Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

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Petit bilan géoéconomique de fin d’année 2012


Avec le niveau sans précédent historique d’endettement des nations, ça fait longtemps que cela aurait du se finir en guerre. Mais il n’en est rien, car depuis 60 ans, la bombe nucléaire terrorise les dirigeants et les forces à chercher d’autres solutions. Du moins, pour tous ceux qui sont abrités derrière ce parapluie, pour les autres, c’est différents, ils sont le terrain de guerres par procurations.

Le statut-quo perdure alors même que les indicateurs économiques majeurs sont "off the charts", dans des zones inconnues. Combien de temps cela peut-il durer ? difficile à dire, mais la crise continue en sous-marin et les prochains chocs se préparent dans les mois / années qui arrivent.

Les US s’estiment presque hors de danger, comparé au reste du monde : la bulle immo sera dégonflée d’ici quelques mois, les foreclosures (saisies) vont finir par s’arrêter, le gaz de schiste va redonner du souffle à l’économie (notez la dissonance du discours : le manque de pétrole n’est jamais un problème, mais son abondance est toujours une bonne nouvelle), les Quantitative Easing vont se perpétuer et continuer d’exporter la crise, mais les protéger (relativement) eux. Ils ont raison ! Sauf pour les gaz de schiste qui ne les aidera que pendant une poignée d’années, probablement pas au delà de 2015, mais, dans une économie mondialisée ou la psychologie joue pour beaucoup, cela pourrait suffire à faire la différence : si l’Europe s’écroule en premier (comme je le crois) les USA seront comparativement vu comme un refuge, ce qui leur profitera énormément.

L’ASPO (association pour l’étude du pic pétrolier) à rencontré l’AIE (agence internationale de l’énergie, l’agence qui donne les chiffres officiels sur lesquels les états basent leurs politique énergétique). L’AIE est à l’origine notamment des fadaises sur les gaz de schiste et l’indépendance énergétique future des USA. L’ASPO nous révèle (je vous dis la même chose qu’eux mais sans le politiquement correct) qu’ils sont incompétents et mal informés (ils n’ont pas de données fraîches et de qualité, et les experts qu’ils consultent ne viennent que pour les aider en matière de statistiques), et qu’ils vont essayer de les aider. C’est quand même hallucinant, mais au moins, on sait ce qui se passe maintenant.

La prochaine étape de la crise risque de venir du Japon dont les exportations se sont effondrées. Rajouté à cela que la démographie subit à atteint un pic et commence à décroître, et que les exportations s’effondrent. Dans les mois qui arrivent, le Japon pourrait ne plus parvenir à maintenir son "homéostasie" et ne pas lever assez d’impôts pour combler son déficit. Ils sont à plus de 200% d’endettement public rapport au PIB, mais parvenait jusque la à faire illusion. Fukushima aura donné le coup de grâce. A suivre donc dans l’année qui vient.

L’Europe est aussi une zone à fort risque malgré les discours rassurant des politiques. D’ailleurs c’est un critère : plus ils se veulent rassurant, plus on est dans la m…de ! Concrètement, nos banques ne parviennent pas à se recapitaliser (y compris en Allemagne). Chypre est en faillite. L’Espagne va mal. La Grèce au bord de la guerre civile avec (de mémoire) 30% qui votent pour le parti néo-nazi, et peut exploser à tout moment. A priori l’union soviétique Européene va se poursuivre en rendre le GEAB de plus en plus heureux. L’Europe importe 96% de son pétrole. Seuls les pays nordiques ont entamés une vraie transition énergétique (la France préfère faire pédaler ses immigrés pour générer de l’électricité afin d’alimenter les voitures électriques des riches). Bref, la situation est critique.

La Chine inquiète aussi, mais j’ai oublié les raisons et les chiffres. De toute manière, c’est difficile d’y voir clair avec eux, les chiffres sont encore plus truqués, et l’économie est dirigée, ils ne jouent pas selon les même règles. C’est un cas à part.

