoi devons nous lutter vraiment, si ce n’est notre peur de perdre, de manquer, d’être seul, et de mourir ?
Au final c’est notre "vide intérieur" qu’on chercher à combler / oublier si frénétiquement, dans le consumérisme, dans la fuite en avant technologique, dans la totémisation des statistiques (PIB, dette, chômage, indice de ceci et de cela), le sexe, la drogue, la violence, etc…
Ce faisant, nous nous sommes totalement coupé du transcendant, qui seul peut donner un sens à nos souffrances et nos vies. Le Yoga (comme toute spiritualité) est un outil pour retrouver cette transcendance et donne un sens à ce qui peut sembler absurde. Mais au-delà même de donner un sens pour apaiser son mental le yoga propose aussi de manière plus radicale de dépasser le mental, le rationnel, sans pour autant retomber dans la superstition, ou le dogme religieux. Le Yoga proposes de retrouver la félicité comme antidote à ce vide intérieur et cette fuite dans la sensorialité. Cet apaisement permet d’accéder a l’intuition et à la compassion (à ne pas confondre avec la sentimentalité, l’émotivité), qui se situe au delà de la raison, mais qui s’appuie dessus.
L’intuition, contrairement a la superstition complète et enrichit la raison. Elle peut nous donner des solutions originales et inattendues… mais en général, l’intuition, c’est ce qui est magique avec elle, n’est raisonnable qu’après coup. Sur l’instant, elle apparaît comme folie.
Quand à la compassion, il ne s’agit pas de s’apitoyer sur quelqu’un qui subit le mauvais sort ou qui est une "victime du système", mais plus de voir que la souffrance vient autant de ses propres limitations, le plus souvent mentales (en gros ce sont nos propres barrières qui nous font souffrir, nos propres pulsions), que de l’environnement extérieur. Et il s’agit aussi de voir la souffrance de celui qui "fait souffrir", car en général, il n’est lui même qu’en train d’exprimer sa propre souffrance en faisant souffrir les autres … qui le font souffrir a leur tour, etc… (il n’y a qu’a observer un couple pour s’en rendre compte)
C’est une dynamique transpersonnelle qui s’est mise en place dont il est difficile de sortir (autre définition du karma). Pour faire simple, la compassion ne se contente pas de la victimisation primaire et du "c’est la faute des autres" (chère aux socialistes) et réintègre notre responsabilité individuelle dans l’équation, et la souffrance/ignorance tierce, car … l’extérieur est indissociable de l’intérieur (c’est le principe même du Yoga, l’unité).
Pour l’instant, on est très loin d’une solution "intuitive" à la crise, étant donné que la tendance est à se réfugier de plus en plus dans la "raison"… raison qui nous coupe de notre être, et nous plonge dans le vide intérieur !
Nous nous sommes enfoncé bien loin dans cette crise identitaire.
La crise actuelle réside dans la mise en place de boucles de réactions négatives (cercles vicieux) dans à peu près tous les domaines de la vie, les uns renforçant les autres. Si on se limite à un angle d’approche (du genre la finance, ou la gouvernance), on va tomber sur une explication simpliste (du style la cupidité, ou un complot quelconque) et des solutions inadéquates.
En quelques mots clés ça donne, classé par grand thèmes :
énergie : pétrole, exponentielle, ressources disponibles/réserves, plafond de verre du rendement énergétique
écologie : pollution, privatisation du vivant, perte de la biodiversité, changement climatique
entropie : complexification, robolution, invasion technologique, dette et effet levier, titrisation
politique : crise de sens, de gouvernance, de leadership, contestation croissante, protectionnisme, repli sur soi, course à l’armement
Voici un résumé des clés essentielles que je retiens pour décoder l’actualité, voir au delà des discours et même des actions des officiels :
le pétrole, et d’une manière plus large l’énergie qui sous-tends la production industrielle. Le pétrole étant l’énergie directrice. Le pétrole pas cher a passer son pic, mais il n’est pas le seul : terres arables, eau, halieutique (poissons), céréales, viande, électricité, nucléaire, km parcourus, ont tous passé leur pics. Donc tout le monde se bat pour ce qu’il reste, et les tensions vont devenir insupportables d’ici moins de 10 ans quand on aura passé le pic pétrole tout court. Les famines reviendront, le chômage de masses, les épidémies, et les révolutions/révoltes et donc la répression, les régimes autoritaires.
