Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

Archives de Tag: BCE

Retex : Discussions de vacances – un financier, une éduc – la tête dans le guidon


Durant mes congés j’ai eu l’occasion de discuter avec un financier. C’était très instructif :

  • son métier, c’est le développement durable
  • ses « œillères », c’est la miro-économie, la macro, il ne connaît pas et du coup, est aussi ignorant que n’importe qui d’autre sur la course du monde

Finance et éthique

Dans le climat actuel, les financiers qui sont au coeur du système capitaliste sont souvent présentés comme les méchants : carriéristes, requins, appât du gain peu importe les conséquences, etc…

Pour le coup, la personne avec qui j’ai discuté, même s’il brasse des millions, le fait avec une certaine éthique. Par exemple, il finance un projet qui lui tient à coeur de centrale co-génération des déchets : il s’agit de récupérer sur quelques communes partenaires du caca de cheval, de la tonte de pelouse, et des déchets végétaux divers et avariés entant qu’intrant d’un digesteur qui produit du biométhane, qui lui même sert à de la co-génération : de l’électricité d’une part, et de la chaleur d’autre part, réinjectée dans le système.

Son rôle de financier est très important puisqu’il s’agit de s’assurer de la viabilité du projet (=rentabilité). C’est à dire qu’on ne fabrique pas une usine qui ne produise moins qu’elle ne dépense. Parce que l’air de rien, pour un tel projet il faut tout une infrastructure pour récupérer les déchets, entretenir l’usine, régler les différents systèmes de manière optimale, etc…

Sinon on est très vite dans l’utopie contre-productrice. Le méchant capitalisme prédateur à quand même des bases saines, et il est bon de le rappeler par ces temps de propagande. Le soucis, ce n’est pas tant ses principes fondateurs que les dérives qu’il implique (création de monopoles, externalités, rendements décroissants, complexification, etc…).

Aveuglement macro

Autre point très intéressant sur sa perception du monde. Nous avons abordé la question sous l’angle de l’immobilier. Comme je m’y attendais, financier ou pas, spécialiste ou pas, il se fait piéger comme tout le monde avec la religion de « l’immobilier ça monte ». Lui même s’est endetté fortement pour acheter en région parisienne. Je sais que c’est un coup d’épée dans l’eau, mais j’ai même pu lui démontrer que l’immobilier c’est un pari politique.

Je lui ai expliqué qu’actuellement l’économie ne fonctionne plus sans le soutient des banques centrales : la BCE avec ses taux zéro et sa politique de renflouement des banques privées finance indirectement la dette étatique (c’est pour cela que les bonds du trésors français sont en chute libre, contre toute attente et toute logique – en passant j’avais annoncé il y a un an que les taux montaient de manière fulgurante mais je n’avais pas prévu qu’ils allaient réagir de la sorte en truquant les marchés). Donc, les taux des emprunts sont historiquement bas, ce qui permet aux gens de continuer a s’endetter et donc, d’acheter de l’immobilier. Si pour une raison ou une autre (la plupart du temps sans que personne n’ai de contrôle dessus) la banque centrale change sa politique de taux, c’en est fini de l’immobilier qui monte : sans ça, je vous garantit que la bulle française aurait explosée depuis longtemps.

Autre point, la pression démographique qui fait que la demande est toujours forte et donc que « l’immobilier ça ne peut que monter ». D’une part, cette pression est la résultante de la politique immigratoire. Il suffit que la politique change pour que tout s’inverse la aussi. Sans parler qu’il faut une population solvable, ce qui est de moins en moins le cas (voila pour quoi le friggit, l’indicateur de la bulle immo en France nous indique un retournement de tendance depuis quelques mois, les prix stagnent ou baissent).

Donc même un financier, spécialiste des calculs de rendement se laisse avoir par les sirènes de l’immobilier. Pourquoi ? parce que plongé dans son quotidien il n’a pas le temps de regarder la situation macro-économique globale. Finalement, la tête dans le guidon ils sont autant paumés que tout les autres et malgré leurs connaissances et leurs relations, ils se heurtent au « mur de la complexité » comme tout un chacun.

Si notre société s’effondre, c’est bien plus à cause des limites de chacun que d’une espèce de conspiration. Par contre, l’effondrement est un terreau très fertile pour les conspirations, qui jouent le rôle de catalyseur. La diffusion de la théorie du genre par exemple ne peut pas être expliqué sans une forme ou une autre de conspiration venue d’en haut.

