Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

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Résumé du blog mai 2013


Il est temps de refaire un petit point sur le blog, puisqu’il y a de nouveau lecteurs qui ont peut-être loupé le début. Je développe plusieurs arc narratifs en parallèle, et il me semble intéressant de revenir rapidement sur les points clés.

Voici d’abord un historique (très) rapide (que vous pouvez sauter) avant de présenter une vision plus synthétique du travail de prospection effectué pendant presque 5 ans sur le blog :

  • Tout démarre avec l’annonce de la "panique économique" … un peu prématurée certes, mais en 2013, 5 ans plus tard, je crois qu’on y est !
  • Je me suis intéressé au statut du dollar, qui est menacé à terme, ce qui pourrait créer un choc sur l’économie mondiale. Influencé par le GEAB (j’ai compris plus tard qu’ils avaient un biais ultra-pro-européen)
  • Les finances de l’état français montraient dès 2010 qu’on allait vers une crise Grecque … et c’est bien ce qui est en train de se passer actuellement. D’ailleurs nous avons perdu notre AAA comme je l’avais annoncé. Notre système d’imposition est devenu un foutoir. La bulle immobilière menace. Sans oublier le rôle central de nos fonctionnaire dans la déchéances de la France.
  • Quelques articles clairsemés sur les manipulations, la nouvelle société de la surveillance qui se met en place., notre système de santé à la dérive et d’autres choses plus ou moins choquantes qui sont autant de symptômes de la décadence de notre société.
  • Je me suis beaucoup intéressé au "pic pétrolier" en tant que problème central de l’économie, sur l’absence d’alternatives immédiate, sur le rôle de l’énergie dans l’histoire, et les catastrophes qu’on a déjà du traverser (ce n’est pas la première fois qu’on est confronté a un pic énergétique). Nous n’avons toujours pas appris la leçon.
  • Mais j’ai aussi démonté quelques mythes sur l’économie, notamment les banques ou l’inflation. la dette, à qui elle profite, la fameuse loi Rotschild, mais aussi de se rappeler de ce que notre société a accompli. Du coup je me suis éloigné des thèses conspirationistes, et de la diabolisation du NOM.
  • Puis j’ai commencé a m’intéresser aux nouveaux usages (gratuits) qui se répandent sur le net, la nouvelle école, la nouvelle économie,
  • Voyant le "merdier", et l’aveuglement généralisé, j’ai commencé a m’intéresser au survivalisme car je constate qu’on se dirige tout droit vers un effondrement. Effondrement dont l’Europe n’est pas une solution, mais une cause et qui sera peu-être la première zone a sombrer, la France étant le maillon faible.
  • Puis il y a eu la période "immigration". pour réaliser que cette politique est un fléau. Complété par les structures familiales de Todd et du bouquin d’Obertone, pour conclure en expliquant comment tout cela devient très malsain.
  • Autre facteur d’accélération de la crise : l’épidémie de robotisation dans l’industrie qui concurrence le travail ouvrier (provoquant chômage de masse, explosion de la dette).
  • Petit à petit je me suis intéressé aux nouvelles sciences : j’ai expliqué la logique systémique qui est une voie de sortie de la crise, avec les nouvelles possibilités offertes par les nano technos. Ce qui m’a amené doucement vers l’étude de la complexité, et du coup m’a fait revoir notre manière de penser, et remettre en cause la logique analytique à la base de notre société.
  • Combiné avec la remise en cause conspirationiste, et l’observation de la crédulité sur le net, j’ai aboutit à la notion de guerre cognitive, qui me semble un bien meilleur paradigme explicatif, et qui en plus fait le pont avec le yoga.*
  • De temps à autre quelques articles sur l’ufologie, l’exobiologie et les mystères.

Comment résumer tout ça ? Les polarités s’affrontent sur plusieurs plans. D’un coté les malthusiens qui observent l’effondrement, de l’autre les cornucopistes qui voient dans la technologie le sauveur ultime. Mais on a aussi l’affrontement dans le domaine social (progrès sociaux / traditionalisme), ou sur les énergies féminines/masculines. Tout se mélange.

Nous sommes engagé dans une transition entre un vieux monde à base de :

  • pétrole, charbon, énergies fossiles
  • d’immigration, domination, affrontement
  • de centralisation (Europe, NOM, dollar)
  • de fonctionnaires, bulles immobilières
  • démocratie, démagogie

Vers un nouveau monde ou beaucoup de personnes sont larguées à cause du fossé cognitif qui se creuse :

  • robots, BANG (Bits, Atoms, Neurons, Genes)
  • systémique, nouvelle manière de penser et d’agir
  • collaboration, partage, compréhension, leadership, implication personnelle, méritocratie
  • économie ouverte de l’échange et de la transparence; décentralisée
  • nouvelles sources d’énergies (nano ?)

La transition va être selon toute vraisemblance douloureuse :

  • parce que à chaque changement de paradigme énergétique, ça fait mal
  • beaucoup trop de monde sont largués
  • les tensions géo-économiques grandissent partout, sans que rien ne vienne apaiser tout ça
  • il ne manque qu’une étincelle, y compris et surtout en France qui a de gros cadavres dans ses placards
  • guerre

Comment donc franchir les … années merdiques ? (probablement une génération)

  • le yoga ou toute pratique similaire, ne pas diaboliser ou idéaliser
  • une dose de survivalisme et de realpolitik
  • commencer a s’orienter vers des nouvelles pratiques (forêt comestible, permaculture, systèmes électriques intelligents, savoir se soigner simplement, …)
  • se positionner sur la nouvelle e-economie, le capitalisme cognitif
  • résister à toute forme d’oppression, en premier lieu étatique
  • se serrer les coudes, informer, partager
  • se sortir les doigts … lol

Ce nouveau monde à venir est porteur de beaucoup d’espoir pour ceux qui en ont conscience, mais il ne sera pas exempt de défauts, et de dangers :

  • transhumanisme, dénaturation de l’humain et de la biosphère
  • surveillance presque absolue du citoyen
  • technocratie déshumanisée
  • instantanéité qui pousse a l’émotivité comme mode de gouvernance
  • remplacement des nations par les multinationales
  • appropriation de la biosphère et des génomes

Pourquoi l’usure ? par l’approche systémique


Pourquoi avoir inventé l’usure, et quelles conséquences sur notre vie de tous les jours ? Le système d’usure, l’argent dette est bien au cœur de cette crise, des précédentes, et des suivantes. Je vais vous expliquer simplement pourquoi l’usure provoque la concentration des richesses, ce qu’est un Quantitive Easing (sans math) et ou est l’arnaque, et en quoi l’usure est une réponse (ou non), une cause (ou non) a la crise actuelle.

J’ai déjà expliqué qu’à mon sens nous devons enrichir notre manière de penser l’économie, grâce à l’approche systémique notamment. La systémique va se concentrer sur l’étude des interactions (transfert d’information, d’énergie ou de matière) entre les éléments d’un système complexe, plutôt que d’essayer d’analyser ce système via des équations. Elle permet d’observer l’émergence de propriété ou de comportements.

Entre parenthèse, la systémique n’est pas une nouveauté, la médecine chinoise est systémique par nature, la nouveauté, c’est le formalisme systémique.

L’importance de l’usure

L’économie est comme un système de poupée russes (ici j’utilise une analogie, donc la démarche systémique). Par exemple, que l’on prenne les dérivés, la titrisation, l’effet de levier (LTRO), etc… ils reposent tous sur le principe de monnaie dette. Nos échanges quotidien utilisent maintenant majoritairement de la monnaie dette (chaque fois qu’on utilise la carte bancaire). La dette de l’état c’est la même chose, et les actions d’une entreprise, c’est aussi de la monnaie dette.

Finalement la monnaie dette est le code d’interaction que nous nous sommes donnés, et c’est ce qui explique notre économie en majeure partie, même si nous avons introduit des nuances de ci de la…

Imaginez ces vols d’oiseaux qui forment un ballet. Ce ballet est une propriété émergente d’oiseaux qui suivent des comportements très simple (suivre son voisin le plus proche). La monnaie dette c’est notre interaction économique principale, c’est d’elle que va émerger telle ou telle propriété, comportement global. En gros, c’est d’elle que va émerger ou non les crises économiques.

Nous devons donc d’une part comprendre sa nature profonde et d’autre part regarder ce que cela implique sur les propriétés qui en émergent.

D’où vient l’usure ?

L’usure, le taux d’intérêt, c’est le moyen que nous avons trouvé pour réguler nos échanges. J’ai un champ et un tracteur, tu as du temps et une famille à nourrir. Je te prête mon champs et mon tracteur, en échange, on partage la récolte. Le taux d’intérêt, c’est le pourcentage de la récolte que tu devras me donner chaque année.

Maintenant, quelques subtilités.

Comment va-t-on fixer ce pourcentage ? Le plus simple serait de dire "tu vas me donner 10% de la récolte". C’était la dîme (décimal / 10%). Si une année la récolte est mauvaise, je reçois d’autant moins. Si la récolte est meilleure, je reçois plus. Quelque soit le résultat, le partage est toujours le même. Mais cela pose un problème : comment je sais que tu ne me truande pas ? Si tu caches la moité de la récolte, je ne toucherais que 5% au lieu de 10% comme c’était prévu. Je suis donc obligé de te surveiller, et c’est très compliqué si je dois surveiller beaucoup de personnes. Ce n’est pas vraiment efficace. Mais c’était ainsi que l’église procédait. C’était le système ancien. La dîme était certes un impôt et non pas une rente sur un capital, mais en fait c’est la même chose, l’église étant la dépositaire (à l’époque) du savoir (lire / écrire), c’était une rente sur le capital cognitif (le savoir donc). C’était l’élite de l’époque. Bref.

L’invention de l’usure

D’autres sont arrivés et ont décidé de changer de système. Plutôt que d’avoir un taux fixe, et donc une part de récolte variable et tous les ennuis de surveillance que ça implique, ils ont mis en place un autre système. A la marge au début, en profitant des périodes difficiles, quand les gens n’avaient pas le choix de faire autrement que de venir les voir. Ils ont dit : nous on veut une part de récolte fixe. Donc au lieu de fixer cette part à 10% de ce qui était récolté, ils ont dit "on va donner une valeur au champ, et fixer la part de récolte qui nous revient comme un pourcentage de la valeur de ce champ". Du coup, quelque soit la récolte, bonne ou mauvaise, si la valeur du champ est estimée à produire 100Kg en moyenne par an, ils recevront toujours 10kg, chaque année. Cela évite d’avoir a surveiller les récoltes. Cela a aussi l’avantage de se mettre à l’abri des aléas de la vie. C’est l’usure.

Usure, un trait de génie

L’air de rien ce tout petit changement dans le contrat est, d’abord génial, mais ensuite extrêmement riche de conséquences. Notez au passage une chose importante, quand les économistes parlent de QE (quantitative easing), ce n’est rien d’autre que ça : je donne une valeur a mon capital pour le louer. Ce n’est pas de la création monétaire classique ou je crée des billets pour inonder l’économie et tout racheter. Il s’agit de "donner une valeur d’échange" à ce qui existe (afin de fluidifier l’économie). Bon après, le problème, le vrai, c’est quelle valeur donner a ce qu’on monétise. C’est "la" qu’est toute l’arnaque des banques centrales ! Pour revenir a l’exemple du champ : si je veux récolter tous les ans 10Kg, je peux dire "on fixe la valeur du champs a 100Kg, et tu me verse 10%", ou bien on peut dire "on fixe la valeur du champ à 1000 et tu me verse 1%". Vous commencez à comprendre ?

