Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

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Exponentielle, surpopulations, pic pétrolier et autres sujets sans aucune importance


L’exponentielle pour les nuls !

Quand j’essaye d’expliquer le pic pétrolier aux gens, je m’attends à ce que des lumières rouges s’allument (partout) quand je prononce le mot exponentielle ! Hors ce n’est pas le cas, ça ne percute pas. Mathématiquement, une exponentielle est une fonction dont la dérivée est égale à elle même ! lol Dans la pratique, c’est une accélération qui s’accélère. re-lol

C’est pourtant un concept essentiel à comprendre, dans sa vie personnelle autant que pour la géo-économie.

Concrètement c’est quoi ? En salle de classe on prends souvent l’exemple du nénuphar.

Un exemple réel : la taxifolia qui s’est échappée accidentellement (lors d’une vidange). Repérée en 1984 en face du musée océanographique de Monaco, elle occupait à l’époque 1 m². En 2004, elle occupait 5 000 ha, les côtes de 5 pays étant touchées (France, Italie, Croatie, Espagne (dont les îles Baléares), Tunisie) sur 100 km de côtes. C’est typiquement une progression exponentielle. Ça va de plus en plus vite.

Puis elle a "mystérieusement" régressée … Un peu comme si elle avait tout mangé puis qu’elle a "mourru" quoi ! mais sshhhhht, il ne faut pas le dire, c’est tabou. Autre exemple : les lapins en Australie. Ou les bactéries dans une boite de pétri. Au début c’est lent, tout le monde s’en fiche, puis vient le moment ou ça explose littéralement. D’ailleurs, c’est le principe d’une bombe atomique d’utiliser l’exponentielle… bref.

Je vais tenter une autre approche pour expliquer l’exponentielle et son importance. Je vais essayer de ne pas faire trop long, mais en même temps, il y a quelques "objections" courantes à traiter.

Prenez une feuille de papier A4. Vous pouvez la plier et avoir 2 feuilles A5 avec, 4 feuilles A6, 8 feuilles A7, ou 16 feuilles A8. A l’inverse, imaginons que vous pouviez déplier votre feuille A4 autant de fois que vous le voulez. Vous la dépliez une fois et vous avec du A3 qui est 2X plus grand, une autre fois vous obtenez du A2 qui est 4X plus grand, etc…

Maintenant, imaginons que vous dépliez votre feuille 1X par seconde. Une feuille A4 c’est 623.7 cm2.

  • Combien de temps pour remplir votre chambre de 32m2 ? environ 9 secondes.
  • Combien de temps pour remplir toute la France ? 44 secondes.
  • Pour la terre entière ? 52s … pas besoin d’attendre des masses.
  • Pour envelopper le système solaire dans une bulle de papier ? 86 secondes. 1 minutes 36. wow
  • Pour faire un disque aussi grand que la galaxie ? prenez votre mal a patience … il faudra 143s, soit 2 min et demi en gros !

Voila, le pouvoir de l’exponentielle c’est ça. Mais ou est dans donc l’exponentielle dans la vie, quel rapport avec le pic pétrolier, la crise et tout ce binz ?

Ou sont cachées les exponentielles dans la vie courante et dans l’économie ?

La consommation d’eau, le nombre de voitures, la consommation de papier, le nombre d’espèces qui disparaissent, le nombre de poissons péchés, les tonnes de CO2 dégagées sont toutes des exponentielles :

Ca s’accélère de plus en plus. Pourquoi ? parce que la population est exponentielle, et qu’il faut bien nourrir, vêtir, chauffer, transporter, soigner, éduquer, tout ce petit monde :

Mais ce n’est pas tout … parce que si je vous dit "+1% par an", c’est aussi une exponentielle, déguisée, étalée dans le temps. Au lieu de doubler toutes les secondes, on double tous les 72 ans. C’est le même principe de doublement périodique. Quand on parle de taux d’intérêts, de taux de croissance, de taux d’inflation, on parle en réalité de doublement tous les X années et donc d’exponentielles.

Exemple :

  • 5% c’est un doublement tous les 15 ans environ
  • 3% c’est un doublement tous les 24 ans environ
  • 2% c’est un doublement tous les 36 ans environ

Voila ce que ça signifie quand on vous prête de l’argent à taux record de 3,5% par exemple, ou quand on parle de croissance du PIB… mais aussi de la population mondiale qui double tous les 40 ans !!!

Il existe une règle de calcul approximative, qui est un secret de banquiers : pour savoir en combien d’années une valeur qui augmente de x% par an va doubler, on fait "72 / x".

  • 72/5 = 15 (approximativement). En 15 ans, au rythme de 5% la valeur va doubler
  • 72/3 = 24. Au rythme de 3%, elle doublera en 24 ans.
  • 72/2 = 36. Au rythme de 2, elle doublera en 36 ans.
  • et donc pour 10% : 72/10 = 7.2. En 7 ans environ la somme aura doublée.

Ca vous permet quand le banquier annonce un taux d’intérêt de savoir rapidement, selon la durée du crédit si vous allez devoir payer le double ou pas, ou combien.

Notre gouvernement par exemple ne sait rien faire d’autre que des prévisions de croissance à 2%, comme l’a montré Olivier Berruyer dans un de ses posts d’anthologie.

Exemple : depuis 1650, les USA assurent une croissance de 3% par an de leur consommation d’énergie :

(attention, l’échelle de l’énergie fait X10 à chaque case en hauteur et non pas +1)

Pour donner un ordre d’idée à l’échelle humaine :  2.9% de croissance signifie un doublement tous les 25 ans environ, soit X10 dans la vie d’une homme (~80 ans), X17 sur un siècle.

Nous utilisons actuellement (2006) 16TW d’énergie. Si nous poursuivons une croissance de 2.9%, qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

(Idem l’échelle fait X100 à chaque case en hauteur – on est obligé de faire comme ça, sinon on ne pourrait pas dessiner la courbe, il faudrait scroller pendant des heures)

A partir d’aujourd’hui :

  • en 275 ans on consommera toute l’énergie provenant du soleil qui touche le sol avec 20% de rendement (en gros tout surface émergée serait recouverte de panneaux solaire)
  • en 345 ans, toute la lumière qui touche le sol (si les panneaux avaient un rendement de 100%)
  • en 400 ans toute la lumière qui atteint la terre (incluant donc les mer)
  • en 1350 toute la lumière qui émane du soleil
  • en 2450 ans toute la lumière de la galaxie

Et pourtant, ça fait 6000 ans qu’on est en progression exponentielle alors pourquoi ne pas continuer 2450 ans de plus ? On comprends bien que tout cela n’est possible que grâce aux progrès technologiques, et aussi au fait que la terre (était) est grande, relativement à ce qu’on peut faire dessus. Du moins jusqu’à présent.

Mais si on continue notre croissance exponentielle d’utilisation de l’énergie, on va simplement faire bouillir la planète, puis la faire fondre entièrement, etc…

Il y a une limite. Ou est-elle ?

275 ans ça nous laisse du temps pour nous retourner ? Mais c’est juste pour montrer qu’il y a une limite et pour donner des ordres de grandeur. La limite est beaucoup plus proche. Mais d’abord, peut-on peut faire de la croissance sans énergie ? Oui, en partie du moins. La preuve :

Le PIB grandit à un taux de 2.9% comme l’énergie jusqu’en 1950. Ensuite il grandit à un taux de 5% (l’énergie reste à 2.9%) grâce aux améliorations d’efficacité.

En effet, regardons les ordinateurs, on fait plus avec moins (d’électricité) aujourd’hui qu’autrefois (la aussi la progression est exponentielle d’ailleurs, c’est la loi de Moore). C’est une réalité. Mais, pour échanger des bananes d’un continent à l’autre, il n’y a plus grand chose à améliorer (à moins d’inventer la téléportation bien sûr ! lol). Donc, au mieux du mieux, la croissance énergétique doit suivre celle de la population. Mais la population, en général voudrait bien augmenter son niveau de vie. Ce qui signifie plus d’énergie (rappel : le niveau de PIB est fortement corrélé au niveau de consommation d’énergie).

La France se gargarise du dynamisme de sa population qui croit de 0.5% par an (doublement en 140 ans). L’Egypte est à 1.92 (doublement en 37.5 ans). L’Inde double en 54 ans, la Chine en 150, et le Qatar en 15 ans !!! (Ça explique sûrement sa géopolitique très agressive). C’est en Asie que la croissance démographique se situe. Mais vu qu’un américain consomme 40X plus qu’un indien, en réalité, les USA, la Chine et l’Inde sont les pays qui pèsent le plus sur les ressources futures.

Bref, la croissance démographique n’est pas soutenable, pas plus que la croissance économique, et encore moins les 2 combinés. La France si fière de se ponzimmigration qui va payer les retraites dorées de ses ponctionnaires devrait revoir sa copie de toute urgence, sans même parler du fiasco du multiculturalisme "plus belle la vie" à la marseillaise.

