Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

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Pépère et l’ANI : la stratégie de l’enfumage


Je viens de changer d’opinion sur le président normal. Certes il est faible, incompétent, mais alors, c’est le roi de l’enfumage. Je m’en doutais, mais je n’avais pas conscience de sa virtuosité.

Je ne sais si vous vous souvenez mais j’avais dit que pépère aurait des gros soucis avec la fin du CDI que les marchés lui imposaient. Et bien, j’avoue, il m’a bluffé. Il l’a fait, au nez et la barbe de tout le monde, sans qu’il n’y ait même pas une seule manifestation d’opposition. Qui a entendu parler de la France qui se soulève a cause de la fin du CDI ? Pas grand monde je crois. Les médias complices n’ont rien relayé.

Explications.

Le CDI c’est 2 piliers et 3 sécurités :

  • On ne peut pas vous licencier sans motif grave
  • On ne peut pas changer votre contrat de travail sans votre accord, ce qui inclus :
    • votre rémunération
    • votre lieu de travail
    • vos horaires

L’ANI c’est quoi ? La possibilité pour votre employeur de changer votre contrat de travail et de vous licencier si vous refusez. Et comment on appelle ce changement : le contrat de sécurisation de l’emploi. Sécurisation. De la pure novlangue.

Pour faire passer cette mesure énormissime en catimini, le prédisent à déployé l’écran du fumée du mariage gay. Il gagne sur les 2 tableaux. Je comprends mieux maintenant pourquoi les taux sont bas et que les marchés ont confiance dans le président. C’est le roi de l’entourloupe.

Sauf que les marchés et le président normal font une erreur de calcul : on est à l’heure d’Internet, les choses finissent par se savoir. La colère monte, et pour un prétexte ou un autre, tout peut basculer. Le président est protégé par l’exceptionnelle stabilité de la 5ème république. C’est d’ailleurs ce qui garanti à la France des taux bas et les coudées franche a l’exécutif. En soi, ce n’est pas forcément une mauvaise chose, seulement, a force de tirer sur la corde et de faire des coups en douces, ça finira par craquer. Ce genre d’institution est faite pour quelqu’un qui assume son pouvoir et qui fait les choses au grand jour.

Maintenant, on entre en zone de turbulences. Les élections de 2014 seront a surveiller de très très près.

Revue : les experts


Tout d’abord les points positifs :

  • débat de très bon niveau, avec des réflexions très intéressantes, et des intervenants de qualité
  • dans l’ensemble discussion respectueuse et constructive

maintenant les points négatifs. Olivier Berruyer est à peu près le seul à poser les vraies questions, montrer les vrais problèmes. Ce qui, par comparaison montre à quel point les "experts" vivent dans un moule de pensée. Un moule qui leur a sûrement été très utile pendant des années pour gagner leur vie !

De mon point de vue, les vraies questions de fond n’ont pas vraiment été abordées, mais sont la en filigrane, comme si les intervenants n’en étaient pas eux même conscients :

  • ils critiquent les banques, les politiques, les banques centrales, les marchés, les épargnants … mais pourtant chacun fait (plus ou moins) ce qu’il doit faire, dans le cadre défini. Les politiciens sont la pour gagner des élections, les épargnants pour récupérer une rente, etc… Et pourtant ils manquent de voir que c’est le système entier qui est défaillant. On ne peut pas reprocher aux politiciens de vouloir gagner les élections, et de ne pas être des experts de la finance. Idem pour les autres.
  • ils évoquent les pôle de croissance, notamment les nouvelles énergies sans aller au fond du sujet : quelles énergies pour remplacer le pétrole, d’où va sortir la croissance sans énergie ? comment rembourser la dette sans croissance ? Ni même le fait que les robots remplacent les hommes au travail (un beau lol pour le gars qui propose de mettre les vieux au travail alors qu’il n’y a pas de boulot et qu’on est obligé d’inventer des jobs occupationnels tous les jours, comme les fameuses agences d’état qui nous coûtent au moins 25 milliards de trop)

Après plus de 5 ans de crise, voila ou en est. Des "experts" relativement impartiaux peinent à y voir clair. Notre système est devenu trop complexe, trop intriqué, trop confus et opaque. Sans compter que le pouvoir s’est dilué dans tous les sens. Autre soucis, les dirigeants ne jurent plus que par les statistiques, les moyennes, et oublient le "vécu". On ne sait plus quoi faire, ni comment l’expliquer au gens.

