Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

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A qui profite la dette ?


Préambule : l’iPhone ou Facebook sont des outils. Je ne les aimes pas personnellement, mais il n’empêche qu’ils peuvent rendre service pour ceux qui s’en servent à bon escient. A l’inverse, ils peuvent être des pièges très coûteux (en terme de temps notamment). Ce sont des outils, c’est à nous qu’il revient d’en faire bon usage. La dette c’est pareil. C’est un outil. Un outil très puissant mais complexe.

Donc a qui profite cet outil ?

La réponse populiste consiste à dire "aux banques". Oui c’est vrai, la dette profite aux banques. Mais seulement en tant qu’intermédiaires. Et elle ne leur profite pas tant que ça, car l’essentiel est redistribué aux créancier, qui sont vous et moi, a travers notre épargne (voulue ou forcée a travers les cotisations).

Qui sont les marchés donc ? (ceux qui nous prêtent) :

  • les banques
  • les assurances
  • les établissements de crédit non bancaires
  • certaines entreprises
  • certaines administrations publiques (des écoles, des universités, des zoos, des hopitaux, des offices de promotion, etc.)
  • les gérants de patrimoine
  • les fonds de retraite / fonds de pension
  • les hedge funds
  • les private equity
  • les fonds souverains
  • tous les particuliers possédant des comptes d’épargne, des assurances-vie, des actions, des obligations, des Sicav, des FCP,  et toute la ribambelle de produits dérivés ou non.

Les méchants marchés, en fait, c’est "nous" par l’intermédiaire des gens qui placent et font fructifier notre argent pour nous, y compris l’état.

La dette profite surtout, par les différents canaux de circulation monétaires et le "ponzi" généralisé :

  • aux retraités au détriment des actifs
  • aux fonctionnaires aux détriment du privé (en dehors probablement des enseignants)
  • aux budgets militaires en temps de guerre
  • aux propriétaires immobiliers au détriment des primo accédant et des locataires
  • aux américains, allemands, japonais au détriment des autres, aux pays riches en général au détriment des pays pauvres (en l’occurrence a la France au détriment des Grecs)
  • aux multinationales au détriment des ménages et petits commerçants
  • aux smicards au détriments des chômeurs
  • aux financiers qui peuvent emprunter aux banques centrales a bas prix au détriment de tous les autres

Mais l’idée (simplifiée), c’est qu’avec l’argent prêté celui qui le reçoit fasse plus de profit que ce qu’il devra payer d’intérêts. Évidement, si on vous prête de l’argent pour aller le dépenser au casino, ça ne fonctionne pas. Donc c’est plutôt sain : je vous prête de l’argent, vous louez un terrain, faites pousser des légumes, que vous revendez, et vous me versez une partie des gains.

Les flux de la dette passent par divers "canaux", les impôts, les cotisations sociales, les assurances vies, les actions, les livret A, etc… a quelques rares exceptions près, la dette est notre monnaie principale, elle circule partout. La dette profite a celui qui prête, donc a celui qui épargne et qui place. La dette pénalise celui qui est en bout de chaîne.

Mais tout cela est "normal", dans la mesure ou les taux d’intérêts sont raisonnables et l’inflation (qui est une sorte de taux d’intérêt négatif compensateur)  aussi et dans la mesure ou le créditeur fait un bon usage de l’argent qu’on lui prête. (Il ne faut pas oublier ce dernier point).

Si on supprime la dette, tout s’effondre. Si on supprime seulement ses intérêts, il ne faut pas croire que tous les problèmes vont être résolus d’un coup. Ça ne changera pas grand chose, si ce n’est que certains transfert d’argent seront annulés. Mais ce qu’on enlève d’une main est repris de l’autre en matière de flux monétaire. Cela changera la répartition mais elle ne sera pas forcément plus juste/égalitaire pour autant  (ce qui est très subjectif en plus). C’est une question de contexte surtout. Vous vous doutez bien qu’en période de pénurie de pétrole, il devient plus difficile de rembourser la dette.

Et surtout sans l’intérêt, il n’y aura plus aucun intérêt (d’où son nom) a prêter son surplus (son épargne), et donc, beaucoup d’échanges seront détruits, chacun restant sur ses positions, et l’économie s’écroulera très vite, mettant tout le monde au chômage.

Pour résumer, la dette nous profite à tous, et surtout pas uniquement aux banquiers (qui prennent leur commission en tant qu’intermédiaire).

Ça ne veut pas non plus dire que tout fonctionne a merveille, qu’il n’y a pas des problèmes ou des abus.

C’est plus subtil.

Si l’on connaît assez bien le fonctionnement de la dette en période de croissance, comme tout ponzi, ça "marche", en revanche, en période de décroissance (et contrairement à ce que pensent les politiciens la croissance ne se décrète pas) c’est la foire à l’empoigne (a laquelle nous assistons déjà soit dit en passant). De toute manière, dette ou pas dette, s’il n’y en a plus assez pour tout le monde, ce serait pareil.

Quand on parle de dette, on oublie souvent de dire qu’elle doit être adossée à des collatéraux (des gages). Le vrai problème de la dette c’est plutôt la valeur des collatéraux et la fixation de ses taux d’intérêts. Les banques centrales sont des armes de la part des rentiers (petits ou grands) qui confient à un expert la protection ultime de leur source de revenus.

C’est un outil très puissant et délicat qui n’est pas forcément adapté a la psychologie un peu aléatoire de l’homme. La dette reflète un peu trop bien (au lieu de lisser) nos turpitudes, voire même les amplifie par moment. Mais elle n’en est pas responsable pour autant en tant qu’outil "neutre".

Au contraire même.S’il y a des abus.ils ne sont pas dû a la dette, mais à la cupidité et au corporatisme, qui lui existera toujours, dette ou pas dette. La dette favorise cependant ceux qui ont un niveau d’étude suffisant pour en tirer pleinement parti ou bien ceux qui ont plus de capital. Elle est donc inégalitaire car élitiste. Mais on peut aussi dire qu’elle récompense le mérite du coup.