Cette discussion justifie à posteriori le travail de recherche qu’on fait sur la blogosphère pour découvrir les causes profondes de la crise. Malheureusement plus on creuse et plus on se rends compte que l’humanité est soumises à des forces « méta-historiques » (les forces derrières l’histoire) qu’on ne contrôle pas du tout (dans la mesure ou n’en a même pas conscience) et qui se moque de la bonne volonté qu’on peut mettre à essayer de résoudre nos problèmes.

Et les associations de réinsertion dans tout ça ?

Rien à voir directement avec le sujet financier, mais tout à voir car la même sociologie de « tête dans le guidon » : j’ai eu une autre discussion avec une personne en charge de « réinsertion des jeunes en difficultés » : ils croulent sous les subventions, donnent de l’argent de poches au jeunes, des fringues tous les mois, leur payent des activités sportives, du soutient affectif, etc… Bref, ils cajolent les délinquants. Bien sûr humainement ces jeunes n’ont pas eu de chances, ont du potentiel, etc… Mais ces associations dégoulinantes de bon sentiments, non seulement ne servent à rien (ces jeunes auraient besoins d’avoir un tuteur toute leur vie pour tout juste s’en sortir, quand à 17 ans on a un niveau de CM1 …) mais en plus sont devenues contre productives :

  • le message non verbal c’est « faites des conneries, vous serrez récompensés »,
  • l’autre message a l’inverse pour le citoyen honnête c’est « faites vous insulter/braquer/violer, vous devrez en plus payer de vos impôts pour leurs centre de vacances »
  • les éducateurs s’usent, sont dégoûtés, et même parfois prennent les réflexes / attitudes des racailles et rapportent leurs soucis à la maison. En fait, c’est plutôt les racailles qui déteignent sur les éducateurs que l’inverse ! Un comble

Mais malgré tout ça, malgré tout les dénis qu’apporte la réalité, l’illusion perdure qu’il faut continuer à « être humain » à « aider son prochain », et que ça n’a aucun lien avec le flux immigratoire (inversement proportionnel au flux pétrolier) ou avec un choc des cultures, que si on leur fait faire des ateliers théâtre ils vont apprendre les valeurs de partage, que chacun peut être sauvé, etc…

C’est probablement mieux que de ne rien faire (du moins ça le serait si on tirait les leçon de nos échecs), tout du moins pour ceux qui ont besoin de rassurer leur conscience. Toujours est-il que la encore, on est face à des forces qui nous dépassent individuellement et collectivement. Car pour résoudre ces simples soucis de « délinquance » il faudrait en réalité revoir l’ensemble de la société (si ces jeunes en sont la, c’est en partie a cause des différences culturelles et des difficultés d’intégration, en partie a cause de la crise, en partie a cause de notre décadence, en partie a cause du manque de chance, en partie a cause de leur famille et de eux même). Par ou commencer ?

Exponentielle, surpopulations, pic pétrolier et autres sujets sans aucune importance


L’exponentielle pour les nuls !

Quand j’essaye d’expliquer le pic pétrolier aux gens, je m’attends à ce que des lumières rouges s’allument (partout) quand je prononce le mot exponentielle ! Hors ce n’est pas le cas, ça ne percute pas. Mathématiquement, une exponentielle est une fonction dont la dérivée est égale à elle même ! lol Dans la pratique, c’est une accélération qui s’accélère. re-lol

C’est pourtant un concept essentiel à comprendre, dans sa vie personnelle autant que pour la géo-économie.

Concrètement c’est quoi ? En salle de classe on prends souvent l’exemple du nénuphar.

Un exemple réel : la taxifolia qui s’est échappée accidentellement (lors d’une vidange). Repérée en 1984 en face du musée océanographique de Monaco, elle occupait à l’époque 1 m². En 2004, elle occupait 5 000 ha, les côtes de 5 pays étant touchées (France, Italie, Croatie, Espagne (dont les îles Baléares), Tunisie) sur 100 km de côtes. C’est typiquement une progression exponentielle. Ça va de plus en plus vite.