la complexification : met en danger la démocratie (par incompétence), l’économie (effet de bords non voulus), la science (trop de domaines de recherches ont été ouvert). Gérer un pays devient très compliqué, les hommes de lois ont eux même de mal a suivre ainsi que les comptables. Ça laisse de la place à toute sorte de mafia pour se cacher dans les coins. Ça empêche d’y voir clair et de gérer les vrais problèmes. Ça décourage, et ça éloigne même les plus talentueux.
la pollution : déclenche le réchauffement climatique, provoque de nombreuses maladies (chroniques, cancers), dégradation de la biosphère dont nous dépendont, et féminisation a travers la flot d’hormones féminines de la pilule déversés dans l’eau qui a un impact sur le comportement humain (féminisation de l’homme, hystrionisme pour la femme)
la robolution, qui inclus internet : les robots font de plus en plus le travail des hommes, rendant le chômage structurel, ils deviennent intelligents et reliés et sont peut-être les précurseurs de la 3ème révolution industrielle. L’ère informatique modifie le flux d’information et déstabilise et même rends obsolète nos démocraties. La société de la surveillance se met en place avec la fin des libertés individuelles. Les politiques ne peuvent plus prendre de "vrai" décisions, étant constamment sous les feux des projecteurs ils ne peuvent plus décider ou négocier, ni changer d’avis. Ils deviennent de pur produits marketing.
la dette, qui est de la monnaie fiduciaire, qui repose in fine sur la confiance (et non plus l’OR) : confiance dans les mécanismes du marchés (qui ont faillis en 2009), confiance en la croissance économie (qui ne peut exister sans pétrole), confiance dans le pouvoir de l’état de prélever des impôts. Confiance donc qui disparaît progressivement. La dette est aussi devenue une arme dans la guerre économique que se livrent les nations, mais aussi les multinationales contre les peuples (via la privatisation du vivant). La dette et ses intérêts se remboursent par : l’inflation, la croissance, le défaut de paiement…
la démographie : les vieux rentiers des pays riches face a l’afflux massif des jeûnes immigrés des pays pauvres, la relative facilité avec laquelle on manipule les foules (du pain et des jeux), le besoin de se regrouper par affinités, la recherche d’égalité (et son corollaire, la lutte contre les inégalités), les incompatibilités culturelles. La surpopulation. Les structures familiales (Todd).
Ces 6 clés bien comprises permettent dans une démarche de matérialisme historique de comprendre quasiment toutes les informations et de replacer l’actualité dans un contexte qui permet du lui donner du sens. Ils permettent de savoir si une décision pour sauver l’Euro sera "bonne" ou "mauvaise" par exemple.
L’ajout par exemple du MES, du FESF, ou d’autre mécanismes : rajout de complexité + espoir de restaurer la confiance SI la croissance revient = échec assuré. Après rien n’empêche de replacer tout ça dans un contexte eschatologique, d’y voir une apocalypse ou des prophéties, de se dire que Jésus va venir nettoyer tout ça ou le messie remettre de l’ordre.
Si on découpe les dernières décennies en tranches de 30 ans, environ 1 génération on a traversé plusieurs périodes assez nettement tranchées:
1880-1913 (les 30 joyeuses) : on sort de la guerre de sécession (1865), de la guerre franco-prusse (1871), on a l’étalon OR (1871) et l’apogée de la première mondialisation avec le charbon (trains/bateaux).