Les expert ne parviennent pas à voir ce qui crève pourtant les yeux, pour un observateur "extérieur" (c’est plus facile pour les gens comme moi qui sont un peu hors système … un autre intérêt du survivalisme, on peut se débarrasser d’œillères plus facilement quand on n’en à pas besoin pour "manger" – en simplifiant) :

  • le système démocratique est en faillite (politique, conseillers, institutions, circulation de l’information …)
  • la technologie carbonée atteint ses limites (rendements décroissants vs croissance exponentielle)

Conclusion ?

Je ne vois pas comment l’effondrement pourra être évité ? Autre chose renaîtra des cendres, mais le capitalisme libéral de marché  n’est plus adapté au contexte actuel (je ne dis pas qu’il est mauvais, juste obsolète). Les solutions du système sont :

  • le géo enginering
  • les OGM, les algues, et les insectes
  • les gaz de schistes
  • accaparation des ressources

On voit bien que ça ne pourra plus durer très longtemps. D’ou les tensions militaires et culturelles qui se multiplient. Ventre creux n’a point d’oreille.

L’unité, l’économie, et le reste …


Un petit article pour tisser des liens, entre économie et "spiritualité". En préliminaire je souhaite rappeler que les fondements de l’économie sont religieux. Les protestants considèrent que l’enrichissement est signe de la bénédiction de Dieu, au contraire des catholiques. D’où pour les un l’accent mis sur le mérite personnel ou pour les autres sur la solidarité. Ça n’a l’air de rien, mais historiquement parlant, les choix de systèmes économiques découlent de querelles religieuses ou philosophiques (sur la liberté, la notion d’état, etc …). Peut-être que l’économie s’est émancipée en partie de son passé religieux, mais l’histoire est l’histoire. Voila pourquoi l’usure était autorisée par les protestant, mais pas par les catholiques, a la base.

Mais creusons encore plus profond.

Le monde semble chercher l’unité a tout prix, partout.

L’unité Européenne. La monnaie unique. Le marché unique. Et la loi du marché comme mécanisme unique et universel pour l’économie et même le reste. Une république unique et indivisible. La loi unifiée de la physique. L’unité mondiale (via l’ONU). L’unité des religions (par l’œcuménisme ou la disparition des concurrents). Une langue unique (espéranto). Même les sectes répondent a un fort besoin d’unité : le charisme du gourou et la soumission des adeptes est un garant de l’unité, a une petite échelle du moins.

L’unicité est une sorte de Graal que tous recherchent, à leur manière. L’unité, c’est la paix, nous le pressentons. C’est la fin de la division, et donc du conflit. Le diable, étymologiquement, c’est la division, celui qui divise.

Nous cherchons l’unité dans la relation amoureuse, plus ou moins consciemment; Nous cherchons l’harmonie avec nos amis et la nature. Ce qui est aussi une forme d’unité.

Bref, la recherche d’unité est partout.

Pourtant, il y a quelque chose qui ne va pas. La monnaie unique ne remplis pas ses promesses L’Islam ne se mélange pas avec la culture autochtone. Les multinationales s’opposent aux intérêts directs des peuples, la démocratie se décompose, et même l’unité familiale n’est plus ce qu’elle était, etc…

On se dit alors, il faut plus d’unité : unité fiscale, unité réglementaire, plus de tolérance, plus de respect, revenir aux traditions, etc… Mais l’unité ne se décrète pas vraiment. Pas plus que la croissance. Pas plus que l’amour.

Il se pourrait bien qu’on soit en train de confondre unité et uniformisation. Du moins en ce qui concerne l’économie, la politique, et l’Europe. Tout ce qui dépasse doit être coupé : le nationalisme est diabolisé par exemple.

L’unité est transcendantale. C’est à dire qu’elle existe au delà des différences apparentes. Nous n’avons rien à faire pour qu’elle existe. Elle est déjà la, immanente.

Le problème vient peut être alors de nous. Si nous ne parvenons pas à l’unité intérieure, cela se reflète à l’extérieur. On essaye d’imposer l’unité au dehors, parce qu’on ne parvient pas l’atteindre à l’intérieur. Il faudrait donc peut-être commencer par la. Peut-être qu’après, l’unité viendra toute seule, ou même, peut-être que nous n’en aurons pas vraiment besoin (puisque nous la vivrons à l’intérieur). Ultimement nous seront l’unité.

