Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

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La dynamique de groupe en tant que facteur crisique


Ce que je proposes pompeusement dans cet article n’est rien de moins qu’une révolution copernicienne de l’identité. C’est une autre manière de lire notre vie et la société qui permet notamment de mieux appréhender la dynamique des crises (personnelles ou collectives).

Notre cerveau est câblé pour croire que nous contrôlons nos vies (ça le rassure). La triste réalité est que la plupart des choses, y compris et surtout nos pensées, nous échappent complètement. Même nos décisions et nos émotions sont influencées voire dictées par les dynamiques de groupes qui s’imposent à nous, souvent en dépit de nos valeurs morales ou de nos désirs.

La crise a une dynamique qui lui est propre. Même s’il existe des tonnes de solutions, elle suivra sa propre logique jusqu’à son terme. J’explique ici pourquoi, sans fatalisme.

L’article est long, mais je ne vois pas comment le découper.

Ce que nous ne sommes pas

Faîtes l’expérience suivante : Vous êtes en train de me lire ok ? Placez vous à une distance de bras de l’ordinateur. Tendez le bras, levez le pouce pour cacher une partie du texte (le pouce doit être à quelques millimètres de l’écran). Fixez votre pouce, et essayez de lire les mots qui sont autour. Vous ne pouvez pas. Voila !

Ce que vous venez de faire, c’est de prendre conscience la fovéa, la zone de notre oeil qui voit précisément. Le reste n’est que très approximatif.

Pourquoi je vous dis ça ? Parce que c’est une illustration de la manière du fonctionnement de notre cerveau : il marche à l’économie. Quand j’ai découvert les « biais cognitifs » (BC), j’ai fait l’analogie avec un bug dans l’informatique, c’est à dire, une erreur de programmation relativement rare. Grave erreur. C’est tout l’inverse qui se produit dans notre cerveau, le biais cognitif est la norme. C’est la conscience, la rationalité qui sont des « bugs », des occurrences accidentelles.

La réalité est bien trop complexe pour être traitée par notre cerveau. C’est déjà le cas de nos perceptions immédiates qu’on est obligé de filtrer, mais en plus, nous avons bâtit une société très/trop complexe pour notre « faible puissance cognitive ».

En dehors des moments ou nous calculons, méditons, et agissons (et encore …), grosso modo chaque fois que nous pensons, c’est du bon gros « biais cognitif » bien baveux. Tous les sujets incertains par nature (tous les phénomènes non linéaires du point de vue mathématique donc – l’économie, l’amour, la famille, la politique, etc…) leur sont soumis.

Exemple : l’article que j’écris en ce moment même aurait une teneur légèrement différente si j’étais assis sur une chaise dure, plutôt que sur un fauteuil confortable. Oui, les BC c’est à ce point la. J’ajouterais un autre exemple personnel : récemment j’ai fait un rêve dans lequel j’ai « vu » mon angoisse vis à vis de la crise. Depuis s’est déclenché tout un processus en cascade, et je vois mes idées évoluer, sans que je n’y puisse rien, je ne fais que constater. Concrètement, après ce rêve, tout d’un coup, alors que je faisais mon jogging m’est venu une idée toute simple, mais révolutionnaire pour moi : jusque la, je me suis concentré sur ce que la crise allait changer, bouleverser, et j’ai complètement négligé d’étudier tout ce qui n’allait pas changer, qui va rester stable, sur lequel s’appuyer. Et j’ai réalisé d’un coup que je m’inquiétais pour (presque) rien, et mon point de vue à changé … depuis ce rêve ! Je n’ai strictement aucune idée de comment tout ça s’est produit.

Sur la plupart des sujets, nous « inférons » notre opinion sur la base de ce que nous « savons » (croyons savoir) déjà, d’après notre contexte actuel (humeur du moment par exemple), et d’après la manière dont nous interprétons l’information brute, elle même souvent de seconde main (et donc soumise aux BCs des rapporteurs tels les journalistes). Voila pourquoi pour certains l’immigration est une bonne chose, et pour d’autres non. Voila pourquoi pour certains Poutine est le méchant, et pour d’autres un sauveur. La loi de 1973 est bonne / mauvaise. Etc…

Voila pourquoi penser est une phénomène collectif par nature. Les pensées sont aussi contagieuses que des virus, selon le « terrain » de chacun. Nous ne pouvons pas penser seul, parce que c’est trop compliqué. Nous nous formons une opinion à plusieurs. Et nous le faisons selon des réseaux de « confiance », c’est à dire, nous pensons par proximité/affinité. Ce qui veut dire que nous ne pensons pas pareil selon nos origines ethniques et culturelles, géographiques, etc… Ça à l’air d’une banalité dit comme ça, mais à l’heure l’échec de l’intégration, il est bon de le rappeler : nous ne sommes pas interchangeable, qu’on le veuille ou non, il y aura toujours des regroupement d’humains par affinités, il n’y aura jamais d’unité globale, d’autant plus que le fossé cognitif s’élargit !

La plus grande illusion de toutes, c’est de croire que nous sommes des « individus » : une seule personnalité, rationnelle, consciente. Le corollaire, c’est qu’il existe une « psychologie du collectif« . [L’autre corollaire, c’est que nous sommes extrêmement manipulables mais c’est un autre sujet]

Exemple : non seulement, quand nous pensons aux « musulmans », ou aux américains, ou aux immigrés, nous sommes obligés d’amalgamer, parce que notre cerveau ne peut pas penser tous les détails de toutes les situations individuelles, mais en plus, les musulmans (leurs pensémotions et leurs actions) sont de toute manière « amalgamés » entre eux réellement, parce qu’ils pensent (comme n’importe qui d’autre) à travers le prisme de leur groupe d’appartenance. Voila pourquoi j’insiste sur certains fait divers (comme par exemple tout un quartier qui attaque des policiers) parce qu’ils révèlent une certaine psychologie collective. Et donc, je rejoint totalement le récent post de Tonio qui dit raisonner en statisticien, par « moyenne« . Bien sûr dans un groupe il y a toujours des exceptions, mais c’est les tendances de fond qui comptent.

Ce que nous sommes

Ou est-ce que tout cela nous amène au juste ? Nous sommes une somme (d’influence diverses et avariées).

L’idée que je voudrais développer est celle de l’analogie entre psychologie d’un individu et psychologie d’un groupe. Les groupes sont comme des individus à part entière, notamment les nations ou les religions.

Peu importe comment on l’appelle : égrégore, mème, champ morphogénétique, inconscient collectif, sur-moi ou autre … Je postule que cette « identité sociale » (pour reprendre le vocabulaire universitaire) existe et est une résultant de la dynamique de groupe.