Autres problèmes, le financement de prêts au long terme par des emprunts au court terme. Je ne rentre pas dans les détails, mais d’une manière générale, le fait d’avoir un taux fixe dans une économie variable est plus que discutable, car même avec des modèles mathématiques de gestion du risque élaborés, on ne peut pas être certain du résultat. Fukushima était statistiquement improbable mais a eu lieu quand même. A l’inverse la dette a taux variable existe, par exemple, les dividendes d’une action, les prêts "subprimes" … mais ce n’est pas non plus la panacée et ça implique beaucoup plus de responsabilité personnelle.

Pour résumer les "vrai" soucis liés a la dette sont (entre autre) :

  • l’illusion de sécurité des taux fixes, le risque des taux variables
  • le financement du long terme par le court terme
  • la volatilité et la complexité de l’ensemble des outils construits sur la dette

Comme pour l’iPhone, certains savent l’utiliser intelligemment et d’autres se laissent prendre au jeu malsain du consumérisme ou de la mode du dernier gadget qui buzze. Doit-on accuser l’iPhone ou l’infantilisme ? (Dans le cas de l’iPhone, on peut accuser un peu des 2 vu la campagne marketing ! lol)

L’inflation pour les nuls


Toujours dans l’optique de démêler le vrai du faux dans tout ce qu’on entends sur Internet au sujet de l’économie, et avant de passer au gros morceau qu’est la dette, il faut faire une halte par l’inflation. C’est un long travail que je livre ici, travail qui m’a quelque peu surpris quand aux résultats qui en ont émergés.

D’abord l’inflation c’est quoi ?

Si je paye ma baguette de pain 10 et 5 ans plus tard 100, on dit que l’inflation est de X10 soit 1000%. Mais si mon salaire était de 330 et qu’il est devenu 3300 alors, concrètement, le prix est le même, on a fait X10 partout. Donc l’inflation en soi ne veut pas dire grand chose. Par contre il est certain que si vous gardez votre argent en billets, eux, ils subissent l’inflation et ne valent plus rien. Ce qui vous oblige donc à les faire circuler dans l’économie.

Mais alors, qu’en est-il réellement en France ? Qu’est-ce que deviens le pouvoir d’achat effectif ? sachant que si les prix montent, les salaires aussi. Le tout est de savoir qui augmente le plus vite des deux. Le problème, c’est que si vous allez sur l’Insee les chiffres sont illisibles "indice du loyer = 112" ça vous parle à vous ? Et en plus il n’y a souvent des chiffres que sur les 5 ou 10 dernières années, et l’INSEE n’a pas les chiffres de l’or ou autre. J’ai donc compilé les chiffres de différentes sources (officielles), j’ai retrouvé les valeurs des bases (pour pouvoir reconstruire les séries) et j’ai créé un tableau global depuis 1800 jusqu’à nos jours. Toutes les séries ne sont pas complètes mais j’ai pu, sur d’assez longues périodes (notamment après la 2ème guerre mondiale) reconstruire des données intéressantes :

  • prix de l’or, du blé, pétrole, essence
  • salaire minimaux, moyens, population active, chômage
  • loyer, prix d’achat de l’immobilier, dette immobilière

Le tableau est un peu difficile à lire car je n’ai pas fait d’effort de rédaction, mais tout est dedans. Je montre uniquement la synthèse, pas les chiffres sources que j’ai compilés sur différents sites (INSEE, ministère du développement durable, banque mondiale, FMI, France Inflation, pour l’essentiel).

Qu’est ce que les chiffres révèlent (par rapport au salaire qu’on gagne, quelque soit le prix affiché) ?

  • les dépenses de nourriture en grande surface ont été divisées par 2 depuis 1960, le prix du blé divisé par 10 par exemple, le sucre par 5 (ce qui pourrait indiquer que nous ne profitons pas pleinement de la baisse du prix des matières premières). Les prix dans les supermarchés n’augmentent pas (rapport au SMIC je répète)
  • les loyers stagnent (rapport au SMIC) depuis 1980, le PIB augmente autant que le SMIC qui a fait X4 depuis les années 60
  • l’OR explose, et prends de la valeur par même rapport a l’immobilier depuis 2005
  • le prix du pétrole augmente fortement, mais le prix de l’essence stagne, le gouvernement nous "protège"
  • le salaire moyen passe de 2,75X le SMIC à 1,5 fois, ce qui montre le "tassement" des classes moyennes depuis 1969 qui était leur summum (étrange corrélation)
  • le prix des voitures et de l’informatique diminue
  • l’essentiel de la hausse se situe sur le prix d’achat du m2 et l’endettement des ménages qui a presque doublé entre 2000 et aujourd’hui
  • la dette a été "effacée" par l’inflation après la 1ere et la 2ème guerre mondiale
  • on voit aussi l’effet des chocs pétrolier

Donc l’enrichissement global se voit bien, par contre au détriment des classes moyennes après les 30 glorieuses, et le véritable soucis de la France depuis 2000, l’Euro, c’est l’immobilier, enfin, la propriété surtout, car les loyers ne bougent pas eux.

Comme mesure de l’enrichissement global (hors inégalités) j’ai choisi le PIB déflaté de l’inflation par habitant :

On voit bien que (la série stoppe en 2010) :

  • la 2ème guerre mondiale à été "dure"
  • le boom des 30 glorieuses
  • après le premier choc pétrolier mondial de 1979 il y a une inflexion dans la croissance
  • le choc de la crise (qui n’a même pas vraiment commencé) se voit déjà
  • mais  il faut voir que depuis 1980 la donne est faussée a cause de l’endettement grandissant

PS : amusant l’UFC Que Choisir publie aujourd’hui même une étude similaire au conclusions très proches.