1913-1945 (les 30 affreuses) : Mais en 1913, c’est le pic charbon (dont la crise démarre en 1907), et le début de la phase de transition vers le pétrole : 2 guerres mondiale, la crise de 1929, et la victoire des américains.
1945-1979 (les 30 glorieuses): la guerre froide, le développement exponentiel du pétrole, la révolution verte, le dollar/or. Pic du pétrole onshore. Décolonisation.
1980-2008 (les 30 piteuses) : endettement massifs, bulles à répétition, stagnation du pétrole per capita, guerres du pétrole, augmentation des inégalités. Symboliquement la faillite de Leman Brother marque le grand tournant, la changement d’ère. Immigration massive.
2009-2040 (les 30 calamiteuses) : crise de l’Euro, crise du dollar, pic "pétrole conventionnel" (=pas cher), retour des grandes famines, retour des révolutions, retour des épidémies, réchauffement climatique avéré et visible. Phase de transition vers "quelque chose" de post-industriel, post-capitaliste, et post-démocratique. Émergence de la génération Z : lucides et créatifs, mais (cyber)poissons rouges aussi (au niveau de la mémoire).
Un petit article pour tisser des liens, entre économie et "spiritualité". En préliminaire je souhaite rappeler que les fondements de l’économie sont religieux. Les protestants considèrent que l’enrichissement est signe de la bénédiction de Dieu, au contraire des catholiques. D’où pour les un l’accent mis sur le mérite personnel ou pour les autres sur la solidarité. Ça n’a l’air de rien, mais historiquement parlant, les choix de systèmes économiques découlent de querelles religieuses ou philosophiques (sur la liberté, la notion d’état, etc …). Peut-être que l’économie s’est émancipée en partie de son passé religieux, mais l’histoire est l’histoire. Voila pourquoi l’usure était autorisée par les protestant, mais pas par les catholiques, a la base.
Mais creusons encore plus profond.
Le monde semble chercher l’unité a tout prix, partout.
L’unité Européenne. La monnaie unique. Le marché unique. Et la loi du marché comme mécanisme unique et universel pour l’économie et même le reste. Une république unique et indivisible. La loi unifiée de la physique. L’unité mondiale (via l’ONU). L’unité des religions (par l’œcuménisme ou la disparition des concurrents). Une langue unique (espéranto). Même les sectes répondent a un fort besoin d’unité : le charisme du gourou et la soumission des adeptes est un garant de l’unité, a une petite échelle du moins.
L’unicité est une sorte de Graal que tous recherchent, à leur manière. L’unité, c’est la paix, nous le pressentons. C’est la fin de la division, et donc du conflit. Le diable, étymologiquement, c’est la division, celui qui divise.
Nous cherchons l’unité dans la relation amoureuse, plus ou moins consciemment; Nous cherchons l’harmonie avec nos amis et la nature. Ce qui est aussi une forme d’unité.
Bref, la recherche d’unité est partout.
Pourtant, il y a quelque chose qui ne va pas. La monnaie unique ne remplis pas ses promesses L’Islam ne se mélange pas avec la culture autochtone. Les multinationales s’opposent aux intérêts directs des peuples, la démocratie se décompose, et même l’unité familiale n’est plus ce qu’elle était, etc…
On se dit alors, il faut plus d’unité : unité fiscale, unité réglementaire, plus de tolérance, plus de respect, revenir aux traditions, etc… Mais l’unité ne se décrète pas vraiment. Pas plus que la croissance. Pas plus que l’amour.
Il se pourrait bien qu’on soit en train de confondre unité et uniformisation. Du moins en ce qui concerne l’économie, la politique, et l’Europe. Tout ce qui dépasse doit être coupé : le nationalisme est diabolisé par exemple.
L’unité est transcendantale. C’est à dire qu’elle existe au delà des différences apparentes. Nous n’avons rien à faire pour qu’elle existe. Elle est déjà la, immanente.