La dynamique de groupe commence … a 2 !!! Dès que deux personnes interagissent, elles le font d’une manière qui leur est propre. Dis autrement : je ne suis pas la même personne selon qui j’ai en face de moi. Je suis différent avec mon père, avec ma mère, avec Marc, Paul, Lucie, et je suis encore différent dans un groupe. Et c’est pareil pour Marc qui est différent avec moi de celui qu’il est avec Pierre, etc… Nous pensons être une même personne tout au long de la journée, mais en réalité, selon le contexte notre cerveau met en avant tout un pan de mémoire, tout un caractère correspondant, une humeur, des réflexes, une logique, le tout en syntonie … bref, une (sous)personnalité complète. Même s’il y a un continuum entre nos différentes personnalités, elles n’en sont pas moins multiples. Si vous préférez, considérez que nous sommes tous des acteurs à capables de jouer différents rôles … mais nous nous identifions à ces rôles, nous pesons qu’ils sont « nous ». C’est ça l’erreur. (C’est d’ailleurs ce que ne cesse de rabâcher le bouddhisme ou le yoga !)

 

Dans un groupe plus large c’est pareil, il y a forcément une dynamique qui s’installe. Un exemple classique de la sociologie à été d’étudier les cas ou bizarrement, dans certains contextes la dynamique de groupe pousse tout le monde à faire des choix contraire à ses intérêts ou il n’y a aucun gagnant, même pas un gus qui tire son épingle du jeu. Autre exemple : le bouc émissaire : dans certains cas, la mécanique de désignation d’un bouc émissaire se met en place qu’on le veuille ou non, même si l’idée du bouc émissaire révulse la majorité ! C’est notamment René Girard qui à le plus étudié le sujet avec le désir mimétique si vous voulez creuser le sujet plus avant. Le triangle de Karpman (victime bourreau sauveur) est aussi un exemple commun ou la dynamique de groupe vous aspire contre votre volonté. Certaines situations font ressortir le pire de nous même, même si on s’en défends.

Du coup, si nous ne sommes pas des « individus » que sommes nous ? Nous sommes plutôt « Une sensation d’individu« , une illusion d’individu. (Ou peut-être nous sommes un kaléidoscope et donc il existerait un « moi profond » peu importe, ce n’est pas le sujet) ?

Mais en réalité, si on regarde plus en détail on se rends compte que pour nous décrire, il est plus adapté de parler, non seulement de personnalités multiples (nous sommes différents en fonctions des personnes que nous avons en face de nous, ou de nos émotions du moment) mais en plus des personnalités « partagées »/ »communes » (entre plusieurs individus), qui forment une « identité sociale ». Je suis un « ouvrier, français, catholique » … ça fait 3 « sur-personnalités ».

Nous avons plusieurs identités sociales, qui peuvent se chevaucher, se contredire, s’emboîter, etc… Une pour notre boulot, une pour notre pays, pour notre religion, etc **… Ces identités sociales en compétition sont un phénomène émergeant de l’interaction des nos biais cognitifs respectifs, elles ont donc une vie propre, une psychologie propre, une histoire propre.

Voila pourquoi « La France » existe au sens propre. Ce n’est pas une figure de style. Elle à une psychologie particulière, une histoire. En ce moment, on pourrait dire qu’elle est dépressive après 200 ans d’échecs répétés ! lol

Entre parenthèse, les BCs sont le moyen que nous utilisons en tant que structure dissipative pour maximiser la production d’entropie. Le fait qu’ils soient contagieux (ce qui donne lieux à des luttes de pouvoir) permet d’en démultiplier les effets.

Les rouages de l’identité sociale : pouvoir des minorités

Maintenant, « comment » fais-t-on pour tenir compte de ce changement de perspective ? Si on admet qu’il existe une psychologie sociale, il faut en comprendre la mécanique. C’est en partie de rôle des sociologues (les vrais, pas ceux qui font du Mucchielisme), mais pas uniquement : les militaires et les publicitaires s’y intéressent aussi de très près !

Je reprends l’exemple de l’immigration musulmane parce qu’il est parlant. Quand je dis que ça ne peut plus marcher, c’est précisément parce que j’emploie cette logique sociale, dérivée de la dynamique de groupe pour décrypter la situation. Nous n’avons pas de perception directe de ces phénomènes collectifs (si ce n’est au travers des sondages peut-être), il faut donc biaiser pour en deviner l’évolution. D’où l’utilisation des statistique, mais aussi le raisonnement holmésien (qui déduit une généralité d’un détail). Dans le cas présent, les événements symboliques sont aussi très importantes et révélatrices en tant que marqueurs des psychologies collective (comme les agriculteurs espagnols qui brûlent les drapeaux européens par exemple, ou comme Merah). Par exemples les émeutes de 2005 sont un marqueur (pour le français de souche) alors que c’est la loi de 2004 qui à marqué les musulmans ou l’affaire Bourarach, ou Malik Oussekine. L’affaire Dreyfus en son temps servit de catalyseur à un énorme changement de psychologie collective, qui à débouché, comme chacun le sait sur la création de l’état d’Israël ! C’est dire l’importance de ces événements symboliques ! Comprenez que ces marqueurs sont différents selon les communautés. La plupart du temps ce qui a de l’importance pour l’un est hors du champ de conscience de l’autre … ce qui n’aide pas forcément à la compréhension mutuelle.

Et, même s’il ne faut pas raisonner par l’exception, il faut observer l’évolution des grandes tendances en tenant compte du pouvoir des minorités. Serge Moscovici (le père de Pierre) à étudié, et pour moi démontré, que le pouvoir émane des minorités (actives). Le pouvoir découle des groupes cohérents et actifs. Par définition, plus le groupe est grand et hétérogène et moins il a de pouvoir. Ainsi dans les cités, même si la majorité des musulmans veulent s’intégrer, ce qui détermine la dynamique de groupe, ce sont les minorités de racailles, qui imposent l’auto-exclusion et le repli identitaire à tous les autres acteurs du quartier, qu’ils le veuillent ou non (ce qui conduit au White Flight notamment). Le raisonnement gauchiste de dire « la majorité des immigrés veulent s’intégrer, s’ils n’y parviennent pas c’est parce que nous ne faisons pas assez d’effort » est donc faux en grande partie (il pourrait être vrai, mais dans la réalité ce n’est pas ainsi que ça se passe). Il faut comprendre que la dynamique de groupe peut faire collaborer des gens aux désirs divergents, et inversement s’affronter des gens aux désirs convergents.