Ou est donc cette fichue limite ?

Autant le dire, c’est probablement impossible à calculer. Mais on peut chercher des "signes". Mais la limite est très proche et probablement déjà atteinte (l’histoire le dira) … en 2008 (Leman Brother).

Le taux de croissance démographique a augmenté au cours des ages jusqu’à 2% avant de commencer a retomber un peu avant le premier choc pétrolier.

(Le bump dans les années 60 c’est le grand bond en avant chinois - ne riez pas)

On explique généralement la baisse du taux de croissance par l’urbanisation, l’éducation des femmes, la contraception (pilule inventée en 1956). Difficile pour l’instant de trancher pour savoir si c’est la contrainte énergétique ou bien un changement de mode de vie.

Est-ce que la crise de 2008, qui suit le pic pétrolier conventionnel de 2005 est l’effet de cette contrainte physique ou de l’impact des folies financières sur les classes populaires ? Difficile la encore de trancher.

Mais on sait que le pétrole par personne stagne depuis 1973 !!! Donc, certaines exponentielles ont déjà pris fin. Ça fait déjà 30 ans qu’on patine.

Pour des chiffres plus récents, on a les US, ce qui donne ça :

Pour l’instant, ça va, mais pour combien de temps encore ?

A ma connaissance, seule l’approche systémique apporte un début de réponse. L’approche analytique classique refuse même de se poser la question (Jorion à dit que Malthus était l’ennemi par exemple !) car l’explication marxiste (la finance mondiale ruine les classes populaires pour faire simple) leur convient parfaitement (et pour l’instant elle n’est pas réfutée – en plus la part de l’énergie dans le PIB est limitée à 3% ce qui enfonce le clou).

La systémique (et l’histoire) nous apprennent que le genre de difficultés que nous rencontrons ne sont pas nouvelles (crise de la dette, décadence, guerres, populisme) et apparaissent quand la croissance touche ses limites. C’était le cas de Rome, du moyen age, de Venise, de la 1ère guerre mondiale. J’y reviendrais. Mais il est vrai que c’est (rigoureusement) insuffisant. On peut voir cette crise (et les autres) comme une crise des excès de la finance, une crise de cupidité, de pouvoir excessif.

Pourtant si c’était une crise marxiste, les classes populaires seraient effectivement appauvries, le prix du pétrole aurait du baisser. Hors, il a augmenté, ce qui tends à prouver que la contrainte est bien énergétique et non sociétale.

Les conséquences vont-elles être dramatiques ?

Difficile à dire/ Notre société dispose de "beaucoup de gras", d’une certaine capacité d’adaptation et de rebonds, voire même d’innovation. Mais rien de tout cela n’est chiffrable. En plus, on se situe à l’échelle de temps d’une vie ou d’une génération et pas dans le court-terme auquel on est habitué de nos jours. Les gens ne prévoient plus rien au delà des prochaines échéances électorales ! La on parle des 30 ans à venir (taux de déplétion du pétrole conventionnel = 5%, soit moitié moins en 15 ans environ).

Comme je l’ai expliqué, d’ici 2030 environ la population mondiale devra décroître parce que l’énergie (fossile) va décroître (il est maintenant trop tard pour espérer qu’une nouvelle énergie prenne le relais à temps), parce qu’en plus il faut de plus en plus d’énergie pour faire tourner la machine (extraire les minerais notamment). Parce nous consommons actuellement plus que ce que la terre ne renouvelle en un an (overshoot day). Parce que tout le monde aspire à un meilleur niveau de vie et que ce n’est plus possible, même en améliorant l’efficacité énergétique, il faut manger, transporter, chauffer … et les iCaca ne vont pas sauver l’économie.

Ce qui est sûr c’est que le monde de l’énergie fossile se meurt et emportera avec lui tout ce qui ne saura pas s’en détacher. Par quoi sera-t-il remplacé ? Les paris sont ouvert :

  • rien ?
  • les nano tech ?
  • la fusion froide ?
  • le thorium ?
  • autre chose ?

Dans tous les cas, ça va swinguer et beaucoup de choses vont devoir changer. La croissance exponentielle est condamnée (notamment démographique) et les pays qui s’y accrochent avec. Même avec une nouvelle source d’énergie, nous n’aurons pas de nouvelles sources d’engrais pour autant, ni plus d’eau (on pourrait dessaler c’est vrai mais ça ne résoudra pas tout et demanderais énormément d’énergie qui accélérerait le réchauffement) !

Bien sûr, pour nourrir tout ce monde on va nous proposer : les insectes, les OGM, la viande artificielle. Mais tout ça aura un coût (environnemental, politique, sanitaire). Sans compter qu’il n’y a aucune garantie de succès, ni que ça résolve les problèmes à temps (nous n’avons toujours aucune solution sous la main pour les transports par exemple). Ce ne sera qu’un simple frein à notre chute, parce que les exponentielles … c’est fini ! Fini la dette et ses taux d’intérêts … sans énergie abondante, fini les retraites, la sécurité sociale, le chômage. Notre monde est bâti de A à Z sur la croissance et sur les transports quasi-gratuits (qui permet la spécialisation). Tout cela est en train d’éclater.

Les tensions autour de la Syrie, le drame Égyptien sont des signes supplémentaires que la situation se dégrade à vitesse grand V (après : Deepwater, Fukushima, les émeutes de la faim de 2008, la crise Grecque) et que nous sommes déjà à la limite.

Quels sont les prochaines signes à surveiller ?

  • l’éclatement de la zone euro (en stand by jusqu’aux élections Allemande et au vote sur la constitutionnalité de l’intervention de la BCE)
  • la fin (ou non) du QE3, les taux directeurs (qui continuent de remonter en flèche comme je l’avais annoncé en mai)
  • les accords "hors dollar" et la réforme du FMI voulue par Poutine
  • si la bulle des gaz de schiste fini par dégonfler comme anticipé ou non. La production mondiale de pétrole en général, et de conventionnel en particulier.
  • les guerres (Moyen Orient en particulier) en général
  • le prix du pétrole et de l’or
  • le Dry Baltic Index sur le long terme (c’est une mesure de l’intensité du commerce mondial)
  • la faillite d’une major

Mais ne nous leurrons pas, la caractéristique de cette crise est justement de frapper la ou ne l’attends pas. On peut en anticiper les grandes lignes, mais au delà, on s’enfonce dans la complexité de notre monde ultra-sophistiqué (comparé à nos cerveaux archaïques).

Petit bilan géoéconomique de fin d’année 2012


Avec le niveau sans précédent historique d’endettement des nations, ça fait longtemps que cela aurait du se finir en guerre. Mais il n’en est rien, car depuis 60 ans, la bombe nucléaire terrorise les dirigeants et les forces à chercher d’autres solutions. Du moins, pour tous ceux qui sont abrités derrière ce parapluie, pour les autres, c’est différents, ils sont le terrain de guerres par procurations.

Le statut-quo perdure alors même que les indicateurs économiques majeurs sont "off the charts", dans des zones inconnues. Combien de temps cela peut-il durer ? difficile à dire, mais la crise continue en sous-marin et les prochains chocs se préparent dans les mois / années qui arrivent.

Les US s’estiment presque hors de danger, comparé au reste du monde : la bulle immo sera dégonflée d’ici quelques mois, les foreclosures (saisies) vont finir par s’arrêter, le gaz de schiste va redonner du souffle à l’économie (notez la dissonance du discours : le manque de pétrole n’est jamais un problème, mais son abondance est toujours une bonne nouvelle), les Quantitative Easing vont se perpétuer et continuer d’exporter la crise, mais les protéger (relativement) eux. Ils ont raison ! Sauf pour les gaz de schiste qui ne les aidera que pendant une poignée d’années, probablement pas au delà de 2015, mais, dans une économie mondialisée ou la psychologie joue pour beaucoup, cela pourrait suffire à faire la différence : si l’Europe s’écroule en premier (comme je le crois) les USA seront comparativement vu comme un refuge, ce qui leur profitera énormément.

L’ASPO (association pour l’étude du pic pétrolier) à rencontré l’AIE (agence internationale de l’énergie, l’agence qui donne les chiffres officiels sur lesquels les états basent leurs politique énergétique). L’AIE est à l’origine notamment des fadaises sur les gaz de schiste et l’indépendance énergétique future des USA. L’ASPO nous révèle (je vous dis la même chose qu’eux mais sans le politiquement correct) qu’ils sont incompétents et mal informés (ils n’ont pas de données fraîches et de qualité, et les experts qu’ils consultent ne viennent que pour les aider en matière de statistiques), et qu’ils vont essayer de les aider. C’est quand même hallucinant, mais au moins, on sait ce qui se passe maintenant.

