Points clés
- combinaison létale du libéralisme, capitalisme, économie de marché + Darwinisme
- évolution = compétition ou coopération [altruisme = sélection de parentèle]
- a la base Darwin = déboulonner l’anthropocentrisme et le créationnisme
Notre système économique est beaucoup influencé par Darwin. La lutte des espèces pour la survie se trouve au coeur de la machine économique, qui nous met tous en compétitions les uns avec les autres. Darwin, à la base parlait de biologie. Il n’a rien à voir avec l’économie. Pourtant nous avons relié les 2.
Rappel : Darwin à eu l’intérêt de déboulonner les concepts finaliste du genre "c’est Dieu qui crée la vie pour obtenir l’humain, joyaux de la création". Fin du débat, circulez il n’y a rien à voir.
Entre parenthèse, quand je parle d’ET et de bouleversement, c’est à la mort de ce genre d’idées sclérosées que je fais allusion. Car le géo-centrisme, et l’anthropocentrisme sont encore ancrés profondément en nous. Bref c’est du nombrilisme ou du terre-platisme. Par exemple, l’homme se croit au sommet de l’évolution. Alors qu’il en est loin, même ici sur terre (certaines espèces sont plus évoluées physiquement ou socialement que nous), alors que dire à l’échelle de la galaxie ou de l’univers.
Pourtant, il faut déboulonner Darwin lui même aujourd’hui. Pourquoi ? parce-que ses idées ont un tel impact aujourd’hui qu’elles nous mettent en danger. Ses idées sont devenues un dogme à leur tour, une religion.
Par exemple, dès le plus jeûne age, nous y sommes confronté à travers l’éducation nationale et son système de note, et l’individualisme de l’enseignement. On ne nous enseigne pas, depuis la maternelle jusqu’au plus niveaux universitaires à résoudre des problèmes ensemble. C’est chacun pour soi. Quand on y pense c’est assez hallucinant, alors que dans la vraie vie, on travaille toujours à plusieurs en partageant les compétences. C’est symptomatique.
On sait aujourd’hui que la sélection des espèces n’explique pas tout. Mais on l’a cru. Et on le croit encore, surtout chez les économiste (libéraux) qui veulent tous nous mettre en compétition pour accroitre notre productivité. Ils évacuent l’existence de la coévolution qui peut se faire en mode compétition (entre les parasites et leurs hotes) ou coopération (dans les cas symbiotiques) entre les espèces. Ajout 22/12/10 : [Merci au "pragma tic"] Les comportement altruistes sont expliqués depuis 40 ans par la théorie de la sélection de parentèles. Bien que connu des scientifiques, ce paradigme n’est pas encore passé dans la "conscience populaire" et c’est de ce décalage que profitent les requins de la finance pour imposer progressivement leurs points de vue à l’ensemble du tissu économique.
Non seulement la coopération existe, mais elle est souvent plus efficace. En l’occurrence les logiciels libres sont le parfait exemple de système coopératif qui fonctionne très bien. Tellement bien que les logiciels "fermés" (payants/privés) sont obligés de tricher pour se maintenir en vie.
Le principe du libéralisme est séduisant. A la base, il s’agit de vouloir moins d’intervention de l’état, qui ne sait que fausser le jeu économique et fini toujours par imprimer de la monnaie pour faire des guerres. D’où l’idée "géniale" consiste à remplacer l’état par "le marché" avec sa fameuse main invisible. Le marché, c’est une sorte d’outil de décision collectif. Comment est-ce que ça fonctionne ?
Il est vrai que le marché est un outil de décision "coopératif" a condition qu’on ait
- Diversité des opinions : un groupe dans lequel tout le monde pense de la même façon ne sera pas efficace.
- Indépendance : chacun doit avoir sa propre opinion sans être influencé par celle des autres.
- Décentralisation : les connaissances doivent être dispersées à l’intérieur du groupe et l’opinion de chacun doit compter.
- Agrégation : il doit exister un mécanisme par lequel les opinions sont agrégées (par exemple un marché).
et tant que sa neutralité des marchés est respectée :
- Atomicité des agents : il faut qu’il y ait un grand nombre d’acheteurs et de vendeurs, ce qui empêche toute coalition entre acteurs économiques. Autrement dit, les agents ne doivent pas avoir suffisamment d’importance pour directement influencer le prix par leurs transactions sur le marché.
- Homogénéité des produits : les produits sont semblables et donc interchangeables.
- Transparence de l’information : toutes les caractéristiques du marché sont connues des acteurs de façon gratuite et immédiate.
- Libre entrée et libre sortie : il ne doit y avoir aucune entrave tarifaire (protectionnisme), administrative ou technique à l’entrée d’un offreur ou d’un demandeur supplémentaire.
- Libre circulation des facteurs de production : la main-d’œuvre et les capitaux se dirigent spontanément vers les marchés où la demande est supérieure à l’offre ; il n’y a pas de délai ni de coût dans leur reconversion.
Ainsi, avec la loi de l’offre et la demande, le marché est censé fixer le prix optimal, et donc "juste" de toute chose. Par extension, les libéraux souhaitent que cette justice (monétaire) envahisse tous les domaines de la vie. Mais ce modèle souffre se base sur des hypothèses non réalistes.
D’abord, la loi de l’offre et la demande est une chimère. Paul Jorion l’a prouvé. Le prix se fixe selon un rapport de force. La loi de l’offre et la demande n’étant qu’un cas particulier quand le rapport de force est équitable. Et justement, en cas de compétition, on s’éloigne du prix "juste". Ce qui fait qu’en définitive l’un des fondamentaux de l’économie, sur lequel presque toutes les théories économiques sont basées est faux, empiriquement. Alors, soit on essaye de réduire la compétition, soit on reformule nos théories.
Bref, on est loin aujourd’hui de ces marchés idéaux, à cause de la compétition darwinienne a laquelle nous souscrivons (de grès ou de force). On le voit bien avec tous les scandales qui montrent que la compétition pousse les gens a tricher, sans compter que la décentralisation n’est pas non plus vraiment au rendez-vous (les banques centrales par exemples ont le monopole de l’émission monétaire, ce qui est contraire au dogme libéral qu’on est censé nous vendre d’ailleurs, soit dit en passant ).
Pour résumer : si le monde est jungle, ce n’est pas parce que "la nature" nous y force, mais parce que nous le choisissons. Cessons de nous défausser sur Darwin même si la compétition a du bon parfois.
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