Mais c’est surtout la France qui inquiète beaucoup. Nous sommes maintenant sur le fil du rasoir. Le chômage monte, les 3% de déficit ne seront pas atteint, d’autant qu’en plus il faudrait faire mieux pour rattraper le retard pris, l’immigration massive plombe le pays, les banques n’ont plus de capitaux (BNP / Ca / Sogen ont plusieurs fois le PIB de la France dans leur bilan – et ça, ça finit toujours très mal), la cure d’austérité va nous amener dans une crise à la grecque, et en plus, Hollande doit s’attaquer au CDI (cf le nouveau contrat qu’ils sont en train de mettre en place), et ensuite aux retraites à nouveau ou bien aux fonctionnaires (56% du PIB, ce qui est juste gigantesque). Dans un pays ou l’on ne cesse de dire "la crise et finie", mais en même temps on demande toujours plus d’efforts à tout le monde, et ou la tradition contestataire est forte.

Les Russes ont lâchés Assad, ce qui m’étonne beaucoup. Qu’on-t-ils négociés en échange ? pour l’instant, difficile d’y voir clair. La Palestine commence à être reconnue comme un état (par l’ONU). A priori, pour l’instant, nous échappons à la guerre avec l’Iran qui aurait probablement eu un effet disruptif. La Grèce ne sera pas poussée hors de l’Euro, du moins pas avant les prochaines élections Allemandes fin 2013.

Donc pas de choc majeur en 2013, du moins, dans les mois qui arrivent. Mais la situation continue de se dégrader partout. C’est peut-être d’ailleurs ça qui fait qu’on évite les gros choc : tout le monde ou presque est mal.

Mais d’ici une poignée d’années, la bulle des gaz de schiste (due à la masse de capitaux qui cherchent à s’investir et qui fabriquent des bulles un peu partout, et due aux allègements fiscaux dont ce domaine fait l’objet) va finir par exploser, comme toutes les bulles. Le pic pétrolier absolu devrait être atteint avant fin 2020 et provoquer un nouveau choc. Nous avons les émeutes de la faim qui reviennent dans les pays fragiles, ce qui devait à nouveau provoquer de l’instabilité dans les pays arabes notamment. Raison pour laquelle les démocraties laissent s’installer les dictatures islamiques des frères musulmans pour "tenir les pays en échange de pétrole" (je simplifie un peu, mais je ne suis pas sûr que ce soit beaucoup plus compliqué).

Rajoutez à cela qu’il y aura toujours plus de catastrophes naturelles (inondations, tempêtes) et industrielles. A terme, je ne vois toujours pas d’issue, ni pour l’Euro, ni pour le Dollar en tant que monnaies uniques, mais la situation est très complexe du fait qu’en même temps les nations s’affaiblissent, rendant le retour aux monnaies nationales d’autant plus compliquées … et à la rigueur on pourrait avoir des monnaies crées par les multinationales, ou par des zones urbaines étendues (le grand Paris par exemple). Pour l’instant, c’est difficile de savoir qui prendre l’initiative (Nantes s’est doté d’un embryon de monnaie locale si je ne m’abuse).

Mais nous avons évité la fin du monde du 21 décembre 2012, et il n’y en a pas d’autre prévue dans l’immédiat, donc … on devrait s’estimer heureux !

Sources :

L’innocence des islamistes


Petit commentaire à froid sur la situation autour de ce film.

"L’innocence des musulmans" fait monter la colère chez les islamistes. Ce qui effraye beaucoup de monde, y compris les musulmans modérés.

Les musulmans se sentent insultés par ce "film" ridicule, et la colère explose un peu partout. Même si les "modérés" se démarquent de ces violences, l’ampleur des manifestations sont le symptôme du fossé grandissant entre les cultures, dont je parlais déjà. Pour ceux qui manifestent, je pense que l’occident, Israël et les USA sont au mains du diable, tout simplement : le capitalisme détruit la planète, s’approprie le vivant, met des peuples entiers en esclavage pour dette, exhibe les plus belles femmes pour manipuler les foules, permet le mariage gay,  diffuse du porno, et s’ingère dans les affaires des autres pays, l’interventionnisme.