Donc, cette petite étude systémique donne déjà des résultats intéressants pour comprendre les petits jeux des grands argentier. Évidement, eux ils parlent de QE, de marché secondaire, et tout un blabla compliqué pour masquer des choses très simples et pour faire en sorte qu’on ne fourre pas notre nez dans leur petite cuisine.

Usure et concentration des richesses

C’est le système que les banquiers ont inventés. Il est tellement efficace (pour les banquiers) qu’ils sont rapidement devenu économiquement plus performant que les autres, et donc plus puissants. (Je ne vais pas rentrer dans les détails mais :) combiné avec une structure familiale particulière (famille souche si vous voulez creuser) qui à permis (via l’héritage) la concentration des biens et des richesses, ce système (rappelez vous on est dans une approche systémique) à permis l’émergence des familles ultra puissantes. C’est un système vertueux (au sens qu’il s’auto alimente et non  pas au sens moral du terme) : plus on est puissant, plus on peut imposer le système d’usure, et même imposer des taux d’intérêts intéressants !

Voila pourquoi la concentration des richesses dans les mains de quelque-uns est une propriété émergente du système d’argent dette. D’où la loi de Pareto  que 20% des gens concentrent 80% de la richesse. (C’est une propriété qu’on retrouve partout dans la nature). C’est le 2ème résultat intéressant.

Maintenant, on se rends vite compte que l’enjeu principal réside dans la fixation du taux d’intérêt. S’il est trop faible, celui qui prête son champ est perdant, s’il est trop fort, on fini par use trop celui qui travaille. Bien entendu la position la plus confortable est celle du prêteur, du capitaliste. Le travailleur lui est obligé de lutter en permanence, non seulement pour payer ses intérêts, mais aussi pour fixer au plus bas le taux C’est un autre résultat émergeant intéressant :

Donc les "gaucho" qui luttent contre l’argent dette et les méchants riches capitalistes n’ont pas totalement tort, même s’ils n’ont pas toujours les bon arguments. Les système des "fonctionnaires" que je critique tant est une réponse plutôt maline pour ceux qui ne sont pas du bon coté de l’usure.

Notez que le système des actions / dividende pour les entreprises est l’équivalent du système ancien de la dîme. Il est plus équitable, basé sur la confiance, la coopération, le partage de la propriété. Seulement personne n’en veut, en France tout le monde veut des obligations/assurance vies (basé sur l’usure), car il faut être capable de gérer le risque qu’il représente. C’est le système que défendent les anglo-saxons protestants. Nous (catholiques de tradition en France), sans le savoir nous défendons celui de l’usure (alors même, c’est un comble, que l’usure est interdite chez les catholiques et toléré chez les protestants).

Usure, cause de la crise économique ?

Ce n’est pas le dernier, continuons. Donc, pour fixer ce fameux taux d’intérêt, il a fallu inventer le marché. Le marché va fixer les taux d’intérêts par un système collectif d’enchère. Peu importe. Le problème c’est toujours le même : on ne sait pas à l’avance si on aura de bonnes ou mauvaises récoltes. C’est vrai à un niveau micro, c’est vrai à un niveau macro. On est obligé de deviner, de … (attention mot interdit) spéculer ! Et la, on retombe sur la question du pic pétrolier. A un niveau global, les taux d’intérêts (ainsi que la valeur de capitalisation sur laquelle il sont adossés) déterminent notre anticipation collective de richesse, et donc, notre récolte future de pétrole pour faire tourner l’économie. La justement, le résultat c’est qu’il y a des choses qui nous échappent, l’usure permet d’avoir un système fonctionnel en période de croissance, car c’est un mécanisme rusé de répartition des gains (de productivité, et des surplus notamment pour les réinvestir). Par contre, en période de disette, c’est un système style "loi de la jungle" qui favorise les plus forts. Mais en même temps, cela ne signifie pas que c’est injuste pour autant. C’est un système de "tri social" qui permet de préserver les plus utiles économiquement parlant. Poussé dans des situations extrêmes ça signifie :

  • d’un point de vue humaniste (individualiste) c’est horrible, ça signifie qu’on laisse mourir les moins capable.
  • d’un point de vue utilitariste (collectiviste), ça signifie qu’on préserve les plus capable, ceux à même de permettre au corps collectif de traverser l’épreuve et de "rebondir".

Et notre société est exactement dans ce dilemme actuellement. Avec la fin de la croissance économique due au pétrole pas cher, nous devons nous poser les questions : si nous n’avons pas de quoi nourrir tout le monde, qui va-t-on laisser mourir ? Les vieux, les handicapés, les malades ? ou bien les plus charismatiques, les plus malins, les plus résistants ?

La monnaie dette, l’usure, est une réponse à cette question. L’usure n’est pas la cause de la crise, c’est la réponse. Peut-être que cette réponse ne vous convient pas, mais ce n’en est pas la cause. La cause, c’est la démographie, le fait qu’on ne parvienne pas à trouver un équilibre entre ce que l’on consomme et ce que la terre produit (avec ou sans notre aide technologique).

Revue : l’argent dette 3 de Paul Grignon


[NB: désolé, je n'ai pas trouvé de version sous titrée, mais je pense qu'elle viendra bientôt vu le succès des premières]

Je ne l’aurais pas regardé s’il n’avait pas été mis en valeur sur le blog de DiscoTonio. J’aurais loupé quelque chose ! Le premier "argent dette" à propagé de fausses idées sur la monnaie. Non pas que ce qu’il dit soit faux, mais partiel, et au final, trompeur.

(inutile de lire si vous l’avez déjà compris) Pour rappel, ce que Grignon à loupé, c’est que les intérêts de la dette ne vont pas à la banque, mais au déposant, a l’épargnant, pour l’essentiel. La banque prendre un petit pourcentage, mais ce n’est pas leur source de revenu principale. Et surtout ce n’est pas le "vol" qu’il suggère. Ceux qui ont du capital le prêtent à d’autre via les banques moyennant rétribution. Ça change tout.

Cette fois c’est différent. Mis à part quelques oublis, imprécision, sans conséquences (par exemple le fait que la banque centrale contrôle totalement la masse monétaire via les taux directeurs et les opérations d’open market, et donc, indépendamment des demandes de crédit des gens – mais ça ne change rien à son raisonnement) il pose les bonnes questions sur la nature de la monnaie, et pousse la réflexion jusqu’à son terme (enfin presque, j’explique en dessous ce qui manque).

La monnaie est donc une promesse qui peut être garantie par l’OR ou l’état (in fine sa capacité a lever l’impôt), ou même par des entreprises. Ce qu’il y a de bien c’est que pour une fois, il explique que l‘OR n’est pas une solution (l’achat d’OR est un acte politique), mais qu’aujourd’hui on peut mettre en place un nouveau système monétaire grâce à internet, qui n’aurait pas les défauts du système actuel (qui nous pousse au vice et à la croissance infinie).

Ce qui est exactement la même analyse que la mienne. C’est inévitable quand on commence à se demander comment ils faisaient à l’époque des coquillages et pourquoi on a choisi l’OR, etc… J’ai d’ailleurs commencé a regarder il y a pas mal de temps les monnaies alternatives sur le net : Bitcoin, flattr, ripple. Je n’ai pas encore trouvé exactement ce que je cherche. Donc je n’en ai pas encore vraiment parlé : L’idée est de mettre en place un système monétaire vertueux (qui nous pousse vers la vertu). On y est presque, certains hackers sont a fond dessus.

On peut aller encore plus loin (je le développerais pleinement dans un prochain article qui devrait vous intéresser car on va relier économie et transcendance !) avec l’économie "de la confiance" : celle ou la réputation à une valeur, ainsi que la cooptation, et où les échanges peuvent être sans réciprocité immédiate.

Bref, si vous vous intéressez à l’économie, cette vidéo assez bien faite, pédagogique va au coeur du sujet et pose les bonnes question. Elle va aller dans ma vidéothèque des documentaires les plus importants. Vivement la traduction.

A qui profite la dette ?


Préambule : l’iPhone ou Facebook sont des outils. Je ne les aimes pas personnellement, mais il n’empêche qu’ils peuvent rendre service pour ceux qui s’en servent à bon escient. A l’inverse, ils peuvent être des pièges très coûteux (en terme de temps notamment). Ce sont des outils, c’est à nous qu’il revient d’en faire bon usage. La dette c’est pareil. C’est un outil. Un outil très puissant mais complexe.

Donc a qui profite cet outil ?

La réponse populiste consiste à dire "aux banques". Oui c’est vrai, la dette profite aux banques. Mais seulement en tant qu’intermédiaires. Et elle ne leur profite pas tant que ça, car l’essentiel est redistribué aux créancier, qui sont vous et moi, a travers notre épargne (voulue ou forcée a travers les cotisations).

Qui sont les marchés donc ? (ceux qui nous prêtent) :

  • les banques
  • les assurances
  • les établissements de crédit non bancaires
  • certaines entreprises
  • certaines administrations publiques (des écoles, des universités, des zoos, des hopitaux, des offices de promotion, etc.)
  • les gérants de patrimoine
  • les fonds de retraite / fonds de pension
  • les hedge funds
  • les private equity
  • les fonds souverains
  • tous les particuliers possédant des comptes d’épargne, des assurances-vie, des actions, des obligations, des Sicav, des FCP,  et toute la ribambelle de produits dérivés ou non.

Les méchants marchés, en fait, c’est "nous" par l’intermédiaire des gens qui placent et font fructifier notre argent pour nous, y compris l’état.

La dette profite surtout, par les différents canaux de circulation monétaires et le "ponzi" généralisé :

  • aux retraités au détriment des actifs
  • aux fonctionnaires aux détriment du privé (en dehors probablement des enseignants)
  • aux budgets militaires en temps de guerre
  • aux propriétaires immobiliers au détriment des primo accédant et des locataires
  • aux américains, allemands, japonais au détriment des autres, aux pays riches en général au détriment des pays pauvres (en l’occurrence a la France au détriment des Grecs)
  • aux multinationales au détriment des ménages et petits commerçants
  • aux smicards au détriments des chômeurs
  • aux financiers qui peuvent emprunter aux banques centrales a bas prix au détriment de tous les autres

Mais l’idée (simplifiée), c’est qu’avec l’argent prêté celui qui le reçoit fasse plus de profit que ce qu’il devra payer d’intérêts. Évidement, si on vous prête de l’argent pour aller le dépenser au casino, ça ne fonctionne pas. Donc c’est plutôt sain : je vous prête de l’argent, vous louez un terrain, faites pousser des légumes, que vous revendez, et vous me versez une partie des gains.

Les flux de la dette passent par divers "canaux", les impôts, les cotisations sociales, les assurances vies, les actions, les livret A, etc… a quelques rares exceptions près, la dette est notre monnaie principale, elle circule partout. La dette profite a celui qui prête, donc a celui qui épargne et qui place. La dette pénalise celui qui est en bout de chaîne.

Mais tout cela est "normal", dans la mesure ou les taux d’intérêts sont raisonnables et l’inflation (qui est une sorte de taux d’intérêt négatif compensateur)  aussi et dans la mesure ou le créditeur fait un bon usage de l’argent qu’on lui prête. (Il ne faut pas oublier ce dernier point).

Si on supprime la dette, tout s’effondre. Si on supprime seulement ses intérêts, il ne faut pas croire que tous les problèmes vont être résolus d’un coup. Ça ne changera pas grand chose, si ce n’est que certains transfert d’argent seront annulés. Mais ce qu’on enlève d’une main est repris de l’autre en matière de flux monétaire. Cela changera la répartition mais elle ne sera pas forcément plus juste/égalitaire pour autant  (ce qui est très subjectif en plus). C’est une question de contexte surtout. Vous vous doutez bien qu’en période de pénurie de pétrole, il devient plus difficile de rembourser la dette.