Je crois que cette recherche frénétique d’unité nous aveugle. Son absence nous torture et nous trouble l’esprit : L’Euro (pour parler d’un sujet d’actualité), je dirais même l’acharnement thérapeutique envers l’Euro est, jusqu’à un certain point, le reflet de notre psychologie, de notre soif d’unité. Pourquoi nous accrochons nous a des idées ou des règles qui visiblement ne fonctionnent pas ? Parce qu’elles semblent nous rapprocher de l’unité qui nous fait défaut a l’intérieur. Voila pourquoi, contre toutes évidences, les Grec continuent d’être pour l’Euro alors qu’il est l’instrument de leur malheur, de toute évidence.

Les bouddhistes disent qu’il faut abandonner son ego pour trouver l’unité. Abandonner son ego n’est pas chose facile. On peut déjà commencer par abandonner ses pré-jugés, en essayent de réfléchir par soi même, en essayant de voir ce qui marche et ce qui ne marche pas, en abandonnant toute idéologie, toute velléité d’unité. Car à trop vouloir l’unité, on fini par la perdre.

Au fait, saviez vous que "Yoga" signifie unité ?

La solution ultime à la crise


J’ai eu une épiphanie ce matin: J’ai enfin trouvé la solution à nos problèmes. Pic pétrolier, réchauffement climatique, épuisement des ressources, démographie !

Faisons appel aux mécanismes du marché. Après tout, les marchés ont résolu tous nos problèmes jusque là. Le marché a permis les 2 révolutions industrielles, l’augmentation du niveau de vie, la diminution du chômage, la révolution verte qui a nourri des milliards de personnes, la TV, Internet, la bombe atomique et l’équilibre de la terreur (et donc la paix), etc… tant de bienfaits !

En fait, les problèmes restants sont dû au fait que des forces obscurantistes empêchent encore la pleine application de la logique de marché. De même quand l’Europe a des problèmes, la solution, c’est plus d’Europe, et quand l’Euro a des problèmes, la solution c’est plus d’Euro (union bancaire, eurobonds, impôt européen).

Qu’est-ce qui nous manque au juste ? Pas grand chose à mon avis.

Il suffirait de donner un prix à la vie humaine et d’utiliser les mécanisme de marché pour réguler la population.  Et je pense aussi un prix au travail des machines. De sorte qu’on puisse mettre les 2 en concurrence directe (puisqu’aujourd’hui ce sont les machines qui font le plus gros du travail et que demain elles n’auront même plus besoin de nous) afin de laisser les forces du marché trouver le bon salaire pour les hommes, et le juste prix de la vie humaine.

Nous avons déjà presque tout ce qu’il nous faut pour le faire. Il ne reste que les derniers petits pas pour que l’humanité accomplisse son destin:

  • grâce au système de la dette, on peut savoir à l’avance quel sera le coût d’une vie : élever, éduquer en enfant (les étudiants canadiens nous montrent la voie), payer sa santé, sa retraite, son chômage. Autant officialiser cet état de fait, et chiffrer à la naissance une dette que l’individu devra rembourser tout au long de sa vie. Après tout, s’il est né et s’il vivra, c’est grâce au système.
  • grâce aux assurances vies on peut déterminer le prix d’une mort prématurée. C’est à dire avant que quelqu’un n’ait fini de rembourser ce qu’il coûtera. Les assurances vie sont d’ailleurs le futur eldorado de la finance mondiale qui pourra spéculer sur les accidents et les maladies.
  • pour plus de justice, on va pouvoir grâce aux séquençage ADN à moins de 1000$, repérer les individus avec des tares ou des potentiels et chiffrer le montant des assurances, ou au contraire donner des primes.
  • afin de s’assurer de la bonne marche des remboursements, il suffira d’utiliser les systèmes de surveillance déjà existants ou sur le point d’être mis en place : la base élève pour détecter les déviants dès le plus jeune age (3 ans comme le suggérait Nicolas Sarkozy), et généraliser le fichier ELENA des salariés utilisé en Allemagne. Il suffira aussi de rendre l’utilisation de facebook obligatoire (ce qui ne devrait pas poser de problèmes puisqu’il l’est déjà quasiment – celui qui n’a pas de compte facebook est hasbeen) pour s’identifier sur n’importe quel site web (y compris et surtout les blogs, on peut se logger partout avec son ID facebook de nos jours), mais surtout de rendre les comptes nominatifs (c’est la tendance actuelle de toute manière, annoncée par Mark Zuckerberg). Fini l’anonymat et les perturbateurs de l’ordre public et de la paix mondiale qui se cachent derrière.
  • On pourrait combiner Facebook avec le système très intelligent de censure mis en place en Chine pour les bloggeurs : un permis à point. Si vous dites des choses qui conviennent on vous rajoute des points, et à l’inverse, on vous en enlève. Une sorte de mécanisme de marché la aussi. Il suffirait de remplacer les "points" par des amendes et des subventions. Quoi de mieux pour faire taire l’opposition que de la rendre pauvre ! Une sorte de marché des idées en somme.
  • Dans le même ordre d’idée, il ne faut pas se fermer aux solutions de surveillance/censure plus élaborés que la technologie porte en germe, tels les puces sous cutanées. On pourrait inclure un système de marché pour surveiller les gens et récompenser punir leurs actions, et même émotions (grâce à des décharges électriques ou hormonales, des sortes de glandes endocrines de marché). On a déjà commencé avec les animaux et les voitures. Le dernier sanctuaire (le corps) ne devrait pas être long à tomber, pour notre plus grand bonheur. On pourrait même optimiser les trajets des gens, faire venir des taxis automatiquement, bref, créer des tas de nouveaux emplois.

Avec un tel système, généralisé au cheptel humain mondial, le prix de la vie dissuaderait les plus pauvres d’enfanter. Les meilleurs gènes seraient récompensés, et la collaboration de tous au système serait assuré par un système de récompense / punition.

La population serait naturellement régulée. Les chômeurs définitivement déclassés seraient remplacés par des machines plus performantes ou des humains aux meilleurs gènes. Un système d’assurance leur permettrait de vendre leur capital de dernières années de vie afin d’en faire profiter des proches, s’inspirant ainsi du meilleur de l’islamisme qui a bien compris que ce n’était pas tant les 70 vierges du paradis, mais plutôt l’assurance de voir sa famille à l’abri du besoin qui motivait ses troupes. Ainsi, en se donnant la mort un chômeur gagnerait de l’argent pour ses proches et coûterait moins cher à la société. Idem pour les vieux et les malades en phase terminale, ils pourraient vendre leur espérance de vie restante s’ils n’avaient plus les moyens de payer les frais. Toujours ce fichu tabou sur le prix de la vie qui bloque tout. A l’inverse les riches pourraient se payer les dernières technologies qui nous rapprochent de jour en jour de l’immortalité. Ils l’auraient bien mérité.

Un marché de la peur pourrait être à terme mis en place, une fois le tabou du prix de la vie humaine dépassé. Plus tard, quand la technologie le permettra (mais les prémices sont déjà là) un marché généralisé des émotions, qui fagociterait le marché de la drogue, de la TV, du cinéma, de la musique. Tout est déjà quasiment en place. Il ne manque plus qu’à le graver dans le marbre à l’aide de quelques lois. D’ailleurs on pourrait aussi aboutir à un marché des lois, de l’éthique, de la morale et des valeurs, puisque c’est déjà presque le cas, grâce au système de lobbying. Les lois s’achètent d’ors et déjà. Ce ne serait que généraliser/reconnaître ce qui se fait déjà. D’ailleurs, en matière de justice, Bouygues est un précurseur avec ses prisons privées où les rebuts de la société peuvent être reconvertis en travailleurs lucratifs. De plus aux USA le pentagone fait de plus en plus appel à des intervenants extérieurs (mercenaires tels que Black Rock), déléguant la sécurité du pays à des multinationales. L’état ne servira bientôt plus qu’a collecter des impôts.

En allant un tout petit peu plus loin, les états eux même seraient soumis à concurrence, puisque étant eux même des sortes d’entreprises à pondre des lois sur la base de valeurs communes. C’est déjà le cas grâce à l’Europe comme on peut le voir avec la crise de la dette : l’Allemagne est mise en concurrence avec la Grèce par exemple. On peut aller encore plus loin et mettre les états en concurrence avec les multinationales et que le meilleur gagne, sur le modèle du projet EuroVegas par exemple, ou une entreprise pourrait établir une "zone" en Espagne en fixant ses propres lois, son propre service de sécurité, etc… l’état Espagnol n’y aurait plus court.