Le dilemme


Au delà des débat de politique politicienne sur le libéralisme, les marchés, a qui la faute (chinois ? agences de notation ? incompétence politique ? masses idiotes ?) nous avons à faire face, en tant que société à plusieurs problèmes de fond, à l’échelle de planète :

  • On a le papyboom. Les vieux avec leurs grasses retraites et leur rente immobilière. (salaud de vieux)
  • On a les jeunes chômeurs désabusés sans perspective qui voudraient bien consommer et avoir de la sécurité. (salaud de jeunes)
  • On a le pic pétrolier. (salauds d’américains)
  • On a la pollution endémique (salopes de multinationales)
  • On a la déferlante des machines qui nous piquent notre travail (salopes de machines)
  • On a la surpopulation (salauds de pauvres)

Avec quelques particularités locales en France :

  • un système de retraite moribond
  • un système d’impôt assommant et troué
  • un système de sécurité sociale sous lobby (mais pas trop mauvais relativement aux autres)
  • des comptes d’état truqués à la sauce Grecque
  • un état ruiné, qui vends ses bijoux de famille
  • une population vieillissante a qui on a promis monts et merveilles, et … qui est majoritairement votante
  • une  population infantilisée droguée aux anti-dépresseurs, au foot ou a la beuh ou a la fête
  • une bulle immobilière (qui gonfle artificiellement le PIB)

Comme Nephertarie, nous sommes face à, non pas un, mais plusieurs cruels dilemmes (en moins frivole, mais au fond est-ce vraiment différent ?) :

  • que faire des vieux qui coûtent une fortune en pétro-médicaments ? du soleil vert ?
  • on économise de l’énergie (super pour l’écologie) ou on fait de la croissance. L’un causant chômage (et indirectement, famine et mort) de millions de personnes(si on fait ralentir la machine économique), l’autre par empoisonnement !
  • que choisir pour ne pas tuer l’innovation et le mérite, mais avoir de la redistribution et de la justice sociale ?
  • que faire de ces jeunes désabusés et sans avenir alors que leurs parents ont connus une amélioration continue de leurs conditions de vie sans équivalent dans l’histoire ?
  • que faire des machines qui remplacent le travail humain ? et comment répartir le fruit de leur travail ? et que vont faire les gens déclassés ?
  • que faire pour ne pas que les réformes "justes" ne provoquent un effondrement généralisé (et des millions de morts) dans ce système financier trop fragile qui ne supporte pas la moindre "contradiction" sous peine d’exploser en plein vol ?
  • faut-il sauver les démocratie alors qu’elle ne fonctionne correctement qu’en temps d’abondance et de redistribution et pas en temps de pénurie et de chacun pour soi ?

Nous avons connu plusieurs crises majeures :

  • Panique de 1857 qui a mené a institutionnaliser l’émission de bons aux trésor
  • Crise de 1907 qui nous a donné la FED et probablement la 1ère guerre mondiale
  • Crise de 1929, qui nous a donné la seconde guerre mondiale
  • Crise de 2008 des subprimes, qui rebondit (officiellement) en 2011 en crise de la dette souveraine

Ces crises étaient liées a des emballements/bulles (vapeur, électricité, pétrole) du fait de nouveau débouchés économiques (qui finissent toujours par éclater). Ce qui n’est pas le cas de la crise actuelle, qui voit la fin de la seconde révolution industrielle (pétrole) sans rien pour remplacer (sauf une mini-bulle internet qui a fait long feu). Et il n’y a rien pour remplacer le pétrole pour un usage de masse dans l’immédiat (il y a des pistes comme le Thorium, mais pour dans 30 à 100 ans, et le pétrole sera de -30% dans 20 ans).

Dans le meilleur des cas, les 30 années à venir seront celles du déclin. (Ca pourrait durer plus longtemps).

Le libéralisme, c’est super en période de croissance pour créer une saine concurrence. Mais en période de déclin, ça se transforme en loi du plus fort. C’est ce à quoi nous assistons en ce moment. Depuis 2008 qui était l’occasion historique de remettre la finance au pas, nous n’avons rien obtenu (et ce malgré les déclarations fracassantes du gesticulateur en chef):

  • les paradis fiscaux sont toujours la
  • pas de taxe sur les transactions financières
  • pas séparation des banques de dépôt et de finance
  • pas de limites sur les bonus
  • a peine quelques règles prudentielles qui 1/sont insuffisantes 2/prévues pour les calendes grecques ! lol

Et encore, ce n’aurait même pas suffit à égratigné la surface des vrais problèmes. Mais au moins, on aurait su qui était le patron !

Maintenant, partout, on assiste a une radicalisation des tensions, quelle qu’elle soit ! Alors qu’on ne s’est même pas encore posé les bonnes questions : les peuples contre les politiques, les communautés les unes contre les autres, les marchés contre les états, les pays les uns contre les autres. C’est le chacun pour soi. Et l’on sait ou ça même.

Politicien ou pas, oligarchie ou pas, on a des vrais problèmes de fond, qui n’ont rien a voir avec eux (à titre d’exemple : le sol actuellement est mort, les légumes ne poussent qu’avec du pétrole, il faudrait minimum 15 ans ou 30 pour que les sols puissent accueillir de nouveau une agriculture sans pétrole), même s’ils ont leur part. Pendant les 30 glorieuses, tout le monde s’est enrichi, le niveau de vie global s’est amélioré partout, c’est indéniable. Avant il fallait 8 hommes pendant 3 ans pour faire une maison. Aujourd’hui à 3 il leur faut 6 mois. A moins de vouloir vivre dans des tentes et mourir de froid l’hiver … les progrès sont la, et tout le monde en à profité (du moins en occident). Idem dans des tas et des tas de domaines. On à l’eau chaude courante, etc…

Donc, on peut accuser qui on veut, mais attention à ne pas cracher dans la soupe.

Pour ma part, je suis pas fan des raisonnements du genre "le libéralisme c’est mal" ou "les politiciens sont tous pourris". Pour moi, il y a des idéologies, qui sont adaptées a un contexte ou non. Et la, clairement, le contexte mondial est en train de changer.

Que pouvons nous faire à titre individuel ? Car si le tableau "factuel" est noir, demain dépends de ce que nous faisons aujourd’hui.