Comme le proposes Sam Richards dans un TED mémorable sur l’empathie, il n’est pas très difficile de comprendre comment ils voient les choses.

(ici pour une version avec les sous titres)

Donc Obama peut bien jouer les vierges effarouchées et la fermeté, et tout le monde s’étonner de ces contestations, ça ne prouve qu’une seule chose : notre aveuglement. Il n’y aura pas de dialogue, et tous les facteurs ayant permis la naissance de cette contestation vont s’amplifier, le fossé grandir, l’incompréhension aussi, les provocations, et les incidents. C’est la nature humaine.

Mais ce n’est pas tout.

Considérez aussi les facteurs suivants :

  • le QE3++ va faire comme les précédents, donner des sous aux spéculateurs, faire monter les matières premières
  • le réchauffement à provoqué une canicule et de très mauvaises récoltes aux USA cette année
  • sur quoi vont spéculer les spéculateurs d’après vous ?
  • le tourisme dans les pays arabes a diminué de 50% (environ, de mémoire) (et probablement le tourisme sexuel aussi) – d’ailleurs, on voit un regain de tourisme en France en contre coup

Donc, l’année prochaine, les pays arabes vont avoir beaucoup de mal a se nourrir. Les USA sont intervenus dans les révolutions, ils ont armés des jeunes qui ont tués beaucoup de monde. La Syrie est aussi visée. Sans compter toute la colère accumulée autour d’Israël qui menace l’Iran, qui n’attaque personne soit dit en passant. Beaucoup de pauvres vont être touchés. L’Égypte notamment mais pas seulement. Ça ne touchera pas que les pays arabes, mais eux en particulier. Leurs révolutions ne sont pas stabilisées.

Tout cela va se combiner dans un cocktail très explosif. Les cents manifestants cette année à Paris risquent d’être des milliers l’année prochaine, et pas seulement à Paris. Souvenez vous-en.

Le reste des nouvelles économiques est du même ordre. Les lignes sont en train de bouger. Ça craque de partout . Y compris les tensions entre Chine et Japon qui montrent un changement majeur de géopolitique américaine !

Nous sommes a la veille de la 3ème intifada.

La géopolitique du pétrole


A la faveur de l’actualité tragique Japonaise je fais un petit point sur le pétrole, du point de vue géo-politique (et économique).

Le "deal" implicite est que les américains sécurisent l’approvisionnement de pétrole pour les pays "vassaux" (dont nous faisons parti). C’est pour cela que le budget du pentagone est équivalent au budget de toutes les autres armées du monde réunis (comprenant la Russie et la Chine).

En 2003 quand Saddam Hussein a décidé de vendre son pétrole en Euro, 2 mois plus tard il était attaqué.

Fin des années 80, les USA ont demandé a l’Arabie Saoudite d’augmenter leur production afin de faire baisser les prix du pétrole. Du coup, l’URSS dont le pétrole est plus difficile d’accès (beaucoup plus) s’est retrouvé à faire moins de marge sur les ventes de son pétrole. L’économie de l’URSS ni a pas survécu, et ce fut la chute du mur de Berlin quelque temps plus tard (ce n’était évidement pas la seule raison a l’effondrement, Gorbatchev ni étant pas étranger en l’occurrence avec sa Perestroïka).

Aujourd’hui la contexte vient encore de changer. Avec l’accident nucléaire du Japon il va y avoir du changement :

  • les programmes nucléaires vont être freinés. Conséquences : on va se rabattre sur le pétrole et le gaz.
  • la demande du Japon va être d’autant plus importante qu’ils sont les premiers impactés et qu’il faut reconstruire une partie du pays.
  • la Lybie a annoncée (si Kadhafi reste son dirigeant) qu’elle ne vendrait plus de pétrole qu’a la Russie, Chine, et Inde. Donc plus a la France dans tous les cas. Si Kadhafi tombe, il faudra voir avec les nouveaux dirigeants, mais de toute manière ce pays sera instable et ça coûtera plus cher.
  • Idem pour les autres pays "arabes" ou il y a de l’or noir. L’Arabie Saoudite est intervenu militairement au Barhein …