Et surtout sans l’intérêt, il n’y aura plus aucun intérêt (d’où son nom) a prêter son surplus (son épargne), et donc, beaucoup d’échanges seront détruits, chacun restant sur ses positions, et l’économie s’écroulera très vite, mettant tout le monde au chômage.

Pour résumer, la dette nous profite à tous, et surtout pas uniquement aux banquiers (qui prennent leur commission en tant qu’intermédiaire).

Ça ne veut pas non plus dire que tout fonctionne a merveille, qu’il n’y a pas des problèmes ou des abus.

C’est plus subtil.

Si l’on connaît assez bien le fonctionnement de la dette en période de croissance, comme tout ponzi, ça "marche", en revanche, en période de décroissance (et contrairement à ce que pensent les politiciens la croissance ne se décrète pas) c’est la foire à l’empoigne (a laquelle nous assistons déjà soit dit en passant). De toute manière, dette ou pas dette, s’il n’y en a plus assez pour tout le monde, ce serait pareil.

Quand on parle de dette, on oublie souvent de dire qu’elle doit être adossée à des collatéraux (des gages). Le vrai problème de la dette c’est plutôt la valeur des collatéraux et la fixation de ses taux d’intérêts. Les banques centrales sont des armes de la part des rentiers (petits ou grands) qui confient à un expert la protection ultime de leur source de revenus.

C’est un outil très puissant et délicat qui n’est pas forcément adapté a la psychologie un peu aléatoire de l’homme. La dette reflète un peu trop bien (au lieu de lisser) nos turpitudes, voire même les amplifie par moment. Mais elle n’en est pas responsable pour autant en tant qu’outil "neutre".

Au contraire même.S’il y a des abus.ils ne sont pas dû a la dette, mais à la cupidité et au corporatisme, qui lui existera toujours, dette ou pas dette. La dette favorise cependant ceux qui ont un niveau d’étude suffisant pour en tirer pleinement parti ou bien ceux qui ont plus de capital. Elle est donc inégalitaire car élitiste. Mais on peut aussi dire qu’elle récompense le mérite du coup.

Autres problèmes, le financement de prêts au long terme par des emprunts au court terme. Je ne rentre pas dans les détails, mais d’une manière générale, le fait d’avoir un taux fixe dans une économie variable est plus que discutable, car même avec des modèles mathématiques de gestion du risque élaborés, on ne peut pas être certain du résultat. Fukushima était statistiquement improbable mais a eu lieu quand même. A l’inverse la dette a taux variable existe, par exemple, les dividendes d’une action, les prêts "subprimes" … mais ce n’est pas non plus la panacée et ça implique beaucoup plus de responsabilité personnelle.

Pour résumer les "vrai" soucis liés a la dette sont (entre autre) :

  • l’illusion de sécurité des taux fixes, le risque des taux variables
  • le financement du long terme par le court terme
  • la volatilité et la complexité de l’ensemble des outils construits sur la dette

Comme pour l’iPhone, certains savent l’utiliser intelligemment et d’autres se laissent prendre au jeu malsain du consumérisme ou de la mode du dernier gadget qui buzze. Doit-on accuser l’iPhone ou l’infantilisme ? (Dans le cas de l’iPhone, on peut accuser un peu des 2 vu la campagne marketing ! lol)

Polémique : la loi Rothschild -Pompidou de 1973


Et voila ! Si j’ai écrit plusieurs long articles sur la finance c’était pour en arriver à cette fameuse loi qui fait tant de bruit en ce moment, mais dont je discutais déjà depuis longtemps sur des forums ou en privé. Mais pour expliquer ma position, il me fallait déjà préciser "pourquoi", car sur le net, il y a beaucoup d’âneries qui traînent sur le sujet, et même parfois de la part d’économiste ou de profs …

Et ça tombe très bien puisque la polémique est devenue un débat public. Post un peu long, mais c’est un sujet crucial, et qui à des répercussions dans tellement de domaines qu’il est normal qu’il viennent sur le devant de la scène.

J’ai du donc faire des recherches plus poussées pour savoir qui disait vrai ou pas, d’ou mes articles préliminaires :

Ces articles montrent deux choses : la dette est un outil de création monétaire tout à fait "normal" (dans un monde capitaliste du moins) qui suit les lois du marché qui fixent les taux d’intérêts. Les banques sont des intermédiaires de la création monétaire pour le compte des états, des entreprises et des ménages. J’insiste bien la dessus, les banques sont des intermédiaires. Elles se rémunèrent sur le différentiel de taux d’intérêts.

Les fadaises

Sachant ce que je viens d’expliquer, les vidéos suivantes qui font partie de la polémique sont à évacuer :

L’argent dette de Paul Grignon :

Grignon explique le ration de Cooke, qui est obsolète aujourd’hui et fait la même erreur que tous les autres : il oublie que les banques sont des intermédiaires. Il croit que tous les intérêts vont dans les coffres de Rothschild, ce qui est faux. C’est un argument fallacieux.

Dans le même genre :

Il est dit que la loi n’a pas jugulé l’inflation. C’est faux. Pourquoi ? car il faut séparer l’inflation intérieure de l’inflation importée. En l’occurrence, l’inflation à cette époque est forte à cause des taux d’intérêts élevés pratiqués par les USA juste après avoir abandonné le standard OR. La France n’a pas le pouvoir de décider des taux mondiaux. Et en ce qui concerne l’inflation intérieure, ce n’est pas une chimère de dire que l’état français créait (avant cette loi) de l’inflation, puisque c’était le cas … l’état créait de la monnaie pour … ne pas rembourser ses dettes !!! On peut discuter sur l’opportunité de le faire ou pas, et sur comment on le fait ou pas, mais il  n’empêche que cette vidéo est aussi fallacieuse. Et puis il faut rajouter que pour juguler l’inflation il faut aussi juguler les salaires, et c’est la loi de désindexation qui à fait ça en 1982 (l’effet de 2ème tour ca se nomme dans le jargon).

Et André Jacques Holbecq tombe aussi dans le panneau en nous disant sans les intérêts la dette serait resté constante (ce qui est presque une tautologie).

Soit, ce n’est pas faux dans l’absolu, mais ce qui importe, c’est que les intérêts sont reversés : aux possesseurs d’assurance vie, ou bien a des retraités américaines qui ont investît via un fond de pension… ce genre de choses et d’autres.

Moi je veux bien qu’on remette en cause le principe de l’assurance vie ou les marchés internationaux… mais c’est un autre débat dans ce cas. La question est : les banques nous volent-elles ?

  • OUI, mais ce n’est pas a cause de cette loi.

Attention !

Le vrai problème, concernant cette loi, c’est : qui crée la monnaie, et pourquoi ! Et le problème se posait déjà il y a bien longtemps, puisqu’on n’est toujours dans les même question qu’au néolithique avec les coquillages. Mais même en 1355 ils en étaient conscient :

Convoquer un traité monétaire de 1355 au chevet de la crise? L’exercice prête à sourire. Il vise à souligner «l’importance des choix d’architectures du système de création monétaire et leurs impacts sur les crises économiques au cours des siècles», tempère Yves Reichenbach, consultant en finance à Genève.

L’idée? La monnaie n’étant plus convertible en or, les Etats ont pu se livrer aux délices de la vie à crédit sans crainte de perdre leur précieux métal. «C’est une défaillance de l’éthique publique – le fait que les Etats transgressent les limites du juste droit régalien de battre monnaie – qui est le point de départ des dérives financières contemporaines, comme le Traité des monnaies de Nicole Oresme permet de le comprendre», explique l’économiste de banque Bernard Cherlonneix.

Pourrait-il assez rougir?

«La monnaie a été de par sa nature instituée et inventée pour le bien de la communauté», écrit ainsi Oresme dans ce texte clé de la pensée scolastique, qui lui valut la protection du roi Charles V. C’est au Prince «qu’il incombe de condamner les faux-monnayeurs; comment pourrait-il assez rougir si l’on trouve en lui, ce qu’il devrait chez un autre punir», poursuit Nicole Oresme. A l’époque, le souci était la fiabilité du sceau apposé sur la monnaie métallique. Aujourd’hui, ne serait-il pas d’empêcher les Etats d’abuser du pur nominalisme de la monnaie, qui leur donne un pouvoir de création monétaire illimité? «Au fur et à mesure qu’il se prolonge, cet abus se transforme en fait de la nature», prévient Bernard Cherlonneix. Avec, pour conséquence, l’hypertrophie du secteur financier. Et la crise actuelle.

J’insiste bien la dessus. Abolir cette loi de 1973, soit, mais pour mettre quoi à la place ? Que l’état reprenne ce droit ? Pour que Talonette 1er dispose en plus du pouvoir d’imprimer de la monnaie pour financer ses campagnes sans même devoir faire appel à mémé Bettencourt ? Et qu’il puisse payer la presse pravda avec ? et aussi tant qu’on y est financer des guerres contre tous les dictateurs de la planète pour amener de force la démocratie à ces peuples barbares !!!!

Regardez ce qu’il fait sans planche à billet, et imaginez avec :

En voilà une belle idée pour planquer la dette ! Depuis 2008. le père la rigueur Sarko a mis le turbo sur les chantiers public-privé : des facs, des prisons ou des hôpitaux sont payés non par l’État mais par un poids lourd du BTP auquel l’État verse ensuite un loyer. “Une bombe à retardement” qui coûtera “60 milliards d’ici à 2020” estime Le Parisien (9/1). La palme du plus beau fiasco revient au nouvel hôpital Sud Francilien de Corbeil-Essonnes un monstre de 1000 lits et 20 blocs opératoires construit avec une rare dextérité par Eiffage. Comme “Le Canard” l’a déjà raconté (16/3), ce champion a trouvé le moyen de livrer un service de néonatologie sans biberonnerie, des meubles en agglo – véritables nids à microbes – dans un service de réanimation ou des plafonniers branlants au-dessus des tables d’opération. Un audit a relevé 8000 malfaçons ! Du coup, l’hôpital, livré depuis un an, n’a toujours pas vu l’ombre d’un patient. Mais l’ État paie déjà son énorme loyer : 40 millions par an! La chambre régionale des comptes a fait le calcul : sur trente ans, l’État versera 1,2 milliard de loyer à Eiffage. Alors que s’il l’avait payé lui même en empruntant à 4,5 %, l’hosto lui aurait coûté 757 millions.

Au zoo de Vincennes, note “Le Parisien”, le loyer atteint aussi des niveaux “himalayens” : le Muséum d’histoire naturelle allongera 12 millions pendant vingt-cinq ans, soit-là encore, à l’arrivée deux fois le coût du chantier… Quant au “Balardgone”, le Pentagone : à la française, il est évalué à “745 millions hors maintenance“. Mais l’État versera 3,5 milliards de loyer au veinard qui a remporté cette martingale, un certain groupe Bouygues.

Vous voulez la lui donner ? Moi non. Très peu pour moi.

Actuellement, le pouvoir de création monétaire est entre nos mains !!! C’est nous qui décidons quand nous allons faire un crédit (en tant que ménage, banque ou état) avec les taux d’intérêts pour nous calmer un peu et ne pas que ça soit trop la fête du slip. C’est un pouvoir collectif, à l’échelle mondiale, puisque un américain peut prêter de l’argent à la France. Alors, peut-être qu’aujourd’hui on veut faire défaut sur nos paiements aux américains parce qu’ils sont trop gourmands ? Soit. Mais c’est un autre débat.