Aux USA, dans les années 80 (je me souviens plus des dates, je peux me gourer) la criminalité augmentait de manière vertigineuse d’années en années, au point qu’ils se demandaient quoi faire et craignaient un effondrement du pays sous la violence, et rien n’y changeait, ni les actions de la police, rien…

Qu’est-ce qui a solutionné le problème ? (tiré de Freakonomics)

15 ans plus tôt, une black voulait se faire avorter, mais c’était interdit. Elle a gagné son procès. Et l’avortement a été autorisé aux USA par jurisprudence. Du coup, toutes les femmes miséreuses qui ne pouvaient assumer leur enfants ont pu avorter. Conséquences, 15 ans plus tard, la criminalité a enfin baissé. Aucune autre solution n’a marché, et les USA étaient au bord du collapsus face a la vague de violence. Le courage d’une seule personne a tout changé. Et personne n’aurait pu trouver la solution. Ni les politiciens, ni les "penseurs". Tout le monde a avait tort sur la violence et la solution a y apporter.

C’est une sacrée leçon. Tout n’est pas entre les mains des politiciens. Ils gèrent plus qu’ils ne dirigent. Si chacun fait sa partie … les choses peuvent s’améliorer.

Par exemple : on a eu le problème de l’avortement, aujourd’hui on a le même problème "symétrique" : l’euthanasie, ou disons, pour pas faire le barbare le "laisser mourir", le non acharnement thérapeutique. Il faudra bien qu’on change sur le sujet, sachant que

Les 3 dernières années de la vie représentent 50 % des dépenses totales de santé d’une vie entière.

C’est aussi à nous de choisir combien d’enfant nous mettons au monde, et comment nous les éduquons (réussir dans la vie ou respecter la nature ?), je vais voir le médecin ou j’essaye par moi même ?, Moïse ou Pharaon ? lol etc…

Bref, de vrais dilemmes !

Donc, faut pas toujours tout mettre sur le dos des puissants qui ne le sont pas tant que ça et parce qu’on le veut bien. Nous pouvons changer les choses, individuellement, à petite ou grande échelle.

Et on a du pain sur la planche.

Résumé du blog juin 2011


Pour les faignants, les intermittents, les nouveaux du blog, et donc, pour moi, je vous fais un résumé du chemin parcouru depuis son lancement. Car il ne s’agit pas juste d’une chronique, mais d’un développement qui prends forme.

J’ai commencé début 2008 à parler de la crise sur internet. Je m’y étais intéressé après avoir failli gâcher ma vie (littéralement) en cédant aux sirènes d’un conseiller financier en 2007. J’ai donc voulu comprendre. Sans savoir les détails, j’avais prévenu que quelque chose de gros se préparait. Septembre 2008, Leman Brother, 5ème banque d’affaire mondiale, fait faillite, et AIG le plus assureur mondial est nationalisé. BOUM. C’est le choc. Mais dès 2009, c’est les pousses vertes, c’est la reprise ! Qui m’a bien fait rigoler d’ailleurs. J’ai prévenu les gens que les politiciens n’avaient rien compris et rien changé, et qu’il n’avaient fait qu’acheter du temps a crédit. Ce qu’on est en train de constater en ce moment même avec la Grèce et les difficultés budgétaires des USA… entre autre.

J’ai donc expliqué que les sous-jacents de la crise sont le pic pétrolier, et le papy boom. Pic pétrolier qui a été officiellement confirmé par la suite. Cela signifie qu’on rentre dans une ère d’énergie de plus en plus chère, car il n’y a pas d’alternative du même ordre de grandeur. Il n’y aura pas de croissance verte, sauf pour quelques riches bobos qui peuvent se payer des gadgets hors de prix. Pour les masses, ce sera l’inflation et les révolutions. En fait, (a ma connaissance je suis le seul a avoir réalisé ce lien) la crise du pétrole a même débuté en 1979, l ors du second choc pétrolier. C’est à partir de la qu’on a commencé a empiler les dettes pour faire de la croissance et pallier a rareté croissante de l’énergie pas chère. Depuis cette date, progressivement, toutes les boucles vertueuses dans notre société sont devenues vicieuses. Au point de mettre en danger notre santé, notre liberté, notre avenir.

Ensuite, j’ai approfondi la question en regardant la situation française et comment ça se passerait pour nous potentiellement : nos comptes sont truqués comme les grecs, l’état est en faillite, les impôts deviennent absurdes, la bulle immobilière est prête a craquer, l’armée de papyboomer sous médicaments pétrochimique est prête a déferler. Les banques ont soit disant remboursés leur sauvetage … sauf qu’on oublie de dire qu’elle ont été dispensées d’impôts et de charges sociales a la place ! Bref, pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que la situation de tient qu’a un fil. D’autre part, si on élargit les perspectives en prenant une certaine hauteur historique, on se rends compte que cette crise n’est pas, ne sera pas comme les autres. C’est une crise terminale ou initiale comme on veut qui aura un impact global.

Et pourtant, fondamentalement, la France dispose d’un potentiel énorme si elle sait surfer sur la vague des transformations qui sont en cours. Je parle bien de surfer, et non pas de gesticuler et brasser du vent pour faire semblant de "réformer" alors que le seul objectif, c’est "la croissance", comme maux a tous les remèdes … ou l’inverse, on ne sait plus trop bien. Oui, la France à une histoire, une culture, un enseignement de qualité, des chercheurs (qui s’expatrient), des sols riches, une industrie de pointe, et est même leader de l’Open Source en Europe. Aujourd’hui nous sommes face au défi de moderniser notre nation "pour de vrai" avec la démocratie 2.0 qui permettra de connaître la véritable opinion du peuple. Mais pour cela il faudra tuer toutes les aberrations qui plombent notre pays : tous les cadeaux électoraux qui ont été distribués sous forme de privilèges et qui font que peut-être la moitié des 1/4 de la population active ont des jobs fantoches, et que les 2/3 vivent grassement de la rente de ces cadeaux (sous forme de bulle immobilière, de retraite plus grosse que le salaire moyen du travailleur, de niches fiscales, d’aides sociales fraudées). Il reste 1/6 se fait dépouiller et une jeunesse qui étouffe (même si on est pas les pire) : 20% de chômage des jeunes en France, 44% en Espagne. Après on s’étonne !