Conséquences : nous venons de franchir une étape dans l’augmentation du prix du pétrole. Nous sommes en plein dans la crise de la raréfaction du pétrole pas cher et de ses conséquences, même si les manifestations peuvent paraître sans aucun lien au premier abord. Pourquoi d’après vous les Japonais ont pris de tels risques pour construire des centrales nucléaires en bord de mer ? ben parce qu’il faut bien tenter de s’émanciper du pétrole …

D’ou la monté en puissance des gaz de schiste qui sont un vrai dilemme écologique ! Mais il ne faut pas céder. C’est l’heure des économies d’énergies. Plus on va essayer de repousser l’échéance, plus ce sera pire. Et la situation est déjà bien tendue !!!

(Ajout 22/05/11) Avant la crise de 2008, qui, pour certains est le 3ème choc pétrolier, il y a eu deux autres chocs, dans les années 73 et 79.

Officiellement voici les explications :

  • Le premier choc pétrolier, les 16 et 17 octobre 1973, pendant la guerre du Kippour, les pays arabes membres de l’OPEP, alors réunis au Koweït, annoncent un embargo sur les livraisons de pétrole contre les États « qui soutiennent Israël »
  • Le deuxième choc pétrolier s’est produit en 1979. Sous les effets conjugués de la révolution iranienne, de la guerre Iran-Irak et du redémarrage de la demande mondiale suite au premier choc pétrolier, le prix du pétrole est multiplié par 2,7 entre la mi-1978 et 1981.
  • Pour le 3ème choc, ce serait la spéculation. Dans la première partie de l’année 2008 on constate également une envolée-surprise des prix du pétrole, le baril passant à 147 dollars avant pour ensuite replonger soudainement fin 2008 début 2009 atteignant un creux de 35 dollars. Cette hausse subite des prix ne fut pas le fruit de décisions politiques mais plutôt en majeure partie due à la spéculation..

J’ai une autre explication à ces chocs pétroliers.D’abord vu de la France, le premier choc n’a pas vraiment été ressenti. Le 2ème choc un peu, et le 3ème, et bien … on y est encore.

Quand on regarde les courbes de la production pétrolière on voit autre chose. Et cette explication est beaucoup plus satisfaisante.

  • Le premier choc pétrolier s’est produit après le pic de production pétrolier américain. Il leur a fallu 2 ans pour trouver la cause de leurs problèmes à l’époque. Le pays du pétrole, la pays qui en consomme le plus, le pays qui a inventé l’industrie pétrolière, le pays qui est le plus dépendant du pétrole, le pays qui est n°1 grâce au pétrole, le pays qui est devenu un empire grâce au pétrole. Bref … le premier choc pétrolier, c’est en 1971, c’est aux USA… le reste c’est l’effet papillon, car il a fallu plusieurs mois (presque 2 ans) aux américains pour comprendre pourquoi le prix de l’essence augmentait chez eux !

  • Le 2ème choc pétrolier, c’est … la conjonction de 2 pics : le pic mondial de production de pétrole conventionnel onshore (pétrole facile d’accès exploité sur terre) et aussi le pic local de l’Iran qui a provoqué la chute du Shah et la guerre Iran/Irak. Le pic précède toujours les événements géopolitiques.
  • Le 3ème choc pétrolier, c’est … la conjonction de 2 pics : le pic mondial de production de pétrole conventionnel offshore (en plus de l’onshore qui a déjà piqué en 1979) en fin 2005, et le pic local de l’Arabie Saoudite (premier exportateur mondial, au coude a coude avec la Russie, mais qui dispose d’un pétrole pas cher à produire). Et juste après, comme par hasard, c’est la crise des subprimes… et dans le fond, les subprimes c’est quoi ? une spéculation sur l’enrichissement futur des "pauvres", qui aurait pu avoir lieu si le pétrole avait coulé a flot.