La prochaine étape de la crise risque de venir du Japon dont les exportations se sont effondrées. Rajouté à cela que la démographie subit à atteint un pic et commence à décroître, et que les exportations s’effondrent. Dans les mois qui arrivent, le Japon pourrait ne plus parvenir à maintenir son "homéostasie" et ne pas lever assez d’impôts pour combler son déficit. Ils sont à plus de 200% d’endettement public rapport au PIB, mais parvenait jusque la à faire illusion. Fukushima aura donné le coup de grâce. A suivre donc dans l’année qui vient.

L’Europe est aussi une zone à fort risque malgré les discours rassurant des politiques. D’ailleurs c’est un critère : plus ils se veulent rassurant, plus on est dans la m…de ! Concrètement, nos banques ne parviennent pas à se recapitaliser (y compris en Allemagne). Chypre est en faillite. L’Espagne va mal. La Grèce au bord de la guerre civile avec (de mémoire) 30% qui votent pour le parti néo-nazi, et peut exploser à tout moment. A priori l’union soviétique Européene va se poursuivre en rendre le GEAB de plus en plus heureux. L’Europe importe 96% de son pétrole. Seuls les pays nordiques ont entamés une vraie transition énergétique (la France préfère faire pédaler ses immigrés pour générer de l’électricité afin d’alimenter les voitures électriques des riches). Bref, la situation est critique.

La Chine inquiète aussi, mais j’ai oublié les raisons et les chiffres. De toute manière, c’est difficile d’y voir clair avec eux, les chiffres sont encore plus truqués, et l’économie est dirigée, ils ne jouent pas selon les même règles. C’est un cas à part.

Mais c’est surtout la France qui inquiète beaucoup. Nous sommes maintenant sur le fil du rasoir. Le chômage monte, les 3% de déficit ne seront pas atteint, d’autant qu’en plus il faudrait faire mieux pour rattraper le retard pris, l’immigration massive plombe le pays, les banques n’ont plus de capitaux (BNP / Ca / Sogen ont plusieurs fois le PIB de la France dans leur bilan – et ça, ça finit toujours très mal), la cure d’austérité va nous amener dans une crise à la grecque, et en plus, Hollande doit s’attaquer au CDI (cf le nouveau contrat qu’ils sont en train de mettre en place), et ensuite aux retraites à nouveau ou bien aux fonctionnaires (56% du PIB, ce qui est juste gigantesque). Dans un pays ou l’on ne cesse de dire "la crise et finie", mais en même temps on demande toujours plus d’efforts à tout le monde, et ou la tradition contestataire est forte.

Les Russes ont lâchés Assad, ce qui m’étonne beaucoup. Qu’on-t-ils négociés en échange ? pour l’instant, difficile d’y voir clair. La Palestine commence à être reconnue comme un état (par l’ONU). A priori, pour l’instant, nous échappons à la guerre avec l’Iran qui aurait probablement eu un effet disruptif. La Grèce ne sera pas poussée hors de l’Euro, du moins pas avant les prochaines élections Allemandes fin 2013.

Donc pas de choc majeur en 2013, du moins, dans les mois qui arrivent. Mais la situation continue de se dégrader partout. C’est peut-être d’ailleurs ça qui fait qu’on évite les gros choc : tout le monde ou presque est mal.

Mais d’ici une poignée d’années, la bulle des gaz de schiste (due à la masse de capitaux qui cherchent à s’investir et qui fabriquent des bulles un peu partout, et due aux allègements fiscaux dont ce domaine fait l’objet) va finir par exploser, comme toutes les bulles. Le pic pétrolier absolu devrait être atteint avant fin 2020 et provoquer un nouveau choc. Nous avons les émeutes de la faim qui reviennent dans les pays fragiles, ce qui devait à nouveau provoquer de l’instabilité dans les pays arabes notamment. Raison pour laquelle les démocraties laissent s’installer les dictatures islamiques des frères musulmans pour "tenir les pays en échange de pétrole" (je simplifie un peu, mais je ne suis pas sûr que ce soit beaucoup plus compliqué).

Rajoutez à cela qu’il y aura toujours plus de catastrophes naturelles (inondations, tempêtes) et industrielles. A terme, je ne vois toujours pas d’issue, ni pour l’Euro, ni pour le Dollar en tant que monnaies uniques, mais la situation est très complexe du fait qu’en même temps les nations s’affaiblissent, rendant le retour aux monnaies nationales d’autant plus compliquées … et à la rigueur on pourrait avoir des monnaies crées par les multinationales, ou par des zones urbaines étendues (le grand Paris par exemple). Pour l’instant, c’est difficile de savoir qui prendre l’initiative (Nantes s’est doté d’un embryon de monnaie locale si je ne m’abuse).

Mais nous avons évité la fin du monde du 21 décembre 2012, et il n’y en a pas d’autre prévue dans l’immédiat, donc … on devrait s’estimer heureux !

Sources :

La dette pour les nuls


A l’heure ou la dette fait couler beaucoup d’encre, il me semble primordial de bien comprendre ce qu’elle représente. C’est un post très important pour ceux qui veulent comprendre l’économie, puisque, aujourd’hui, presque tout est basé sur la dette, c’est devenu la monnaie principale. A moins que vous ne payiez tout en liquide, vous utilisez de la dette tous les jours avec votre carte de crédit … la carte de crédit ou le chéquier SONT de la dette. Ce qu’il y a dans votre compte courant EST de la dette. Dette que vous pouvez convertir a tout moment (dans le compte courant) en argent liquide, mais dette tout de même. Quand quelqu’un emprunte à une banque, il va utiliser cet argent comme moyen de paiement, qui sera reversé sur un compte ailleurs et qui se transformera en salaire à un autre moment … J’insiste la dessus, puisque 95% de la masse monétaire actuelle est de la dette. (chiffre a vérifier, mais c’est un ordre d’idée). Cette dette est émise en grande partie par les états … (d’ou les fameux ratio dette/PIB qu’on nous montre partout).

Dis très simplement, c’est un outil. Un outil c’est neutre, on peut utiliser un marteau pour enfoncer un clou et construire une maison ou taper sur le crâne de quelqu’un pour l’assassiner. Une voiture, on peut l’utiliser pour se rendre au travail, pour faire des courses entre djeun’s le soir sur le périph, pour renverser une petite vielle qui met 2 heures à traverser le passage clouté. La voiture est un outil neutre. La dette, c’est pareil.

Si la dette vous gène, alors payez en liquide ou en OR ou en nature.

La dette est un monnaie … alors déjà, pourquoi utilises-t-on de la monnaie ?

Pourquoi ne fais-t-on pas simplement du troc ? Et bien, si je veux échanger ma maison de 100 000€ contre 3 sacs de riz (50€), une voiture (9 000€), un séjour aux Baléares (950 €), et une rente de 10 000€ par an pendant 9 ans (90 000€), soit, 100 000€ contre 100 000€, avec le troc, ça risque d’être difficile. Donc pour ça, on utilise un moyen comptable.  A une époque c’était les coquillages, à une autre les pièces d’Or et d’argent, puis sont venus les chèques, et maintenant cartes de crédits. La argent finalement c’est "ce qu’on à dans notre porte monnaie" (sonnant et trébuchant), la monnaie étant "tout moyen de paiement" (plus ou moins liquide).

La dette … c’est une manière de créer de la monnaie (Imprimer des billet en est une autre, frapper des pièces d’OR une autre, les tickets resto ou chèques vacances encore une autre, etc…, chacune ayant ses propriétés propres). C’est une forme de monnaie temporaire (alors que d’autres sont permanentes).

Le principe de la dette

La problème de la dette, c’est qu’elle connotée … dette = pas bien dans l’esprit de la plupart des gens.

Mais reprenons au début. On a un échange à faire. J’ai des patates, et vous des carottes, et plutôt que le troc ou l’OR, on va utiliser de la dette (excusez mon manque d’imagination) :

  • J’ai 6kg et patates, et je veux échanger 3Kg de mes patates avec 3Kg de tes carottes (toi qui en a 6Kg aussi) de sorte qu’on ai tous les 2 au final 3Kg de patates et 3Kg de carottes chacun pour manger.
  • Je vais faire un emprunt à la banque : elle me donne 100€ que je dois lui rembourser dans 10 jours. Pas de soucis. J’ai donc 100€ en billet + une dette de 100€ + 6Kg de patates.
  • Je viens te voir, je te file les 100€, j’achète tes 3Kg carottes. J’ai maintenant : 3Kg de carottes, 3Kg de patates en trop en plus des 3Kg que je garde pour moi, et une dette de 100€.
  • Maintenant, avec tes 100€ tu m’achètes a ton tour mes 3Kg de patates en trop. J’ai donc à nouveau 100€, j’ai toujours une dette de 100€, j’ai 3Kg de carottes, mais je n’ai plus que 3Kg de patates. Toi tu as 3Kg de carottes et 3Kg de patates.
  • Je n’ai plus qu’a rendre les 100€ à la banque, et le tour est joué.