Bien sûr, on pourrait dire que mes BCs ne sont pas meilleurs que ceux des gauchistes ! lol mais … cette affirmation n’est qu’un autre biais cognitifs (le relativisme). lol Évidement croire que son point de vue personnel est meilleur est aussi un biais cognitif. Et pour trancher qui a raison vous allez utiliser vos propres biais cognitifs !  … ok j’arrête, j’espère que vous avez compris qu’on peut jouer longtemps à ces petits jeux sans rien en tirer. C’est une sorte de principe d’incertitude d’Heisenberg. Qu’est-ce qui tranche ? C’est la réalité. Par exemple : la crise économique ne devient réelle que lorsque vous êtes au chômage, ou quand votre salaire baisse … bref quand la réalité s’écarte de la normalité. Le racisme anti-blanc c’est un fantasme tant que vous n’en être pas victime personnellement. Etc…

Tendance à la pathologie collective

Revenons à nos moutons. Concrètement on peut considérer les nations que comme des enfants mal élevés : égoïstes, affamés, pleurnichard, manipulateurs, violant. S’il n’a pas son lait maternel (énergie à gogo, croissance économique), il pique une crise. Ce sont des personnalités « sociopathe »*. Et forcément, ils attirent des dirigeants du même tonneau pour être à leur la tête ! Oui, nous sommes dirigés par des gens dangereux.  Si on analyse la psychologie américaine, c’est pas joli joli. On est en pleine ponérologie. On peut faire pareil avec les régimes fascistes, dont les horreurs ont inspirés les fameuses expériences de Asch (sur le conformisme) ou de Milgram (sur le pouvoir de l’autorité).

L’ONU et les autres instances du « gouvernement mondiale » sont un embryon qui tente de faire respecter des règles, un sur-moi à l’échelle des nations-bébé-brailleurs. C’est le fondement des raisonnement Attaliens d’ailleurs. Et dieu sait que je n’aime pas ces formes de pouvoir centralisé et autoritaires dont la théorie du genre (entre autre) est une émanation (ce qui montre bien les dégâts dont ils sont capable). Le mieux serait d’avoir des nations « adultes et matures » mais bon … l’humanité est encore jeune on va dire.

Si le choc des civilisations n’est pas une fatalité en soi, on ne peut pas non plus l’écarter d’un revers de la main. Il semble même qu’on y ailles tout droit. Tout dépends du contexte.  Voila pourquoi je m’attache autant à essayer de comprendre ce qui fonde les dynamiques de groupes, quels sont les paramètres sous-jacents: pic pétrolier, bombe démographique, immigration de remplacement, dissolution culturelle, fossé cognitif, robolution, pollution endémique, décadence, etc…

De plus, je ne sais pas pour les autres pays, mais pour la France, il me paraît clair que notre psychologie collective est celle du « déni ». Plus le « merdier » devient évident, plus il est urgent de rien faire ! Plus la situation dégénère, plus il est important de ne pas bouger. Hollande est l’aboutissement logique de cette situation, l’incarnation parfaite de l’immobilisme. Telle une proie sidérée, nous nous laissons bouffer sans rien dire.

Ça remonte à loin, bien avant la crise actuelle.

Exemple 1 : on aurait pu se douter que les américains mentaient pour les armes de destructions massives en Irak … et même après ce coup tordu, on continue de faire comme si de rien n’était, alors que de nombreux signes devaient nous inciter à la méfiance.

Exemple 2 : les gens se sont rendus compte de l’espionnage massif après Snowden. Pourtant des lanceurs d’alertes comme moi et d’autres avons essayé de prévenir sur ces questions. Nous sommes passés pour des paranos avant la révélation, et des rabat-joies après celle-ci.

Exemple 3 : C’est l’esprit munichois qui prévaut face à l’Islamisme (nous avons tellement voulu fermer les yeux que maintenant on a des guerriers aguerris sur notre sol et toute une population qui ne rêve que d’en découdre !)  :

Au même moment, Nicolas Sarkozy montrait de l’audace (il est vrai que la conférence rémunérée était organisée par le cabinet Deloitte) en assurant : « la meilleure façon de combattre les extrémistes c’est de les laisser aller au pouvoir pour que les gens comprennent que, en plus de leur fanatisme, ils sont nuls. » (Nice Matin, 18 juin 2014). Sans doute l’orateur n’a-t-il jamais su qu’en 1933, ce même argument avait été utilisé par Franz von Papen pour convaincre le président maréchal Hindenburg de nommer chancelier Adolf Hitler.

Ce trait de caractère collectif s’explique par la défiance généralisée, par les défaites successives, et par la dissolution déjà bien avancée du peuple dans le gloubiboulga mondialiste. Justement en France nous ne savons plus « penser collectif » (cf les factions), ce qui bloque les réformes. Comme un dépressif nous restons à nous morfondre et à procrastiner. En général ça se finit mal ce genre d’attitude. Si l’on en croit notre histoire, ça se terminera de manière violente.

Ceci dit, je ne présume pas de ce qui se produira. La Russie est en train de renaître après la chute de l’URSS, et la situation était dramatique. Peut-être qu’on sortira de cette léthargie mais nos choix présent ont des conséquences inévitables dans le futur. Peut-être même que ça se fera en douceur. C’est techniquement possible. Après est-ce qu’on en fera le choix collectif ? Je vois de plus en plus de monde prendre conscience des difficultés qui s’annoncent, mais je vois aussi de plus en plus de désaccords (ne serait-ce que sur le mariage homo par exemple, impossible de trouver un terrain d’entente). Dommage qu’ils aient attendu que la France commence à goûter la soupe amère de l’austérité pour ça…

*J’ai cherché la différence entre sociopathe et psychopathe, je n’ai rien trouvé d’officiel. J’utilise le terme ainsi : Le sociopathe ignore les règles de vie en société, le psychopathe les connaît mais les utilises à son profit.

** Si nous sommes les jouets des « identités sociales », nous le sommes aussi de nos gènes et nos hormones, et de bien d’autres influences extérieures qui nous relient à l’univers entier, mais c’est un autre débat.

 

 

Quels risques de coupure électrique ?


J’ai accumulé pas mal de notes sur la question électrique. Je commence à mettre ça en forme, même si ce n’est peut-être pas la meilleure manière de l’aborder, je dépile un peu …

Pour l’instant, malgré la crise, il n’y a pas eu de grosses « rupture de la normalité » en France (ce n’est pas le cas dans d’autres pays). Il y a des gens dont c’est le métier de prévoir les risques et ils font des beaux rapports mais le problème c’est qu’ils raisonnent dans un cadre restreint du « business as usual », il faut donc creuser un peu pour savoir vraiment ce qu’on risque.

Dans les années à venir, a cause des perturbations climatiques (qu’elles soient du à l’homme ou pas n’est pas la question), a cause des tensions géo-économiques, et à cause du vieillissement des infrastructures et de la compétition pour les ressources, cela pourrait être différent.