Donc on le voit, 3 chocs pétroliers, 3 pics de production. Coïncidence ? Le 3ème choc, est différent des 2 premiers, c’est la fin du pétrole pas cher, mais ce n’est pas encore le dernier choc, celui qui sera le pic global maximal, prévu pour d’ici à 5 ans environ (10 maximum). De toute manière, a partir de maintenant on est entré dans une nouvelle ère de crise permanente.

Par exemple, l’APSO nous annonce 8 millions de barils par jours en moins d’ici 2020. La, il ne s’agit plus de pétrole plus ou moins cher mais de pénuries, carrément. Il ne faut pas oublier 3 facteurs dans l’exploitation du pétrole :

  • le coût brut de production, qui varie selon les pays et la facilité d’accès au pétrole. Le pétrole Saoudien est pas cher car il suffit de planter une paille dans le désert (c’est une image bien sûr), alors qu’a l’inverse le pétrole en eaux profondes par exemple est beaucoup plus coûteux et risqué (Deepwater en est l’illustration)
  • a cela il faut rajouter le coût des investissements pour mettre en place les futures capacités de production. Ce coût est important et … sous-estimé, étant donné que le pic pétrolier n’est pas clairement identifié par les financiers, ils n’ont pas anticipé la baisse future, et donc, ont oublié d’investir. Ce qui va compliquer les choses car il faut compter 15 ans environ pour mettre en production de nouveaux champs pétroliers.
  • Troisième coût, le coût de sécurisation de l’approvisionnement. En gros, les guerres qui sont faîtes a droite a gauche sont indirectement répercutées sur le prix du pétrole, d’une manière ou d’une autre… pas forcément à la pompe, mais dans le budget militaire, et donc dans les impôts, même s’il n’y a pas une ligne dédiée, ce coût est bien réel. A titre d’exemple, la chasse au Ben Laden est chiffrée à 3 trilliard de dollars (3 mille milliards) sur 15 ans … même si ce n’est qu’indirectement lié, ca donne un ordre d’idée.

(Ajout 26/06/11) Autre point important pour comprendre la géo-politico-économie du pétrole, c’est de réaliser son poids, sont rôle pivot dans l’économie. D’abord, on constate que la courbe du PIB mondial et celle du pétrole sont les mêmes.

On peut constater que depuis 1979, il y a une cassure dans l’endettement américain. Concrètement, la croissance (pas seulement US, mais occidentale) se fait maintenant à crédit. Elle n’est plus structurelle :

D’autre part, il est établi empiriquement que lorsque la facture du pétrole dépasse 4% du PIB, cela provoque une récession :

Il est donc facile de prévoir qu’avec un pétrole durablement au dessus de 100$, on aura beau empiler des montagnes de dettes, la reprise ne durera pas. Il faut bien comprendre ce que c’est que l’EROEI pour deviner que ce n’est pas un problème monétaire mais physique. EROEI = Energie Returned On Energy Invested, soit, l’énergie gagné rapportée a l’énergie investie. On comprends intuitivement que si pour obtenir 1 baril de pétrole, il fallait en dépenser 2 pour aller le forer et le ramener, ça ne vaudrait pas le coup, autant faire la fête une dernière fois avec notre baril restant. Hors, le pétrole offshore, le gaz de schiste, le pétrole bitumeux (d’une manière générale le pétrole non conventionnel) il est plus coûteux a aller chercher, non pas en terme monétaire, mais en terme énergétique. Donc, étant donné que l’économie (en dehors de toute considération monétaire) a besoin de fioul pour fonctionner, on comprends facilement que si ce fioul est de plus en plus difficile à aller chercher, alors il arrive un moment ou les producteurs ne peuvent plus tenir le rythme de la croissance, ni même, a un autre moment, ca n’est plus intéressant d’aller chercher du pétrole, ca peut devenir trop risqué (cf Deepwater). Ces moments sont déjà arrivés en réalité.Et donc la production pétrolière patine. Voila pourquoi l’Arabie Saoudite ne parvient pas a compenser les pauvre petit 1,3 million de barils de la Lybie. Voila pourquoi les occidentaux décident de piocher dans les réserves stratégiques ! La "dernière" guerre du pétrole a commencé.

