Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

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Revue : Histoire de l’armée Française


Voici une série documentaire sur l’histoire de l’armée Française depuis la révolution jusqu’à nos jours.

Je l’ai regardé un peu par curiosité, et surtout pour mieux comprendre notre pays. Après tout, sans armée, il n’y aurait pas de pays.

Les étapes essentielles de la mutation des armées sont : Austerlitz, Waterloo, l’invasion de l’Algérie, la guerre avec la Prusse, la commune, l’affaire Dreyfus, la vengeance de la 1ère guerre mondiale qui nous mène au dégoût de la guerre qui nous voit passer en quelques années de la première armée du monde a … la ligne Maginot, qui a été une humiliation absolument terrible. Ensuite après la libération, c’est la guerre d’Indochine et l’armée qui se sent abandonnée par la métropole, et sa tentative pour se redorer le blason en Algérie qui se solde la encore par un échec honteux (tortures massives, harkis abandonnés à leur triste sort). Ensuite, c’est la période de modernisation avec l’avènement de la dissuasion nucléaire, puis la révolution qui suit la chute du mur de Berlin avec la "capacité de projection" (au lieu de défendre le territoire national ou de conquête, on défends les intérêts lointains) et la fin de la conscription et la transformation en armée de métier.

La nouvelle guerre, c’est à dire, la guerre cognitive, n’est pas abordée. La guerre cognitive, c’est 2 facteurs : la guerre du Vietnam d’une part, ou les USA se rendent compte qu’il faut gagner les esprits pour pouvoir faire la guerre, et l’avènement de l’informatique avec tout ce qui s’en suit. Il n’en est pas fait mention. Pourtant, depuis la chute du mur de Berlin et la reconversion des anciens agents de la CIA en financiers de Wall Street, cette guerre est bien réelle et à pris une nouvelle forme : guerre de l’information, de l’opinion, des technologies, de l’industrie, des monnaies, de la finance. La crise des subprimes marque une étape importante dans l’accélération de cette nouvelle forme de conflit, qui s’est aussi déployée à travers les "dommages collatéraux" que sont les révolutions arabes.

C’est très riche d’enseignement même si en apparence c’est très éloigné de notre période actuelle. Je comprends mieux la haine (il n’y a pas d’autre mot) qui est prégnante chez les Algériens envers la France. Il faut dire qu’on leur en fait des saloperies.

Je comprends mieux aussi cette défaite face à l’Allemagne nazi.

On voit aussi les engrenages historiques qui se mettent en place, une vengeance en entraînant une autre, une humiliation entraînant une vengeance, dans un cycle (karmique) infernal, à moins qu’on ne fasse l’effort ou qu’on soit obligé de se pacifier. A ce titre la dissuasion nucléaire, en espérant qu’elle ne se réalise jamais, aura été le facteur de paix le plus important de toute l’histoire de l’humanité et nous aura forcé à mûrir. L’Europe bien entendu n’a rien à y voir, elle essaye juste de tirer s’en attribuer les laurier par calcul politique.

Les mutations technologiques sont très intéressantes. Il suffit de louper une seule marche pour se retrouver largué.

Il y a bien d’autres choses et lecture possible, c’est un petit aperçu.

Revue : travaux de Joseph Tainter sur les effondrements


Le style est un peu télégraphique, mais je pense que c’est suffisant. Je ferais un résumé global plus construit de tous les théoriciens de l’effondrement quand j’aurais fini ma revue de presse sur le sujet.

Selon Tainter (un archéologue/anthropologue) les sociétés s’effondrent du fait de leur complexité croissante, dont l’efficacité marginale décline avec le temps et fini même par devenir contre-productive.

ENANTIODROMIE :  c est la course d un objet, d une chose, dromos, qui l’amène vers son contraire, enanti.

Il s’est particulièrement intéressé aux Romains, Mayas et Anasazis. Mais aussi :

Chou Dynasty in China, the Indus Valley. Harappa, Mesopotamia, Egypt, Mycenaean Greece, and different American cultures

Il prends l’exemple des Anasazi. Après avoir tout chassé, ils sont passé a l’agriculture, puis a l’irrigation. Ayant poussé la population a la limite du soutenable, une longue sécheresse de 14 ans a eu raison de leur civilisation. Ceux qui ont pu ont quitté les lieux avec ce qu’ils ont pu emporter, en brûlant les anciens lieux de culture (ils n’avaient pas l’intention de revenir) après une période d’instabilité politique et de famines.

Dans les périodes de déclin le pouvoir use d’artifice pour se maintenir : de plus en plus de faste, mais aussi de plus en plus des solutions qui ne fonctionnent plus.