Les fossiles étant condamnés à moyen/court terme, voyons un peu comment ça se passe pour l’électricité actuellement.

Aux USA

Histoire de planter le décors regardons du coté du phare de la civilisation (lol) comment ça se passe :

On voit clairement un augmentation exponentielle des pannes électriques. Pour l’instant, ça passe relativement inaperçus parce qu’au final, ça n’empêche personne de vivre … par contre, pour les industriel, c’est un coût supplémentaire à intégrer.

Cependant, n’oublions pas qu’en 2003, 50 millions de personnes se sont retrouvées sans électricité pendant 2 jours aux USA/Canada en raison d’une défaillance en cascade.

Blackout picture - full moon over darkened New York City skyline during massive East Coast blackout in 1965

Il semble bien que ce soit lié aux intempéries :

outages

Ceci dit, je pense que la vétusté des installations y est pour quelque chose aussi.

Bon ce n’est pas la fin du monde me direz vous. Ceci dit, moi quand je vois une courbe exponentielle, j’ai tendance à me méfier. Ou en est-on en France ?

En France

En guise d’apéritif je vous invites à lire ce témoignage d’un agent de maintenance de l’EDF. Il n’y a pas que l’infrastructure qui vieillit, les agents aussi !

Mon métier c’est de rétablir l’électricité 24h sur 24h toute l’année dans n’importe quelles conditions et par n’importe quel temps. […]
Aujourd’hui beaucoup de mes collègues sont fous de rage.
Par ou commencer ?
 
Je suis en colère.
 
Jamais ce pays n’a été autant dépendant de l’électricité, et jamais, nous, les monteurs, n’avons été aussi peu nombreux, et avec des moyens aussi dérisoire.
[…]
Le réseau, en particulier dans les centres villes, est obsolète et sous dimensionner.
On en est au point ou les câbles fondent tant l’intensité qui y transite est importante.
Le problème c’est que cette entreprise, comme beaucoup, subit des dépars massif à la retraite de la génération des baby boomers, et puis elle est touchée par la maladie de l’encadrement.
 
En clair il y plus d’officiers que de soldat.
 
Pour ne rien arranger, nous sommes paralysés par les taches administratives, qui paradoxalement se sont accrus depuis l’arrivée de l’informatique.
En même temps, on nous demande de faire de plus en plus de travail sans nous en donner les moyens.
 […]
En résumé, edf compte sur les opérateurs de téléphonie mobile pour piloter son réseau et les opérateurs de téléphonie mobile comptent sur edf pour alimenter leurs antennes.
[…]
Nos centrales nucléaires on toutes été construitent en même temps…il y’a 30 ans.
 
Elles ont été conçus pour durer 30 ans.
[…]
Ce qu’il faut retenir de tout cela, c’est qu’aujourd’hui tous les réseaux, quelque soit leur nature, sont interdépendants et qu’ils le seront de plus en plus.
 
Personne ne peut prédire les conséquences de l’effondrement d’un système de support sur les autres systèmes de support.
Bon, c’est un gars en colère, mais au final le job est fait semble-t-il. Dans toutes les boites, quand on regarde sous le capôt on est effaré et on se demande comment ça peut tenir debout. Il ne faut donc pas prendre ça au pieds de la lettre, ceci dit, il faut en tenir compte quand même.
Ou en est-on concrètement ?
Pour l’instant chez nous, ça ne se passe pas si mal, mais on voit bien l’effet que peut avoir une tempête (2009 avait été sympa !) :
temps moyen de coupure annuel
La tendance est à l’augmentation légère, mais pas de quoi être trop alarmiste pourtant. Le rebond de 31% en 2013 serait du aux intempéries, malgré la modernisation engagée par ERDF.
Selon la Fédération Française des Sociétés d’Assurance, le coût des intempéries a représenté 1,1 milliard d’euros en 2013, « soit l’équivalent d’une catastrophe naturelle majeure. »
[…]En 2012, le nombre de ces épisodes (tempêtes, vagues de froid) avait déjà quadruplé, avec huit évènements majeurs recensés. En 2013, il y en a eu neuf, mais quatre de très grande ampleur, a souligné Gilles Galléan, le directeur technique du groupe.
Pourtant en 2016 les choses vont se compliquer. D’une part, nous allons réduire notre capacité de production, d’autre part, nous allons ouvrir de nouvelles lignes haute tension vers les pays frontaliers :
Près de 7.700 mégawatts de centrales à charbon et au fioul, soit l’équivalent de près de cinq gros réacteurs nucléaires, doivent ainsi fermer d’ici la fin 2015, la moitié de ces fermetures étant déjà actée.
[…]la réduction du matelas de sécurité français « ne permettrait pas d’assurer la sécurité d’approvisionnement en cas de vague de froid intense »
Semble-t-il nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne :
La Carte de France des coupures d'électricité
Je ne sais pas trop si ça peut servir à quelque mais il y a un traquer de coupure en ligne ici.

Étude (rapide) du cas Grec

Si on prends la Grèce comme modèle de ce qui nous attends, on voit que la consommation électrique globale du pays diminue depuis 2008 (plusieurs sources corroborent).

 greece electric power consumption kwh wb data

Mais beaucoup moins que la consommation de pétrole. Et chose étonnante, il semble que les renouvelables progressent !!!

Quel avenir ?

Heureusement (pour l’infrastructure du moins) à cause de la crise, la consommation d’électricité diminue en Europe de l’ouest. Il semble que le pic de consommation d’électricité soit en 2011 pour la France, 3 ans de retard par rapport à la Grèce (et il semble qu’on maintienne ce retard aussi dans l’austérité qui va faire parler d’elle dans quelques jours d’ailleurs).

Les livraisons d’électricité en Europe de l’ouest ont déjà atteint leur pic ! Deux explications (pas forcément exclusives) : c’est la crise, l’austérité qui fait diminuer la consommation. Autre possibilité : 17% des Allemands sont autonomes en énergie, ils ne « livrent » plus d’électricité mais la consomme sur place sans participer au marché. La tendance doit être sensiblement la même dans les pays du nord et pourrait expliquer cette décrue.

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Pour l’instant donc ça ne se passe pas si mal, mais le risque existe, et je ne suis pas certain qu’on puisse considérer l’appauvrissement des populations comme un bon signe. Bien sûr, quand on a une coupure d’électricité, c’est toujours au pire moment : soit il fait très froid, soit on a les pieds dans l’eau …

Cet article de Patrick Reymond montre bien comment la maintenance devient de plus en plus compliquée, quelque soit le domaine (la on parle des voies ferroviaires mais ce n’est pas si différent des voies électriques) :

Mais tout cela permet de vérifier « la loi d’airain », des infrastructures : une fois en place, elles sont tout bonnement, il est peu ou pas possible des les entretenir, parce qu’ils n’y a pas d’alternative réaliste, sinon, à quelques centaines de millions d’euros, qui, une fois réalisée, provoquerait quelques années plus tard, une congestion.