Cette loi a été votée pour donne confiance aux marchés. Sans pouvoir de rembourser en monnaie de singe, alors les étrangers sont plus enclins à nous prêter de l’argent. Imaginez en sens inverse. Vous vous investir en Argentine, mais demain, le président décide de lancer la planche a billet … pour vous payer en monnaie de singe, alors que vous, vous comptiez la dessus pour votre retraite ! Sans cette loi, les échanges mondiaux seraient beaucoup plus limités. Et les pays émergents en bénéficient aussi (s’ils l’appliquent) car cela leur permet d’avoir du crédit pour entreprendre ! (et donc travailler, gagner un salaire, épargner, se payer une retraite, le chômage, la sécu … tous ces trucs dont on disposes ici, sans savoir d’ou ils viennent).

Le vrai problème

Le problème des banques est ailleurs. Le problème c’est qu’elles jouent avec notre argent en bourse, qu’elles font du Shadow Banking, et qu’elles se font renflouer discrètement par nos impôts quand elles perdent. Le problème c’est qu’elles nous incitent à créer trop de monnaie (cartes de crédit et crédit revolving), parce que c’est leur fond de commerce : en tant qu’intermédiaires, elles touchent un petit comme, et comme les petits ruisseaux font les grandes rivières …

Mais le problème n’est pas cette loi.

Abolir cette loi ne résoudra pas le pic pétrolier, ni le vieillissement de nos populations, ni les tensions internationales, ni le fait qu’on est trop cher payé par rapport a des chinois, ni le fait que les machines font du travail mieux que nous pour moins cher, etc…

Selon moi, la chose la plus importante à faire serait de simplifier "le bousin" qui nous sert de système économique. Je crois pouvoir affirmer que plus personne n’y comprends rien, il est trop opoque. Les économistes ne prédisent plus rien et se perdent en conjonctures, les politiques sont toujours 1 ou 2 trains en retard, les peuples ont le sentiment (justifié) de se faire arnaquer.

Par contre, on peut se poser la question de la rémunération de l’intermédiation. Pourquoi un pourcentage plutôt qu’un prix forfaitaire ? on peut se poser la question de pourquoi les transactions financières ne sont pas imposées alors que toutes les autres transactions le sont … (et je suis très favorable a une taxe tobin).

Si on supprime cette loi (pourquoi pas, moi je m’en fiche) il faut quand même trouver des moyens de limiter l’usage de la planche a billet par l’état. L’OR était ce moyen à une époque. Il faudrait donc rétablir la standard OR. L’un ne va pas sans l’autre. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si cette loi a été créée l’année ou la convertibilité dollar/OR a été annulée. Si on revient à l’OR, on aura d’autres problèmes … le Chinois vont très vite disposer de tout l’OR du monde, puisque leurs excédents commerciaux seront directement convertit. Idem pour les Allemands. Et on sera à leur merci !

Il ne faut pas oublier les aspect internationaux dans cette histoire. Et c’est un sujet plus que ultra sensible, puisqu’on fait des guerres pour les remboursement de dette !!! Remettre en cause cette loi c’est remettre en cause la mondialisation (qui, quoi qu’on en dise à apporté beaucoup de bienfaits aux peuples, en améliorant l’EROEI global – la répartition des gains est une autre question). Mondialisation qui est de toute manière remise en question… la TVA sociale est une mesure de protectionnisme déguisé soit dit en passant. La mondialisation est déjà sur le déclin d’elle même de toute manière.

Conclusion bien ambiguë

Il me reste une dernière chose à dire sur cette loi de 1973. Nous parlons de création monétaire, et entre les mains de qui il faut les remettre.

Actuellement, la création monétaire est entre les mains des peuples. On peut revenir a l’ancien système et la remettre entre les mains des dirigeants. On peut inventer de nouvelles solutions, par exemple, demander aux ordinateurs de gérer la création monétaire. On peut revenir a l’OR. On peut utiliser les monnaies virtuelles telles que Bitcoin ou d’autres.

Ma position est la suivante :

  • je suis pour l’abolition de la loi 1973 si on a un dirigeant adéquat au pouvoir qui saura utiliser intelligemment ce pouvoir "régalien"
  • je suis contre l’abolition de cette loi si c’est un "mauvais" dirigeant (genre UMPS par exemple, Sarkollande)

C’est une question de confiance. C’est une question de projet de société au long terme (chose qui manque cruellement de nos jours). Un dirigeant éclairé utilisera ce pouvoir dans une optique juste. A l’inverse, c’est trop de pouvoir pour un mauvais dirigeant.

Toute la question est donc de savoir si le peuple fait/fera mieux que les dirigeants ;-)

Comme le dit Maurice Allais (prix nobel d’économie), l’argent dette dans le système actuel est un système instable. Très performant, mais instable, surtout en période de pic pétrolier.  La, avec du pétrole en abondance, on était sur l’autoroute, on pouvait rouler en Formule 1 (la dette c’est la F1 des monnaies) mais maintenant on passe sur des pistes cabossées, il va nous falloir un 4×4. Il faudra de toute manière le réformer :

Toutes les grandes crises du XIXème et du XXème siècle ont résulté du développement excessif des promesses de payer et de leur monétisation.

Particulièrement significative est l’absence totale de toute remise en cause du fondement même du système de crédit tel qu’il fonctionne actuellement, savoir la création de monnaie ex nihilo par le système bancaire et la pratique généralisée de financements longs avec des fonds empruntés à court terme.

Une telle organisation du système bancaire et financier permettrait la réalisation simultanée de conditionstout à fait fondamentales :

1 – l’impossibilité de toute création monétaire et de pouvoir d’achat en dehors de celle de la monnaie de base par les autorités monétaires ;

2 – la suppression de tout déséquilibre potentiel résultant du financement d’investissements à long terme à partir d’emprunts à court ou à moyen terme ;

3 – l’expansion de la masse monétaire globale, constituée uniquement par la monnaie de base, au taux souhaité par les autorités monétaires[21] ;

4 – une réduction majeure, sinon totale, de l’amplitude des fluctuations conjoncturelles[22] ;

5 – l’attribution à l’État, c’est-à-dire à la collectivité, des gains provenant de la création monétaire, et l’allègement en conséquence des impôts actuels ;

6 – un contrôle aisé par l’opinion publique et par le Parlement de la création monétaire de la création monétaire et de ses implications.

Epilogue

Poussons le débat un poil plus loin. Mettre la création monétaire entre les mains du peuple, des machines, des dirigeants plus ou moins éclairés … soit … comme le fait remarquer Gidmoz en commentaire, et je suis tout à fait d’accord avec lui, le problème vient de n’avoir qu’une seule source de création monétaire. En fait la banque centrale à le monopole de création monétaire. Le mieux serait de mettre toutes les monnaies en concurrence et que la meilleure gagne !!!

Pour moi le vrai scandale il est la : dans le monopole d’émission monétaire. Et remplacer un monopole par un autre ne résoudra pas grand chose. Le pire est que dans le système capitaliste, les monopoles et les "abus de positions dominante" sont interdits en vertu de la loi antitrust ! Ce qui est quand même un comble. Merci a Gidmoz de m’avoir permis de faire aboutir ma réflexion à sa conclusion "naturelle".

Imaginez donc, une monnaie étatique, une monnaie or/argent, une monnaie régionale, l’Euro, une monnaie facebook, une monnaie internet (paypal), un monnaie pour la nourriture, etc… l’avantage c’est que si l’une flanche on peut se rabattre sur les autres, et on n’aurait plus de "too big too fail" qui tienne, et les états pourraient comme l’Espagne et la Grèce pourraient gérer leur dette avec les autres monnaies, etc…

D’autre part, le fait par exemple d’avoir une monnaie pour la nourriture (ticket resto généralisé) permet d’isoler ce circuit et de garantir a tous un revenu "nourriture" dissocié du reste et donc d’éliminer la faim du pays. Etc… le fait d’avoir plusieurs monnaies permettrait beaucoup de souplesse économique et fiscale, tout en restant avec des mécanismes simples que les gens comprennent, plutôt que le bousin actuel auquel plus personne ne comprends rien. Ainsi une bulle dans l’immobilier ne pourrait pas contaminer les prix de la nourriture … et si c’était le cas, on pourrait agir dessus simplement. Évidement, il faut plus qu’une idée lancée en l’air, mais détruire un monopole ne peut pas être une mauvaise chose en soi.

Il faudrait apprendre à jongler avec les taux de change, mais ce serait un bien petit inconvénient somme toute ! De toute manière, c’est le cours de l’histoire. C’est uniquement parce que certains le contrarient pour avoir plus de pouvoir qu’on à des tas d’ennuis.

La dette pour les nuls


A l’heure ou la dette fait couler beaucoup d’encre, il me semble primordial de bien comprendre ce qu’elle représente. C’est un post très important pour ceux qui veulent comprendre l’économie, puisque, aujourd’hui, presque tout est basé sur la dette, c’est devenu la monnaie principale. A moins que vous ne payiez tout en liquide, vous utilisez de la dette tous les jours avec votre carte de crédit … la carte de crédit ou le chéquier SONT de la dette. Ce qu’il y a dans votre compte courant EST de la dette. Dette que vous pouvez convertir a tout moment (dans le compte courant) en argent liquide, mais dette tout de même. Quand quelqu’un emprunte à une banque, il va utiliser cet argent comme moyen de paiement, qui sera reversé sur un compte ailleurs et qui se transformera en salaire à un autre moment … J’insiste la dessus, puisque 95% de la masse monétaire actuelle est de la dette. (chiffre a vérifier, mais c’est un ordre d’idée). Cette dette est émise en grande partie par les états … (d’ou les fameux ratio dette/PIB qu’on nous montre partout).

Dis très simplement, c’est un outil. Un outil c’est neutre, on peut utiliser un marteau pour enfoncer un clou et construire une maison ou taper sur le crâne de quelqu’un pour l’assassiner. Une voiture, on peut l’utiliser pour se rendre au travail, pour faire des courses entre djeun’s le soir sur le périph, pour renverser une petite vielle qui met 2 heures à traverser le passage clouté. La voiture est un outil neutre. La dette, c’est pareil.

Si la dette vous gène, alors payez en liquide ou en OR ou en nature.

La dette est un monnaie … alors déjà, pourquoi utilises-t-on de la monnaie ?

Pourquoi ne fais-t-on pas simplement du troc ? Et bien, si je veux échanger ma maison de 100 000€ contre 3 sacs de riz (50€), une voiture (9 000€), un séjour aux Baléares (950 €), et une rente de 10 000€ par an pendant 9 ans (90 000€), soit, 100 000€ contre 100 000€, avec le troc, ça risque d’être difficile. Donc pour ça, on utilise un moyen comptable.  A une époque c’était les coquillages, à une autre les pièces d’Or et d’argent, puis sont venus les chèques, et maintenant cartes de crédits. La argent finalement c’est "ce qu’on à dans notre porte monnaie" (sonnant et trébuchant), la monnaie étant "tout moyen de paiement" (plus ou moins liquide).

La dette … c’est une manière de créer de la monnaie (Imprimer des billet en est une autre, frapper des pièces d’OR une autre, les tickets resto ou chèques vacances encore une autre, etc…, chacune ayant ses propriétés propres). C’est une forme de monnaie temporaire (alors que d’autres sont permanentes).

Le principe de la dette

La problème de la dette, c’est qu’elle connotée … dette = pas bien dans l’esprit de la plupart des gens.