La dette ce n’est rien de plus, et rien de mois que cela : de l’argent temporaire. Mais déjà, on peut voir plusieurs problèmes potentiels :

  • rien ne m’oblige a rembourser ma dette. Je pourrais tout aussi bien garder l’argent ou m’enfuir avec.
  • le banquier lui aussi doit manger. Il faut bien qu’il aie un salaire pour son "travail" (travail qui consiste a gérer le risque pour l’essentiel aujourd’hui).

Le collatéral

Pour le premier problème, c’est simple, on a inventé le "collatéral", c’est à dire, que pour obtenir un prêt de la banque vous laissez un dépôt de garantie. Accessoirement, on a aussi inventé la police et l’état de droit pour s’assurer que vous allez rembourser. Donc vous allez laisser votre bêche en garantie … en "collatéral". C’est exactement ce qui passe en cas de prêt hypothécaire, on met votre future maison en collatéral. La BCE a aussi du collatéral face à ses émissions de billet, etc… Mais le collatéral est de plus ou moins bonne qualité. Si vous avez refourgué votre bêche rafistolée sur le point de rendre l’âme, c’est pas pareil que si vous avez mis en gage votre dernière bêche super résistante qui résiste à une explosion nucléaire…

Le collatéral est si important qu’il est à la base de tout le capitalisme. Les pays ou les gens ne peuvent pas mettre en garantie leur maison (parce qu’ils n’ont pas de papier prouvant que c’est chez eux, et que l’état ne garanti pas le droit autour de ces papiers) ne parviennent pas à faire décoller leur économie. C’est le facteur principal qui explique le succès ou non du capitalisme dans un pays.

L’intérêt

Le deuxième problème est un peu plus difficile à saisir, mais très simple en réalité. Ça s’appelle dans le jargon officiel le "droit de seigneuriage". Mais faisons simple (de toute manière le principe est le même) : le banquier réclame un taux d’intérêt, il réclame de l’argent pour le service qu’il rends (=faire des échanges que le troc ne permet pas). Le problème, c’est comment rembourser 110€ (100+10% d’intérêt) alors qu’on n’en à que 100€ à disposition grâce à notre emprunt ? … On peut le payer l’Euro qu’on lui doit en OR s’il accepte, ou bien avec des patates, ou bien de l’argent liquide si on en a épargné par ailleurs. Ce sont les "extincteurs de la dette" (ou chambre de compensation adhoc). Si vous donnez votre OR au banquier, vous pourrez le récupérer plus tard en vendant vos patates plus cher.

Mais si on n’a que de la dette comme argent (imaginons que ce soit la seule monnaie légale, et … croyez moi, c’est bien l’objectif des banquiers que ça le devienne) il faut emprunter de nouveau (c"est ce qu’on appelle faire rouler la dette). C’est vraiment ce qui se passe dans la pratique (puisque l’état réemprunte pour payer ses anciennes dettes) mais ce n’est pas un problème sur le principe: qu’on lui verse un intérêt avec lequel il achètera l’année suivante un partie de notre production ou qu’on lui donne de l’or ou des patates directement, c’est pareil.

S’il faut emprunter de plus en plus …Il suffira alors d’augmenter les prix l’année suivante des patates pour payer en plus des intérêts.  Quelle différence entre payer son Kg de patate 10€ ou 100€ ? du moment qu’on échange toujours 1Kg chacun ? aucun ! Si les prix augmentent, on appelle ça l’inflation, et tant que les salaires eux aussi augmente, pas de problème. Mais au moins, un partie de la récolte pourra être achetée par le banquier, qui lui aussi doit manger (dans notre système économique ultra simplifié).

Reprenons l’exemple précédent, en ajoutant les intérêts cette fois. Par soucis de simplicité, je prends 100% de taux d’intérêts sur 10 jours. Cette fois la banquier mange, avec la même récolte au départ de 6Kg chacun de carottes+patates, donc on aura au final 2Kg (et non pas 3) de patates+carottes pour notre plat.

  • J’ai 6kg et patates, et je veux échanger 3Kg de mes patates avec 3Kg de tes carottes (toi qui en a 6Kg aussi) de sorte qu’on ai tous les 2 au final 3Kg de patates et 3Kg de carottes chacun pour manger.
  • Je vais faire un emprunt à la banque : elle me donne 100€ que je dois lui rembourser dans 10 jours avec 100€ d’intérêts. Pas de soucis. J’ai donc 100€ en billet + une dette de 200€ + 6Kg de patates. Tu empruntes aussi 100€ remboursable sous 10 jours avec 100€ d’intérêts en plus. Donc tu as 100€ en billets + une dette de 200€ + 6Kg de carottes. Et la banque s’octroie d’ors et déjà ses 100+100€ d’intérêts (comme une sorte de salaire).
  • Je viens te voir, je te file les 100€, j’achète tes 2Kg carottes. J’ai maintenant : 2Kg de carottes, 4Kg de patates en trop en plus des 2Kg que je garde pour moi, et une dette de 200€.
  • Maintenant, avec tes 100€ empruntés tu m’achètes a ton tour mes 2Kg de patates en trop. J’ai donc à nouveau 100€, j’ai toujours une dette de 200€, j’ai 2Kg de carottes, mais je n’ai plus que 4Kg de patates (dont 2Kg réservées pour moi). Toi tu as 4Kg de carottes et 2Kg de patates.
  • Le banquier nous achètes avec ses 100+100€ d’intérêts qu’ils s’est auto versés 2Kg de carottes à toi et 2Kg de patates à moi. Et nous du coup on a tous les 200€ en billets.
  • Je n’ai plus qu’a rendre les 200€ à la banque, tu fais pareil, et le tour est joué.

Comme on peut le voir, les intérêts dus n’entraînent pas de cycle infernal de la dette non remboursable. Quand la banque crée la monnaie pour notre emprunt elle crée la monnaie pour les intérêts aussi et les met en circulation. Par contre, on voit que les prix ont changés, 100€ pour 2Kg au lieu de 3Kg … c’est une sorte d’inflation, mais vu que le prix est arbitraire…

Voici un tableau (j’espère plus simple à lire) pour expliquer les comptes : P = patate, C = Carottes, A = Argent liquide, D = Dette, RD = reconnaissance de dette. (j’ai réduit les montants à 10 au lieu de 100 a cause de la mise en page de WordPress qui ne passe pas)

Action PP (Producteur de Patates) PC (Producteur de Carottes) B (Banquier)

P (Kg) C (Kg) A € D € P (Kg) C (Kg) A € D € P (Kg) C (Kg) A € RD €
PP et PC cultivent 6 0 0 0 0 6 0 0 0 0 0 0
PP emprunte 10€ avec 100% d’intérêts 6 0 10 20 0 6 0 0 0 0 10 20
PC emprunte 10€ avec 100% d’intérêts 6 0 10 20 0 6 10 20 0 0 20 40
PP achètes 2Kg de C à 10€ 6 2 0 20 0 4 20 20 0 0 20 40
PC achètes 2Kg de P à 10€ 4 2 10 20 2 4 10 20 0 0 20 40
B achètes 2Kg de P et C à 10€ 2 2 20 20 2 2 20 20 2 2 0 40
PP rembourse 10+10€ 2 2 0 0 2 2 20 20 2 2 0 20
PC rembourse 10+10€ 2 2 0 0 2 2 0 0 2 2 0 0

tout ça pour démystifier la dette ! Ca me semble très important de savoir de quoi on parle au juste. La dette est une monnaie, temporaire, un moyen d’échange, sans vice intégré. Au contraire même, c’est très astucieux. [Je n'ai pas intégré les collatéraux dans l'exemple]

Les problèmes

Le vrai problème, c’est de combien de temps disposes-t-on pour rembourser (ou réemprunter) et combien et si le banquier nous fait confiance, quelle est la part réelle prélevée par le banquier sur l’économie, et comment est régulée l’inflation et les salaires, quelle sont les valeurs des collatéraux. Ce genre de choses. Il faut que l’augmentation de la dette suive l’augmentation des collatéraux (et donc a l’échelle d’un pays du PIB – car pour un état, le collatéral ce sont ses impôts).

Si votre récolte de patate est mauvaise, et que vous aviez négocié 20% avec la banquier … il aura 20% d’une mauvaise récolte, mais si vous aviez négocié 600gr et qu’au lieu des 2Kg prévu vous n’en ayez que 1Kg … ce n’est plus 30% mais 60% que vous lui devez. Il y a une part de risque, de confiance, que le banquier est censé gérer, avec vous !!!

Les problèmes ne viennent pas de l’outil en lui même, mais de ce qu’on en fait. Le problème c’est que c’est un outil "non linéaire"… et ça, c’est difficile à maîtriser. C’est comme si vous aviez une tronçonneuse dont la vitesse varie en fonction de la force dont vous appuyez, elle peut vous sauter des mains si vous n’être pas très minutieux, mais elle est ultra performante. Ou disons plutôt une F1… si vous ne savez pas piloter, vous raterez à coup sûr le premier virage. La dette c’est la F1 des monnaies. elle permet une économie très dynamique et florissante, beaucoup plus qu’avec l’argent liquide ou l’OR. Mais la moindre erreur de pilotage, ou la moindre aspérité sur la piste, et c’est le vol plané assuré.