Actualité mouvementée : l’humain écartelé


On est gâté en ce moment … après la catastrophe de Deepwater le printemps dernier (qui ne fait plus parler d’elle mais qui a mon avis doit continuer à faire des dégâts quand même), le volcan Islandais, et maintenant le terrible séisme qui frappe le Japon risquant de provoquer la pire catastrophe nucléaire qu’ai connu l’humanité (si Tokyo est touché). Espérons que les Japonais s’en tireront s’en trop de casse supplémentaire (mais espérons aussi qu’on tire les leçons de ce drame). Rajoutez les révoltes arabes, la guerre monétaire et économique (feutrée pour l’instant) et les hackers rebelles anonymous … ça fait quand même beaucoup tout ça.

Pour information, Bank of America, qui était censée être la cible de wikileaks a finalement été attaquée, par les "anonymous", qui ont officiellement déclaré la guerre à Ben Bernanke et sa FED (banque fédérale américaine, qui n’est ni fédérale, ni américaine d’ailleurs, c’est juste un cartel international de banques privées). BaC qui n’accuse pour l’instant qu’une baisse de 1,76%. A suivre.

A suivre aussi l’évolution de la contre attaque de Kadhafi (même s’il reprends le pays, il ne s’en tirera pas a si bon compte … la colère du peuple ressortira ailleurs lors d’une autre occasion).

Quelque part, ça montre la fragilité de ce système qui fonctionne en flux tendus sans filet. Les centrales nucléaires, dont on connait les risques potentiels ne sont pas assurées (personne ne va payer pour les dégât, si ce n’est le peuple). On travaille sans filet. Idem pour les forages en eaux profondes. Idem pour les gaz de schistes dont on veut maintenant démarrer l’exploitation en Europe (alors qu’ils l’ont stoppé temporairement au Canada pour raisons sanitaires), quitte à bousiller les sols pour des générations. Tout ça pour continuer le gaspillage. Et en France on englouti des milliards dans ITER, sachant qu’on pourrait les utiliser pour mettre en place des économies d’énergies (par exemple en isolant les bâtiments, en améliorant les transports) pour le même résultat, mais sans les risques… Mais bon, c’est sur, ça ferait sûrement baisser le PIB et donc, c’est inenvisageable par nos dirigeants. Surtout que quand on leur parle de l’inflation des prix de la nourriture ils répondent : ouiiiii maiiiis de quoiii vous vous plaiiiignez … les priiiix des iiiiipads2 sont en baiiiiisse !!! Y a des baffes qui se perdent … voire des guillotines quand on est à ce niveau de bêtise.

Alors a la place, on a des solutions qui n’en sont pas, telle que la voiture électrique (qui n’est pas une mauvaise idée en soi, mais qui n’est actuellement qu’un gadget de riches et qui nous obligerait à augmenter notre production électrique alors que ce n’est pas le moment). Il ne faut pas oublier qu’une fois qu’on a atteint le pic d’une ressource, le taux de déplétion constaté est de l’ordre de 30% sur 10 ans (pétrole, gaz, – pour le charbon j’ai pas vérifié). Les progrès technologiques ne pourront pas remplacer assez vite les économies d’énergie, faut se rendre à l’évidence. En plus on en a cruellement besoin pour assainir notre planète au moins un peu et éviter de prendre trop de risques avec des projets insensés.

Il ne faut pas ignorer les signaux d’alarmes que sont les catastrophes qu’on subit en ce moment. Je ne dis pas pour autant qu’il faut revenir à l’age de pierre, mais il faut cesser cette fuite en avant. Tout ça pour préserver un système économique moribond et malsain.