Mais reprenons au début. On a un échange à faire. J’ai des patates, et vous des carottes, et plutôt que le troc ou l’OR, on va utiliser de la dette (excusez mon manque d’imagination) :

  • J’ai 6kg et patates, et je veux échanger 3Kg de mes patates avec 3Kg de tes carottes (toi qui en a 6Kg aussi) de sorte qu’on ai tous les 2 au final 3Kg de patates et 3Kg de carottes chacun pour manger.
  • Je vais faire un emprunt à la banque : elle me donne 100€ que je dois lui rembourser dans 10 jours. Pas de soucis. J’ai donc 100€ en billet + une dette de 100€ + 6Kg de patates.
  • Je viens te voir, je te file les 100€, j’achète tes 3Kg carottes. J’ai maintenant : 3Kg de carottes, 3Kg de patates en trop en plus des 3Kg que je garde pour moi, et une dette de 100€.
  • Maintenant, avec tes 100€ tu m’achètes a ton tour mes 3Kg de patates en trop. J’ai donc à nouveau 100€, j’ai toujours une dette de 100€, j’ai 3Kg de carottes, mais je n’ai plus que 3Kg de patates. Toi tu as 3Kg de carottes et 3Kg de patates.
  • Je n’ai plus qu’a rendre les 100€ à la banque, et le tour est joué.

La dette ce n’est rien de plus, et rien de mois que cela : de l’argent temporaire. Mais déjà, on peut voir plusieurs problèmes potentiels :

  • rien ne m’oblige a rembourser ma dette. Je pourrais tout aussi bien garder l’argent ou m’enfuir avec.
  • le banquier lui aussi doit manger. Il faut bien qu’il aie un salaire pour son "travail" (travail qui consiste a gérer le risque pour l’essentiel aujourd’hui).

Le collatéral

Pour le premier problème, c’est simple, on a inventé le "collatéral", c’est à dire, que pour obtenir un prêt de la banque vous laissez un dépôt de garantie. Accessoirement, on a aussi inventé la police et l’état de droit pour s’assurer que vous allez rembourser. Donc vous allez laisser votre bêche en garantie … en "collatéral". C’est exactement ce qui passe en cas de prêt hypothécaire, on met votre future maison en collatéral. La BCE a aussi du collatéral face à ses émissions de billet, etc… Mais le collatéral est de plus ou moins bonne qualité. Si vous avez refourgué votre bêche rafistolée sur le point de rendre l’âme, c’est pas pareil que si vous avez mis en gage votre dernière bêche super résistante qui résiste à une explosion nucléaire…

Le collatéral est si important qu’il est à la base de tout le capitalisme. Les pays ou les gens ne peuvent pas mettre en garantie leur maison (parce qu’ils n’ont pas de papier prouvant que c’est chez eux, et que l’état ne garanti pas le droit autour de ces papiers) ne parviennent pas à faire décoller leur économie. C’est le facteur principal qui explique le succès ou non du capitalisme dans un pays.

L’intérêt

Le deuxième problème est un peu plus difficile à saisir, mais très simple en réalité. Ça s’appelle dans le jargon officiel le "droit de seigneuriage". Mais faisons simple (de toute manière le principe est le même) : le banquier réclame un taux d’intérêt, il réclame de l’argent pour le service qu’il rends (=faire des échanges que le troc ne permet pas). Le problème, c’est comment rembourser 110€ (100+10% d’intérêt) alors qu’on n’en à que 100€ à disposition grâce à notre emprunt ? … On peut le payer l’Euro qu’on lui doit en OR s’il accepte, ou bien avec des patates, ou bien de l’argent liquide si on en a épargné par ailleurs. Ce sont les "extincteurs de la dette" (ou chambre de compensation adhoc). Si vous donnez votre OR au banquier, vous pourrez le récupérer plus tard en vendant vos patates plus cher.

Mais si on n’a que de la dette comme argent (imaginons que ce soit la seule monnaie légale, et … croyez moi, c’est bien l’objectif des banquiers que ça le devienne) il faut emprunter de nouveau (c"est ce qu’on appelle faire rouler la dette). C’est vraiment ce qui se passe dans la pratique (puisque l’état réemprunte pour payer ses anciennes dettes) mais ce n’est pas un problème sur le principe: qu’on lui verse un intérêt avec lequel il achètera l’année suivante un partie de notre production ou qu’on lui donne de l’or ou des patates directement, c’est pareil.

S’il faut emprunter de plus en plus …Il suffira alors d’augmenter les prix l’année suivante des patates pour payer en plus des intérêts.  Quelle différence entre payer son Kg de patate 10€ ou 100€ ? du moment qu’on échange toujours 1Kg chacun ? aucun ! Si les prix augmentent, on appelle ça l’inflation, et tant que les salaires eux aussi augmente, pas de problème. Mais au moins, un partie de la récolte pourra être achetée par le banquier, qui lui aussi doit manger (dans notre système économique ultra simplifié).

Reprenons l’exemple précédent, en ajoutant les intérêts cette fois. Par soucis de simplicité, je prends 100% de taux d’intérêts sur 10 jours. Cette fois la banquier mange, avec la même récolte au départ de 6Kg chacun de carottes+patates, donc on aura au final 2Kg (et non pas 3) de patates+carottes pour notre plat.

  • J’ai 6kg et patates, et je veux échanger 3Kg de mes patates avec 3Kg de tes carottes (toi qui en a 6Kg aussi) de sorte qu’on ai tous les 2 au final 3Kg de patates et 3Kg de carottes chacun pour manger.
  • Je vais faire un emprunt à la banque : elle me donne 100€ que je dois lui rembourser dans 10 jours avec 100€ d’intérêts. Pas de soucis. J’ai donc 100€ en billet + une dette de 200€ + 6Kg de patates. Tu empruntes aussi 100€ remboursable sous 10 jours avec 100€ d’intérêts en plus. Donc tu as 100€ en billets + une dette de 200€ + 6Kg de carottes. Et la banque s’octroie d’ors et déjà ses 100+100€ d’intérêts (comme une sorte de salaire).
  • Je viens te voir, je te file les 100€, j’achète tes 2Kg carottes. J’ai maintenant : 2Kg de carottes, 4Kg de patates en trop en plus des 2Kg que je garde pour moi, et une dette de 200€.
  • Maintenant, avec tes 100€ empruntés tu m’achètes a ton tour mes 2Kg de patates en trop. J’ai donc à nouveau 100€, j’ai toujours une dette de 200€, j’ai 2Kg de carottes, mais je n’ai plus que 4Kg de patates (dont 2Kg réservées pour moi). Toi tu as 4Kg de carottes et 2Kg de patates.
  • Le banquier nous achètes avec ses 100+100€ d’intérêts qu’ils s’est auto versés 2Kg de carottes à toi et 2Kg de patates à moi. Et nous du coup on a tous les 200€ en billets.
  • Je n’ai plus qu’a rendre les 200€ à la banque, tu fais pareil, et le tour est joué.

Comme on peut le voir, les intérêts dus n’entraînent pas de cycle infernal de la dette non remboursable. Quand la banque crée la monnaie pour notre emprunt elle crée la monnaie pour les intérêts aussi et les met en circulation. Par contre, on voit que les prix ont changés, 100€ pour 2Kg au lieu de 3Kg … c’est une sorte d’inflation, mais vu que le prix est arbitraire…

Voici un tableau (j’espère plus simple à lire) pour expliquer les comptes : P = patate, C = Carottes, A = Argent liquide, D = Dette, RD = reconnaissance de dette. (j’ai réduit les montants à 10 au lieu de 100 a cause de la mise en page de WordPress qui ne passe pas)

Action PP (Producteur de Patates) PC (Producteur de Carottes) B (Banquier)

P (Kg) C (Kg) A € D € P (Kg) C (Kg) A € D € P (Kg) C (Kg) A € RD €
PP et PC cultivent 6 0 0 0 0 6 0 0 0 0 0 0
PP emprunte 10€ avec 100% d’intérêts 6 0 10 20 0 6 0 0 0 0 10 20
PC emprunte 10€ avec 100% d’intérêts 6 0 10 20 0 6 10 20 0 0 20 40
PP achètes 2Kg de C à 10€ 6 2 0 20 0 4 20 20 0 0 20 40
PC achètes 2Kg de P à 10€ 4 2 10 20 2 4 10 20 0 0 20 40
B achètes 2Kg de P et C à 10€ 2 2 20 20 2 2 20 20 2 2 0 40
PP rembourse 10+10€ 2 2 0 0 2 2 20 20 2 2 0 20
PC rembourse 10+10€ 2 2 0 0 2 2 0 0 2 2 0 0

tout ça pour démystifier la dette ! Ca me semble très important de savoir de quoi on parle au juste. La dette est une monnaie, temporaire, un moyen d’échange, sans vice intégré. Au contraire même, c’est très astucieux. [Je n'ai pas intégré les collatéraux dans l'exemple]

Les problèmes

Le vrai problème, c’est de combien de temps disposes-t-on pour rembourser (ou réemprunter) et combien et si le banquier nous fait confiance, quelle est la part réelle prélevée par le banquier sur l’économie, et comment est régulée l’inflation et les salaires, quelle sont les valeurs des collatéraux. Ce genre de choses. Il faut que l’augmentation de la dette suive l’augmentation des collatéraux (et donc a l’échelle d’un pays du PIB – car pour un état, le collatéral ce sont ses impôts).

Si votre récolte de patate est mauvaise, et que vous aviez négocié 20% avec la banquier … il aura 20% d’une mauvaise récolte, mais si vous aviez négocié 600gr et qu’au lieu des 2Kg prévu vous n’en ayez que 1Kg … ce n’est plus 30% mais 60% que vous lui devez. Il y a une part de risque, de confiance, que le banquier est censé gérer, avec vous !!!

Les problèmes ne viennent pas de l’outil en lui même, mais de ce qu’on en fait. Le problème c’est que c’est un outil "non linéaire"… et ça, c’est difficile à maîtriser. C’est comme si vous aviez une tronçonneuse dont la vitesse varie en fonction de la force dont vous appuyez, elle peut vous sauter des mains si vous n’être pas très minutieux, mais elle est ultra performante. Ou disons plutôt une F1… si vous ne savez pas piloter, vous raterez à coup sûr le premier virage. La dette c’est la F1 des monnaies. elle permet une économie très dynamique et florissante, beaucoup plus qu’avec l’argent liquide ou l’OR. Mais la moindre erreur de pilotage, ou la moindre aspérité sur la piste, et c’est le vol plané assuré.

On dispose d’outils pour réguler la dette et l’inflation : les taux directeurs de la BCE, les marchés, les critères de maastricht, les taux de change flottants, les impôts, les niches fiscales, etc… A chaque fois les outils qu’on a rajouté reviennent à booster  notre F1 au kérosène ou parfois l’inverse, d’avoir un pneu rempli de plomb … Au final nous sommes en train de conduire un attelage très étrange.

Les vrais problèmes sont de savoir ce qu’on fait des collatéraux pourris qui inondent les banques (et même la banque centrale). Les vrais problèmes sont de savoir comment combiner l’argent dette avec les autres monnaies, etc… Les vrais problèmes c’est que les outils complexes permettent à certaines personnes d’en manipuler d’autres, et dans le cas de l’argent, de le faire à grande échelle (cf la titrisation) C’est sur ces problèmes que penchent les économistes. Et ce ne sont pas des problèmes triviaux. Il n’y a pas de solution magique. D’autant que si un économiste peut très bien trouver une idée pour réguler la dette, il ne peut pas forcer les gens comprendre son idée et à l’appliquer. Moins les gens comprendront, plus on aura de système centralisé, et plus on aura de difficultés à réguler la dette ! Au point qu’il devient logique de s’en débarrasser … Mais après, il ne faudra pas se plaindre de rouler en 2CV (Et rouler en 2V ça veut dire concrètement : chômage élevé ou pouvoir d’achat réduit, ou le genre de choses qu’on voit dans les pays pauvres en somme, beaucoup moins de confort…).