On dispose d’outils pour réguler la dette et l’inflation : les taux directeurs de la BCE, les marchés, les critères de maastricht, les taux de change flottants, les impôts, les niches fiscales, etc… A chaque fois les outils qu’on a rajouté reviennent à booster  notre F1 au kérosène ou parfois l’inverse, d’avoir un pneu rempli de plomb … Au final nous sommes en train de conduire un attelage très étrange.

Les vrais problèmes sont de savoir ce qu’on fait des collatéraux pourris qui inondent les banques (et même la banque centrale). Les vrais problèmes sont de savoir comment combiner l’argent dette avec les autres monnaies, etc… Les vrais problèmes c’est que les outils complexes permettent à certaines personnes d’en manipuler d’autres, et dans le cas de l’argent, de le faire à grande échelle (cf la titrisation) C’est sur ces problèmes que penchent les économistes. Et ce ne sont pas des problèmes triviaux. Il n’y a pas de solution magique. D’autant que si un économiste peut très bien trouver une idée pour réguler la dette, il ne peut pas forcer les gens comprendre son idée et à l’appliquer. Moins les gens comprendront, plus on aura de système centralisé, et plus on aura de difficultés à réguler la dette ! Au point qu’il devient logique de s’en débarrasser … Mais après, il ne faudra pas se plaindre de rouler en 2CV (Et rouler en 2V ça veut dire concrètement : chômage élevé ou pouvoir d’achat réduit, ou le genre de choses qu’on voit dans les pays pauvres en somme, beaucoup moins de confort…).

Car nous sommes en guerre permanente. La finance est un outil dans cette guerre. Mais un outils qui est en train de se retourner contre nous si nous ne parvenons pas à le maîtriser (collectivement).

Epilogue

Il y aurait beaucoup plus à dire sur la dette, la règle de 72, l’effet de levier, les taux en baisse, l’emprunt au court terme pour rembourser les emprunts long terme, la confiance (monnaie fiduciaire, fidus = confiance), la gestion du risque, sa répartition, la spéculation, les trappes à liquidité, la vitesse de circulation monétaire, maastricht, l’usure, les aspect psychologiques et sociologiques de la dette … car tout ça découle de la dette … Mais on dépasse le cadre de ce post qui essaye de se limiter à des situations simples. C’est de la micro-économie.

GEAB 60 – Eurobéats


Ca va finir par devenir une tradition ! lol Voici mon commentaire du GEAB 60. Je ne peux pas parler de naufrage, car une partie de leur analyse reste pertinente mais, au moins de grosse dérive européiste bien baveuse !

Ok pour dire "USA insolvable et ingouvernable", mais de la à dire que l’Europe va sortir grandie de la crise, désolé, mais même si j’ai beaucoup d’estime pour le GEAB, il faut arrêter la moquette. Je rejoint Patrick Reymond : c’est pareil chez nous. On est autant insolvable et ingouvernable que de l’autre coté de l’atlantique.

Déjà sur la forme : aux UKSA tout est critiquable selon le GEAB, par contre l’Europe elle ne fait que traverser des difficultés passagère, quand on parle grosso modo, des mêmes événements.

Sur le fond :

  • Si tous les problèmes viennent des USA, comment peut-on ne pas voir que la prise de contrôle des hommes de Goldman Sachs en Europe (à la tête de la BCE, de l’Italie et Grèce) est exactement le même processus qu’au USA ?
  • Comment peut-on penser que l’ultra-libéralisme failli des USA va fonctionner mieux ici ?
  • L’Europe n’aurait-elle aucun problème intrinsèque en dehors des critiques (naturellement non fondées si on écoute le GEAB) des UKSA ? Lisez par exemple Charles Gave (en dehors de son ignorance du pic pétrolier ses analyses sont fulgurantes) ou JP Chevalier (lui c’est l’inverse est USBéat, mais il ne dit pas que des âneries sur la France notamment)
  • L’Europe ne fait pas de QE ? soit … techniquement c’est vrai, mais dans la pratique, ça ne change rien, la BCE inonde les banques d’argent gratuit pour les sauver, toutes les semaines ou presque.
  • Bruxelle est en lutte farouche contre le couple France/Allemagne, eux même en lutte contre les autres pays, selon les différents blocs internes, le tout sur fond de lourdeur technocratique et de perte de souveraineté de plus en plus flagrante.
  • Et le bank run ? la fuite des capitaux hors d’Europe due a la perte de confiance face à 3 années de mensonges quasi quotidiens sur la crise… ha oui mais non c’est vrai, le peuple va finir par se réveiller pour enfin chanter les louange de ses leaders Bruxellois qui se sont arrogés les pleins pouvoirs pour sauver, non pas leurs postes, ou leur monnaie, mais leurs contribuables… lol

C’est le même processus des 2 cotés :

  • Prise de pouvoir des multinationales sur les états, au détriment des peuples
  • Destruction de la classe moyenne, esclavage par la dette (odieuse en partie) = on tape sur les faibles et les petits
  • Tentative contre vents et marrés de préserver le système (et les copains)
  • Monté de la contestation sous toutes les formes possibles (OWS, TP, Parti Pirate, FN…)
  • Blocage politique (plus visible aux USA, mais plus fourbe et sournois en Europe)
  • Perte de vitesse de l’occident face aux pays émergés, transfert de richesse et de pouvoir massif vers les BRIC

Comment peut-on penser un seul instant que les vassaux des USA (nous) seront les grand gagnants ??? Au contraire… je crois plutôt que la logique voudrait qu’on soit les dindons de la farce. Je suis d’accord pour dire qu’il y a une guerre monétaire, financière et économique entre l’Europe et les UKSA, et que par voie de conséquences, de l’autre coté, ils font tout pour nous couler. Mais ça ne veut pas dire que leurs journaux ont faux sur leur constats nous concernant, au contraire même …

L’Euroland à une population ultra vieillissante, aucun dynamisme économique, en voie de soviétisation accélérée… comme si les Eurobonds et une taxe européenne pour financer des délires technocrates et une politique du poulet sans tête allait nous aider ? comme si on pouvait faire fi des profondes différences culturelles en Europe (pas de langue ou de projet commun, si ce n’est un Euro comme ligne Maginot) et d’une monnaie qui rajoute énormément d’entropie a la compétitivité des pays …

Si le GEAB répondait à toutes ces objections, s’ils parlaient du bon et du mauvais en Europe (au lieu de toujours en prendre la défense), alors, OK, je serais prêt à les suivre dans leur raisonnement "politique". Mais au contraire, tout un tas de faits gênants sont passés sous silence, et le ton confirme sur la forme leur biais sur le fond. Avec le temps, leur dérive va finir en délire…

(Ajout 06/01/12) sur quoi se base l’Européisme béat du GEAB ? L’explication la plus claire et synthétique nous viens du blog d’Olivier Berruyer :

A quelles conditions un Etat peut-il se passer de ses créanciers, s’il accepte l’idée de ne pas les rembourser ni leur payer d’intérêts sur les sommes empruntées ? Réponse : dès lors que ses recettes couvrent ses dépenses… hors remboursement de la dette et paiement des intérêts, donc à condition que le solde primaire des finances publiques soit nul ou positif, c’est-à-dire à partir du moment où il n’aurait besoin d’emprunter que pour honorer le service de sa dette.”

Henri Regnault propose alors un premier tableau qui montre que ce solde est nul ou positif sur la zone euro.

 

Défaut_tableau

 

La zone Euro est structurellement excédentaire avant service de la dette et a été conjoncturellement déficitaire, globalement elle n’emprunte pas pour financer ses dépenses courantes.” Oui mais ce chiffre ne masque-t-il pas les situations très différentes au Nord (excédentaire) et au Sud (déficitaire) ? Non, et il publie un second tableau :

 

Défaut_tableau
Conclusion de l’économiste : “On retiendra donc de ces tableaux qu’en termes de budget primaire l’Europe est beaucoup plus vertueuse que le Japon, la Grande Bretagne et les Etats-Unis. C’est dire que tout le ramdam qui est fait actuellement autour de la dette européenne est largement une mayonnaise montée de toutes pièces par des apprentis sorciers anglo-saxons, pour tenter de canaliser les flux financiers mondiaux vers leur propre endettement… pourtant beaucoup plus problématique : apprentis sorciers au sens où ils déclenchent une foudre qui finira probablement par s’abattre sur eux au vu de leur situation budgétaire authentiquement catastrophique.”

FAQ Economie


Je vois que beaucoup ne parviennent pas a comprendre comment l’économie fonctionne. Et visiblement, ce n’est pas une qu’une impression puisqu’un étude vient de rendre compte du niveau "lamentable" des Français en la matière. Il est très clair dans mon esprit que s’il y a une crise économique aujourd’hui, c’est en partie a cause des financiers d’une part, mais en grande partie a cause de cette ignorance crasse des gens : c’est beaucoup plus facile de manipuler quelqu’un qui n’y connaît rien, et en plus, c’est beaucoup plus difficile de diriger une économie "proprement" s’il faut en plus anticiper les "mauvais" comportements des gens.