J’ai donc au fil de l’eau glané quelques bonnes idées que j’ai compilées sous forme d’un programme politique virtuel. Le point commun de ces propositions sont la liberté et l’équilibre, et la continuité. L’idée n’est pas de tout casser, mais d’essayer de préserver ce qui fonctionne. L’idée c’est de profiter des outils modernes (informatique) pour simplifier l’administration, la démocratie, le travail, et ainsi les rendre plus efficaces, et a notre service. Nous nous devons de faire mieux si nous ne voulons finir dans les poubelles de l’histoire (wow on dirait un vrai politicien, je me fais peur ! lol). Car cette crise pourrait être une chance pour le peuple, au lieu d’en être une seulement pour l’oligarchie. Mais pour cela il faut sortir de l’Euro en priorité. Et fixer certaines limites. Que ceux qui ont failli ruiner le monde se retrouvent avec des bonus doublés au lieu de la prison n’est pas normal. La course au profit ne doit plus être "trop vitale pour être ralentie". Et pour ça il nous changer le système et se donner les moyen de le changer. Car l’Europe n’est plus actuellement qu’une espèce de dictature marchande, et l’Euro surévalué saborde les chances de la France et la condamne à court terme a la tiers-mondialisation. C’est le peuple contre l’état. L’état doit mourir … l’état tel qu’on le connaît aujourd’hui. Soit il disparaîtra dans l’Europe du commerce, soit il disparaîtra pour laisser place a la démocratie directe. C’est l’un ou l’autre.

Donc ces propositions (à discuter) sont une sorte d’aboutissement, et l’occasion de faire un bilan d’étape !

Faut-il vraiment acheter une maison (à crédit) pour être malin ?


Le raisonnement est simple : si je loue, je jette mon argent par les fenêtres, si j’achète (sous entendu à crédit) je me constitue un capital, qui me servira pour ma retraite et que je pourrais transmettre à mes héritiers. Et si on ne fait pas ça, on passe pour un con, on n’est pas très intelligent !

S’il y a bien une idée populaire qui serait à l’origine de la crise (en provoquant une des plus grosse bulles de l’histoire), c’est bien celle la ! C’est faux. Ce n’est pas faux dans l’absolu, mais c’est faux dans la durée, et c’est faux actuellement. Si c’était aussi simple, tout le monde achèterait 5 maisons à crédit, 1 pour soi, et 4 pour louer (le loyer payant le crédit), du coup, au bout de quelques années, je suis rentier et j’ai mon petit immeuble ou hôtel particulier. Mais ça ne marche pas comme ça. Pourquoi ? Parce que "par nature" le coût du crédit est supérieur à celui du loyer. Au final au lieu de payer le loyer d’une maison, on paye le loyer d’une somme d’argent, avec en plus le remboursement du capital qui fait qu’au bout de tant d’années on est propriétaire. Encore une fois, c’est un coup de marketing politique. L’achat d’une maison a été rendu artificiellement plus facile à coup de défiscalisation, le taux artificiellement bas, et aussi … de petites cachoteries. Au moment de la vente, on ne vous parle pas de tous les coûts cachés qui viendront plus tard. En fait, en baissant le coût de l’immobilier trop longtemps afin de gagner des voies aux élections, les politiques ont créé une bulle qui est chiffrée aujourd’hui autour de 35% minimum (selon l’étude gouvernementale officielle du Frigggit). Pendant 30 ans, et surtout pendant ces 10 dernières années, acheter à crédit a été une bonne affaire, c’est indéniable. Aujourd’hui, c’est une autre paire de manche. Le marché de l’immobilier n’est plus ce qu’il était. Et il ne repartira pas. Au contraire, il est juste en train d’attendre le coup fatal, puisque le mécanisme de sur-endettement  arrive à sa fin. Les seuls qui peuvent prolonger encore un peu c’est les USA à cause du statut particulier du dollar. Nous trichons sur les retraites, mais cela ne saurait se prolonger au delà de 2012. D’une manière ou d’une autre, les choses vont changer. Soit les prix de l’immobilier vont chuter, soit les taux vont remonter brusquement, soit les loyers vont baisser. Je ne sais pas, mais ce que je sais c’est que beaucoup vont se retrouver piégés à rembourser un crédit affreusement cher pour une maison qui ne vaut plus le prix initial et obliger de trimer pour cela. Changer de travail, divorcer ou déménager c’est beaucoup plus difficile dans ces conditions.

J’ai fait les calculs. Entre maintenant et il y a 10 ans, pour acheter la même surface dans la même ville, vu mon salaire et celui d’il y a 10 ans, je dois travailler 2X plus longtemps pour me payer le même bien immobilier. C’est très simple a vérifier.

J’ai failli acheter une maison à crédit, en 2007, au plus haut de la bulle, avec un "De Robien" pour défiscaliser. Mon "conseiller vampire financier" m’avait concocté un montage avec une maison dans le nord de la France. Tout le monde, dans ma famille ou mon entourage me disait "mais oui achète, c’est évident, le choix intelligent". C’est très tentant en plus de payer moins d’impôts, à une époque où l’état nous "pompe" 75% de nos revenus (prenez les charges salariales, patronales, les impôts sur le revenus et les diverses taxes, et vous verrez que les employés, les actifs payent plus de 80/90% de leur salaire à l’état – encore une donnée bien cachée, mais bien réelle si on fait ses comptes – tous les artisans et les indépendants vous le diront, sachant qu’en France il n’y a qu’un quart de la population qui est productive – l’exclue les fonctionnaires) et dilapident cette  richesse.Si je m’étais embarqué là dedans, je serais aujourd’hui avec un crédit, une maison inhabitable, invendable, inlouable. Bref, je vous dis pas le "merdier". Évidemment des gens dans cette situation il y en a pleins mais ils ne le crient pas sur les toits. Et donc les autres ne se méfient pas assez. Surtout quand on sort de 30 ans d’euphories et que nos années nous disent : mon bien a doublé de valeur en 10 ans, on a bien envie de participer à la fête nous aussi. D’où le réflexe panurgien très fort encore aujourd’hui qui maintient encore un peu la bulle.