Et encore, là, la configuration est celle d’un département d’un peu plus de 200 000 habitants, donc, où les travaux, finalement, sont encore possibles.

Après, on imagine que si les 200 000 étaient 300 000 ou 600 000 les problèmes prendraient une autre taille, ingérable.

Rajoutons à cela que le monde à déjà passé le pic nucléaire, la soit-disante filière d’avenir :

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Mais surtout regardez ceci :

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Et ceci :

partnukeelectr.jpg

Je crois que ça se passe de commentaire. Je rappelle que le nucléaire est vieux, qu’on ne sait pas traiter les déchets, qu’on ne sait pas démanteler (techniquement on « sait » faire, mais à un coût raisonnable, non). Et avec la crise, je crains qu’on ai du mal à avoir les moyens financiers de gérer notre bousin nucléaire. Que penser des investissement massifs que le pays fait dans cette filière ? Des milliards dépensés pour ITER ? Ça sent un peu de « baroud d’honneur » de la part du nucléaire quand même. Si d’ici 2020 la filière des « neutrons rapide » ne donne pas de résultat … ça risque d’être tendu. C’est un peu quitte ou double la. A vous de voir si vous pariez dessus ou pas.

Conclusion

L’électricité est amenée à prendre de plus en plus d’importance dans nos vies, si (ou plutôt puisque) les fossiles sont en déclin. S’il n’y avait pas la crise des ressources, ça ne se passerait pas si mal en fait.

Mais on a 4 risques qui augmentent en même temps pour l’ensemble du réseau électrique français :

  • complexification, interdépendance accrue, risque d’effet domino
  • vieillissement de l’infrastructure et des agents de maintenance
  • risque économique (manque de moyens, manque de provision pour les risques, appauvrissement)
  • risque géo-politique (cf l’Ukraine, même en cas de problème sur le gaz, on pourrait en avoir des répercussions ici par une demande en surplus)

Sur le court terme on risque des coupures locales, plus longues, plus souvent. A priori pas de risque de coupure majeure en vue pour l’instant, mais si vous vous chauffez à l’électrique en hivers, méfiance quand même. Sur le long terme, un prix de l’électricité va augmenter, et donc, il y aura des arbitrages à faire chez soi pour réduire la facture. Vous pouvez commencer à vous y préparer à mon avis si vous ne voulez pas être pris par surprise un jour.

Vous pouvez toujours compter sur le big business et l’état pour vous venir au secours, mais vous pouvez aussi commencer à vous prendre en charge (pas besoin d’être millionnaire pour ça).

Pour conclure un article sur la maison solaire autonome : est-ce encore une question de rentabilité ?

Basculer vers l’autonomie énergétique est une démarche qui appelle de nombreuses questions. Ou affirmations. L’une des plus fréquentes est celle de la « rentabilité ». « Si je passe au tout solaire, sans EDF, il me faudra 8 ans pour que ce soit rentable » est une phrase fréquemment entendue ou lue. Certains vont parler de 10 ans, 12 ans avant « rentabilité ». Le calcul effectué est assez simple : additionner sa note EDF sur un an, celle de l’installation solaire, et diviser cette dernière par le montant EDF. Le nombre qui en ressort  est censé correspondre aux années passées à payer EDF jusqu’à atteindre le montant de l’installation solaire. Lorsque l’échéance est atteinte, c’est un seuil où l’on commence à « gagner » de l’argent, ou tout du moins, en économiser. L’électricité deviendrait alors « gratuite ». Pourtant, la démarche de l’autonomie énergétique ne fonctionne pas de cette manière. Particulièrement aujourd’hui.

[…]

Croire que l’autonomie électrique d’un habitat est seulement pour son propriétaire une manière d’éviter de payer des factures EDF procède d’une vision très étroite du sujet. Tout comme laisser croire qu’on participe à « sauver la planète » en produisant soi-même son électricité solaire. L’autonomie énergétique est avant toute chose une démarche intellectuelle, politique, philosophique, en lien avec la liberté, et de façon plus générale, les libertés. Comme le logiciel libre empêche qu’une « œuvre codée », collective ou non, ne devienne la propriété d’un petit nombre qui obligerait le reste à « passer par lui » pour en bénéficier, l’autonomie électrique redonne le pouvoir à celui qui la crée.

guerre-energie

Ce pouvoir va au delà du simple fait de ne devoir rien à personne pour allumer des lumières et faire fonctionner des appareils électriques. Il va au delà de ne pas polluer lorsqu’on consomme de l’électricité. Ce pouvoir est celui de ne pas être soumis. Asservi. Pas simplement à une entreprise, mais à un ensemble : un système et des valeurs. La maîtrise technique est un moyen de changer d’état d’esprit, d’appréhender le rapport à la société, à l’Etat, d’une autre manière. Dans un système où l’infantilisation des citoyens est de plus en plus poussée à grands coups de normes,  de réglementations censées protéger chacun de soi-même et des autres, produire son électricité est une voie excessivement libératrice. Qui redonne du sens, et replace l’individu comme adulte.

Le fossé cognitif, facteur structurant et aggravant de la crise


Je conjecture que le fossé cognitif* est l’un des facteurs structurants et aggravants de la crise. D’autre part, je pense que c’est un facteur totalement négligé, voire même tabou.

Le texte est un peu long et artisanal (à prendre avec une pincée de sel), mais quand je parle du « fossé cognitif » je ne suis pas sûr que tout le monde comprenne bien de quoi il s’agit. Si vous voulez aller à l’essentiel, j’ai mis en relief les parties centrales.

Il se pourrait, contrairement à ce que l’effet Flynn suggère (que le QI augmenterais) que la QI au contraire diminue à cause de l’environnement moderne et ses polluants. Rajouter à ceci la dégradation des conditions d’enseignement dans l’école publique.

C’est quoi le fossé cognitif, pourquoi s’en soucier ?

Qu’est-ce que c’est au juste ? kaçacéksa ?

Une personne est douée d’une certaine capacité cognitive globale qui dépends de son intelligence, de son instruction, et de ses ressources disponibles (ses relations pour l’aider, ses moyens financiers, son accès à la culture). On peut être intelligent et manquer d’instruction pour pouvoir exploiter pleinement ses capacités. On peut être intelligent et instruit, mais entouré de boulets et ne pouvoir pas faire grand chose de sa vie non plus. A l’inverse on peut compenser (en partie) un déficit d’intelligence par un surplus d’instruction. Il y a donc des gens qui sont riches et d’autres qui sont pauvres du point de vue cognitif (tout autant que du point de vue économique).