Je vais expliquer avec des mots simples. Parce que ca l’est. Et parce que quand on prends un cours d’économie, il faut toujours qu’il nous pondent des explications improbables ou pour comprendre ce qu’est un billet de banque il faut comprendre ce qu’est un CDS et la topologie stochastique intrinsèque de la monade ontologique banco-jubilatoire (ca ne veut rien, ne cherchez pas) et vice versa !

Attention, pour l’instant ce sont des notes. Il manque pas mal d’explications "intermédiaires". Posez vos questions, ça m’aidera a rédiger plus clairement.

Mathématiquement parlant il n’y a que 3 outils a maîtriser :

  • [indispensable] la règle de trois
  • [indispensable] la boucle de rétroaction
  • [important] l’effet levier ou démultiplicateur
  • [important] les exponentielles
  • [option] conceptuellement les fractales peuvent aussi aider beaucoup, et la théorie du chaos (attracteurs étranges, invariant d’échelles)

L’économie c’est quoi ?

L’économie, c’est une manière de gérer les échanges entre humains. On souhaite que ces échanges soient équitables, que celui qui donne reçoivent aussi. Finalement, c’est une manière de compter pour assurer la "confiance" (en soi et en la vie). D’ou l’idée de monnaie fiduciaire (fidus / confiance).

L’économie c’est l’outil qui sert à gérer :

  • la récompense sociale du mérite (à travers le salaire, l’investissement, le dividendes, etc…)
  • la solidarité (a travers les retraites, le chômage, les assurances, etc…)
  • la liberté (a travers la propriété privée, le droit, la sécurité et la confiance, etc…)
  • l’équité, la justice et l’harmonie sociale

Elle se base (en occident) sur l’état de droit, qui assure que les règles sont respectées, ce qui permet d’avoir la confiance dans le système économique, et dans le droit et la propriété.

Les 4 piliers de l’économie sont donc :

  • la propriété (garantie chez nous par l’état de droit) – c’est un moyen de règlement de litiges
  • la monnaie (qui est aujourd’hui de la dette pour l’essentiel) – c’est un moyen d’échange avant tout
  • le patrimoine (culturel, cognitif, le savoir faire, l’innovation, les biens matériels et infrastructures) – ce dont on peut disposer
  • la confiance (efficacité, gestion du risque et des litiges) qui est le ciment du reste – le reflet de notre subjectivité, adossé a une certaine rationalité

L’économie ça sort d’où ?

Je vais faire très rapide. Au début on a "rien", même pas de troc, mais des tribus. Puis viens le troc. Puis viennent les coquillages pour compter le troc. Puis viens l’or, qui ne s’abîme pas, qui est trop mou pour servir, et qui est joli ! Puis viens les banques pour ne pas se faire piquer son or. Puis viens le chèque pour ne pas se faire piquer son or quand il circule.

Puis viennent les lumières, et c’est la que naît l’économie moderne. D’abord, on défini les bases du capitalisme : la propriété privée garantie par l’état de droit (=la loi est la même pour tous). La liberté est limitée par cette propriété privée. On crée la libre entreprise, les salaires. On crée au passage la démocratie basée sur le consentement à l’impôt qui doit être progressif (ce qui met fin au privilèges féodaux).

Tout ce "package" est le fondement de notre économie moderne. L’économie ce n’est pas juste "faire du profit", c’est tout un système idéologique, auquel on ne penses plus tellement ça nous parait "évident".

L’argent, la monnaie ?

A quoi ça sert l’argent ?

A comptabiliser les échanges, pour faire en sorte que ce qu’on donne d’un coté, on le récupère de l’autre. L’avantage de l’argent, c’est qu’il permet des échanges sur des objets de nature différente, et des échanges dans le temps. L’argent, c’est généralement ce qu’on a en poche.

La monnaie est un terme plus général pour désigner tous les moyens d’échange. On confond souvent les 2 dans le langage courant.

Mais rappelons en introduction qu’on réserve le nom de monnaie aux actifs qui présentent deux caractères particuliers :

  • ils sont “liquides”, c’est-à-dire qu’ils peuvent être utilisés instantanément,
  • ils sont “sans risque” de perte ou de gain en capital lorsqu’ils sont mobilisés (c’est-à-dire transformés pour être la contrepartie de l’échange).

Pourtant ils sont très différents l’un de l’autre, l’argent c’est un chiffre, la monnaie, c’est un vecteur à 4 dimensions :

  • sa masse (sa valeur faciale)
  • sa vitesse de circulation (plus il y a d’échanges dans un temps donné, plus l’argent circule vite)
  • sa durée de vie (la dette est une monnaie qui a une durée de vie définie)
  • sa liquidité (la facilité avec laquelle on peut l’échanger contre autre chose) – a voir si c’est la même chose que la vitesse de circulation

La dette ?

C’est de l’argent créé temporairement. Il sert a faire des échanges et à s’assurer qu’au final, ils sont équilibrés. La dette assure que le jeu comptable soit a somme nulle, au bout d’un certain temps. Nous avons (selon l’échéance de la dette) plus ou moins de temps pour résoudre les déséquilibres. L’avantage de la dette, c’est qu’elle permet des échanges dans le temps.

Il y a 2 manières (à ma connaissance) de faire un emprunt : en donnant un gage (Hypothèque, CDI, …) ou en utilisant les dépôts d’un autre (l’argent est prêté et les intérêts reversés à l’épargnant). L’intérêt d’avoir un gage c’est que la personne a "tendance" (euphémisme) a venir rembourser à échéance pour retrouver ses bien hypothéqué ! C’est ce que l’on nomme "monétisation".

Les USA auraient pu rembourser leur dette, mais ne l’ont pas fait pour garder un actif financier sûr.

Le quantitative easing ?

Le QE (quantitaive easing) n’est rien d’autre que ça : vous allez chez un préteur sur gage, vous lui filez votre montre en or, et il vous donne du cash. Si vous le remboursez, il vous rends votre montre (qui en principe vaut plus que l’argent qu’on vous a prêté … car le cash est plus liquide qu’un objet, qu’il faut se débrouiller pour revendre chez un receleur ensuite, et les 2 vont prendre une marge, négocier, etc…, donc il faut que ça rapporte, sachant qu’en plus, il faut être spécialiste des montres et de l’or pour connaître son vrai prix, il y a donc un risque à gérer).

Le QE sert à injecter de l’agent "frais" dans l’économie, pour la liquidifier (c’est un avance de trésorerie en somme). C’est un pari sur le retour de la croissance, sinon, c’est une perte sèche.

Le QE n’est pas de la création monétaire (mais il en a les même effets inflationnistes) :

Un quantitative easing retire du portefeuille global mondial une masse d’assets qui offrent un rendement et en contrepartie émet un asset à maturité zéro, de la monnaie, qui ne rapporte rien. Donc on retire du rendement en injectant des liquidités.

L’intérêt ?

Disons que je vous prête ma hache. Cette hache peut couper 100 arbres, ensuite, elle se casse. Si je vous la prête et que je m’en suis servi 30 fois, si vous l’utilisez 50 fois, alors il ne me reste que 20 utilisation. L’intérêt, c’est le comptabilisation de cette perte : je réclame une contre partie.

Mais les taux d’intérêts rendent la dette non remboursable ? oui, et au final, c’est la représentation mathématique de notre effort permanent pour lutter contre l’usure de la vie, et notre propre usure personnelle (manger quoi !).

Dans son livre "La révolution fiscale" Pikkety nous apprends d’ailleurs que l’usure est d’environ 14% du PIB, soit 2 mois de boulot, juste pour l’usure des infrastructures (sans parler de manger):

soustraire du PIB la dépréciation du capital qui a permis de réaliser ces productions, c’est-à-dire l’usure des bâtiments, équipements, ordinateurs, ampoules, etc., utilisés au cours d’une année. Cette masse considérable, évaluée à 280 milliards d’euros en 2010 (soit 14 % du PIB)

L’usure ?

L’intérêt et l’usure étaient la même chose "avant" et étaient condamnée par l’église. De nos jours, l’intérêt est autorisé, mais l’usure est toujours interdite. Par contre il n’y a pas de définition "fixe" de l’usure. On fixe grosso modo le seuil a 1/3 de plus que le taux moyen. C’est pour éviter les exagérations en somme.

La spéculation ?

La spéculation est autant nécessaire a l’économie que la météo de demain a l’agriculteur. Par contre, il y a spéculation et casino. Aujourd’hui ce n’est pas toujours facile de différencier les 2.

Le PIB ?

C’est une mesure plus ou moins bonne de l’activité économique d’une nation. Plus il y a d’échange, plus on comptabilise de "richesse" crée, et donc, de capacité a rembourser la dette. C’est un chiffre essentiellement politique plus que réel. Il sert a calculer beaucoup d’autres choses. Aujourd’hui la mesure du PIB est cassée.