Puis elle a « mystérieusement » régressée … Un peu comme si elle avait tout mangé puis qu’elle a « mourru » quoi ! mais sshhhhht, il ne faut pas le dire, c’est tabou. Autre exemple : les lapins en Australie. Ou les bactéries dans une boite de pétri. Au début c’est lent, tout le monde s’en fiche, puis vient le moment ou ça explose littéralement. D’ailleurs, c’est le principe d’une bombe atomique d’utiliser l’exponentielle… bref.

Je vais tenter une autre approche pour expliquer l’exponentielle et son importance. Je vais essayer de ne pas faire trop long, mais en même temps, il y a quelques « objections » courantes à traiter.

Prenez une feuille de papier A4. Vous pouvez la plier et avoir 2 feuilles A5 avec, 4 feuilles A6, 8 feuilles A7, ou 16 feuilles A8. A l’inverse, imaginons que vous pouviez déplier votre feuille A4 autant de fois que vous le voulez. Vous la dépliez une fois et vous avec du A3 qui est 2X plus grand, une autre fois vous obtenez du A2 qui est 4X plus grand, etc…

Maintenant, imaginons que vous dépliez votre feuille 1X par seconde. Une feuille A4 c’est 623.7 cm2.

  • Combien de temps pour remplir votre chambre de 32m2 ? environ 9 secondes.
  • Combien de temps pour remplir toute la France ? 44 secondes.
  • Pour la terre entière ? 52s … pas besoin d’attendre des masses.
  • Pour envelopper le système solaire dans une bulle de papier ? 86 secondes. 1 minutes 36. wow
  • Pour faire un disque aussi grand que la galaxie ? prenez votre mal a patience … il faudra 143s, soit 2 min et demi en gros !

Voila, le pouvoir de l’exponentielle c’est ça. Mais ou est dans donc l’exponentielle dans la vie, quel rapport avec le pic pétrolier, la crise et tout ce binz ?

Ou sont cachées les exponentielles dans la vie courante et dans l’économie ?

La consommation d’eau, le nombre de voitures, la consommation de papier, le nombre d’espèces qui disparaissent, le nombre de poissons péchés, les tonnes de CO2 dégagées sont toutes des exponentielles :

Ca s’accélère de plus en plus. Pourquoi ? parce que la population est exponentielle, et qu’il faut bien nourrir, vêtir, chauffer, transporter, soigner, éduquer, tout ce petit monde :

Mais ce n’est pas tout … parce que si je vous dit « +1% par an », c’est aussi une exponentielle, déguisée, étalée dans le temps. Au lieu de doubler toutes les secondes, on double tous les 72 ans. C’est le même principe de doublement périodique. Quand on parle de taux d’intérêts, de taux de croissance, de taux d’inflation, on parle en réalité de doublement tous les X années et donc d’exponentielles.

Exemple :

  • 5% c’est un doublement tous les 15 ans environ
  • 3% c’est un doublement tous les 24 ans environ
  • 2% c’est un doublement tous les 36 ans environ

Voila ce que ça signifie quand on vous prête de l’argent à taux record de 3,5% par exemple, ou quand on parle de croissance du PIB… mais aussi de la population mondiale qui double tous les 40 ans !!!

Il existe une règle de calcul approximative, qui est un secret de banquiers : pour savoir en combien d’années une valeur qui augmente de x% par an va doubler, on fait « 72 / x ».

  • 72/5 = 15 (approximativement). En 15 ans, au rythme de 5% la valeur va doubler
  • 72/3 = 24. Au rythme de 3%, elle doublera en 24 ans.
  • 72/2 = 36. Au rythme de 2, elle doublera en 36 ans.
  • et donc pour 10% : 72/10 = 7.2. En 7 ans environ la somme aura doublée.

Ca vous permet quand le banquier annonce un taux d’intérêt de savoir rapidement, selon la durée du crédit si vous allez devoir payer le double ou pas, ou combien.

Notre gouvernement par exemple ne sait rien faire d’autre que des prévisions de croissance à 2%, comme l’a montré Olivier Berruyer dans un de ses posts d’anthologie.

Exemple : depuis 1650, les USA assurent une croissance de 3% par an de leur consommation d’énergie :

(attention, l’échelle de l’énergie fait X10 à chaque case en hauteur et non pas +1)

Pour donner un ordre d’idée à l’échelle humaine :  2.9% de croissance signifie un doublement tous les 25 ans environ, soit X10 dans la vie d’une homme (~80 ans), X17 sur un siècle.