L’invention de la machine à vapeur a été dictée pour la sur-exploitation du bois. Celle du pétrole par la surexploitation des baleines.

La question du facteur provoquant l’effondrement est essentielle. Pour Gibbons par exemple, Rome s’est effondré a cause du harcèlement perpétuel des hordes barbares. Et donc, nous serions aujourd’hui à l’abri d’un nouvel effondrement (par définition !).

Pour Tainter ce n’est pas la déplétion des ressources, mais l’efficacité marginale (il y en a toujours mais elles sont de plus en plus difficile à se procurer). Quand les ressources viennent à manquer, la complexité peut compenser pendant un temps, à un coût de plus en plus important (exemple : on compense la fin du pétrole par des panneaux solaires).

Tainter prends l’exemple de l’empire Romain qui face a des guerres civiles et des invasion a doublé la taille de son armée (augmentation soudaine de complexité : hiérarchie militaire, impôts, etc…). Ce qui à permis de rétablir un certain équilibre, mais une telle armée a un coût, ce qui n’a fait au final que retarder l’échéance de l’effondrement.

Tainter dit la même chose que moi : on peut éviter l’effondrement si on trouve une nouvelle source d’énergie. Je rajoute tout de même qu’il faut une nouvelle source efficace et généralisable.

Il cite le paradoxe de Jevons : si nous trouvons un moyen d’utiliser mieux l’énergie, nous n’allons pas diminuer notre consommation globale, nous allons en profiter pour l’employer dans plus de domaine, et au final, continuer à croître.

1 000 000 de personnes sont mortes lors de l’effondrement de l’empire maya.

Tainter précise de l’effondrement n’est pas forcément homogène. Il peut se faire par pallier, par pans … et même que certains peuvent en profiter (les paysans par exemple qui voient leurs taxe diminuer a un certain moment mais au prix d’une plus grande insécurité physique).

Concernant Rome voici l’explication. Le moteur de la puissance Romaine aurait été … le pillage !

Au temps des Romains, la seule énergie disponible était celle du soleil. Lorsque les Romains envahissaient et pillaient un nouveau territoire, ce qu’ils faisaient en fait, c’était piller les surplus d’énergie solaire de ce territoire, transformés et accumulés au fil des siècles « sous la forme de métaux précieux, d’œuvres d’art et de personnes ». Ces pillages étaient extraordinairement rentables. Dès 167 avant J.-C., en s’appropriant le trésor macédonien, les citoyens romains purent s’exempter de tout impôt ; lors de la conquête de la cité de Pergame, le budget de Rome doubla ; lorsque Pompée prit possession de la Syrie en 63 avant J.-C., le budget de l’empire s’accrut à nouveau de 70 %, et ainsi de suite. Un retour positif sur investissement était en place : « Plus de conquêtes donnaient plus de richesses, qui finançaient plus de conquêtes », résume Joseph Tainter.

Mais « l’ennui avec le pillage, c’est qu’il ne peut avoir lieu qu’une seule fois », dit l’anthropologue

Un jour, l’empire se trouva à court de conquêtes rentables (déserts à l’est et au sud, mers à l’ouest et au nord). De ce jour, Rome dut compter non plus sur le pillage de vastes quantités d’énergie solaire accumulées par d’autres, mais seulement sur l’énergie, évidemment beaucoup plus modeste, offerte par le soleil année après année aux terres de ses provinces. Dès lors, pour pouvoir rester ce qu’ils étaient devenus, les Romains firent la seule chose rationnelle à entreprendre face à pareille impasse : ils se mirent à biaiser. Durant des siècles, l’administration romaine ne cessa de déprécier la valeur de ses monnaies, réduisant lentement mais sûrement les quantités de métaux précieux qu’elles contenaient. Ceci décida probablement de l’effondrement de l’empire.

D’après Joseph Tainter, la raison fondamentale pour laquelle les sociétés tendent à devenir toujours plus complexes est que, tout simplement, la complexité « est utile pour résoudre des problèmes ».

Chose intéressante : les effondrements ne sont pas un retour au chaos a la Mad Max, mais un processus économique qui profite à certains agents rationnels qui y trouvent un gain objectif. Un somme, un nouvel ordre apparaît, les élites sont remplacées. Pour "nous", il s’agirait de ne plus soutenir par nos impôts l’armée de fonctionnaire bureaucrates qui ne remplissent plus leur rôle.