Le problème vient peut être alors de nous. Si nous ne parvenons pas à l’unité intérieure, cela se reflète à l’extérieur. On essaye d’imposer l’unité au dehors, parce qu’on ne parvient pas l’atteindre à l’intérieur. Il faudrait donc peut-être commencer par la. Peut-être qu’après, l’unité viendra toute seule, ou même, peut-être que nous n’en aurons pas vraiment besoin (puisque nous la vivrons à l’intérieur). Ultimement nous seront l’unité.
Je crois que cette recherche frénétique d’unité nous aveugle. Son absence nous torture et nous trouble l’esprit : L’Euro (pour parler d’un sujet d’actualité), je dirais même l’acharnement thérapeutique envers l’Euro est, jusqu’à un certain point, le reflet de notre psychologie, de notre soif d’unité. Pourquoi nous accrochons nous a des idées ou des règles qui visiblement ne fonctionnent pas ? Parce qu’elles semblent nous rapprocher de l’unité qui nous fait défaut a l’intérieur. Voila pourquoi, contre toutes évidences, les Grec continuent d’être pour l’Euro alors qu’il est l’instrument de leur malheur, de toute évidence.
Les bouddhistes disent qu’il faut abandonner son ego pour trouver l’unité. Abandonner son ego n’est pas chose facile. On peut déjà commencer par abandonner ses pré-jugés, en essayent de réfléchir par soi même, en essayant de voir ce qui marche et ce qui ne marche pas, en abandonnant toute idéologie, toute velléité d’unité. Car à trop vouloir l’unité, on fini par la perdre.
A priori qui y a-t-il de plus éloigné que le Yoga et l’économie : l’un étant dédié au spirituel, l’autre au matériel. (comme le yoga et le survivalisme).
Il est quand même possible de tisser des liens entre des "disciplines" si différentes. C’est une question d’approche plus qu’une question de nature. Si on considère l’économie comme un moyen de s’enrichir et de truander son prochain, alors, soit, cela n’a rien à voir avec le yoga. Mais si on considère l’économie comme un moyen de comprendre le monde, son prochain, et qui permet de mieux comprendre la société et d’y évoluer, alors cette démarche est tout à fait compatible avec l’esprit du yoga.
Et si l’on sort d’une vision un peu bigote du yoga, on peut même considérer que l’économie fait partie d’une branche "officielle" du yoga : le Jnana Yoga. Le Jnana Yoga est l’une des 4 grandes branches du yoga :
le karma yoga, le yoga de l’action (cf mère Thérésa par exemple)
le bakthi yoga, le yoga de la dévotion
le raja yoga, le yoga royal, qui est celui des asanas (les célèbres postures du yoga) et de la méditation
le jnana yoga, le yoga de connaissance et de la sagesse
Traditionnellement le Jnana Yoga se contente de l’étude des textes "sacrés" : concrètement c’est l’étude de la bible, de la bagavad gita, du coran, etc… Mais on peut étendre cette définition. La science moderne pourrait être considérée comme du Jnana Yoga : étudier l’univers (extérieur/intérieur) pour le comprendre, pourrait être considéré comme l’étude du Divin tout simplement.
Après, tout dépend de ce qu’on fait de ces connaissances bien sûr : L’objectif du yoga est de connaître et réaliser notre véritable nature. Ce n’est pas toujours le but de la science dont une grande partie ici en occident consiste a faire du profit avec des inventions scientifiques. Mais la recherche fondamentale s’en rapproche beaucoup plus : la science nous a montré que nous sommes constitués des mêmes atomes que partout dans l’univers, et pire, que tout les être vivants sur terre partagent une même mécanisme (l’ADN), et qu’il se pourrait bien qu’il soit aussi partagé par d’autres êtres sur d’autres planètes. En ce sens, la démarche scientifique s’apparente à celle du yoga. L’une serait plutôt extérieure/objective et l’autre plutôt intérieur/suhjectif. L’un Yang et l’autre Yin. Mais ni l’un ni l’autre ne sont fondamentalement limités à l’étude des "objets" extérieurs ou l’introspection de "l’intérieur". D’ailleurs le yoga vise à supprimer cette distinction.