Ce qui m’a sauvé, c’est de faire des calculs pour voir dans quoi je m’engageais, sans faire confiance en mon banquier. Pour cela, il y a sur internet des tableurs qui incluent tous les coûts cachés et les hypothèses d’inflation, de gain de valeur et autre, pour savoir s’il est plus intéressant d’acheter ou de louer. Et je peux vous garantir que c’est du poker. Je ne dis pas qu’il ne faut jamais acheter à crédit, mais qu’il faut bien soupeser le pour et le contre, faire les calculs, et regarder le contexte, surtout que les arnaques se multiplient en ce moment. Voici un exemple simplifié (les chiffres ne sont pas totalement réalistes, mais ils ne sont pas faux pour autant, c’est juste pour expliquer le principe) :

  • vous achetez une maison à crédit pour 100 000€. Vous devez alors payer 1000€ par mois pendant 20 ans.
  • pour louer la même maison vous n’aurez à payer en réalité QUE 500€, et si vous épargnez 500€, au bout de 20 ans vous aurez économisé 100 000€

au final : "acheter ou louer, ça reviens (presque) strictement au même !!!"

Vous pouvez faire le vrai calcul avec des vrais chiffres, vous verrez par vous même !
Au lieu de louer une maison, vous louez de l’argent… c’est kif-kif. Les vraies différences sont plutôt de l’ordre du choix de vie, si on cherche le nomadisme ou le sédentarisme  :

  • si les prix des maisons montent, c’est un bon placement
  • si vous déménagez souvent, il vaut mieux louer
  • le crédit c’est une chaîne, en contrepartie ça vous force à "épargner"… peut-être que les 500€ à épargner tous les mois, vous ne sauriez pas vous y contraindre
  • une maison achetée vous pouvez la modifier, mais aussi, elle peut se dégrader
  • etc…

Par contre, vouloir acheter a tout prix, par principe, c’est une énorme connerie… qui a profité a certaines personnes, ça c’est sur… et aujourd’hui, alors que la marché se retourne, beaucoup vont s’en mordre les doigts. Donc attention, ce qu’on achète avec une maison, c’est de la sécurité, cette sécurité à un prix, surtout en temps de crise !

Les bonnes question à se poser, d’autant plus dans un monde instable comme aujourd’hui où il faut avoir un maximum d’options sous la main :

  • l’inflation ? Acheter c’est un pari sur l’inflation. C’est un sujet trop long pour que je le développe ici
  • comment vont évoluer les taux d’intérêts, au crédit et en épargne (et le différentiel), notamment les obligations qui conditionnent le reste
  • le coût réel de mon crédit/achat : frais de notaire, assurances, frais d’agence, frais de revente (éventuelle)
  • mon bien va-t-il prendre de la valeur au moment quand je voudrais le revendre ?
  • les nouvelles normes énergétiques qui vont me forcer à faire des travaux non prévus et couteuses
  • dépenses d’entretien, selon la vétusté du bien
  • le voisinage, et son évolution dans le temps, si le quartier se vide à cause d’une usine qui ferme (demandez aux employés de Molex), votre bien perd de sa valeur
  • location d’une maison ou d’une somme d’argent ?
  • rapport locatif : si jamais vous devez louer, ca vous rapporterait combien ?
  • devrais-je bouger professionnellement parlant ?
  • sécurité, capital, legs ? est-ce vraiment un capital que je pourrais léguer ?
  • la qualité intrinsèque du bien : de plus en plus de maisons, pour baisser les coûts sont de mauvaise qualité, et prévues pour durer 50 ans, et pas des siècles

Bref. En fait, c’est un métier. Ca ne s’improvise pas. Je ne suis pas en train de dire de ne plus acheter à crédit, de toute manière les banques le font pour vous en durcissant les conditions d’accès. Je ne suis pas en train de donner des réponses, je suis en train de poser des questions. Tout ça pour dire : il faut absolument penser par soi même et ne pas se fier à la propagande, même si c’est celle des proches. (surtout si c’est celle des proches). Et encore moins si c’est un banquier. Croyez le ou non, s’il vous vends quelque chose, ce n’est pas dans cotre intérêt, c’est dans le sien, c’est à lui que ça rapporte en premier. D’ailleurs les américains ont bien compris: Ils préfèrent la souplesse de la location et considèrent que acheter c’est pour les gogo maintenant.

  • Les experts parlent immobilier :
    Celui qui achète un bien immobilier aujourd’hui, il doit savoir qu’il prend un formidable pari sur la durée de son prêt, 20, 25 ans, sur le marché obligataire mondial. La valeur de son bien ne vaut que parce que les taux sont à un niveaux de 2,5 aux USA et en Europe. Le jour où les taux remontent, la valeur actualisée de son bien immobilier diminue mécaniquement. Il prend un super pari financier. Ils se croit à l’abri de la spéculation financière mondiale. En fait, il n’y est pas du tout.
  • Immobilier faire du fric facile un témoignage concret de la difficulté de la chose
  • Sur le retournement du marché immobilier :
    Philippe explique que les banques prêtent à taux réduit, mais beaucoup moins. Les propriétaires ne vendent pas, ils louent (ce qui rapporte) et maintient les prix. Mais il n’y a plus de transactions (-65% sur 2 ans à Paris). Tout se fige.
  • Sur les conséquences de la bulle immobilière en Irlande, et ce qui nous attend
  • Le marché va se bloquer, à cause des effets pervers de la baisse des taux
  • Comment via les taxe foncières certains propriétaires se font lessiver
  • France, bulle immobilière chiffrée a 42,5% par "the economist"
  • Sur la bulle française, commentaires croustillants
  • (Ajout 26/04/11) Un cas concret (à Toulouse) qui montre qu’acheter en primo accédant, ce n’est vraiment pas le moment. Par pitié, si vous achetez a crédit, vous devez faire ce genre de calcul avant : 

Je trouve pour ce budget quelques dizaines d’annonces. Surface du bien : entre 50 et 80m². Partons sur l’idée qu’on peut acheter un appartement de 70m² avec 200.000 euros Frais d’Agence Inclus, donc 214.000 euros avec les frais de notaire dans un quartier normal sans luxe.