Un groupe de personne est aussi doué d’une intelligence de réseau, d’une dynamique de groupe (l’équivalent de nos émotions), et de ressources (internes ou externes).  D’une certaine manière, un groupe est aussi doué d’une certaine capacité cognitive et même d’une certaine forme d’autonomie par rapport aux individus et donc d’identité propre. Il est une sorte de « méta-individu » en somme.

Cette capacité cognitive est en partie héritée (de ses parents, de son pays, de son milieu social) et en partie discriminante (les gens de capacités similaires ont tendances à s’attirer les uns les autres) et n’évolue que lentement avec beaucoup d’efforts, autant au point de vue individuel que collectif. Une nation est un collectif qui assure une certaine homogénéité des niveaux cognitifs en fournissant un système éducatif commun, une forme de solidarité basée sur un sentiment d’identité commune (et une langue commune). S’il y a de la confiance entre les gens, alors les inégalités cognitives ne sont pas un problème en soi.

Par contre, quelque soit le niveau cognitif, on fonctionne tous à l’aide de biais cognitifs. lol

Pourquoi c’est tabou ?

Avec certains on atteint vite le point Godwin (comme avec le mot « immigration »). Je parle d’expérience.

C’est simple et ça tient en un mot : eugénisme. Parler d’inégalités cognitives évoque directement cette question puisque l’eugénisme est née, en partie des études sur le QI (et bien sûr aussi du Darwinisme). Je ne vais pas me cacher derrière mon petit doigt mais je botte en touche : l’eugénisme a été discrédité, je n’essaye pas de la réhabiliter sournoisement, je me borne à poser la question de l’influence de ces inégalités en tant que facteur systémique. D’ailleurs pour réduire les inégalités on pourrait tout aussi bien « éliminer » le haut du panier plutôt que l’inverse (c’est le choix fait par la France d’ailleurs). De toute manière, nous pouvons et devons cohabiter malgré nos différences. Mais je ne prétends pas non plus que tous les hommes sont égaux à la base et que c’est la société seule qui fabrique des inégalités : pas plus que tout le monde ne né beau, tout le monde ne naît pas intelligent. J’ai un parti pris pour l’intelligence, mais je vais essayer de rester le plus neutre possible.

Finalement le pic pétrolier est un sujet facile à coté ! lol

Je pense que l’équilibre cognitif sociétal relativement stable hérité des 30 glorieuses est en train de se fissurer et que l’écart entre les nantis et les pauvres en terme cognitif se creuse. C’est tout l’objet de ce post de le démontrer. A la rigueur, pire que l’écart, c’est la perception subjective de l’écart qui compte et qui s’accroît. L’accroissement de cet écart est insoutenable à long terme. Cf l’exposé de Richard Wilkinson sur les inégalités : par construction l’humain ne les supporte pas au delà d’un certain seuil.

Pour l’anecdote, de part son fond culturel catho / rousseauiste et a cause du contexte difficile, la France, pour réduire les inégalités (sociales et donc cognitives) décide de chasser ses cerveaux et aider les pauvres : Socialism : making everybody equally poor since 1917

Il n’existe pas de véritable mesure en ce domaine, ni même (à ma connaissance) de travaux universitaires. Il faut piocher dans les études sur le QI, dans les biais cognitifs, dans la sociologie, la macro-économie, et aussi le bon vieux gros bon sens fermier. Je pense qu’on y est tous confrontés plus ou moins dans notre vie courante à ce fossé cognitif (qui n’est pas un fossé culturel par contre : on peut avoir la même capacité cognitive et des cultures très différentes), souvent même sans s’en rendre compte.

Ce que je constate en revanche, c’est que cet aspect des choses n’est quasi jamais abordé dans les analyses de la crise. Je vois souvent des propositions de solution intéressantes, mais jamais les auteurs ne voient que leur solution « intelligente » ne peut pas être appliquée dans le monde réel parce que presque personne ne va les comprendre. Ils réfléchissent comme si la moyenne d’intelligence des gens étaient similaire à la leur, ou comme si tout le monde était sensiblement de la même capacité cognitive.

La teneur en partie pessimiste de ce blog vient d’ailleurs de la : les solutions à la crise existent potentiellement !!! Mais on ne peut pas les appliquer en raison du fossé cognitif.

Pour le dire autrement : le système financier actuel convient très bien à ceux qui l’ont conçus, mais n’est pas adapté a ceux qui n’ont pas les moyens d’en comprendre les rouages.

On a donc une lutte de pouvoir pour savoir si on va éliminer cet outil financier (et parfois cela inclus les gens qui vont avec) ou a l’inverse si on va l’imposer aux gens (c’est l’austérité pour faire simple) quitte à ce que ceux-ci en meurent. Le système financier est un prétexte de la « guerre cognitive ».

J’affirme aussi que la structuration politique d’un pays dépends tout autant des structures familiales que des structures cognitives : plus l’écart type de la répartition des capacités cognitives entre les gens est grand, plus le pays est difficile à gérer, plus on va vers un régime autoritaire. En gros : si tout le monde est intelligent et instruit, ou si tout le monde est bête et illettré, c’est facile à gérer. Ce qui est compliqué c’est de mélanger les deux.

La répartition du QI

Le QI des gens se mesure avec des tests divers et variés. Sans rentrer dans les détails, disons que par construction on réparti la population selon une courbe de gauss. Pour simplifier, disons que le QI est un proxy de la capacité cognitive (une mesure indirecte et approximative, mais suffisamment corrélée pour qu’on l’utilise pour des analogies). Est-ce que le QI mesure vraiment l’intelligence ? C’est un sujet controversé (surtout son caractère héréditaire en fait), du moins chez tous ceux qui ont penchant socialiste / marxiste / communiste.

Je ne rentres pas dans le débat sur le facteur g pour rester simple, ni sur les différentes formes d’intelligence. Ça ne change rien à la question : même s’il y avait plusieurs formes d’intelligences, au final, on a une capacité cognitive globale qui agrège toutes les autres (intelligence, instruction, ressources) et y rajoute notre instruction et nos ressources propres. Qu’on sache la mesurer ou non n’est pas la question, ces différences existent. Qu’elles soient héréditaires ou non ne change pas grand chose non plus.

Ce que je dis ferait sûrement sourire un spécialiste du QI, mais c’est pour planter le décors. Peu importe si ce n’est pas rigoureusement vrai, c’est pour faire « toucher du doigt » la réalité, et donner une clé d’analyse des situations macro et micro.

