Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

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Pépère et l’ANI : la stratégie de l’enfumage


Je viens de changer d’opinion sur le président normal. Certes il est faible, incompétent, mais alors, c’est le roi de l’enfumage. Je m’en doutais, mais je n’avais pas conscience de sa virtuosité.

Je ne sais si vous vous souvenez mais j’avais dit que pépère aurait des gros soucis avec la fin du CDI que les marchés lui imposaient. Et bien, j’avoue, il m’a bluffé. Il l’a fait, au nez et la barbe de tout le monde, sans qu’il n’y ait même pas une seule manifestation d’opposition. Qui a entendu parler de la France qui se soulève a cause de la fin du CDI ? Pas grand monde je crois. Les médias complices n’ont rien relayé.

Explications.

Le CDI c’est 2 piliers et 3 sécurités :

  • On ne peut pas vous licencier sans motif grave
  • On ne peut pas changer votre contrat de travail sans votre accord, ce qui inclus :
    • votre rémunération
    • votre lieu de travail
    • vos horaires

L’ANI c’est quoi ? La possibilité pour votre employeur de changer votre contrat de travail et de vous licencier si vous refusez. Et comment on appelle ce changement : le contrat de sécurisation de l’emploi. Sécurisation. De la pure novlangue.

Pour faire passer cette mesure énormissime en catimini, le prédisent à déployé l’écran du fumée du mariage gay. Il gagne sur les 2 tableaux. Je comprends mieux maintenant pourquoi les taux sont bas et que les marchés ont confiance dans le président. C’est le roi de l’entourloupe.

Sauf que les marchés et le président normal font une erreur de calcul : on est à l’heure d’Internet, les choses finissent par se savoir. La colère monte, et pour un prétexte ou un autre, tout peut basculer. Le président est protégé par l’exceptionnelle stabilité de la 5ème république. C’est d’ailleurs ce qui garanti à la France des taux bas et les coudées franche a l’exécutif. En soi, ce n’est pas forcément une mauvaise chose, seulement, a force de tirer sur la corde et de faire des coups en douces, ça finira par craquer. Ce genre d’institution est faite pour quelqu’un qui assume son pouvoir et qui fait les choses au grand jour.

Maintenant, on entre en zone de turbulences. Les élections de 2014 seront a surveiller de très très près.

Revue : les experts


Tout d’abord les points positifs :

  • débat de très bon niveau, avec des réflexions très intéressantes, et des intervenants de qualité
  • dans l’ensemble discussion respectueuse et constructive

maintenant les points négatifs. Olivier Berruyer est à peu près le seul à poser les vraies questions, montrer les vrais problèmes. Ce qui, par comparaison montre à quel point les "experts" vivent dans un moule de pensée. Un moule qui leur a sûrement été très utile pendant des années pour gagner leur vie !

De mon point de vue, les vraies questions de fond n’ont pas vraiment été abordées, mais sont la en filigrane, comme si les intervenants n’en étaient pas eux même conscients :

  • ils critiquent les banques, les politiques, les banques centrales, les marchés, les épargnants … mais pourtant chacun fait (plus ou moins) ce qu’il doit faire, dans le cadre défini. Les politiciens sont la pour gagner des élections, les épargnants pour récupérer une rente, etc… Et pourtant ils manquent de voir que c’est le système entier qui est défaillant. On ne peut pas reprocher aux politiciens de vouloir gagner les élections, et de ne pas être des experts de la finance. Idem pour les autres.
  • ils évoquent les pôle de croissance, notamment les nouvelles énergies sans aller au fond du sujet : quelles énergies pour remplacer le pétrole, d’où va sortir la croissance sans énergie ? comment rembourser la dette sans croissance ? Ni même le fait que les robots remplacent les hommes au travail (un beau lol pour le gars qui propose de mettre les vieux au travail alors qu’il n’y a pas de boulot et qu’on est obligé d’inventer des jobs occupationnels tous les jours, comme les fameuses agences d’état qui nous coûtent au moins 25 milliards de trop)

Après plus de 5 ans de crise, voila ou en est. Des "experts" relativement impartiaux peinent à y voir clair. Notre système est devenu trop complexe, trop intriqué, trop confus et opaque. Sans compter que le pouvoir s’est dilué dans tous les sens. Autre soucis, les dirigeants ne jurent plus que par les statistiques, les moyennes, et oublient le "vécu". On ne sait plus quoi faire, ni comment l’expliquer au gens.

Les expert ne parviennent pas à voir ce qui crève pourtant les yeux, pour un observateur "extérieur" (c’est plus facile pour les gens comme moi qui sont un peu hors système … un autre intérêt du survivalisme, on peut se débarrasser d’œillères plus facilement quand on n’en à pas besoin pour "manger" – en simplifiant) :

  • le système démocratique est en faillite (politique, conseillers, institutions, circulation de l’information …)
  • la technologie carbonée atteint ses limites (rendements décroissants vs croissance exponentielle)

Conclusion ?

