Blog de Yoananda

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Revue : Jericho


Découverte un peu par hasard, si vous avez des penchants survivalistes, je vous invites à regarder cette petite série très bien faite : suite à une explosion nucléaire, une petite ville américaine se retrouve à devoir faire face à un monde totalement bouleversé avec tout ce qui va avec : les incertitudes, la sécurité, l’accueil des réfugiés, comment passer l’hiver, comment gérer la psychologie des gens, les vols, les pénuries, la peur, etc…

C’est un peu la mode en ce moment du survivalisme vu la crise, mais peu de séries répondent vraiment à la demande. Il y a "The Walking Dead", mais il faut aimer les zombies !

Cette fois, il y a un vrai effort fait sur le réalisme, à l’inverse des séries comme "Révolution" par exemple qui se situe après un blackout électrique total, mais qui est totalement ridicule, avec ses acteurs tout droit sorti d’un défilé de mode … j’ai dû m’accrocher pour finir le premier épisode tellement c’était naze.

Jericho met un scène les difficultés qu’on pourrait rencontrer dans un monde sans pétrole : que faire des derniers plein d’essence, comment soigner quelqu’un s’il n’y a plus de médicament à portée, comment récupérer la récolte des champs, etc…

Et encore, il faut se dire que c’est un cas relativement favorable, car c’est une petite ville de gens qui se connaissent bien. Mais ça reste une des meilleures dans le genre. Elle faire réfléchir et réaliser que probablement une des pire choses c’est de gérer l’incertitude et de parvenir à faire le bons choix, et surtout, de rester "humain", de ne pas sombrer dans la barbarie.

Au final, la situation actuelle réelle n’est pas si différente (mais en moins dramatique heureusement) pour ceux qui sont conscient de ce qui se passe. On est déjà confronté à des arbitrages pas toujours facile à faire, alors même qu’on est encore dans une situation très confortable (mais pour combien de temps ?).

Revue : Crash Watcher


Attention ça pique.

Je ne vais pas expliquer tous les détails de l’étude, mais vous présenter seulement les résultats. Cependant je précise que la méthodologie est carrée et complète. Elle est aussi très simplifiée et ne rentre pas dans les détails de certaines "variables". En résumé, l’auteur estime que dans une civilisation du pétrole il faut 1 baril par personne et par an pour nourrir quelqu’un. Si un pays ne parvient plus a maintenir ce niveau d’importation/production, sa population devra retourner a des niveaux pré-pétrolier, c’est à dire, environ 1900, soit une population qui revient a 1.8 milliard. Ce sont des approximations mais ça donne un ordre d’idée "dans le meilleur des cas", c’est à dire, sans guerres, ni guerre civile, mais aussi sans nouvelle source d’énergie (et pour l’instant nous n’avons rien sous la main qui puisse remplacer le pétrole et tous ses avantages).

L’analyse projettes les évolution jusqu’en 2065, donc en gros pour les 50 ans à venir.

Pays exportateurs

  • Moyen Orient : en 2014 fin de la croissance économique (par personne). 2020 pic pétrolier. Population qui passe de 212 millions à 341 en 2065.
  • Bloc soviétique : la croissance diminue depuis les années 80 avec une légère amélioration poussive depuis 2001, qui s’arrête en 2011. Entre 2022 et 2027 le bloc Russe perdra plus de la moité de sa population pour passer de 278 millions à 121.
  • Afrique : a partir de l’année dernière la population va passer de 1 milliard à 141 millions en 2026. Cela ne se produit pas encore en partie à cause des aides internationales, et d’autres variables. Mais c’est imminent, c’est le message.
  • Amérique du sud : la population pourra croître de 500 millions à 600 millions. Pas de problème majeur en vue (mais un appauvrissement régulier tout de même).