Dix ans de possession immobilière coûte dix ans de taxe foncière : à raison de 750 euros par an, cela donne une nouvelle charge de 7500 euros, donc un coût total de 221.500 euros.

Je refile sur Seloger.com et j’obtiens qu’on peut louer pour 625 euros par mois un 70 m².

Le locataire va dépenser et mettre à la poubelle en dix ans 75.000 euros.

L’acquéreur d’un appartement de 70m² va emprunter 214.000 euros. Avec l’assurance et le reste, voici le tableau basique à horizon 20 ans.

Le montant des intérêts est de 55.500 euros par décennie. Il faut lui rajouter les 7500 euros de taxe foncière. Soit 63.000 euros au total d’argent dépensé à la poubelle. La différence en faveur de l’acquisition est bien positive de 12.000 euros.

Mais , maintenant, venons en au fait. D’un côté, nous avons un locataire qui dépense 625 euros par mois contre un propriétaire qui rembourse 1357 euros par mois. Cela représente un différentiel de 732 euros tous les mois.

Sur une période de 10 ans, ce différentiel se monte à 87.840 euros.

Le locataire encaisse donc sur 10 ans un gain direct de 75.000 euros (il était négatif de 12.000 euros avant de prendre en compte le différentiel de trésorerie mensuelle de 625 euros contre 1357 euros de remboursement). S’il s’amuse à placer son argent, le score dépassera en dix ans les 100.000 euros. De vous à moi, un épargnant classique se doit de doubler son épargne tous les 10 ans. Mais je vais me mettre dans la peau des épargnants peu performants. C’est volontaire. Pour simplifier la démonstration, j’ai enlevé le fait que le loyer était réévalué chaque année en fonction de l’inflation. Je compense cette approximation avec le petit +50% en dix ans. De plus, toujours pour simplifier, j’ai zappé le fait qu’on touche tous les mois et que le capital de 75.000 euros n’est que partiel pendant les dix ans et effectif qu’à la fin des 10 ans.

100.000 euros représentent la plus value MINIMALE que le propriétaire doit encaisser pour compenser ses pertes par rapport à la location. Par rapport à un investissement de 214.000€, il faut que son bien s’apprécie de +47%, soit 4,7% en moyenne sur dix ans.

Avec +47% de plus value, un propriétaire ne gagne pas. Rien du tout. Il fait juste jeu égal avec le locataire. 

Suite aux commentaires, je fais un rajout, car une erreur est très répandue: Elle consiste à penser qu’au bout de 20 ans, le propriétaire ne paye plus de remboursement à la banque, alors que le locataire est lui coincé et continue à sortir de l’argent tous les mois. C’est totalement faux. Un locataire qui récupère un différentiel de 732 euros par mois pendant 20 ans se retrouve à la tête d’un capital financier qui au delà de 20 ans est tout à fait capable de supporter un loyer tout en continuant à s’apprécier. 

Quand à la durée de détention, de 10 ans, de 20 ou de 30 ans, elle n’impacte pas le débat. J’affirme juste qu’il est suicidaire d’acheter et d’abandonner son bien sur une courte période inférieure à dix ans. C’est la ruine de plusieurs années de salaires…

Publication initiale le 07/07/08

Scandale des saisies immobilières – attention


Petit post rapide pour l’affaire que je suis depuis quelques jours des scandales des saisies immobilières et du moratoire d’Obama (HR3808) pris entre 2 feux. Soit il ruine le pays, soit il ruine le peuple. A 2 semaines de l’élection mid-term c’est du lourd ! Maddof peut aller se rhabiller. Potentiellement de quoi déclencher une nouvelle méga-crise mondiale en plus ! A surveiller de près.

Ajout du 16/11/10 : ce scandale qui est un développement de la crise des subprimes se décline en 2 "versants" : d’une part des saisies abusives, de bien immobiliers dont le crédit est fini de payer, payé en cash ou saisis plusieurs fois. D’autre part des biens immobiliers vendus plusieurs fois (jusqu’a 12X).

Retraites : pourquoi le gouvernement ira jusqu’a l’affrontement physique s’il le faut …


Même si cette réforme des retraites est injuste et anachronique, il est trop tard pour faire la grève. Le gouvernement n’a aucun autre choix et je parie qu’il irait même jusqu’à l’affrontement physique pour faire passer ses réformes sur les retraites. C’est littéralement une question de survie pour lui. C’était quand ils ont fait semblant de sauver les banques qu’il fallait manifester et réagir. Maintenant la machine à mentir s’est enclenchée.

Le mensonge est double et prends en sandwich nos dirigeants. D’une part, ils ont vendus au peuple le mythe du progrès (social) éternel et de l’accumulation de richesse (matérielle) infinie. Et comme "tout va bien – dormez bien" (le pic oil n’existe pas – la France est un pays riche avec un PIB qui augmente et qui dispose du nucléaire), il n’y a objectivement aucune raison de se serrer la ceinture. Ca c’est le mensonge plébéien.

L’autre mensonge est plus subtil. Il concerne la fameuse note AAA de nos bons au trésor qui est véritablement la clé de voûte de toute notre économie. Sans elle, l’économie s’effondre comme un château de carte. La vraie question est de savoir à quoi cette note tient. Elle tient au maintient d’un mensonge, ou disons plutôt d’une illusion. Si l’on regarde pourquoi et quand les notes des pays sont dégradées (ou l’inverse) on comprends qu’il ne s’agit pas vraiment de la situation économique du pays qui compte. Ce qui compte, c’est la capacité/volonté du pays à rembourser ces dettes. D’où les fameux plans d’austérités et réformes des retraites. Cette capacité est essentiellement politique. Voila pourquoi la note de l’Espagne a été dégradée le jour ou d’immenses manifestations secouaient le pays. Tant que les marchés ont l’illusion que le gouvernement maîtrise le jeu, on garde le AAA.