L’économie elle même pourrait être considérée comme du Jnana Yoga : en effet, les notions d’individualité et de propriété privée, et même de bonheur et d’harmonie sont au cœur de l’étude économique. L’économie revient finalement à étudier et définir un ensemble de règles sociales qui nous permettent de vivre ensemble aussi bien que possible. L’économie démarre avec le droit, et donc la justice et les moyens pour faire respecter.
Par exemple, l’économie nous montre que le fondement de tout système économique remonte à la notion de propriété privée et du droit afférent, et que cette dernière dépends (et façonne en partie) de la notion que nous avons de notre identité propre. Le "moi je" occidental est structuré et structure la notion de propriété privée. Les 2 sont indissociables. Un "sauvage" (terme non péjoratif) appartient à la terre, et il n’a pas de notion de "moi je" comme nous, a l’inverse, l’occidental individualiste a un "moi je" et considère que certaines choses lui appartiennent de manière exclusive. Entre les 2, il y a toute gradation de forme de propriétés.
Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Jeremy Bentham tente de définir un système économique (l’utilitarisme) sur un calcul des bonheurs et des peines :
Durée : Un plaisir long et durable est plus utile qu’un plaisir passager ;
Intensité : Un plaisir intense est plus utile qu’un plaisir de faible intensité ;
Certitude : Un plaisir est plus utile si on est sûr qu’il se réalisera ;
Proximité : Un plaisir immédiat est plus utile qu’un plaisir qui se réalisera à long terme ;
Étendue : Un plaisir vécu à plusieurs est plus utile qu’un plaisir vécu seul ;
Fécondité : Un plaisir qui en entraîne d’autres est plus utile qu’un plaisir simple ;
Pureté : Un plaisir qui n’entraîne pas de souffrance ultérieure est plus utile qu’un plaisir qui risque d’en amener.
Il cherche donc à comprendre la nature profonde de l’homme et à l’utiliser pour en faire un système économique le plus efficient possible. Cette démarche est à la racine de toutes les écoles économiques, même si aujourd’hui, strates après strates, on s’est éloigné de ces conceptions, on les a perdues de vues.
Mieux, les 7 critères de Bentham on cela d’intrigant qu’on peut les mettre en parallèle avec les 7 chakras du yoga :
L’intensité, c’est la puissance, l’énergie brute, c’est le chakra racine du périné, le n°1
La proximité, c’est le relationnel, c’est le chakra 2, le chrakra sexuel
La certitude, c’est la volonté, le chakra 3, celui du plexus solaire
L’étendue, c’est le partage, l’englobement de l’autre en soi, c’est le chakra 4 du coeur
La fécondité, c’est la communication de son plaisir, c’est le chakra 5 de la gorge
la durée, c’est le temps, et le chakra qui contrôle notre notion du temps, c’est le 6, le 3ème oeil, c’est la sagesse et la compréhension qui permet de faire durer
la pureté enfin, facile, c’est le 7ème chakra, le chakra de la spiritualité
Il est étonnant de constater que les racines de l’économie se trouvent la plupart du temps dans les textes religieux (c’est un peu moins vrai dans l’occident moderne qui tend à s’émanciper de ces conceptions archaïques). Pour rappel l’usure était condamnée par l’église catholique. La schisme protestant à donné naissance à une autre science économique, car il autorisait l’enrichissement, alors que le catholicisme l’interdisait (en se référant à une citation biblique "il sera plus dur à un riche d’atteindre le royaume des cieux qu’a un chameau de passer par le chat d’une aiguille). Alors que le protestantisme (américain) considère la richesse comme un signe de la bénédiction de Dieu. Ces conceptions religieuses expliquent en partie les différentes écoles économiques et, dans le cas de la France, fille aînée de l’église catholique, pourquoi nous avons tant de mal a passer au libéralisme (protestant donc).