Je ne vois pas comment l’effondrement pourra être évité ? Autre chose renaîtra des cendres, mais le capitalisme libéral de marché  n’est plus adapté au contexte actuel (je ne dis pas qu’il est mauvais, juste obsolète). Les solutions du système sont :

  • le géo enginering
  • les OGM, les algues, et les insectes
  • les gaz de schistes
  • accaparation des ressources

On voit bien que ça ne pourra plus durer très longtemps. D’ou les tensions militaires et culturelles qui se multiplient. Ventre creux n’a point d’oreille.

L’unité, l’économie, et le reste …


Un petit article pour tisser des liens, entre économie et "spiritualité". En préliminaire je souhaite rappeler que les fondements de l’économie sont religieux. Les protestants considèrent que l’enrichissement est signe de la bénédiction de Dieu, au contraire des catholiques. D’où pour les un l’accent mis sur le mérite personnel ou pour les autres sur la solidarité. Ça n’a l’air de rien, mais historiquement parlant, les choix de systèmes économiques découlent de querelles religieuses ou philosophiques (sur la liberté, la notion d’état, etc …). Peut-être que l’économie s’est émancipée en partie de son passé religieux, mais l’histoire est l’histoire. Voila pourquoi l’usure était autorisée par les protestant, mais pas par les catholiques, a la base.

Mais creusons encore plus profond.

Le monde semble chercher l’unité a tout prix, partout.

L’unité Européenne. La monnaie unique. Le marché unique. Et la loi du marché comme mécanisme unique et universel pour l’économie et même le reste. Une république unique et indivisible. La loi unifiée de la physique. L’unité mondiale (via l’ONU). L’unité des religions (par l’œcuménisme ou la disparition des concurrents). Une langue unique (espéranto). Même les sectes répondent a un fort besoin d’unité : le charisme du gourou et la soumission des adeptes est un garant de l’unité, a une petite échelle du moins.

L’unicité est une sorte de Graal que tous recherchent, à leur manière. L’unité, c’est la paix, nous le pressentons. C’est la fin de la division, et donc du conflit. Le diable, étymologiquement, c’est la division, celui qui divise.

Nous cherchons l’unité dans la relation amoureuse, plus ou moins consciemment; Nous cherchons l’harmonie avec nos amis et la nature. Ce qui est aussi une forme d’unité.

Bref, la recherche d’unité est partout.

Pourtant, il y a quelque chose qui ne va pas. La monnaie unique ne remplis pas ses promesses L’Islam ne se mélange pas avec la culture autochtone. Les multinationales s’opposent aux intérêts directs des peuples, la démocratie se décompose, et même l’unité familiale n’est plus ce qu’elle était, etc…

On se dit alors, il faut plus d’unité : unité fiscale, unité réglementaire, plus de tolérance, plus de respect, revenir aux traditions, etc… Mais l’unité ne se décrète pas vraiment. Pas plus que la croissance. Pas plus que l’amour.

Il se pourrait bien qu’on soit en train de confondre unité et uniformisation. Du moins en ce qui concerne l’économie, la politique, et l’Europe. Tout ce qui dépasse doit être coupé : le nationalisme est diabolisé par exemple.

L’unité est transcendantale. C’est à dire qu’elle existe au delà des différences apparentes. Nous n’avons rien à faire pour qu’elle existe. Elle est déjà la, immanente.

Le problème vient peut être alors de nous. Si nous ne parvenons pas à l’unité intérieure, cela se reflète à l’extérieur. On essaye d’imposer l’unité au dehors, parce qu’on ne parvient pas l’atteindre à l’intérieur. Il faudrait donc peut-être commencer par la. Peut-être qu’après, l’unité viendra toute seule, ou même, peut-être que nous n’en aurons pas vraiment besoin (puisque nous la vivrons à l’intérieur). Ultimement nous seront l’unité.

Je crois que cette recherche frénétique d’unité nous aveugle. Son absence nous torture et nous trouble l’esprit : L’Euro (pour parler d’un sujet d’actualité), je dirais même l’acharnement thérapeutique envers l’Euro est, jusqu’à un certain point, le reflet de notre psychologie, de notre soif d’unité. Pourquoi nous accrochons nous a des idées ou des règles qui visiblement ne fonctionnent pas ? Parce qu’elles semblent nous rapprocher de l’unité qui nous fait défaut a l’intérieur. Voila pourquoi, contre toutes évidences, les Grec continuent d’être pour l’Euro alors qu’il est l’instrument de leur malheur, de toute évidence.

Les bouddhistes disent qu’il faut abandonner son ego pour trouver l’unité. Abandonner son ego n’est pas chose facile. On peut déjà commencer par abandonner ses pré-jugés, en essayent de réfléchir par soi même, en essayant de voir ce qui marche et ce qui ne marche pas, en abandonnant toute idéologie, toute velléité d’unité. Car à trop vouloir l’unité, on fini par la perdre.

Au fait, saviez vous que "Yoga" signifie unité ?

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