L’inflation ?

La, c’est un sujet plus difficile a appréhender. L’inflation c’est la mesure de la hausse "générale" des coût. Mais on devrait plutôt parler de l’inflation de quoi par rapport a quoi … Au final, ce qui compte, c’est le temps qu’on passe a travailler, et le temps dont on dispose pour nos loisirs. La, on aurait une vraie mesure de l’inflation. Car si les prix de la nourriture coûte 3X plus cher, mais que votre salaire fais X5 … en réalité, les prix diminuent pourtant l’inflation va vous dire "200% d’augmentation" … d’où le "bug" dans l’esprit des gens qui n’arrivent plus a savoir de quoi on parle. Calculez combien d’années de travail va vous coûter votre maison, combien d’heures de boulot pour vous payer une voiture. Et la vous saurez vraiment s’il  a inflation ou pas et dans quel domaine.

La loi Rotschild de 1973 ?

C’est la loi qui dit que la France ne peut plus emprunter a la banque de France (à taux 0), mais doit emprunter aux marchés. En gros, cela revient à interdire la planche a billet (qui a été la cause de l’hyperinflation a d’autres époques).

Cette loi est indissociable de la loi de 1982 qui a mis fin a l’indexation (des salaires sur l’inflation). Le but étant de limiter l’inflation.

D’un point de vue strictement mathématique cette loi est neutre. D’un point de vue politique par contre, cette loi oblige les dirigeants à passer par les marchés. C’est une loi libérale qui vise a réduire le pouvoir "nocif" de l’état. En réalité l’état n’a aucun pouvoir ni nocif ni bénéfique, tout dépends des dirigeants qu’on met ! Donc parfois cette loi sera "bonne", d’autres fois elle sera "mauvaise". En tout cas, elle est aujourd’hui au profit des banquiers.

Comment une banque gagne de l’argent ?

  • Grâce au différentiel des taux d’intérêts entre les emprunts et les placements
  • Grâces aux frais bancaires
  • En jouant au casino boursier

La titrisation c’est quoi ?

J’ai plein de gâteaux cerise/chantilly a refourguer, mais la plupart des acheteurs ne veulent que des cerises ou que de la chantilly ! Je regroupe tous mes gâteaux, je sépare les cerises, la chantilly et la patte à gâteaux, et je les revends séparément en grossiste : un gros paquet avec que de la cerise, un gros paquet avec que de la chantilly et un gros paquet avec que de la patte.

C’est pareil pour les subprimes : j’ai un gros paquets d’emprunts pour des maisons. Chaque emprunt est plus ou moins risqué selon si c’est un clodo ou un immigré clandestin ou un artiste ou un dealer. Mais on est aux USA, tout le monde a droit à sa chance, et en plus, c’est l’économie la plus forte du monde (lol). Bref, tout le monde à droit a son prêt. Ces prêts sont regroupés, puis redécoupés : a certains je vends la partie "la plus sûre" (la cerise), a d’autres la partie un peu moins sure (la chantilly) et a d’autres, la partie la plus risquée (la patte a gâteau). L’idée, c’est de revendre le risque et de ne garder qu’une commission au passage. Argent facilement gagné du coup puisque a servir d’intermédiaire, on ne risque pas de perdre, mais on gagne quand même une commission. Enfin … en théorie ! lol

Une banque centrale ca sert a quoi ?

En Europe, ca sert a réguler la masse monétaire (de dettes essentiellement) grâce a des taux d’intérêts directeurs. S’ils sont haut, personne n’emprunte, il y a moins d’argent, ca ralenti l’économie. S’ils sont bas, beaucoup d’emprunts et donc beaucoup d’argent qui circule, et donc, plus d’activité économique. Mais des taux trop bas provoquent l’inflation ou des bulles et des taux trop haut la récession ou le chômage. Il faut donc trouver le juste milieu.

Aux USA la banque centrale a pour rôle de juguler l’inflation, mais aussi de maintenir le chômage bas. En Europe il n’y a que l’inflation qui compte.

Et les autres (systèmes économiques) ?

Bien entendu un système économique n’est qu’une convention entre nous. On pourrait fonctionner avec d’autres conventions, et même sans … Il existe d’autres systèmes économiques, plus ou moins différent de celui qui est en oeuvre chez nous. D’ailleurs, il y a des (grosses) nuances d’un pays a l’autre :

  • économie solidaire
  • économie distributive
  • monnaies fondantes
  • communisme (on a vu ce que ça a donné)
  • la mafia (système économique archaïque mais pas inefficace pour autant)

Et on peut aussi faire un lien entre système économique et système politique, les 2 sont souvent liées. La démocratie allant avec le libéralisme par exemple. Souvent ces systèmes sont des utopies. Ils ne sont jamais mis en oeuvre "parfaitement". Pourquoi ?

  • parce que l’homme n’est pas parfait
  • parce que la nature n’est pas parfaite
  • parce que l’adhésion de l’homme a ces système n’est pas parfaite
  • parce que l’histoire n’est pas parfaite (en gros : on part d’un système déjà existant et il faut assurer la transition)

L’effet levier c’est quoi ?

Pour gagner 1 000 euros, je peux jouer en bourse et placer 10 000€, en espérant un gain de 10%. Mais je peux aussi placer 100 000€ et espérer un gain de 1%. Ça revient strictement au même, d’un point de vue mathématique. Mais un gain de 1% est plus facile a obtenir. Donc,  toute la question est : comment se procurer les 100 000€ initiaux, si on ne les a pas. Ces 1000€ vous pouvez les obtenir en demandant 100€ a 10 personnes ou bien 1€ à 100 personnes, ou bien vous pouvez demander 10€ à 10 personnes pendant 10 mois d’affilés. L’effet levier consiste a jouer sur ces paramètres pour démultiplier vos gains. Ce qui peut provoquer des effets papillons, bien entendu.

Concrètement, c’est ce qui se passe, quand la banque centrale baisse ses taux, alors on peut jouer sur le différentiel de taux (avec ceux d’une autre banque centrale par exemple) en emprunter des fortunes, pour faire des tous petits gains (mais au final vous aurez amassé plusieurs millions d’euros !). C’est aussi ce qui se passe avec les "robots boursiers" : ils gagnent très peu (quelques fractions de dollar), mais très souvent (a la milliseconde près), et donc, beaucoup … Ou bien encore, si vous prenez une commission de 1€ a chaque transaction bancaire, vous gagnerez 10 fois plus si vous parvenez a faire "éclater" cette transaction en 10 transactions plus petites. Etc… les exemples sont infinis, et croyez moi, les financier se cassent la tête tous les jours pour en trouver de nouveaux !

CDS mon amour ?

comment j’ai arrêté de m’en faire et j’ai commencé à aimer les CDS. Les CDS c’est un truc fabuleux. Si vous avez une voiture vous allez voir votre assureur, et en cas d’accident, il prends en charge les dégâts (dans un monde idéal du moins). Le CDS permet de s’assurer contre les accidents du voisin. Malin non ? vous prenez une assurance, vous dégonflez ses  pneus pour augmenter vos chances et … Jackpot !

Ne croyez pas que ça ne se fait pas ! Goldman Sachs a permis à la Grèce de rentrer dans l’Euro en traficotant ses comptes. En même elle avait parié dans son dos qu’elle se ferait piquer pour fraude plus tard ! Pas mal non ?

Bon les CDS c’est un peu dépassé maintenant … le prochain produit miracle des financiers ? les assurances vies… Je vous laisse imaginer la suite.

L’économie ça sert à quoi ?

  • a savoir ce qui se passe quand on confie notre argent à un banquier
  • a savoir ce qu’il en fait
  • a comprendre que si on a du mal a boucler la fin du mois, c’est pas forcément parce qu’on s’y prends mal
  • a comprendre aussi qu’on peut pas vivre éternellement au dessus de ses moyens

Pourquoi les économistes se trompent autant ?

  • les modèles mathématiques répondent à des critères plus politique qu’autre chose
  • ce sont des mathématiciens et il n’y comprennent rien aux gens
  • les gens n’y comprennent rien aux maths (et ne font pas ce que les économistes avaient prévus)
  • les modèles économiques ne sont bon qu’a une chose : prédire le passé
  • les politiciens changent sans cesse les règles du jeu
  • les économistes vivent dans un monde infini, le pic pétrolier "s’trop ringuard"
  • les économistes répondent aux questions qu’on leur pose : comment faire de la croissance. Dit autrement : ils sont la pour nous faire rêver, et pas pour nous faire revenir sur terre.
  • les économistes sont eux aussi payés (et donc, ce sont d’autres qu’eux qui décident qu’elle théorie doit être mise sur le devant de la scène)
  • a cause de biais cognitifs et parce qu’ils confondent corrélation et causalité (a leur avantage)

Le capitalisme c’est quoi ?