Voila donc la marche du monde qui pédale a contre courant. Tout devient de plus en plus difficile. L’individu "moyen" est de plus en plus soumis à des contraintes contradictoires. Notre société devient schizophrène et paranoïaque (avec par exemple la nouvelle loi qui vient de passer comme quoi le gouvernement à maintenant accès a tous nos mots de passes pour voir notre correspondance privée). Je met un peu en vrac, mais certains thèmes sont reliés les uns les autres :

  • inflation matières premières (nourriture + carburant), des loyers et de l’immobilier à l’achat
  • mais salaires qui stagnent ou diminuent (en Europe)
  • sauf pour les salaires des patrons, bonus, dividendes qui augmentent eux par contre (ben oui sinon ils vont voir ailleurs, il faut garder les irresponsable, les pilleurs, les exploiteurs)
  • papyboom, de plus en plus de retraites et tonnes de médicaments à prévoir
  • les montants des retraites (en moyenne) sont  > aux salaires des actifs
  • l’age de la retraites repoussé pour les actifs
  • mais espérance de vie en bonne santé qui stagne (autour de 63 ans)
  • obsolescence programmé des objets qui nous oblige a acheter plus souvent
  • objets de consommation courante de plus en plus éphémères (ils sont prévus pour faire rapidement défaut), en plus de l’inflation
  • surveillance/flicage de la population accrue, en ligne, ou par vidéosurveillance
  • racket étatique : taxes, radars auto, amendes
  • autoritarisme, dénie de démocratie (traité de Lisbonne, etc…)
  • alors que toutes les magouilles sont maintenant très visibles sur Internet (plus personne ne croit a la version officielles du 11 septembre, la liste des casseroles du président est longue comme le bras)
  • les policier sont obligés de faire du chiffre
  • donc violence de plus en plus présente, peur dans les villes, incivilités
  • dette de l’état qui explose, et donc hausse des impôts mais la croissance salutaire ne suit pas (obligeant a plus de dette), car pas d’énergie
  • en plus diminution des services de l’état (malgré les hausses d’impôts) : moins de profs, moins de recherche, moins de police, moins d’hôpitaux,
  • privatisation : télécoms, poste, EDF/GDF, sncf = moins de service, moins de qualité, mais plus cher
  • niches fiscales, subventions, taux d’imposition en hausse (largement plus de 80% du travail productif est taxé : charge patronales, charges salariales, impôts sur le revenus, TVA, taxe diverses et variées). Les travailleurs de plus en plus imposés mais pas les plus riches
  • jobs de plus en plus débiles, contre nature, pour faire du chiffre seulement, sans intérêts, dégradants, exploitants, compartimentés, spécialisés, non épanouissants. job sous contrainte, peur du chômage, du déclassement.
  • croissance réservée aux domaines financiers et autre brasseurs de vents, le reste décroit (industrie, agriculture)
  • chômage des jeûnes et des vieux (poussés vers la retraite) qui augmente. Population qui travaille en diminution, sans compter tous ceux qui bossent pour brasser du vent
  • productivité qui s’améliore grâce aux robots, machines, ordinateurs, mais gains non redistribués, et en plus il faudrait travailler plus
  • mal bouffe : qualité moindre, animaux et plantes malades, pollués, chaîne alimentaire dégradée, sols abîmés pour au moins 30 ans
  • pollution de l’eau et diminution des nappes phréatiques
  • disparition des animaux et des abeilles pollinisatrices
  • santé qui se détériore au fil des génération et du temps, cancers endémiques (dont la gravité est cachée a la population)
  • pollution dans tous les domaines, sang chargé de métaux lourds et autres substances toxiques (phtalates,
  • émissions (TV) infantilisantes aux heures de grande écoute, alors que de la bonne info est disponible et qu’on en aurait tellement besoin
  • de plus en plus de moyens de s’exprimer, mais sans être entendu ou écouté
  • statistiques de plus en plus faussés (PIB, inflation, chômage, dette)
  • une Europe technocratique, non démocratique qui nous prive de nos libertés petit à petit alors qu’elle était censée être garante de l’inverse (l’Europe sociale … ca vous rappelle peut être quelque chose)
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