Car nous sommes en guerre permanente. La finance est un outil dans cette guerre. Mais un outils qui est en train de se retourner contre nous si nous ne parvenons pas à le maîtriser (collectivement).

Epilogue

Il y aurait beaucoup plus à dire sur la dette, la règle de 72, l’effet de levier, les taux en baisse, l’emprunt au court terme pour rembourser les emprunts long terme, la confiance (monnaie fiduciaire, fidus = confiance), la gestion du risque, sa répartition, la spéculation, les trappes à liquidité, la vitesse de circulation monétaire, maastricht, l’usure, les aspect psychologiques et sociologiques de la dette … car tout ça découle de la dette … Mais on dépasse le cadre de ce post qui essaye de se limiter à des situations simples. C’est de la micro-économie.

GEAB 60 – Eurobéats


Ca va finir par devenir une tradition ! lol Voici mon commentaire du GEAB 60. Je ne peux pas parler de naufrage, car une partie de leur analyse reste pertinente mais, au moins de grosse dérive européiste bien baveuse !

Ok pour dire "USA insolvable et ingouvernable", mais de la à dire que l’Europe va sortir grandie de la crise, désolé, mais même si j’ai beaucoup d’estime pour le GEAB, il faut arrêter la moquette. Je rejoint Patrick Reymond : c’est pareil chez nous. On est autant insolvable et ingouvernable que de l’autre coté de l’atlantique.

Déjà sur la forme : aux UKSA tout est critiquable selon le GEAB, par contre l’Europe elle ne fait que traverser des difficultés passagère, quand on parle grosso modo, des mêmes événements.

Sur le fond :

  • Si tous les problèmes viennent des USA, comment peut-on ne pas voir que la prise de contrôle des hommes de Goldman Sachs en Europe (à la tête de la BCE, de l’Italie et Grèce) est exactement le même processus qu’au USA ?
  • Comment peut-on penser que l’ultra-libéralisme failli des USA va fonctionner mieux ici ?
  • L’Europe n’aurait-elle aucun problème intrinsèque en dehors des critiques (naturellement non fondées si on écoute le GEAB) des UKSA ? Lisez par exemple Charles Gave (en dehors de son ignorance du pic pétrolier ses analyses sont fulgurantes) ou JP Chevalier (lui c’est l’inverse est USBéat, mais il ne dit pas que des âneries sur la France notamment)
  • L’Europe ne fait pas de QE ? soit … techniquement c’est vrai, mais dans la pratique, ça ne change rien, la BCE inonde les banques d’argent gratuit pour les sauver, toutes les semaines ou presque.
  • Bruxelle est en lutte farouche contre le couple France/Allemagne, eux même en lutte contre les autres pays, selon les différents blocs internes, le tout sur fond de lourdeur technocratique et de perte de souveraineté de plus en plus flagrante.
  • Et le bank run ? la fuite des capitaux hors d’Europe due a la perte de confiance face à 3 années de mensonges quasi quotidiens sur la crise… ha oui mais non c’est vrai, le peuple va finir par se réveiller pour enfin chanter les louange de ses leaders Bruxellois qui se sont arrogés les pleins pouvoirs pour sauver, non pas leurs postes, ou leur monnaie, mais leurs contribuables… lol

C’est le même processus des 2 cotés :

  • Prise de pouvoir des multinationales sur les états, au détriment des peuples
  • Destruction de la classe moyenne, esclavage par la dette (odieuse en partie) = on tape sur les faibles et les petits
  • Tentative contre vents et marrés de préserver le système (et les copains)
  • Monté de la contestation sous toutes les formes possibles (OWS, TP, Parti Pirate, FN…)
  • Blocage politique (plus visible aux USA, mais plus fourbe et sournois en Europe)
  • Perte de vitesse de l’occident face aux pays émergés, transfert de richesse et de pouvoir massif vers les BRIC

Comment peut-on penser un seul instant que les vassaux des USA (nous) seront les grand gagnants ??? Au contraire… je crois plutôt que la logique voudrait qu’on soit les dindons de la farce. Je suis d’accord pour dire qu’il y a une guerre monétaire, financière et économique entre l’Europe et les UKSA, et que par voie de conséquences, de l’autre coté, ils font tout pour nous couler. Mais ça ne veut pas dire que leurs journaux ont faux sur leur constats nous concernant, au contraire même …

L’Euroland à une population ultra vieillissante, aucun dynamisme économique, en voie de soviétisation accélérée… comme si les Eurobonds et une taxe européenne pour financer des délires technocrates et une politique du poulet sans tête allait nous aider ? comme si on pouvait faire fi des profondes différences culturelles en Europe (pas de langue ou de projet commun, si ce n’est un Euro comme ligne Maginot) et d’une monnaie qui rajoute énormément d’entropie a la compétitivité des pays …

Si le GEAB répondait à toutes ces objections, s’ils parlaient du bon et du mauvais en Europe (au lieu de toujours en prendre la défense), alors, OK, je serais prêt à les suivre dans leur raisonnement "politique". Mais au contraire, tout un tas de faits gênants sont passés sous silence, et le ton confirme sur la forme leur biais sur le fond. Avec le temps, leur dérive va finir en délire…

(Ajout 06/01/12) sur quoi se base l’Européisme béat du GEAB ? L’explication la plus claire et synthétique nous viens du blog d’Olivier Berruyer :

A quelles conditions un Etat peut-il se passer de ses créanciers, s’il accepte l’idée de ne pas les rembourser ni leur payer d’intérêts sur les sommes empruntées ? Réponse : dès lors que ses recettes couvrent ses dépenses… hors remboursement de la dette et paiement des intérêts, donc à condition que le solde primaire des finances publiques soit nul ou positif, c’est-à-dire à partir du moment où il n’aurait besoin d’emprunter que pour honorer le service de sa dette.”

Henri Regnault propose alors un premier tableau qui montre que ce solde est nul ou positif sur la zone euro.

 

Défaut_tableau

 

La zone Euro est structurellement excédentaire avant service de la dette et a été conjoncturellement déficitaire, globalement elle n’emprunte pas pour financer ses dépenses courantes.” Oui mais ce chiffre ne masque-t-il pas les situations très différentes au Nord (excédentaire) et au Sud (déficitaire) ? Non, et il publie un second tableau :

 

Défaut_tableau
Conclusion de l’économiste : “On retiendra donc de ces tableaux qu’en termes de budget primaire l’Europe est beaucoup plus vertueuse que le Japon, la Grande Bretagne et les Etats-Unis. C’est dire que tout le ramdam qui est fait actuellement autour de la dette européenne est largement une mayonnaise montée de toutes pièces par des apprentis sorciers anglo-saxons, pour tenter de canaliser les flux financiers mondiaux vers leur propre endettement… pourtant beaucoup plus problématique : apprentis sorciers au sens où ils déclenchent une foudre qui finira probablement par s’abattre sur eux au vu de leur situation budgétaire authentiquement catastrophique.”

FAQ Economie


Je vois que beaucoup ne parviennent pas a comprendre comment l’économie fonctionne. Et visiblement, ce n’est pas une qu’une impression puisqu’un étude vient de rendre compte du niveau "lamentable" des Français en la matière. Il est très clair dans mon esprit que s’il y a une crise économique aujourd’hui, c’est en partie a cause des financiers d’une part, mais en grande partie a cause de cette ignorance crasse des gens : c’est beaucoup plus facile de manipuler quelqu’un qui n’y connaît rien, et en plus, c’est beaucoup plus difficile de diriger une économie "proprement" s’il faut en plus anticiper les "mauvais" comportements des gens.

Je vais expliquer avec des mots simples. Parce que ca l’est. Et parce que quand on prends un cours d’économie, il faut toujours qu’il nous pondent des explications improbables ou pour comprendre ce qu’est un billet de banque il faut comprendre ce qu’est un CDS et la topologie stochastique intrinsèque de la monade ontologique banco-jubilatoire (ca ne veut rien, ne cherchez pas) et vice versa !

Attention, pour l’instant ce sont des notes. Il manque pas mal d’explications "intermédiaires". Posez vos questions, ça m’aidera a rédiger plus clairement.

Mathématiquement parlant il n’y a que 3 outils a maîtriser :

  • [indispensable] la règle de trois
  • [indispensable] la boucle de rétroaction
  • [important] l’effet levier ou démultiplicateur
  • [option] conceptuellement les fractales peuvent aussi aider beaucoup, et la théorie du chaos (attracteurs étranges)

L’économie c’est quoi ?

L’économie, c’est une manière de gérer les échanges entre humains. On souhaite que ces échanges soient équitables, que celui qui donne reçoivent aussi. Finalement, c’est une manière de compter pour assurer la "confiance" (en soi et en la vie). D’ou l’idée de monnaie fiduciaire (fidus / confiance).

L’économie c’est l’outil qui sert à gérer :

  • la récompense sociale du mérite (à travers le salaire, l’investissement, le dividendes, etc…)
  • la solidarité (a travers les retraites, le chômage, les assurances, etc…)
  • la liberté (a travers la propriété privée, le droit, la sécurité et la confiance, etc…)
  • l’équité, la justice et l’harmonie sociale

Elle se base (en occident) sur l’état de droit, qui assure que les règles sont respectées, ce qui permet d’avoir la confiance dans le système économique, et dans le droit et la propriété.

Les 4 piliers de l’économie sont donc :

  • la propriété (garantie chez nous par l’état de droit) – c’est un moyen de règlement de litiges
  • la monnaie (qui est aujourd’hui de la dette pour l’essentiel) – c’est un moyen d’échange avant tout
  • le patrimoine (culturel, cognitif, le savoir faire, l’innovation, les biens matériels et infrastructures) – ce dont on peut disposer
  • la confiance (efficacité, gestion du risque et des litiges) qui est le ciment du reste – le reflet de notre subjectivité, adossé a une certaine rationalité

L’économie ça sort d’où ?

Je vais faire très rapide. Au début on a "rien", même pas de troc, mais des tribus. Puis viens le troc. Puis viennent les coquillages pour compter le troc. Puis viens l’or, qui ne s’abîme pas, qui est trop mou pour servir, et qui est joli ! Puis viens les banques pour ne pas se faire piquer son or. Puis viens le chèque pour ne pas se faire piquer son or quand il circule.

Puis viennent les lumières, et c’est la que naît l’économie moderne. D’abord, on défini les bases du capitalisme : la propriété privée garantie par l’état de droit (=la loi est la même pour tous). La liberté est limitée par cette propriété privée. On crée la libre entreprise, les salaires. On crée au passage la démocratie basée sur le consentement à l’impôt qui doit être progressif (ce qui met fin au privilèges féodaux).

Tout ce "package" est le fondement de notre économie moderne. L’économie ce n’est pas juste "faire du profit", c’est tout un système idéologique, auquel on ne penses plus tellement ça nous parait "évident".

L’argent, la monnaie ?

A quoi ça sert l’argent ?

A comptabiliser les échanges, pour faire en sorte que ce qu’on donne d’un coté, on le récupère de l’autre. L’avantage de l’argent, c’est qu’il permet des échanges sur des objets de nature différente, et des échanges dans le temps. L’argent, c’est généralement ce qu’on a en poche.

La monnaie est un terme plus général pour désigner tous les moyens d’échange. On confond souvent les 2 dans le langage courant.