Et la notion de propriété privée moderne est elle même née d’une controverse entre un pape et un ordre religieux : Jean XXII s’opposait aux franciscains sur la notion de propriété. Ces derniers étaient "riches" dans les faits, mais arguaient de n’avoir aucune propriété et donc d’être pauvre, comme le Christ le prescrivait :
Dans une nouvelle encyclique intitulée Quia Vir Reprobus et publiée en 1329, le pape entreprend de démontrer que le dominium reconnu aux hommes sur leurs possessions n’est pas différent, dans son essence, du dominium acquis par Dieu sur l’univers par son acte créateur et qu’il a ensuite concédé à l’homme lui-même en le créant à son image. Autrement dit, selon Jean XXII, Adam, dans l’état de nature, avant qu’Eve n’apparût, jouissait lui-même d’un dominium naturel sur toutes les choses temporelles de ce monde, du seul fait de la relation privilégiée qui le liait à Dieu et à sa création ; même si, en ces temps-là, Adam se trouvait seul, sans personne à qui opposer « sa propriété ». Moyennant quoi, conclut le pape, il est clair que la propriété est quelque chose de naturel, en ce sens qu’elle découle du dominium universel de Dieu sur le monde, que Dieu a concédé aux hommes avant même qu’ils fussent chassés du paradis original et dont, à l’inverse de ce que pensent les franciscains, nul ne peut se dédire puisqu’il s’agit d’un don de la loi divine. Lorsqu’un individu consomme les produits de son environnement [p. 55] terrestre, c’est un simple acte d’exercice du droit de propriété (dominium) qui lui a été concédé par Dieu avant même l’existence d’aucune loi humaine.
C’est ainsi que naquit la notion moderne de propriété "naturelle" (nous possédons notre corps) et par extension de propriété privée exclusive (cette même notion a débouché sur la fin de l’esclavage, puisqu’on ne peut pas posséder quelqu’un d’autre). Alors qu’au moyen age, un champ était la propriété : de Dieu, du seigneur, du paysan, des bêtes, tout à la fois. Et cela renvoies directement à la notion d’identité individuelle (et c’est d’ailleurs a cause de ces notions différentes d’identités et de propriété que l’esclavage était permis et ne choquait personne). A l’époque, on ne se définissait pas comme un "moi je", mais comme appartenant un village, une tribu, ou même on ne se définissait pas du tout. L’un étant lié a l’autre, la propriété a l’identité.
L’étude de l’économie permet donc de comprendre beaucoup de choses sur la société, et beaucoup d’idées reçues qu’elle nous a inculqué et dont peu de personnes se rendent compte. Cela fait partie de la sagesse du yoga que d’essayer de nous libérer de ces conceptions mentales, qui ne sont pas notre "nature profonde". Il faut donc être capable de voir "au delà". On peut le faire par la dévotion (bhakti), par l’action (karma), par la méditation (raja), ou par l’étude (jnana). L’un n’excluant pas l’autre bien entendu.
Dans le cas présent l’économie et son étude approfondie nous permet de nous libérer de notre karma collectif. Le karma est vu dans le yoga comme une chaîne, qu’il soit bon ou mauvais. On est autant enchaîné par une vie douillette et confortable (karma positif) que par une vie de douleurs et d’angoisses (karma négatif). L’objectif du yoga est de se libérer des 2. On dit "brûler" son karma. Mais il y a un karma individuel (qui ne concerne que nous en propre) et un karma collectif (quand on fait la guerre à un autre pays, même si on ne va pas personnellement au front tuer des gens, on partage ce karma collectif avec toute la nation dont on fait partie).