Pour terminer, si vous êtes motivés, il y a un très bon résumé des travaux de Tainter ici, avec plein de détails "croustillans", On devine que le processus a l’œuvre actuellement est très similaire en tout points a celui de l’effondrement de Rome.

Pétrole et sécurité


Je vais aborder un sujet rarement évoqué dans la blogosphère, et sous-estimé a mon sens : le coût de sécurisation du pétrole.

L’économie actuelle est totalement dépendante du pétrole. Si vous voulez mettre en place une éolienne par exemple, ce qui déterminer son coût de revient, et sa rentabilité, c’est au final le coût des machines qu’on utilise pour transporter, assembler, et mettre en fonction tout le matos. Pour tout ca il faut du pétrole. Et même pour nourrir le conducteur de la machine il faut du pétrole.

Bref, l’économie a un besoin vital du pétrole.

Le pétrole, ce qui détermine son coût a lui, au final, c’est : avec un baril de pétrole d’énergie, combien je peux récupérer de barils supplémentaires.
On appelle ca "EROEI" (energy returned on energy invested")
Au début du pétrole, avec un baril d’énergie on en récupérait une centaine. Puis dans les années 80 on est passé a 30, a partir du premier pic pétrolier (pic pétrolier onshore et pic pétrolier per capita).
Maintenant, ce chiffre continue de diminuer.
Ce qui signifie que le prix du pétrole augmente. A l’extrème s’il fallait dépenser tout le pétrole qu’on a pour aller extraire du pétrole, ça ne servirait plus a rien. Mais la limite d’utilité réelle du pétrole se situe bien avant.

Qu’est-ce que l’EROEI cache exactement ? Pour extraire un baril de pétrole il faut

  • prospecter, trouver de nouveaux gisements
  • quand on en trouve il faut creuser plusieurs puits, parfois 10 parfois 100 avant d’en trouver un qui produit
  • ensuite il faut environ 15 ans pour le mettre en production
  • ensuite il faut transporter ce pétrole (pipeline, bateau, etc…)
  • puis il faut le raffiner
  • et enfin, et c’est la ou je voulais en venir : il faut sécuriser l’approvisionnement

c’est pas le tout de forer un puits il faut ensuite que le pipeline ne soit pas percé par des rebelles (super facile de percer un trou dedans), il faut que le pays d’ou on l’extrait soit suffisamment stable politiquement parlant, et si on est américain, il faut qu’il soit vendu en dollar.

Ce dernier point est systématiquement ignoré des calculs. Pourtant le pétrole qui va rester utilisable pour la société civile (nous en gros), c’est après que les militaires se soient servis pour sécuriser l’approvisionnement.
Car ce pétrole "militaire",  ce n’est pas vraiment du pétrole disponible pour l’économie (du moins la civile … car en effet les militaires sont payés, mangent, et font grossir le PIB, etc…). De même que le pétrole utilisé pour fabriquer des nouveaux puits de pétrole. Ca fait diminuer l’EROEI.
Et comme le prix du pétrole est déterminé (aussi) par l’offre et la demande, si les militaires en consomment plus, ca augmente l’offre, ca le rends plus cher.

Hors quand on voit le budget du pentagone et le couts des guerres Irak/Afganistan et autre, on comprends vite que ce n’est pas un facteur négligeable.
Et qui l’est de moins en moins vu que maintenant les pays arabes sont instables et qu’il faut aller sécuriser encore plus l’accès au pétrole la bas.

Tout ca pour dire si on rajoute qu’un part croissante du pétrole mondial va a la Chindia et aux pays exportateurs (qui se le gardent de plus en plus pour eux même), on comprends vite qu’il en reste de moins en moins pour la société civile, notamment Européenne.

Il n’y aura plus de croissance en Europe. C’est fini. Si vous comprenez ça, vous comprenez que toutes les politiques basées sur la croissances sont vouées a l’échec, brutal qui plus est.
Depuis 1980 on est dans la crise du pétrole. Mais c’était caché par de la dette et des gadgets. Maintenant, depuis 2008 on est dans la phase "publique" de la crise, mais c’est encore "soft". On va pas tarder (je pense) a rentrer dans la phase hard. (on en voit déjà les prémices).

Les militaires, d’après ce que j’ai lu en sont conscient. Ils estiment pour 2015 les gros troubles sociaux (telles que les révolutions arabes), y compris changement de régime politique au coeur de l’Europe, etc…

En effet, les élections de 2012 vont être déterminantes quand à la suite, notamment en ce qui concerne la dette et donc il se peut qu’il y ait une rupture a ce moment la (tea party / FN qui fassent basculer le fragile équilibre du pouvoir d’alternance gauche/droite).

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