Nous utilisons actuellement (2006) 16TW d’énergie. Si nous poursuivons une croissance de 2.9%, qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

(Idem l’échelle fait X100 à chaque case en hauteur – on est obligé de faire comme ça, sinon on ne pourrait pas dessiner la courbe, il faudrait scroller pendant des heures)

A partir d’aujourd’hui :

  • en 275 ans on consommera toute l’énergie provenant du soleil qui touche le sol avec 20% de rendement (en gros tout surface émergée serait recouverte de panneaux solaire)
  • en 345 ans, toute la lumière qui touche le sol (si les panneaux avaient un rendement de 100%)
  • en 400 ans toute la lumière qui atteint la terre (incluant donc les mer)
  • en 1350 toute la lumière qui émane du soleil
  • en 2450 ans toute la lumière de la galaxie

Et pourtant, ça fait 6000 ans qu’on est en progression exponentielle alors pourquoi ne pas continuer 2450 ans de plus ? On comprends bien que tout cela n’est possible que grâce aux progrès technologiques, et aussi au fait que la terre (était) est grande, relativement à ce qu’on peut faire dessus. Du moins jusqu’à présent.

Mais si on continue notre croissance exponentielle d’utilisation de l’énergie, on va simplement faire bouillir la planète, puis la faire fondre entièrement, etc…

Il y a une limite. Ou est-elle ?

275 ans ça nous laisse du temps pour nous retourner ? Mais c’est juste pour montrer qu’il y a une limite et pour donner des ordres de grandeur. La limite est beaucoup plus proche. Mais d’abord, peut-on peut faire de la croissance sans énergie ? Oui, en partie du moins. La preuve :

Le PIB grandit à un taux de 2.9% comme l’énergie jusqu’en 1950. Ensuite il grandit à un taux de 5% (l’énergie reste à 2.9%) grâce aux améliorations d’efficacité.

En effet, regardons les ordinateurs, on fait plus avec moins (d’électricité) aujourd’hui qu’autrefois (la aussi la progression est exponentielle d’ailleurs, c’est la loi de Moore). C’est une réalité. Mais, pour échanger des bananes d’un continent à l’autre, il n’y a plus grand chose à améliorer (à moins d’inventer la téléportation bien sûr ! lol). Donc, au mieux du mieux, la croissance énergétique doit suivre celle de la population. Mais la population, en général voudrait bien augmenter son niveau de vie. Ce qui signifie plus d’énergie (rappel : le niveau de PIB est fortement corrélé au niveau de consommation d’énergie).

La France se gargarise du dynamisme de sa population qui croit de 0.5% par an (doublement en 140 ans). L’Egypte est à 1.92 (doublement en 37.5 ans). L’Inde double en 54 ans, la Chine en 150, et le Qatar en 15 ans !!! (Ça explique sûrement sa géopolitique très agressive). C’est en Asie que la croissance démographique se situe. Mais vu qu’un américain consomme 40X plus qu’un indien, en réalité, les USA, la Chine et l’Inde sont les pays qui pèsent le plus sur les ressources futures.

Bref, la croissance démographique n’est pas soutenable, pas plus que la croissance économique, et encore moins les 2 combinés. La France si fière de se ponzimmigration qui va payer les retraites dorées de ses ponctionnaires devrait revoir sa copie de toute urgence, sans même parler du fiasco du multiculturalisme « plus belle la vie » à la marseillaise.

Ou est donc cette fichue limite ?

Autant le dire, c’est probablement impossible à calculer. Mais on peut chercher des « signes ». Mais la limite est très proche et probablement déjà atteinte (l’histoire le dira) … en 2008 (Leman Brother).

Le taux de croissance démographique a augmenté au cours des ages jusqu’à 2% avant de commencer a retomber un peu avant le premier choc pétrolier.

(Le bump dans les années 60 c’est le grand bond en avant chinois - ne riez pas)

On explique généralement la baisse du taux de croissance par l’urbanisation, l’éducation des femmes, la contraception (pilule inventée en 1956). Difficile pour l’instant de trancher pour savoir si c’est la contrainte énergétique ou bien un changement de mode de vie.

Est-ce que la crise de 2008, qui suit le pic pétrolier conventionnel de 2005 est l’effet de cette contrainte physique ou de l’impact des folies financières sur les classes populaires ? Difficile la encore de trancher.