Pour se libérer du karma collectif, il faut être capable d’adopter d’autres perspectives que celle de la "culture ambiante". On peut le faire par le voyage, l’empathie, l’entraide, mais aussi par l’étude historique/économique. Par exemple, l’étude la nature de la monnaie ou de la propriété privée nous montre à quel les mentalités et les pratiques ont évoluées au cours des ages, et a quel point notre propre mentalité est le reflet d’une époque bien particulière et d’un lieu bien défini. Brûler le karma collectif c’est brûler les idées reçues, les conventions sociales qui nous empêchent de voir la réalité "brute" (libre à nous après de la colorer comme on veut pour s’adapter à un contexte sociétal particulier).
Il y aurait encore beaucoup à dire… car l’économie nous permet de comprendre le monde contemporain et de "naviguer" plus sereinement en son sein. Ainsi, on peut méditer tranquillement, l’esprit détaché des contraintes matérielles, d’autant plus qu’on en comprendre bien le fonctionnement. Le yoga n’a jamais stipulé qu’il fallait aller vivre comme un reclus dans une grotte pour s’accomplir. Au contraire même, cela peu être une solution de facilité pour certains ou a certains moments. Et donc, a l’inverse, pour être parfaitement intégré dans la société, centré, tout en faisant son bonhomme de chemin, avoir quelques notions d’économie peut être un atout considérable pour la paix de l’esprit. L’économie (si elle ne devient pas un dogme) permet aussi de mieux comprendre les autres cultures, et donc, de développer son empathie. La encore, on rejoint le yoga.
A l’inverse, et c’est peut-être un des aspect les plus intéressants, la méditation peut nous ouvrir des portes ‘intérieures" pour trouver des solutions à des problèmes extérieurs bien tangibles … économiques en l’occurrence. La méditation qui nous permet pacifier et clarifier notre esprit peut nous amener a des solutions originales et créatives. Comme disait Einstein : on ne peut pas résoudre un problème avec le niveau de conscience qui l’a créé (ou quelque chose du genre, je n’ai pas pu retrouver la citation exacte).
Quoi de plus éloigné à priori que le yoga et la survie ? L’un étant par essence "spirituel", et l’autre purement matériel ! Et pourtant, on peut trouver des similitudes entre les 2 et même des intersections. Je vais m’attacher à faire un pont entre les 2 dans cet article, car, comme je l’ai dit parfois, tous les sujets que je traite ici ne sont pas séparés dans mon esprit. J’expliquerais les liens yoga/économie dans un autre post bientôt.
Dans le monde de plus en plus hostile qui nous entoure, il peut être utile de connaître quelques "trucs". Ce qui est étonnant avec le survivalisme ou le yoga, c’est qu’a priori ce sont des choses dont on n’a pas besoin dans la vie courante, et pourtant, ils se révèlent très utile dans les gestes quotidiens. Ils sont en fait tous les 2 une manière de se construire soi même, car ils découlent de principes élémentaires universel qu’on peut appliquer dans tous les domaines. Finalement, le fait de les travailler ces principes dans un cadre particulier nous aide à développer des réflexes qui peuvent être utile dans beaucoup d’autres situations. On le fait sans s’en rendre compte, mais après coup on réalise qu’on a été plus "souple" vis à vis d’un collègue énervé, ou qu’on est allé a l’essentiel pour résoudre un problème ou qu’on se sent plus léger, etc…
Le yoga et la survie ont en commun la recherche de simplicité, d’autonomie, d’efficacité. Certaines techniques de yoga peuvent être directement employé dans le survivalisme.
Dans la survie comme dans le yoga on se s’embarassse pas du superflu, on va a l’essentiel, au plus utile et versatile. Si votre sac à dos de survie est trop chargé, vous ne pourrez pas aller bien loin avec, et du coup, c’est contre productif. Dans le yoga c’est pareil, sauf que la surcharge est mentale, on se débarrasse des idées ou attitudes inutiles ou trop floues. Il ne faut pas s’encombrer.