Un marché où l’on pourrait acheter et vendre des années de vies permettrait enfin de compléter le marché du travail et d’aboutir à un équilibre qui permettrait de sauver la planète et son écosystème. Ce marché généralisé permettrait un progrès permanent. Les plus riches (et donc les plus efficaces au sens darwinien du terme) finançant ou pénalisant les gens, les idées, les émotions, les valeurs afin d’aller toujours plus loin, plus gros, plus fort.

Il faudrait éventuellement finir d’intégrer le reste de la biosphère dans ce marché : il ne doit plus manquer que de l’air (la taxe carbone n’étant rien d’autre au final)  et de l’eau de mer dedans (les animaux, les terres, les métaux, et autres ressources étant déjà chiffrées), afin que la pollution puisse être chiffrée, via des impôts qui serviraient à payer des entreprises de dépollution et de géo-engineering qui stopperaient le réchauffement climatique. En cas de dommage collatéraux, pas de problème, le marché permettrait de rémunérer des nouvelles entreprises qui nous fourniraient de nouvelles solutions, ce qui serait bon pour le PIB. Un peu comme ce qu’on fait en médecine actuellement. Le marché de la santé n’étant au final qu’un prélude à la fixation d’un prix à la vie humaine. Plus tard le mécanisme pourrait être étendu à la Lune et aux extra-terrestres si un jour on en découvre. Le brevetage du vivant permettrait de donner un prix aux meilleurs gènes. La fusion avec les nano technologies permettrait à terme d’aller encore plus loin en prenant le contrôle total de l’infiniment petit.

On pourrait alors s’endetter pour se payer un gène de l’intelligence ou de l’avidité ou le nano implant mémoriel qui permettrait ensuite au bébé d’avoir les cartes en main pour rembourser l’effort que ses parents auraient consenti pour lui s’ils sont pauvres. (les riches étant dispensés grâce au capital accumulé d’un tel effort).

Le seul frein véritable à la mise en place de cette merveilleuse utopie, c’est de faire tomber le dernier tabou : le prix de la vie humaine.
Tout le reste devrait pouvoir suivre dans problème.

Ainsi peu importe le pic pétrolier, peu importe le vieillissement des populations, peu importe la pollution et le réchauffement. Le marché réglerait tout nos problèmes. Pour toujours.

Il faut donc continuer à libéraliser, il faut privatiser, il faut plus de marchés.

Mario Draghi, président de la BCE

Mais heureusement pour nous, c’est exactement ce que l’Europe et les lobbys américains sont en train de mettre en place… pour notre plus grand bonheur à tous, pour sauver le monde et les petites abeilles ( peu importe si elles disparaissent, grâce au marché, fini les problèmes, on pourrait les remplacer par des nanobots poléniseurs bien plus efficaces), si on relie leur actions et qu’on découvre le fil directeur. Tout est déjà en place.

Éventuellement, on pourrait changer la déclaration des droits de l’homme : les hommes naissent libre et égaux en droits et en dignité, et en soumission aux lois du marché.

En plus, par chance, la crise permet d’accélérer la mise en place de cette merveilleuse solution.

Notre démocratie est en train de disparaître


Sous ce titre un peu provoc, je souhaite parler de 2 facteurs antinomiques (du moins au premier abord) qui sont en train de changer radicalement la démocratie telle que nous la connaissons.

Les marchés prennent le pouvoir par le haut

D’abord, la plus visible : les marchés. Ils sont en train de prendre le pouvoir "par le haut", en imposant, via la dette, dirigeants et réformes politiques. Si les marchés sont contents, on obtient du crédit pas cher, sinon, on ne peut plus emprunter. C’est une forme de "démocratie" censitaire : le pouvoir de l’argent. Ce n’est pas une personne un vote, mais un euro (ou un dollar) un vote.

A la rigueur, mais c’est un autre débat, idéalement parlant, ça pourrait être un choix de société : les plus méritants réussissent mieux, donc gagnent plus d’argent, et on leur donne un droit de regard plus important sur les choix politiques. Pourquoi pas … mais on sait bien que le seul point commun des élites est leur propension à "fermer les yeux" plutôt que le mérite pur qui caractérise l’entrepreneur.