Mais on sait que le pétrole par personne stagne depuis 1973 !!! Donc, certaines exponentielles ont déjà pris fin. Ça fait déjà 30 ans qu’on patine.

Pour des chiffres plus récents, on a les US, ce qui donne ça :

Pour l’instant, ça va, mais pour combien de temps encore ?

A ma connaissance, seule l’approche systémique apporte un début de réponse. L’approche analytique classique refuse même de se poser la question (Jorion à dit que Malthus était l’ennemi par exemple !) car l’explication marxiste (la finance mondiale ruine les classes populaires pour faire simple) leur convient parfaitement (et pour l’instant elle n’est pas réfutée – en plus la part de l’énergie dans le PIB est limitée à 3% ce qui enfonce le clou).

La systémique (et l’histoire) nous apprennent que le genre de difficultés que nous rencontrons ne sont pas nouvelles (crise de la dette, décadence, guerres, populisme) et apparaissent quand la croissance touche ses limites. C’était le cas de Rome, du moyen age, de Venise, de la 1ère guerre mondiale. J’y reviendrais. Mais il est vrai que c’est (rigoureusement) insuffisant. On peut voir cette crise (et les autres) comme une crise des excès de la finance, une crise de cupidité, de pouvoir excessif.

Pourtant si c’était une crise marxiste, les classes populaires seraient effectivement appauvries, le prix du pétrole aurait du baisser. Hors, il a augmenté, ce qui tends à prouver que la contrainte est bien énergétique et non sociétale.

Les conséquences vont-elles être dramatiques ?

Difficile à dire/ Notre société dispose de « beaucoup de gras », d’une certaine capacité d’adaptation et de rebonds, voire même d’innovation. Mais rien de tout cela n’est chiffrable. En plus, on se situe à l’échelle de temps d’une vie ou d’une génération et pas dans le court-terme auquel on est habitué de nos jours. Les gens ne prévoient plus rien au delà des prochaines échéances électorales ! La on parle des 30 ans à venir (taux de déplétion du pétrole conventionnel = 5%, soit moitié moins en 15 ans environ).

Comme je l’ai expliqué, d’ici 2030 environ la population mondiale devra décroître parce que l’énergie (fossile) va décroître (il est maintenant trop tard pour espérer qu’une nouvelle énergie prenne le relais à temps), parce qu’en plus il faut de plus en plus d’énergie pour faire tourner la machine (extraire les minerais notamment). Parce nous consommons actuellement plus que ce que la terre ne renouvelle en un an (overshoot day). Parce que tout le monde aspire à un meilleur niveau de vie et que ce n’est plus possible, même en améliorant l’efficacité énergétique, il faut manger, transporter, chauffer … et les iCaca ne vont pas sauver l’économie.

Ce qui est sûr c’est que le monde de l’énergie fossile se meurt et emportera avec lui tout ce qui ne saura pas s’en détacher. Par quoi sera-t-il remplacé ? Les paris sont ouvert :

  • rien ?
  • les nano tech ?
  • la fusion froide ?
  • le thorium ?
  • autre chose ?

Dans tous les cas, ça va swinguer et beaucoup de choses vont devoir changer. La croissance exponentielle est condamnée (notamment démographique) et les pays qui s’y accrochent avec. Même avec une nouvelle source d’énergie, nous n’aurons pas de nouvelles sources d’engrais pour autant, ni plus d’eau (on pourrait dessaler c’est vrai mais ça ne résoudra pas tout et demanderais énormément d’énergie qui accélérerait le réchauffement) !

Bien sûr, pour nourrir tout ce monde on va nous proposer : les insectes, les OGM, la viande artificielle. Mais tout ça aura un coût (environnemental, politique, sanitaire). Sans compter qu’il n’y a aucune garantie de succès, ni que ça résolve les problèmes à temps (nous n’avons toujours aucune solution sous la main pour les transports par exemple). Ce ne sera qu’un simple frein à notre chute, parce que les exponentielles … c’est fini ! Fini la dette et ses taux d’intérêts … sans énergie abondante, fini les retraites, la sécurité sociale, le chômage. Notre monde est bâti de A à Z sur la croissance et sur les transports quasi-gratuits (qui permet la spécialisation). Tout cela est en train d’éclater.