Mais rappelons en introduction qu’on réserve le nom de monnaie aux actifs qui présentent deux caractères particuliers :

  • ils sont “liquides”, c’est-à-dire qu’ils peuvent être utilisés instantanément,
  • ils sont “sans risque” de perte ou de gain en capital lorsqu’ils sont mobilisés (c’est-à-dire transformés pour être la contrepartie de l’échange).

Pourtant ils sont très différents l’un de l’autre, l’argent c’est un chiffre, la monnaie, c’est un vecteur à 4 dimensions :

  • sa masse (sa valeur faciale)
  • sa vitesse de circulation (plus il y a d’échanges dans un temps donné, plus l’argent circule vite)
  • sa durée de vie (la dette est une monnaie qui a une durée de vie définie)
  • sa liquidité (la facilité avec laquelle on peut l’échanger contre autre chose) – a voir si c’est la même chose que la vitesse de circulation

La dette ?

C’est de l’argent créé temporairement. Il sert a faire des échanges et à s’assurer qu’au final, ils sont équilibrés. La dette assure que le jeu comptable soit a somme nulle, au bout d’un certain temps. Nous avons (selon l’échéance de la dette) plus ou moins de temps pour résoudre les déséquilibres. L’avantage de la dette, c’est qu’elle permet des échanges dans le temps.

Il y a 2 manières (à ma connaissance) de faire un emprunt : en donnant un gage (Hypothèque, CDI, …) ou en utilisant les dépôts d’un autre (l’argent est prêté et les intérêts reversés à l’épargnant). L’intérêt d’avoir un gage c’est que la personne a "tendance" (euphémisme) a venir rembourser à échéance pour retrouver ses bien hypothéqué ! C’est ce que l’on nomme "monétisation".

Les USA auraient pu rembourser leur dette, mais ne l’ont pas fait pour garder un actif financier sûr.

Le quantitative easing ?

Le QE (quantitaive easing) n’est rien d’autre que ça : vous allez chez un préteur sur gage, vous lui filez votre montre en or, et il vous donne du cash. Si vous le remboursez, il vous rends votre montre (qui en principe vaut plus que l’argent qu’on vous a prêté … car le cash est plus liquide qu’un objet, qu’il faut se débrouiller pour revendre chez un receleur ensuite, et les 2 vont prendre une marge, négocier, etc…, donc il faut que ça rapporte, sachant qu’en plus, il faut être spécialiste des montres et de l’or pour connaître son vrai prix, il y a donc un risque à gérer).

Le QE sert à injecter de l’agent "frais" dans l’économie, pour la liquidifier (c’est un avance de trésorerie en somme). C’est un pari sur le retour de la croissance, sinon, c’est une perte sèche.

Le QE n’est pas de la création monétaire (mais il en a les même effets inflationnistes) :

Un quantitative easing retire du portefeuille global mondial une masse d’assets qui offrent un rendement et en contrepartie émet un asset à maturité zéro, de la monnaie, qui ne rapporte rien. Donc on retire du rendement en injectant des liquidités.

L’intérêt ?

Disons que je vous prête ma hache. Cette hache peut couper 100 arbres, ensuite, elle se casse. Si je vous la prête et que je m’en suis servi 30 fois, si vous l’utilisez 50 fois, alors il ne me reste que 20 utilisation. L’intérêt, c’est le comptabilisation de cette perte : je réclame une contre partie.

Mais les taux d’intérêts rendent la dette non remboursable ? oui, et au final, c’est la représentation mathématique de notre effort permanent pour lutter contre l’usure de la vie, et notre propre usure personnelle (manger quoi !).

Dans son livre "La révolution fiscale" Pikkety nous apprends d’ailleurs que l’usure est d’environ 14% du PIB, soit 2 mois de boulot, juste pour l’usure des infrastructures (sans parler de manger):

soustraire du PIB la dépréciation du capital qui a permis de réaliser ces productions, c’est-à-dire l’usure des bâtiments, équipements, ordinateurs, ampoules, etc., utilisés au cours d’une année. Cette masse considérable, évaluée à 280 milliards d’euros en 2010 (soit 14 % du PIB)

L’usure ?

L’intérêt et l’usure étaient la même chose "avant" et étaient condamnée par l’église. De nos jours, l’intérêt est autorisé, mais l’usure est toujours interdite. Par contre il n’y a pas de définition "fixe" de l’usure. On fixe grosso modo le seuil a 1/3 de plus que le taux moyen. C’est pour éviter les exagérations en somme.

La spéculation ?

La spéculation est autant nécessaire a l’économie que la météo de demain a l’agriculteur. Par contre, il y a spéculation et casino. Aujourd’hui ce n’est pas toujours facile de différencier les 2.

Le PIB ?

C’est une mesure plus ou moins bonne de l’activité économique d’une nation. Plus il y a d’échange, plus on comptabilise de "richesse" crée, et donc, de capacité a rembourser la dette. C’est un chiffre essentiellement politique plus que réel. Il sert a calculer beaucoup d’autres choses. Aujourd’hui la mesure du PIB est cassée.

L’inflation ?

La, c’est un sujet plus difficile a appréhender. L’inflation c’est la mesure de la hausse "générale" des coût. Mais on devrait plutôt parler de l’inflation de quoi par rapport a quoi … Au final, ce qui compte, c’est le temps qu’on passe a travailler, et le temps dont on dispose pour nos loisirs. La, on aurait une vraie mesure de l’inflation. Car si les prix de la nourriture coûte 3X plus cher, mais que votre salaire fais X5 … en réalité, les prix diminuent pourtant l’inflation va vous dire "200% d’augmentation" … d’où le "bug" dans l’esprit des gens qui n’arrivent plus a savoir de quoi on parle. Calculez combien d’années de travail va vous coûter votre maison, combien d’heures de boulot pour vous payer une voiture. Et la vous saurez vraiment s’il  a inflation ou pas et dans quel domaine.

La loi Rotschild de 1973 ?

C’est la loi qui dit que la France ne peut plus emprunter a la banque de France (à taux 0), mais doit emprunter aux marchés. En gros, cela revient à interdire la planche a billet (qui a été la cause de l’hyperinflation a d’autres époques).

Cette loi est indissociable de la loi de 1982 qui a mis fin a l’indexation (des salaires sur l’inflation). Le but étant de limiter l’inflation.

D’un point de vue strictement mathématique cette loi est neutre. D’un point de vue politique par contre, cette loi oblige les dirigeants à passer par les marchés. C’est une loi libérale qui vise a réduire le pouvoir "nocif" de l’état. En réalité l’état n’a aucun pouvoir ni nocif ni bénéfique, tout dépends des dirigeants qu’on met ! Donc parfois cette loi sera "bonne", d’autres fois elle sera "mauvaise". En tout cas, elle est aujourd’hui au profit des banquiers.

Comment une banque gagne de l’argent ?

  • Grâce au différentiel des taux d’intérêts entre les emprunts et les placements
  • Grâces aux frais bancaires
  • En jouant au casino boursier

La titrisation c’est quoi ?

J’ai plein de gâteaux cerise/chantilly a refourguer, mais la plupart des acheteurs ne veulent que des cerises ou que de la chantilly ! Je regroupe tous mes gâteaux, je sépare les cerises, la chantilly et la patte à gâteaux, et je les revends séparément en grossiste : un gros paquet avec que de la cerise, un gros paquet avec que de la chantilly et un gros paquet avec que de la patte.

C’est pareil pour les subprimes : j’ai un gros paquets d’emprunts pour des maisons. Chaque emprunt est plus ou moins risqué selon si c’est un clodo ou un immigré clandestin ou un artiste ou un dealer. Mais on est aux USA, tout le monde a droit à sa chance, et en plus, c’est l’économie la plus forte du monde (lol). Bref, tout le monde à droit a son prêt. Ces prêts sont regroupés, puis redécoupés : a certains je vends la partie "la plus sûre" (la cerise), a d’autres la partie un peu moins sure (la chantilly) et a d’autres, la partie la plus risquée (la patte a gâteau). L’idée, c’est de revendre le risque et de ne garder qu’une commission au passage. Argent facilement gagné du coup puisque a servir d’intermédiaire, on ne risque pas de perdre, mais on gagne quand même une commission. Enfin … en théorie ! lol

Une banque centrale ca sert a quoi ?

En Europe, ca sert a réguler la masse monétaire (de dettes essentiellement) grâce a des taux d’intérêts directeurs. S’ils sont haut, personne n’emprunte, il y a moins d’argent, ca ralenti l’économie. S’ils sont bas, beaucoup d’emprunts et donc beaucoup d’argent qui circule, et donc, plus d’activité économique. Mais des taux trop bas provoquent l’inflation ou des bulles et des taux trop haut la récession ou le chômage. Il faut donc trouver le juste milieu.

Aux USA la banque centrale a pour rôle de juguler l’inflation, mais aussi de maintenir le chômage bas. En Europe il n’y a que l’inflation qui compte.

Et les autres (systèmes économiques) ?

Bien entendu un système économique n’est qu’une convention entre nous. On pourrait fonctionner avec d’autres conventions, et même sans … Il existe d’autres systèmes économiques, plus ou moins différent de celui qui est en oeuvre chez nous. D’ailleurs, il y a des (grosses) nuances d’un pays a l’autre :

  • économie solidaire
  • économie distributive
  • monnaies fondantes
  • communisme (on a vu ce que ça a donné)
  • la mafia (système économique archaïque mais pas inefficace pour autant)

Et on peut aussi faire un lien entre système économique et système politique, les 2 sont souvent liées. La démocratie allant avec le libéralisme par exemple. Souvent ces systèmes sont des utopies. Ils ne sont jamais mis en oeuvre "parfaitement". Pourquoi ?

  • parce que l’homme n’est pas parfait
  • parce que la nature n’est pas parfaite
  • parce que l’adhésion de l’homme a ces système n’est pas parfaite
  • parce que l’histoire n’est pas parfaite (en gros : on part d’un système déjà existant et il faut assurer la transition)

L’effet levier c’est quoi ?

Pour gagner 1 000 euros, je peux jouer en bourse et placer 10 000€, en espérant un gain de 10%. Mais je peux aussi placer 100 000€ et espérer un gain de 1%. Ça revient strictement au même, d’un point de vue mathématique. Mais un gain de 1% est plus facile a obtenir. Donc,  toute la question est : comment se procurer les 100 000€ initiaux, si on ne les a pas. Ces 1000€ vous pouvez les obtenir en demandant 100€ a 10 personnes ou bien 1€ à 100 personnes, ou bien vous pouvez demander 10€ à 10 personnes pendant 10 mois d’affilés. L’effet levier consiste a jouer sur ces paramètres pour démultiplier vos gains. Ce qui peut provoquer des effets papillons, bien entendu.

Concrètement, c’est ce qui se passe, quand la banque centrale baisse ses taux, alors on peut jouer sur le différentiel de taux (avec ceux d’une autre banque centrale par exemple) en emprunter des fortunes, pour faire des tous petits gains (mais au final vous aurez amassé plusieurs millions d’euros !). C’est aussi ce qui se passe avec les "robots boursiers" : ils gagnent très peu (quelques fractions de dollar), mais très souvent (a la milliseconde près), et donc, beaucoup … Ou bien encore, si vous prenez une commission de 1€ a chaque transaction bancaire, vous gagnerez 10 fois plus si vous parvenez a faire "éclater" cette transaction en 10 transactions plus petites. Etc… les exemples sont infinis, et croyez moi, les financier se cassent la tête tous les jours pour en trouver de nouveaux !