Il ne faut pas confondre capitalisme, économie de marché, libéralisme, qui sont souvent mélangés dans l’esprit des gens sous le vocable "capitalisme". Le capitalisme c’est :

  • la propriété privée
  • la libre entreprise
  • le droit d’accumuler du capital
  • le salariat

Il est né de la réforme protestante qui déculpabilisait l’enrichissement personnel qui devient un signe des faveurs divines et non plus un obstacle au royaume des cieux, c’est pour cela que les USA en sont les champions. Le capitalisme est aujourd’hui associé a l’économie de marché (mécanisme de fixation des prix) et du libéralisme (amoindrir le rôle de l’état et garantir la liberté individuelle). Il est à noter que le capitalisme ne parvient pas a s’implanter sans état de droit : en effet, la maison (propriété d’usage) ne peut pas être mise en hypothèque sans papier prouvant se propriété, et la pompe économique ne peut être amorcée.

La propriété privée

C’est une notion assez complexe en définitive qui remonte jusqu’à notre conception même du "moi" (c’est à moi). Elle sert à régler les litiges de manière consensuelle au lieu d’utiliser la violence. C’est donc un pouvoir consenti (par approbation ou soumission) qui peut être transféré.

Le droit de propriété comporte trois attributs :

  • l’usus qui est le droit d’utilisation du bien ;
  • le fructus qui est le droit de percevoir les fruits et les produits ; un fruit est un revenu qui se renouvelle (une récolte, un loyer…), un produit est un revenu qui amoindrit la valeur du bien (une carrière, une mine) ;
  • l’abusus qui est le droit de disposer de sa propriété comme on l’entend : donation, vente, transformation voire destruction…

Et 5 caractères :

  • le caractère exclusif : en principe une chose appartient à un seul propriétaire ;
  • le caractère absolu : le propriétaire peut faire ce qu’il veut de la chose ;
  • le caractère perpétuel : le droit subsiste autant que la chose.
  • Autonome : depends-t-il d’une autre entité (religieuse, communautaire, état, famille, mafia)
  • Universel : Est-il un droit pour tout le monde, selon quel critère ? (appartenance ? Censitaire? Application normative ou pragmatique/contextuelle)

La propriété sert a l’efficacité économique, l’utilité collective … et la justice (individuelle).

Formes de propriétés "communes" : libéralisme (on possède son corps et son travail), socialisme (l’intérêt général prime sur l’individu), anarchisme (propriété d’usage), communisme (propriété collective des moyens de production).

C’est de la notion de propriété que découle : la justice, l’impôt, l’enclos, l’héritage, la personne morale, le monopole de la violence par l’état, le patrimoine, etc.

Le droit de propriété moderne individuel, universel, "naturel", trouve sa source dans l’encyclique intitulée Quia Vir Reprobus et publiée en 1329 par Jean XXII dans une querelle qui l’oppose au Fransicains bien avant la Déclaration des droits de l’homme de 1789 et à notre Code civil de 1804.

Actif/Passif

Merci à Patrick Luder pour m’avoir donné l’explication la plus simple que j’ai pu trouvée :

  • Actif = utilisation du patrimoine
  • Passif = provenance du patrimoine
  • Charges = Activités déficitaires mais nécessaires au fonctionnement de l’activité.
  • Produits = Activités bénéficiaires de l’activité.

Aller plus loin

  • Le panurgisme chez les traders : explique quelques concepts fondamentaux dans le trading
  • La finance ca sert a quoi ? du moins en principe …
  • Les produits dérivés par Olivier Berruyer

La crise sous-marine


Les bourses montent ou reste assez stable, et on pourrait presque être tenté de croire que la crise s’essouffle… Il n’en est rien, bien au contraire. Discrètement, elle s’approfondit et ce qui s’annonce n’est pas rassurant du tout. Un peu en vrac, comme un tableau impressionniste, voila une synthèse de ce qui se passe :

  • violences en Europe tandis que la crise des PIGS s’approfondit
  • fuite du marché des actions de la part des particuliers
  • remontée inopportune des taux aux USA contre toute attente, qui va étrangler les économies USA/Europe/Japon
  • crack obligataire sur les bons municipaux aux USA et des collectivités locales
  • pour la première fois, on entends parler de "recapitalisation de banque centrale", c’est à dire que virtuellement, elles sont en faillite (la BCE est concernée, mais d’autres aussi)
  • un rapport de l’OIT qui indique que les salaires stagnent en occident et s’envolent en Asie
  • inflation inquiétante en Chine, avec bulle immobilière difficile à maîtriser
  • en France, la bulle immo qui reprends, la traite des jeûnes pour engraisser les vieux retraités a des fins électorales (pour acheter leurs votes), les taux (obligataires) qui montent se répercutent sur l’immo qui va entrer en crise aigue cette fois si la situation se prolonge
  • dégradation des notes des pays/banques notamment l’Espagne, l’Irlande et la Belgique
  • les états américains virtuellement en faillite
  • partout les inégalités se creusent, les riche plus riche, les pauvres plus pauvres, la classe moyen qui fonds comme neige au soleil
  • nouveau plan de relance "sournois" aux USA en prolongeant leur bouclier fiscal (Sarko s’est inspiré des "tax cuts" de Bush comme un bon toutou américain qu’il est) en échange de la prolongation des aides aux chômeurs (le tout pour plus de 800 milliards de dollars).
  • Obama perds le contrôle de la maison blanche, Ben Bernake de l’économie, l’Europe piétine et ne proposes toujours pas de solution véritable à la crise (mais contrairement à ce que les médias laissent penser, l’Europe n’est pas en aussi mauvaise posture que les USA, pourquoi ? deux choses : parce que nos villes sont moins étalées et notre mode de vie dépends moins du pétrole, ensuite parce que nos banques ne pratiquent pas le "fair value", c’est à dire, donner une valeurs fictives a leurs actifs comme le font les américains a l’aide du FAS 157)
  • Mais les bourses montent, alors … tout va bien !

Bref, ca craque de partout en même temps, la navire prends l’eau à tous les niveaux, en colmatant la brèche sans faire diminuer la pression (en l’augmentant même) maintenant ce n’est plus seulement une voie d’eau dans les soutes, c’est tout le navire qui se fissure.

Souvenez vous la crise des subprimes a été déclenchée par la remontée des taux (décidée par la FED à l’époque, alors que cette fois elle est subie par la FED, ce qui est beaucoup plus grave).

Donc, on a, en gros une explosion des dettes que les classes laborieuses ne peuvent plus payer : ni aux riches, ni aux vieux, ni aux chinois. (Je caricature mais en gros, c’est à peu près ça). Le tout sur fond de peak oil, de papy boom, et d’insolvabilité.

2011 s’annonce difficile pour la France avec le début de l’austérité. 2012 sera je pense l’année de la "révélation" dans le sens ou il ne sera plus possible de faire croire que tout va bien. Ce sera l’année des vraies mesures, après avoir tergiversé pendant 5 ans.

(ajout 06/01/11)

  • L’inflation arrive en Europe (2,2%) en principe la BCE est censée garantir une inflation en dessous de 2%. En réalité, c’est le résultat de la guerre monétaire déclenché par les USA qui exportent leurs problèmes au reste de la planète. Donc cela risque de forcer la BCE a stopper ses mesures d’aides. En tout cas, les tensions s’accroissent.
  • autour de 1000 milliards d’euros à refinancer en Europe en 2011 alors que les taux se tendent, alourdissant le poids de la dette
  • les USA endettés a hauteur de 419% de leur PIB (dette brute privée + publique). A titre de comparaison, en Europe on serait autour de 220%. Pourquoi une telle différence ? a cause du dollar.
  • QE3 (quantitavie easing) déjà évoqué. Rappelons que guerre monétaire = QE. Donc la guerre va s’intensifier encore d’un cran.
  • Le pétrole durablement au dessus des 90$, sachant qu’a 100$ on rentre dans la zone des tempêtes. On est déjà dans la zone d’alerte.

(Ajout du 07/01/11) La dette des USA est tellement énorme qu’ils sont encore obligés, une fois de plus de ré-hausser le plafond de cette dernière (actuellement 13.950 sur 14.290 milliards de dollars !! dépassement prévu entre le 31 mars et le 16 mai)

(Ajout du 20/01/11) La dette américaine : une décision doit être prise rapidement pour boucler le budget début février. Pendant que l’Europe tergiverse. Je ne serais pas étonné que les USA trouvent un ènième moyen d’exporter leurs problèmes, ce qui ne ferait au final qu’accélérer la crise Européenne. Avec la crise Tunisienne, les choses se précisent un peu. Bref, la crise s’approfondit loin du regard des médias Français qui ne font plus de liens entre tous ces évènements… comme s’il n’y avait aucune logique de fond dans tout ça… mais bon, faut pas affoler le bon peuple pour qu’il continue à consommer comme si de rien n’étais. Dormez bien tout va bien dans la matrice.

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