En dessous de 70 de QI, on est considéré comme débile (au sens médical) – Ici la limite est à 80. Ici la limite est à 85 (définition OMS de la déficience mentale). Au départ, le chiffre était de 85, mais pour des raisons politiques, on a réduit arbitrairement ce chiffre à 70.

Disons qu’en dessous de 85, vous avez les cassos qui peuvent être très gentils par ailleurs. Les cassos c’est 15% de la population. C’est grosso modo quelqu’un qui ne peut pas vivre tout seul dans le monde actuel trop complexe pour lui. Il a besoin d’une assistance sociale en permanence. De prime abord il peut avoir une vie normale (une voiture, une télé, des gosses, un boulot ! lol), mais il sera incapable de gérer son porte monnaie et sera sûrement endetté ou ne payera pas son loyer. Ce genre de « soucis » (qui arrivent à des gens normaux aussi, la on parle « en moyenne »). Il va vivre au dessus de ses moyens, fumer au dessus du landau de ses enfants, se moque de la contraception (quand ce n’est pas carrément les allocs qui l’intéressent), se nourri de macdo et de ragots. Son relationnel peut devenir violent rapidement s’il est face à des difficultés. Vous voyez le genre. Si on prends le problème dès l’enfance on doit pouvoir améliorer leur situation, mai on n’en fera pas des génies pour autant.

Maintenant regardons de l’autre coté de la courbe du QI. Pour un gars d’un QI de 100, un gars d’un QI de 85, c’est un « attardé » ou un « débile ». Mais pour un gars d’un QI de 115, c’est le gars d’un QI de 100 qui est l’attardé. Lui il comprends des notions plus complexes, comme les finances ou l’art, alors que le premier se contente de Paris Match ou de sa soirée foot. Lui, il lit des journaux pour se cultiver, des essais, et il comprends suffisamment comment marche le système pour en tirer parti sans en dépendre (à quoi ça sert une action en bourse, comment placer son argent, etc…).

Quand on passe la barre des 130 ça se complique parce que ces personnes la peuvent saisir des notions qui échappent totalement aux autres (sans pouvoir les leur expliquer), et du coup, elles peuvent apparaître aux yeux des autres comme des asociaux (et donc des attardés qui restent à part). D’où le mythe comme quoi les surdoués sont bon dans un domaine, mais nul dans les autres. Il est aussi raisonnable de penser qu’en plus ils sont la cible de la jalousie des gens en général (en partie parce qu’ils gagnent mieux leur vie, en partie parce qu’ils sont « bizarre » et suscite un peu de crainte).

Donc un gars d’un QI de 115 va avoir du mal a suivre les raisonnements d’un QI de 130. Cette fois c’est lui l’attardé. Mais … pour un QI de 130 c’est 85% des gens qui sont au mieux attardé, et pour lui, un QI de 100 est l’équivalent d’un débile. Ça fait mal a entendre, mais on est tous le débile de quelqu’un. Et ça continue, pour les génies de QI > 145 c’est encore pire, ils sont entourés de neuneus et ils ne peuvent pas vivre au milieu des gens « normaux ».

Par contre, avoir un QI élevé ne fait pas d’eux des gens meilleurs. Les gens avec un gros QI font juste des grosses erreurs. Les conséquences sont plus importantes, mais ils ne sont pas immunisés contre ces dernières, ou la méchanceté.

Pour le fun, voici ce que ça donne quand on a un surplus de capacités cognitives à utiliser :

Pour le fun aussi une belle définition des cassos :

Ils dépensent de l’argent qu’ils n’ont pas gagné, achètent des choses dont ils n’ont pas besoin pour impressionner des gens qu’ils n’aiment pas.

Je pense aussi à ce génie Russe qui a résolu la conjecture de Poincaré et qui vit reclus par exemple. Ils ne doivent pas être plus de 100 ou 1000 sur la planète à comprendre ce qu’il raconte :

L’impact

Il y a des facteurs aggravants :

  • D’un coté on a un groupe de personnes intelligentes et cultivées qui collaborent entre elles, qui se stimulent mutuellement, qui ont les moyens de donner leur meilleurs à leurs enfants (parce qu’elles ont l’argent mais aussi les connaissances et le réseau).
  • De l’autre, on a des gens qui éliminent le peu de chances qu’ils pourraient avoir, eux et leur progéniture. Ils ne nourrissent de merdobouffe du supermarché (gavés de conservateurs, de sucres et autres poisons qui n’améliorent pas le fonctionnement de leur organisme), ce qui peut provoquer des retards de développement. Ils fument, boive de l’alcool, si ce n’est pas pire, et parfois même en étant enceinte.

Ces masses de gens « abrutis » (par les poisons, leur mode de vie) sont facilement manipulable qui plus est. Ils sont donc en plus soumis à toutes sortes de tentations et de pièges dans la vie ce qui n’arrange rien.

Souvent, n’ayant pas le vocabulaire pour exprimer leurs émotions, elles sortent de manière brutale, violente. Ce qui bien sûr n’arrange pas la situation, ni celles des gens qui les entoure. Et pire, les émotions influencent le QI, c’est à dire qu’elles peuvent le faire baisser temporairement (colère, peur, angoisse, etc…).

Le terme de « tittytainment » (titty = nichon, entertainment = distraction, loisir) inventé par Zbigniew Brzezinski en est d’ailleurs le symbole. C’est la méthode inventé pour tenir en laisse toutes ces masses.

Et ce n’est pas qu’au niveau micro qu’on peut observer les conséquences. Au niveau macro aussi.

La crise des subprimes par exemple, est lié à ces inégalités cognitives. Les subprimes s’adressent a des personnes qui n’avaient pas, ni l’argent, ni les moyens intellectuels de comprendre l’implication du jeu qu’on leur faisait jouer avec les prêts à taux variable. On leur a dit « c’est la chance d’acheter une maison pour réaliser votre rêve américain », elles l’ont cru sans se poser de question, même si elles étaient totalement insolvables (ce qui est le principe même des subprimes). [Ce qui n’empêche pas que quelqu’un d’intelligent puisse se faire avoir, mais la je parle en moyennes]

Autre exemple. Internet a été créé par des gens de capacités cognitives supérieures. D’autres, parmi les plus intelligents, en ont compris l’intérêt commercial et l’ont amené au masses. Qu’en ont fait ces dernières ? Elles se sont précipitées pour mettre leur photos de beuveries, pour remplir de truc inutiles et de ragots (mais c’est leur vie alors c’est super important que tout le monde sache), pour y mettre toute leur vie privée sans se se poser de questions sur les modèles commerciaux des trucs gratuits. Et après elles s’étonnent que le gouvernement les espionnes.