Comme je l’ai expliqué précédemment (pourquoi la France perdra son AAA, l’état Français ruiné ?):

  • le rapport Pebereau qui montre que la France maquille ses comptes via les engagements retraites notamment (de l’ordre de mille milliard d’euros – pas de chiffre exact disponible).
  • la grande braderie de la privatisation qui ruine l’état (quelques centaines de milliards d’euros – pas de chiffre exact disponible) qui ne peut plus rembourser ses dettes.
  • les privilèges à des fins électorales (plusieurs dizaines de milliards d’euros par an) que sont les niches fiscales
  • à quoi je rajoute : la dette des Français détenue à 70% par les étrangers
  • et aussi : le faux effet de richesse de la bulle immobilière (qui pèse pour 20% du PIB)
  • et aussi : les banques françaises se refinancent via des déductions d’impôts de leur bad banks. Ce qui revient à faire payer le peuple.
  • et aussi : le déficit de la balance commerciale qui montre qu’on dépense beaucoup plus qu’on ne gagne.

Pourtant si la France perds son AAA, les taux remontent, l’immobilier s’effondre, la fin de l’effet loupe sur le patrimoine nous fait perdre quelque points de PIB, enclenchant une spirale infernale à la Grecque. La seule vraie raison qui fait qu’on garde notre AAA, c’est que le AAA nous donne des "facilités" (taux bas) qui nous permettent de garder le AAA. Mais ça ne peut durer. Et vu comment le gouvernement maquille la situation, quand le vernis du village potemkine qu’est la France va craquer, quand le roi sera nus, la situation profondément se dégrader. Les conséquences vu le maquillage de situations Française sont tels qu’il faut à tout prix que le marché garde ses illusions sur la France. Quitte à utiliser la violence. Le gouvernement s’y prépare d’ailleurs via une instruction interministérielle qui prévoit de pouvoir déployer 10 000 soldats sur le territoire. Est-ce que la Chine viendra encore nous sauver (visiblement ni l’Europe ni le FMI n’en ont les moyens) ? en échange de quoi ?

ADDENDUM (19/10/10)  : un économiste confirme, l’état failli n’a pas le choix, d’ici 2012, de sera réformes quitte à déclencher une révolution ou faillite argentine.

D’ici 2012, 2013, gros mur de la dette devant nous alors qu’on doit refinancer énormément de dettes. Ou on se réforme dans les 2 ans qui viennent, ou il y a une crise sur la dette française qui fera passer la crise grecque comme de la roupie de sansonnet. Aujourd’hui, le marché obligataire français est le 3ème par la taille. Y a que les japonais et les USA qui ont des plus grosses dettes en terme absolu. Il y arrive un moment où on fait peser un risque systémique sur tout le système. Et ça c’est entre 24 à 36 mois à tout casser. Alors les gars, ça sert à rien de défiler derrière des drapeaux rouges ou noirs. Si il y a plus de pognon, y a plus de pognon.

Les taux grecs étaient collés aux taux allemands jusqu’en 2008. En 2008, l’écart a commencé à s’écarter. Aujourd’hui, on est à près de 8 points de spread aujourd’hui. Pour la France, on était collé sur les taux allemands sans problème. La France a commencé à s’écarter elle aussi de l’Allemagne fin 2008, début 2009. Les plus malins dans les gérants obligataires commencent à vendre les obligations françaises. Doucement doucement. Y a pas de panique. Mais quand la panique arrivera, c’est le jeu des chaises musicales. La musique s’arrête et y a pas de chaises pour tout le monde. Si les taux passent de 2.5 à 5, le service de la dette va doubler. On est à la veille de perdre notre indépendance. Ou on se réforme ou c’est le FMI, ou l’Allemagne. Je ne sais pas qui est le pire.

Les CDS de la France montent… On est passé de 30 à 90. On est là où était la Grèce il y a deux trois ans… Si on passe à 200 puis 400, ça va pas être beau à voir. Les gens peuvent bien défiler, 65% de la dette est détenue par des étrangers. Si ils veulent plus l’acheter on est mal, et s’ils veulent la vendre on est très mal.

Il n’y a pas de sortie possible sans qu’il y aie une baisse profonde des salaires des fonctionnaires. Ça va pas être facile à organiser. Ça va pas être beau à voir. Et de l’autre côté il faut libérer les secteurs de croissance. La santé, l’éducation, le transport…Il va falloir faire ce qu’ont fait les suédois pour libérer la croissance : privatiser l’éducation, les retraites, la sécurité sociale. On a des jours intéressants devant nous en France. Il ne faut pas s’imaginer une seconde qu’on va pouvoir y échapper. Pendant 30 ans, le choix c’était je réforme ou j’emprunte. Bien sûr, ils ont emprunté. A partir de maintenant, le choix, c’est je réforme ou je fais faillite. Donc c’est la Suède ou l’Argentine. En Argentine, la baisse du niveau de vie a été de 50%. En Suède, la baisse a été de 5% pendant un ou deux ans puis ensuite on est repartis derrière. La taille de l’État suédois a baissé d’un tiers par rapport au PNB ces dernières années. La dette suédoise est sur une pente descendante. Le taux de croissance est de 4%. Ils ont des excédents budgétaires, des excédents commerciaux. Et ils vont très bien merci. Et ils ont fait faillite en 92. Donc on sait très bien ce qu’il faut faire. Ce que la Suède a fait, ce que la Canada a fait, ce que l’Australie a fait, ce que l’Angleterre a fait sous Thatcher, et bien il va falloir le faire. Alors je ne sais pas si on va y arriver.

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