Les tensions autour de la Syrie, le drame Égyptien sont des signes supplémentaires que la situation se dégrade à vitesse grand V (après : Deepwater, Fukushima, les émeutes de la faim de 2008, la crise Grecque) et que nous sommes déjà à la limite.

Quels sont les prochaines signes à surveiller ?

  • l’éclatement de la zone euro (en stand by jusqu’aux élections Allemande et au vote sur la constitutionnalité de l’intervention de la BCE)
  • la fin (ou non) du QE3, les taux directeurs (qui continuent de remonter en flèche comme je l’avais annoncé en mai)
  • les accords « hors dollar » et la réforme du FMI voulue par Poutine
  • si la bulle des gaz de schiste fini par dégonfler comme anticipé ou non. La production mondiale de pétrole en général, et de conventionnel en particulier.
  • les guerres (Moyen Orient en particulier) en général
  • le prix du pétrole et de l’or
  • le Dry Baltic Index sur le long terme (c’est une mesure de l’intensité du commerce mondial)
  • la faillite d’une major

Mais ne nous leurrons pas, la caractéristique de cette crise est justement de frapper la ou ne l’attends pas. On peut en anticiper les grandes lignes, mais au delà, on s’enfonce dans la complexité de notre monde ultra-sophistiqué (comparé à nos cerveaux archaïques).

Petit bilan géoéconomique de fin d’année 2012


Avec le niveau sans précédent historique d’endettement des nations, ça fait longtemps que cela aurait du se finir en guerre. Mais il n’en est rien, car depuis 60 ans, la bombe nucléaire terrorise les dirigeants et les forces à chercher d’autres solutions. Du moins, pour tous ceux qui sont abrités derrière ce parapluie, pour les autres, c’est différents, ils sont le terrain de guerres par procurations.

Le statut-quo perdure alors même que les indicateurs économiques majeurs sont « off the charts », dans des zones inconnues. Combien de temps cela peut-il durer ? difficile à dire, mais la crise continue en sous-marin et les prochains chocs se préparent dans les mois / années qui arrivent.

Les US s’estiment presque hors de danger, comparé au reste du monde : la bulle immo sera dégonflée d’ici quelques mois, les foreclosures (saisies) vont finir par s’arrêter, le gaz de schiste va redonner du souffle à l’économie (notez la dissonance du discours : le manque de pétrole n’est jamais un problème, mais son abondance est toujours une bonne nouvelle), les Quantitative Easing vont se perpétuer et continuer d’exporter la crise, mais les protéger (relativement) eux. Ils ont raison ! Sauf pour les gaz de schiste qui ne les aidera que pendant une poignée d’années, probablement pas au delà de 2015, mais, dans une économie mondialisée ou la psychologie joue pour beaucoup, cela pourrait suffire à faire la différence : si l’Europe s’écroule en premier (comme je le crois) les USA seront comparativement vu comme un refuge, ce qui leur profitera énormément.

L’ASPO (association pour l’étude du pic pétrolier) à rencontré l’AIE (agence internationale de l’énergie, l’agence qui donne les chiffres officiels sur lesquels les états basent leurs politique énergétique). L’AIE est à l’origine notamment des fadaises sur les gaz de schiste et l’indépendance énergétique future des USA. L’ASPO nous révèle (je vous dis la même chose qu’eux mais sans le politiquement correct) qu’ils sont incompétents et mal informés (ils n’ont pas de données fraîches et de qualité, et les experts qu’ils consultent ne viennent que pour les aider en matière de statistiques), et qu’ils vont essayer de les aider. C’est quand même hallucinant, mais au moins, on sait ce qui se passe maintenant.

La prochaine étape de la crise risque de venir du Japon dont les exportations se sont effondrées. Rajouté à cela que la démographie subit à atteint un pic et commence à décroître, et que les exportations s’effondrent. Dans les mois qui arrivent, le Japon pourrait ne plus parvenir à maintenir son « homéostasie » et ne pas lever assez d’impôts pour combler son déficit. Ils sont à plus de 200% d’endettement public rapport au PIB, mais parvenait jusque la à faire illusion. Fukushima aura donné le coup de grâce. A suivre donc dans l’année qui vient.