Pays importateurs

  • Amérique du nord : les américains vont passer de 461 millions à 684 mais la croissance économique est terminée depuis 2008 (les chiffres actuel sont truqués notamment via la dette et du statut du dollar mais ce n’est qu’un artifice). Le maximum de prospérité (globale) date même de 1978 (les USA sont très inégaux, ce qui fait qu’on croit toujours que c’est un pays riche vu d’ici, mais c’est un pays très hétérogène, la on parle de moyenne). Mais avec un appauvrissement de 80% sur 50 ans. Ces chiffres inclue le "boom" des gaz de schiste !
  • Europe : la population atteindra son maximum en 2022 à 603 millions de personnes pour ensuite décliner lentement (pas de gros choc comme en Russie ou Afrique). Le déclin économique à commencé en 2006. En 9 ans, de 2011 à 2020 nous allons perdre 45% de notre niveau de vie, et 73% de plus dans les 20 ans qui suivent. En 50 ans on va perdre 89%. Accrochez vos ceinture, puisque c’est la tendance à l’œuvre depuis 2006 qui ne fera que se poursuivre. Nous sommes en train de devenir un pays du tiers-monde, et dans 50 nous serons au bord de la famine (mais pas dans l’immédiat). Précisons toutes fois que la Russie prendra des mesures pour sauver sa propre population et que ça augmentera nos propres problèmes ici. Je met le graphe pour l’Europe :
  • Japon : L’économie est déjà en déclin depuis 1996, la population à déjà commencé a diminuer (25% en 15 ans). En 2034 le Japon n’a plus de quoi nourrir sa population qui va passer de 111 millions à 43 en 2037.
  • Chine : la croissance économique atteint son maximum en 2016. La population augmente jusqu’à 1.4 milliard en 2026 puis décline lentement. Mais le déclin chinois sera moins rapide qu’ailleurs, et au final, leur poids économique va augmenter. En 2030 la Chine sera plus riche par habitant que l’Europe et le Japon.
  • Asie-Pacifique : l’économie (notamment Indienne) est extrêmement dynamique, au lieu d’avoir décliné dès 2007, elle s’est maintenu, mais devrait décliner dès 2013. En 2031 ils n’auront plus de quoi se nourrir tous, a presque 3 milliards de personnes et devraient revenir a 570 millions d’ici 2065. Pour faire simple, c’est l’Inde qui souffrirait le plus a cause de sa grande population.

Voila ce que l’analyse nous indique. Il faut relativiser : l’Inde s’est nourrie sans avoir beaucoup de pétrole et pourrait y retourner.

Dans les posts suivants, l’auteur affine son analyse et intègre d’autre paramètres pour voir comment on peut repousser les catastrophes. L’Afrique pourrait tenir 10 ans de plus, la Russie pourrait repousser sa catastrophe jusqu’en 2048, Mais l’Europe serait touchée plus tôt en 2036 et perdrait 100 millions de personnes de faim. Le Japon peut gagner 4 ans et repousser les soucis jusqu’en 2038. Pour l’Asie pacifique ça ne change pas grand chose. Pour la Chine c’est encore mieux car il s’appauvrissent moins.

Attention, comprenez bien de ce dont il s’agit : ce sont des maths. On prolonge les tendances actuelles. On regarde jusqu’à quand on peut s’appauvrir sans crever de faim. Mais on se doute bien qu’il y aura des réactions bien avant d’en arriver la. On va pas tous devenir jardinier avec une voiture inutile dans le garage.

Donc voila, admettons que demain on trouve une nouvelle source d’énergie. Il faut compter minimum du minimum 20 a 30 ans pour former les ingénieurs, mettre les infrastructures en place, les filières de maintenance, etc… Hors, dans 20 ans, en Europe, on aura perdu les 2/3 de notre niveau de vie global (bien sûr certains vont continuer de s’enrichir). On va pouvoir en faire du covoiturage. La démocratie sera morte de puis longtemps avant que ça n’arrive, même si pour l’instant on a su relativement gérer notre déclin (au détriment des pays du sud cependant). D’ici 2020 on aura perdu 45% de notre PIB. Et ça, c’est quasi certain car c’est du cour terme.

Ce qu’il faut retenir c’est que toutes les régions du monde vont être affectées, mais de manière diverses. Au sein de chaque région il y aura des disparités. Mais dans l’ensemble tout le monde va s’appauvrir, de manière étalée entre 2006 et 2016 (la Chine en dernier). Ensuite l’Afrique (avant 10 ans), puis la Russie (entre 2022 et 2048), pour l’Asie pacifique (2031) et le Japon (entre 2034 et 2038) vont atteindre un seuil de pauvreté ou il ne sera plus possible de nourrir leur population. Disons qu’on a une 20aine d’année avant ce seuil ou l’on comptera des centaines de millions de morts, dans le meilleur des cas. L’Afrique s’est révolté suite aux émeutes de la faim de 2008 qui n’était qu’un signe annonciateur. La situation a été calmée a coup de milliard (des pays du golfe notamment).

Ça permet de fixer les idées sur les limites du monde pétrolier. Si l’Inde réussit son pari sur le Thorium, il sera sûrement trop tard pour éviter les morts. L’appauvrissement n’étant pas aussi bien partagé que la croissance, même en Europe, ça va être très compliqué de tenir le temps qu’il faudra. Idem pour les USA mais ils s’en sortent mieux, d’autant que leur société supporte beaucoup mieux que nous les inégalités.

Encore une fois, ce n’est pas un exercice de prédiction à prendre au pied de la lettre mais les tendances lourdes.

Donc, je redis, conte tenu de ces tendances et de l’incompétence du président en fonction, je ne suis pas sûr du tout qu’il tienne ses 4 ans restants (env 25% de niveau de vie en mois à gérer, il va en falloir de la fumé pour berner tout le monde), surtout vu la mentalité du pays et vu que personne ne s’attend a ce qui se prépare et espère un retour de la croissance. Et cela sans compter des actions désespérées que certains gouvernement finiront pas tenter.

On a quand même eu chaud aux fesses !


Jusque la tout va bien (ou presque).