Toujours est-il que pour l’instant, on dénombre 6 cadavres politiques :

  • Berlusconi pour l’Italie
  • Papandreou pour la Grèce
  • Radicova pour la Slovaquie
  • Zapatero pour l’Espagne
  • Socrates pour le Portugal
  • Cowen pour l’Irelande
  • Et la Belgique (qui s’en tire mieux sans dirigeant apparemment) vient de recevoir un ultimatum pour présenter un budget
  • (ajout 21/12/11) bienvenue à l’ancien président de Leman Brothers en tant que ministre de l’économie espagnole. Leman Brother’s, vous vous souvenez ? la banque qui a fait faillite et précipité la crise mondiale …

Et remplacé par qui par quoi ? Les marchés eux mêmes, ceux qui ont provoqué la crise se retrouvent maintenant au "pouvoir" (c’est une idéologie plus que des hommes qui sont concernés) :

Mon premier s’appelle Mario Draghi. Il est diplômé d’économie du Massachussetts Institute of Technology (MIT). Il a été chargé des privatisations italiennes de 1993 à 2001. Il est devenu gouverneur de la Banque d’Italie en 2006. De 1993 à 2006, il a siégé dans divers conseils d’administration de banques. De 2002 à 2006 il a été vice-président pour l’Europe de Goldman Sachs, la sulfureuse banque d’affaires américaine. Il vient d’être nommé président de la Banque centrale européenne (BCE).

Mon second s’appelle Loukas Papadimos. Lui aussi est diplômé du Massachussetts Institute of Technology (MIT). Il a été professeur à l’Université américaine de Columbia avant de devenir conseiller économique de la Banque de réserve fédérale de Boston. De 1994 à 2002, il a été gouverneur de la Banque de Grèce : poste qu’il occupait quand la Grèce s’est « qualifiée » pour l’euro, grâce à des comptes falsifiés par Goldman Sachs. Puis, il a été vice-président de la Banque centrale européenne (BCE). Il vient d’être nommé, sur pression de l’Union européenne et du G20, premier ministre de Grèce avec le soutien des deux partis dominants.

Mon troisième s’appelle Mario Monti. Il est diplômé de l’Université de Yale. Il a étudié le comportement des banques en régime de monopole. Puis il a été durant dix ans commissaire européen, de 1994 à 2004. D’abord « au marché intérieur et aux droits de douane » (ou plutôt à leur suppression) puis à la concurrence. Membre de la Trilatérale et du groupe de Bilderberg – selon Wikipédia – il a été nommé conseiller international de Goldman Sachs en 2005. Il vient d’être nommé sénateur à vie et l’Union européenne et le G20 tendent de l’imposer comme président du conseil italien.

L’eDemocratie fait entendre sa voie par le bas

De l’autre coté, nous avons Internet qui s’invite dans le débat politique, "par le bas" cette fois, de bien des manières différentes :

  • Internet est difficile a contrôler, et Internet a une mémoire. Difficile pour un politique de mentir, alors que tout est enregistré sur le web.
  • Internet permet plus de dénonciations et de surveillance des "petites affaires en col blanc", d’où les nombreux scandales qui éclatent.
  • Internet permet aux peuples de faire entendre leur voix : sur le 11 septembre par exemple, mais aussi pacte2012 pour la justice (attention, voir le commentaire de Camille sur ce sujet), ou bien la révolution fiscale.
  • Internet permet une nouvelle pédagogie politique : cf révolution fiscale
  • Internet permet une remontée bottom-up réellement démocratique directe. cf la mutation des parti politiques.
  • Internet permet la contestation : printemps arabe, OccupyWallStreet, même si on se doute que c’est récupéré et instrumentalisé, du moins en partie.
  • Internet permet le Buzz, autant pour les politiques "mainstream" que pour les alternatifs, et permet de contourner parfois la censure officielle. La diabolisation devient plus difficile quand l’interlocuteur a un droit de réponse.
  • Internet propose des outils : pour les pétitions, pour la curation, pour les rencontres, pour la réflexion collective et individuelle, pour le journalisme citoyen, pour la diffusion rapide.