L’Europe est aussi une zone à fort risque malgré les discours rassurant des politiques. D’ailleurs c’est un critère : plus ils se veulent rassurant, plus on est dans la m…de ! Concrètement, nos banques ne parviennent pas à se recapitaliser (y compris en Allemagne). Chypre est en faillite. L’Espagne va mal. La Grèce au bord de la guerre civile avec (de mémoire) 30% qui votent pour le parti néo-nazi, et peut exploser à tout moment. A priori l’union soviétique Européene va se poursuivre en rendre le GEAB de plus en plus heureux. L’Europe importe 96% de son pétrole. Seuls les pays nordiques ont entamés une vraie transition énergétique (la France préfère faire pédaler ses immigrés pour générer de l’électricité afin d’alimenter les voitures électriques des riches). Bref, la situation est critique.

La Chine inquiète aussi, mais j’ai oublié les raisons et les chiffres. De toute manière, c’est difficile d’y voir clair avec eux, les chiffres sont encore plus truqués, et l’économie est dirigée, ils ne jouent pas selon les même règles. C’est un cas à part.

Mais c’est surtout la France qui inquiète beaucoup. Nous sommes maintenant sur le fil du rasoir. Le chômage monte, les 3% de déficit ne seront pas atteint, d’autant qu’en plus il faudrait faire mieux pour rattraper le retard pris, l’immigration massive plombe le pays, les banques n’ont plus de capitaux (BNP / Ca / Sogen ont plusieurs fois le PIB de la France dans leur bilan – et ça, ça finit toujours très mal), la cure d’austérité va nous amener dans une crise à la grecque, et en plus, Hollande doit s’attaquer au CDI (cf le nouveau contrat qu’ils sont en train de mettre en place), et ensuite aux retraites à nouveau ou bien aux fonctionnaires (56% du PIB, ce qui est juste gigantesque). Dans un pays ou l’on ne cesse de dire « la crise et finie », mais en même temps on demande toujours plus d’efforts à tout le monde, et ou la tradition contestataire est forte.

Les Russes ont lâchés Assad, ce qui m’étonne beaucoup. Qu’on-t-ils négociés en échange ? pour l’instant, difficile d’y voir clair. La Palestine commence à être reconnue comme un état (par l’ONU). A priori, pour l’instant, nous échappons à la guerre avec l’Iran qui aurait probablement eu un effet disruptif. La Grèce ne sera pas poussée hors de l’Euro, du moins pas avant les prochaines élections Allemandes fin 2013.

Donc pas de choc majeur en 2013, du moins, dans les mois qui arrivent. Mais la situation continue de se dégrader partout. C’est peut-être d’ailleurs ça qui fait qu’on évite les gros choc : tout le monde ou presque est mal.

Mais d’ici une poignée d’années, la bulle des gaz de schiste (due à la masse de capitaux qui cherchent à s’investir et qui fabriquent des bulles un peu partout, et due aux allègements fiscaux dont ce domaine fait l’objet) va finir par exploser, comme toutes les bulles. Le pic pétrolier absolu devrait être atteint avant fin 2020 et provoquer un nouveau choc. Nous avons les émeutes de la faim qui reviennent dans les pays fragiles, ce qui devait à nouveau provoquer de l’instabilité dans les pays arabes notamment. Raison pour laquelle les démocraties laissent s’installer les dictatures islamiques des frères musulmans pour « tenir les pays en échange de pétrole » (je simplifie un peu, mais je ne suis pas sûr que ce soit beaucoup plus compliqué).

Rajoutez à cela qu’il y aura toujours plus de catastrophes naturelles (inondations, tempêtes) et industrielles. A terme, je ne vois toujours pas d’issue, ni pour l’Euro, ni pour le Dollar en tant que monnaies uniques, mais la situation est très complexe du fait qu’en même temps les nations s’affaiblissent, rendant le retour aux monnaies nationales d’autant plus compliquées … et à la rigueur on pourrait avoir des monnaies crées par les multinationales, ou par des zones urbaines étendues (le grand Paris par exemple). Pour l’instant, c’est difficile de savoir qui prendre l’initiative (Nantes s’est doté d’un embryon de monnaie locale si je ne m’abuse).

Mais nous avons évité la fin du monde du 21 décembre 2012, et il n’y en a pas d’autre prévue dans l’immédiat, donc … on devrait s’estimer heureux !

Sources :

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 196 autres abonnés

%d blogueurs aiment cette page :