CDS mon amour ?

comment j’ai arrêté de m’en faire et j’ai commencé à aimer les CDS. Les CDS c’est un truc fabuleux. Si vous avez une voiture vous allez voir votre assureur, et en cas d’accident, il prends en charge les dégâts (dans un monde idéal du moins). Le CDS permet de s’assurer contre les accidents du voisin. Malin non ? vous prenez une assurance, vous dégonflez ses  pneus pour augmenter vos chances et … Jackpot !

Ne croyez pas que ça ne se fait pas ! Goldman Sachs a permis à la Grèce de rentrer dans l’Euro en traficotant ses comptes. En même elle avait parié dans son dos qu’elle se ferait piquer pour fraude plus tard ! Pas mal non ?

Bon les CDS c’est un peu dépassé maintenant … le prochain produit miracle des financiers ? les assurances vies… Je vous laisse imaginer la suite.

L’économie ça sert à quoi ?

  • a savoir ce qui se passe quand on confie notre argent à un banquier
  • a savoir ce qu’il en fait
  • a comprendre que si on a du mal a boucler la fin du mois, c’est pas forcément parce qu’on s’y prends mal
  • a comprendre aussi qu’on peut pas vivre éternellement au dessus de ses moyens

Pourquoi les économistes se trompent autant ?

  • les modèles mathématiques répondent à des critères plus politique qu’autre chose
  • ce sont des mathématiciens et il n’y comprennent rien aux gens
  • les gens n’y comprennent rien aux maths (et ne font pas ce que les économistes avaient prévus)
  • les modèles économiques ne sont bon qu’a une chose : prédire le passé
  • les politiciens changent sans cesse les règles du jeu
  • les économistes vivent dans un monde infini, le pic pétrolier "s’trop ringuard"
  • les économistes répondent aux questions qu’on leur pose : comment faire de la croissance. Dit autrement : ils sont la pour nous faire rêver, et pas pour nous faire revenir sur terre.
  • les économistes sont eux aussi payés (et donc, ce sont d’autres qu’eux qui décident qu’elle théorie doit être mise sur le devant de la scène)
  • a cause de biais cognitifs et parce qu’ils confondent corrélation et causalité (a leur avantage)

Le capitalisme c’est quoi ?

Il ne faut pas confondre capitalisme, économie de marché, libéralisme, qui sont souvent mélangés dans l’esprit des gens sous le vocable "capitalisme". Le capitalisme c’est :

  • la propriété privée
  • la libre entreprise
  • le droit d’accumuler du capital
  • le salariat

Il est né de la réforme protestante qui déculpabilisait l’enrichissement personnel qui devient un signe des faveurs divines et non plus un obstacle au royaume des cieux, c’est pour cela que les USA en sont les champions. Le capitalisme est aujourd’hui associé a l’économie de marché (mécanisme de fixation des prix) et du libéralisme (amoindrir le rôle de l’état et garantir la liberté individuelle). Il est à noter que le capitalisme ne parvient pas a s’implanter sans état de droit : en effet, la maison (propriété d’usage) ne peut pas être mise en hypothèque sans papier prouvant se propriété, et la pompe économique ne peut être amorcée.

La propriété privée

C’est une notion assez complexe en définitive qui remonte jusqu’à notre conception même du "moi" (c’est à moi). Elle sert à régler les litiges de manière consensuelle au lieu d’utiliser la violence. C’est donc un pouvoir consenti (par approbation ou soumission) qui peut être transféré.

Le droit de propriété comporte trois attributs :

  • l’usus qui est le droit d’utilisation du bien ;
  • le fructus qui est le droit de percevoir les fruits et les produits ; un fruit est un revenu qui se renouvelle (une récolte, un loyer…), un produit est un revenu qui amoindrit la valeur du bien (une carrière, une mine) ;
  • l’abusus qui est le droit de disposer de sa propriété comme on l’entend : donation, vente, transformation voire destruction…

Et 5 caractères :

  • le caractère exclusif : en principe une chose appartient à un seul propriétaire ;
  • le caractère absolu : le propriétaire peut faire ce qu’il veut de la chose ;
  • le caractère perpétuel : le droit subsiste autant que la chose.
  • Autonome : depends-t-il d’une autre entité (religieuse, communautaire, état, famille, mafia)
  • Universel : Est-il un droit pour tout le monde, selon quel critère ? (appartenance ? Censitaire? Application normative ou pragmatique/contextuelle)

La propriété sert a l’efficacité économique, l’utilité collective … et la justice (individuelle).

Formes de propriétés "communes" : libéralisme (on possède son corps et son travail), socialisme (l’intérêt général prime sur l’individu), anarchisme (propriété d’usage), communisme (propriété collective des moyens de production).

C’est de la notion de propriété que découle : la justice, l’impôt, l’enclos, l’héritage, la personne morale, le monopole de la violence par l’état, le patrimoine, etc.

Le droit de propriété moderne individuel, universel, "naturel", trouve sa source dans l’encyclique intitulée Quia Vir Reprobus et publiée en 1329 par Jean XXII dans une querelle qui l’oppose au Fransicains bien avant la Déclaration des droits de l’homme de 1789 et à notre Code civil de 1804.

Actif/Passif

Merci à Patrick Luder pour m’avoir donné l’explication la plus simple que j’ai pu trouvée :

  • Actif = utilisation du patrimoine
  • Passif = provenance du patrimoine
  • Charges = Activités déficitaires mais nécessaires au fonctionnement de l’activité.
  • Produits = Activités bénéficiaires de l’activité.

Aller plus loin

  • Le panurgisme chez les traders : explique quelques concepts fondamentaux dans le trading
  • La finance ca sert a quoi ? du moins en principe …
  • Les produits dérivés par Olivier Berruyer

Perfect Storm


Des news que je lis quotidiennement sur l’économie, il y a une impression qui se dégage. Il semble que les événement convergent vers une "tempête parfaite".

  • Aux USA le problème des négociations de la dette redeviennent d’actualité
  • Les banques centrales prennent des mesures de plus en plus exceptionnelles : l’accord des 5 banques centrales les plus importantes pour fournir des liquidités jusqu’à la fin de l’année, le TWIST de la FED, l’annonce de la banque centrale suisse (ce qui met la BNS en grande difficulté)
  • En Europe la fuite en avant vers le fédéralisme continue avec l’extension du FESF voté par les allemands hier. Ce qui consiste finalement a faire payer les pauvres Allemands via leurs impôts et leurs bas salaires, et les pauvres grecs via l’austérité pour les piscines des fraudeurs grec et les rêves d’Euro des riches Allemands.
  • En Chine, on dirait bien que la bulle de surproduction est en train d’éclater.
  • La situation ne semble pas se stabiliser dans les pays arabes.
  • En 2012/2013 on va avoir les élections présidentielles les plus importantes : France, USA, Allemagne, Russie. Avec partout une poussée des forces "anti-système" (Tea Party / FN et autre…). Exemple, le parti pirate a fait 9% en Allemagne.
  • Coté bancaire, on a une extrème volatilité en ce moment, qui traduit la fébrilité des marchés. BoA semble dans une position très délicate, de même que BNP, CA et encore plus la Société Géniale.
  • Et donc coté peuple, le ras le bol, les désillusions, et les difficultés devant la fin de l’état providence (l’aide alimentaire va être coupée des 2/3 laissant les resto du coeur dans une situation délicate, de même les aides médicales pour les populations fragiles vont être réduites – a se demander s’il ne font pas exprès pour pousser à la faute).

Cet été "on" (plusieurs indices concordant) envisageait un "choc" pour octobre, au pire novembre. Je pensais que çà pourrait être la Grèce, mais apparemment, ce ne sera pas le cas. Toujours est-il que les nuages s’accumulent. Aux USA la récession semble déjà de retour, le chômage ne diminue pas. Coté pétrole, le croisement de l’offre et la demande est toujours prévu pour 2012.

Tout semble donc converger pour l’année qui arrive.

Résumé du blog novembre 2010


Voici les grandes étapes des posts sur le blog :

  1. c’est la crise ! panique sur les marchés, sauvetage catastrophe des banques, plans d’austérités
  2. ha bon ? mais pourquoi ? dollar, papyboom, pic pétrolier, argent dette
  3. oulala, mais c’est quoi ce merdier ! tout est pervertit par la recherche du profit (éducation, information, alimentation, vêtements, médicaments, habitats, transports, …)
  4. aïe ! alors comment on s’en sort ? yoga, rêve, signes, alimentation, hygiène de vie, discernement
  5. si on ne fait rien, on risque quoi au juste ? devenir des esclaves, redevenir "pauvres"

En partant de l’analyse de la crise économique (dont j’ai commencé à parler en janvier 2008), et en cherchant à comprendre j’ai mis à jour plusieurs aberrations qui montrent la présence d’un système de contrôle que j’ai comparé à la matrice. J’ai ensuite montré l’ampleur des dégâts et à quel point la matrice s’est immiscée dans notre vie quotidienne (transport, immobilier, éducation, santé, lois, alimentation, information, etc…).Et comment depuis 30 ans environ on régresse (de manière imperceptible au début) sur presque tous les niveaux (niveaux de vie, social, éducation, santé).

J’ai expliqué plusieurs outils pour dépasser ces schéma de contrôle mentaux, émotionnels et physiques a travers du yoga/signes/rêves (alimentation/respiration/hygiène de vie) et les résultats qu’on peut en attendre : orgasme, félicité, influence de la matière. Inutile de préciser que ce sont que des pistes, beaucoup d’autres voies sont possibles.

J’ai aussi montré les dangers qui nous guettent a moyen terme : peak oil (et le corolaire, c’est le retour au niveau de vie des années 50), société de surveillance (orwellienne), robotisation, transhumanisme, chutte du dollar (possible anarchie économique), retour de la féodalité, je dirais même technoféodalité, ou cyberféodalité. Les mots en verts concernent les prochains articles (actuellement en brouillon).

Pour l’instant, les politiques ne nous proposent que des fausses solutions. En 2007 ils étaient en pleine euphorie quand la crise à commencée. En 2008, ils ont ignoré la crise. En 2009 ils l’ont nié. En 2010 on est passé directement à la reprise. Puis tout d’un coup, c’est les plan d’austérités, la contestation sociale et l’Europe qui sombre. La situation n’est pas mieux aux USA avec les scandales qui s’accumulent (délit d’initiés, foreclosuregate) : municipalités en faillite, crise de l’immobilier "prime" et commercial, Tea Party, crise au pentagone, etc. Il s’agit de gagner du temps en espérant que la croissance réglera tout. Ce n’est pas possible, a cause du pic pétrolier, et parce que l’énergie verte ne peut pas prendre le relais suffisamment vite.

Pour la suite le blog va continuer sur la même lignée, matrice, du système dont on est devenu trop dépendant et qui ne nous permet plus ni d’avancer, ni même de répondre à la situation planétaire plus que préoccupante. Je vais continuer à déboulonner certaines fausses idées (sur Darwin, Freud, Descarte), et proposes des pistes (graines germées, logiciels libres, approfondir sur le yoga, …). Pour le moment, je m’intéresse plutôt aux solutions qu’on peut mettre en place tout seul (comme sortir ses sous des banques – et payer en liquide). Quand on sera suffisamment nombreux, on pourra aller plus loin.

Il s’agit en fait de donner moins de place à l’état (en tant que représentant principal du système, avec les marchés), et ça tombe bien puisque c’est l’objectif de notre économie libérale. A ceci près qu’on n’est pas obligé de tout soumettre à l’argent et au profit, au contraire, à nous reconstruire une solidarité, autonomie et indépendance qui ne repose pas entièrement sur le système économique des banquiers.

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