Mais n’oublions pas que depuis 2008 on a risqué la cataclysme plusieurs fois.

  • Avec la faillite de Leman Brother, les banques mondiales auraient pu faire faillites les unes après les autres par effet domino. On n’est vraiment pas passé loin de l’arrêt brutal de l’économie mondiale. On peut râler sur le fait qu’on ait sauvé ces banques avec notre argent, mais on a quand même eu de la chance. Évidement, il aurait fallu en profiter pour imposer nos conditions.
  • Avec la marrée noire Deepwater, qui à touché un dôme de sel assez fragile, on aurait pu déclencher une catastrophe écologique majeure, qui aurait pu détruire le gulf stream et abîmer beaucoup plus la vie marine. Il semble qu’on s’en soit tiré à bon compte jusque la. Mais le risque n’est pas totalement écarté pour autant.
  • Avec les printemps arabe, on n’est pas passé loin de la déstabilisation de l’approvisionnement pétrolier. Et d’ailleurs, ce n’est pas fini, car la situation est loin d’être revenue à la "normale". Si cela avait été un poil plus loin (par exemple au Bahreïn) on aurait pu se retrouver rapidement sans essence, et bien sûr, je ne vous dis pas le genre de petits problèmes que ça provoquerait.
  • Avec Fukushima, la encore, on a frôlé le cataclysme mondial si on n’était pas parvenu in extremis à stabiliser les barres d’uranium. De gros morceaux de l’Asie et même de la cote ouest des USA auraient pu être contaminés (en premier), et le Japon quasi rayé de la carte. On n’est même pas sûr d’être tiré d’affaire, mais on survécu à la saison des typhons, c’est déjà ça.
  • Avec la Grèce on a frôlé l’explosion de l’Euro. Une fin ordonnée de l’Euro ne serait pas un mal en soi, mais une explosion dans le désordre est une vraie menace et serait un vrai traumatisme pour le continent. Les perspectives sont très sombre à ce niveau la, surtout vu comment la France s’enfonce !
  • On a frôlé la guerre avec l’Iran, et les tensions persistent. La encore, si l’Iran (qui a voté une loi en ce sens je le rappelle) avait fermé le détroit d’Ormuz, ça n’aurait pas été drôle très longtemps. Rien n’est réglé sur ce plan la non plus.

Il y a un point commun a tous ces déboires : la crise énergétique. Elle est tapis dans l’ombre de chaque nouvelle crise importante.
Et pour l’instant si la situation tient plus ou moins c’est grâce aux flots continus d’argent gratuit des banques centrales qui inonde les banques et les états pour soutenir l’économie moribonde et cacher la faillite des états sous le tapis. 1000 milliard de dollar par an pour la FED sans limite de temps, et ce n’est pas très différent pour la BCE et la BoJ.

La vie à repris son cours à chaque fois après quelques sueurs froides. Mais on continue de jouer avec le feu. On essaye d’exploiter le pétrole du pôle nord, on fait mumuse avec l’épargne des citoyens en Europe, le dollar est de plus en menacé (12 états viennent de rétablir l’OR comme monnaie légale aux USA, sans parler de la Chine qui multiplie les accords d’échange hors dollar), et on prends de plus en plus de risque dans un peu tous les domaines, y compris pour simplement pour nourrir les gens alors que l’eau, le gazoil et les terres arables commencent à manquer.

Pendant ce temps en France on se distrait avec des histoires de mariage contre nature, des petites affaires politiques, ou quelques faits divers sordides, et on règle ça sournoisement en détournant l’attention, ou en faisant mine de rien … Il n’y a pas de danger immédiat, et jusqu’en 2014 ça devrait pouvoir tenir. Mais après ?

Pic pétrolier et des pénuries chroniques de ressources primaires (agraires notamment), allongement de la durée de vie, robotisation exponentielle de l’industrie et prolétarisation cognitive, démographie difficilement soutenable, immigration et insécurité+paupérisation, administration kafkaïene qui paralyse l’économie, bouleversement/déstabilisation des codes sociaux a cause d’Internet (surveillance et crédulité accrue), dérèglement climatique et catastrophes naturelles, crise écologique mondiale majeure, crise sanitaire et dissémination de la pollution, crise de la dette occidentale, course à l’armement et guerres G4G : Il n’y a même pas un début de solution a aucun de tous ces problèmes majeurs. Ils sont à peine évoqués dans les médias, quand ils ne peuvent pas faire autrement parce que tel ou tel scandale éclate, chassant le précédent.

On n’a rien réglé, bien au contraire, on a mangé notre pain blanc. Jusque la, on a eu une chance toute relative et chaque fois on est encore plus fragilisé. Est-ce que ça va durer encore longtemps tout ça ? Je ne sais pas. C’est possible qu’on évite d’autres cataclysmes et qu’on glisse lentement sur la pente de la tiers-mondisation. Ce serait un moindre mal probablement. Mais pour l’instant, on ne fais rien pour.

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