Pour être un yogi accompli (du moins tant qu’on n’a pas dépassé totalement la condition physique) il faut un corps en parfaite santé. On ne pratique pas la méditation si on est gêné par toutes sortes de douleur dans notre corps. Dans l’absolu, la méditation est "au delà", mais par rapport à notre mental actuel (surtout en occident avec la télé, les gadget, la culture du caprice) il vaut mieux pratiquer avec un corps "calme" (sans douleurs). Donc la santé est primordiale dans les 2 cas.
Et pour cela les yogi ont des techniques aussi efficaces que rudimentaires. Déjà il s’agit de bien nourrir son corps pour qu’il soit fort et résistant. On retrouve les même principes pour le survivalisme. Le yoga étant une discipline très exigeante (et très gratifiante), la science qu’il a développé sur la nourriture peut être ré-utilisée pour la survie.
Les techniques pour apprendre à découvrir, comprendre, et contrôler sonmental sont aussi très utiles pour la survie. Après tout, le yoga, quand il est pratiqué avec intensité nous amène à une confrontation intérieure avec la mort. En cela, il rejoint encore la survie dans laquelle la maîtrise de son mental (de ses pensées et de ses émotions) est une qualité primordiale.
De même les techniques de lavement ou de purification peuvent être très utiles. En cas de situation d’urgence, mais dans la vie courante tout aussi bien. Si vous avez une indigestion, plutôt que de courir chez le médecin, vous pouvez tenter de vous faire un lavement d’estomac. Le jeûne peut vous permettre d’éliminer une maladie (et selon le docteur Shelton cette pratique est quasi miraculeuse – son livre est une sorte de bible du jeûne). Les asanas (postures) du yoga vous permettent de garder santé et robustesse du corps de manière préventive et améliorent la récupération de l’organisme après un effort et servent d’auto-diagnostique rudimentaires . L’usage en interne ou en externe de l’urine est a la fois une pratique yogique et survivaliste (pour guérir des plaies infectés ou bien pour obtenir un peu d’eau en cas de manque et comme moyen d’auto diagnostique interne).
A l’inverse le survivalisme peut vous amener à tester, découvrir, renforcer "qui vous êtes" : connaître ses limites et ses capacités est très intéressant et réconfortant (car la plupart du temps on les sous-estime énormément). Le survivalisme permet de mettre en pratique et d’améliorer la pratique du yoga.
Et même en allant plus loin, le yoga autant que la survie nous permet de développer une sensibilité accrue aux dangers, émotions, et sensations plus subtiles. Développer ses chakras c’est ressentir plus de choses, plus intensément. Les 2 sont intimement connectés à la nature, et à notre nature profonde. Le retour vers la nature qu’implique le survivalisme est un rappel de notre propre nature primordiale. On apprends a se "connecter" à ce qui nous entoure dans les 2 cas. On retrouve une sorte d’instinct dans les 2 cas, car il s’agit de s’éloigner du mental et de ses idées toutes faites.
Ce ne sont donc pas 2 pratiques qui s’exclue mutuellement, l’une étant faite pour les matérialistes paranoïaques et l’autre étant faite pour les ascètes détachés du monde. Ce sont deux pratiques complémentaires et même similaires dans une certaine mesure.
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contrairement à beaucoup de blogs qui sont spécialisés dans un domaine particulier, j’ai choisi à l’inverse d’aborder toutes sortes de sujets. Ce qui relie le tout c’est la soif de connaissance, le fait que tout est relié (du moins dans mon esprit), et aussi l’utilité pragmatique des information réunies pour la vie de tous les jours. En découvrant l'envers du décors de notre société on prends conscience qu'on est dans une sorte de Matrice qui à finalement plusieurs points communs avec celle du film, sans être similaire pour autant.
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