Mais c’est pire que ça. On considère généralement que le plus grand danger pour le net ce sont les multinationales, ou les gouvernements. Il se pourrait que le pire danger pour internet soit … les trolls. Ces crétins posent tellement de problèmes, sont tellement nombreux et acharnées que se pose la question de savoir comment les déloger. Mais du coup, comment garder la liberté d’expression si on doit tout censurer par avance ? comment faire pour ne pas noyer le bébé avec l’eau du bain ?

L’impact des gens à faible capacité cognitive est palpable si on sait comment regarder. De même qu’a l’inverse l’impact des gens à forte capacité fait avancer le monde peut-être un peu trop vite (NBIC, transhumanisme, mondialisme). Mais c’est surtout le différentiel qui est problématique.

On est 7 milliards, en simplifiant prenons les QI > 130, soit 2.5%, c’est à dire 175 millions de personnes environ. Ils sont 25 millions à avoir un QI > 140 (seuil pour rentrer à la MENSA**). Un bon gros pays quand même. Les QI supérieurs ont tendance à se retrouver aussi aux postes à responsabilité : économistes, leader d’opinion, chef d’entreprise, inventeurs, enseignement universitaire, chercheurs etc…

Les (moyennes de) QI se répartissent de manière inégale selon les haplogroupes, les religions, les métiers, les partis politiques. Hé oui, la moyenne de QI des personnes composant un parti politique sont différentes, et … ça peut expliquer certaines choses ! lol

Quotient intellectuel par métier

Ce que je nomme le fossé cognitif c’est ça : d’un coté des gens qui inventent des nouvelles technologie (dont Internet, les robots, les nano technos, l’intelligence artificielles, la médecine régénérative, les énergies alternatives, les sciences du cerveau, mais aussi les OGM, les bombes nucléaires, etc…) et de l’autre une masse de gens à gérer qui « pervertit » ce qu’on lui donne et en plus qui s’en plaint et qui à tendance à être agressive quand elle n’est pas contente. Du coup l’internet libre qu’on connaît aujourd’hui va très probablement disparaître.

Et ce fossé se creuse, du moins dans les pays occidentaux. A l’échelle de la planète, c’est plus difficile à dire. Il se pourrait fort bien que l’écart entre les pays se réduisent alors même qu’il s’intensifie à l’intérieur des pays.

Les facteurs aggravants à l’échelle nationale sont donc ceux ci. Notez que pour la plupart ces facteurs (en dehors des 2 derniers) au contraire peuvent diminuer les inégalités à l’échelle internationale :

  • Internet : permet aux gens de se rapprocher par affinité cognitive (et donc d’améliorer leur instruction et leur ressources, ou l’inverse). L’accès aux recherches universitaires, au savoir en général.
  • Les ordinateurs : permettent de décupler les capacités cognitives de ceux qui en comprennent le fonctionnement, à l’inverse, ce n’est qu’une distraction abrutissante pour ceux qui ont peu de capacités cognitives.
  • L’immigration : particulièrement en France ou l’on fait venir massivement des bac -5 pour remplacer les bac +5 qui fuient.
  • L’économie : en aggravant les inégalités économiques, on aggrave les inégalités cognitives.
  • Le pic pétrolier : en augmentant la compétition pour les ressources, il diminue la confiance mutuelle est donc exacerbe les problèmes engendrés par les inégalités cognitives.
  • La démographie. L’hérédité : En général les chercheurs s’accordent pour dire que le QI c’est 50% environnement, 50% génétique (sans qu’on puisse dire si c’est génétique ou épigénétique). Donc le QI est en partie héréditaire. La natalité : les gens pauvres, non instruits, et moins intelligents font plus d’enfants en général.
  • Bien qu’embryonnaire le transhumanisme, une fois qu’il sera sur sa rampe de lancement va aussi amplifier ce fossé. Les techno-humains bien que « monstrueux » seront « supérieurs ».

Symboliquement, on peut considérer que les gens de TED sont le haut du panier. Le bas du panier, c’est les cassos et les racailles.

D’une extrême à l’autre :

vs

A l’échelle de la planète, ces différences sont énormes (lisez une ou deux vraies publication scientifique pour mesurer l’abysse), et avec Internet, on a des « clusters » qui se constituent.

Tout ça semble se stratifier et ça se cristalliser avec le temps.

Les fusées cognitives submergent de complexité les charrettes, les voitures, les trains, et même les avions cognitifs.

Au final on peut anticiper que ceux qui ont une capacité cognitive trop différentes vont devoir s’éviter les uns les autres, à cause de la guerre cognitive qui se généralise. Ce qui pose problème au sein d’un même pays ou les lois et les chances sont censés être les même pour tout le monde. Les plus nantis auront sûrement le réflexe de se bunkériser (au niveau légal dans un premier temps). D’ailleurs on en voit les prémices avec les caméras de surveillance dans les quartier huppés. Avec l’arrivée des BANG (Technologies : Bits, Atoms, Neuron, Genes) ils vont en avoir les moyens et surtout, ils n’auront plus besoin des masses pour leur servir de larbins, pour bosser dans leurs usines, ou leur mines. Comme dans Elysium (film qui a gâché le potentiel du sujet malheureusement) en somme, ou comme dans Demolition Man, et d’autres dystopies.

C’est un sujet très complexe, vaste et difficile. Mes capacités cognitives sont mises à rude épreuve ! lol Soyez indulgents.

* Dans les 5 facteurs systémiques, j’ai mis « décadence » et « mondialisation », même si j’hésite avec « complexification » et d’autres. Mais à bien y réfléchir ce sont plutôt des conséquences. La décadence serait plutôt une conséquence d’enlisement général de notre société (et du fossé cognitif) et la mondialisation une conséquence de l’infrastructure.

** Le seuil de 2 % correspond plus ou moins à un score de 131 pour le test de Wechsler, 133 pour le test de Stanford-Binet ou 150 pour le test de Cattell, ces nombres variant selon les pays

 

Ajout 21 Octobre 2014 : Petit article qui révèle que

  • Some studies estimate that a 3% population wide increase in IQ would reduce poverty rates by 25% ( Weiss 1998), leading to an annual economic gain of US $165-195 billion and 1.2-1.5% GDP ( Schwartz 1994; Salkever 1995).
  • On some campuses, it is not uncommon for students to take Ritalin or Modafinil. A recent Nature debate highlighted their extensive use by UK academics ( Sahakian & Morein-Zamir 2007 ).

Ajout 10 Novembre 2014 : conférence de Gérald Bronner sur la « démocratie des crédules », montrant l’un des versants du fossé cognitif :

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