Les initiatives sont tellement nombreuses qu’il est impossible des les énumérer. Cette tentative de classification est bien sommaire. Mais la tendance de fond est là. L’internet, qui est la voix du peuple par excellence, s’invite, bon gré, malgré, dans le débat politique.

Les 2 tendances s’affrontent : la démocratie directe citoyenne et la démocratie censitaire indirecte. Dans le premier cas les citoyens proposent des moyens, des solutions, dans le second cas, les financiers demandent des résultats, des objectifs. Peut-être que les 2 pourront se réconcilier un jour, mais il faudrait que l’argent redeviennent un moyen d’échange (a somme nulle) et non un moyen de profit uniquement (on sait toutes les dérives que ça entraîne).

Mais il est clair qu’à moyen terme (1 génération maximum) la démocratie sous sa forme actuelle aura disparue. Est-ce que les 2 modèles vont cohabiter ? je ne sais pas, mais en ce moment, ils s’affrontent.

La démocratie, ça fonctionne vraiment ?

Notre démocratie souffre de toute manière de problèmes structurels, qui jusque là, sont passés "inaperçus", mais qui maintenant deviennent handicapants :

  • la démocratie "par essence" consiste à imposer par la force les décisions de la "majorité" (votante) aux minorités … et finalement on peut en arriver à l’effet inverse de celui escompté.
  • la démocratie, on le voit dans la pratique, a tendance à provoquer une sorte de "pensée" unique un peu molle
  • la démocratie à tendance à nous forcer à être tous d’accord … sur tout !!!! Je veux bien qu’on se mette d’accord sur quelques points essentiels et vitaux, mais sur tout …
  • la démocratie (à la Française) est représentative et non pas participative. Nous élisons des gens, qui portent des "programmes", au lieu de voter pour des lois ou des mesures (comme cela se fait en Suisse). Programmes avec lesquels nous ne sommes peut-être d’accord qu’en petite partie. En général les gens votent pour 1 ou 2 mesures.
  • la démocratie provoque comme une tendance au "mensonge", ha non, il faut dire "promesse".
  • les élus, sénateurs ou députés sont obligés bien souvent de voter pour des lois auxquelles ils ne comprennent rien, comme le faisait remarquer Tim Geithner à propos des lois votées suite à la crise financière. Cf Hadopipar exemple :

    « Arrêtons de dire que nos dirigeants sont bêtes…
    Ils sont parfaitement conscients de la situation »
    Je ne suis pas complètement d’accord.
    Je suis consultant en informatique (avec lien finance). Quand je vais voir un film ou il y a des parties liées à l’informatique, je trouve cela souvent ridicule. Alors que quand je regarde un film avec des histoires d’avocats, médecins, je n’ai pas cette même réaction surement par manque de connaissance des domaines.

    Avec la mise en place d’Hadopi, j’ai pu me rendre compte que cela se transposait aussi à la politique.
    Hadopi est une loi ridicule et complètement dépassée dès les débuts de son application.
    Vu que c’est mon domaine, cela m’a vraiment sauté aux yeux.

    Et en fait, c’est la même chose dans les autres domaines et c’est amplifié en économie vu que ça n’a rien d’une science exacte.

    Ce qui est intéressant, c’est que lors de discussion, souvent quand une solution proposée par des politiques est contestée, beaucoup vont répondre « mais ils sont conseillés par des experts du domaine ».
    Cela m’est arrivé avec des collègues. Je leur ai fait remarqué que pour Hadopi, ce sont aussi des experts qui ont proposés des solutions.
    Et autant pour Hadopi ils voient bien le problème, autant pour le domaine qui leur est moins familier, ils arrivent à conserver une confiance dans les décisions prises.

    A chaque solution politique qui me touche de prêt, j’ai l’impression que ces politiques ne sont jamais conscients des effets pervers (le non vu de Bastiat) et la plupart du temps, la solution est déjà dépassée lors de son application.

    Et quand on voit Barroso dire qu’un rejet du plan européen pars les grecs aurait des conséquences « imprévisibles ». les politiques qu’ils ont menés jusqu’à ajourd’hui si elles n’ont eu des conséquences « prévisibles » (par eux, d’autres avaient bien prévu), alors ils ont créés volontairement cette crise.

    Pour ma part, je n’ai plus aucune doute, les politques ne sont bons qu’en politique.

  • Enfin regardez ce graphique :

On est loin d’un système idéal. Et Internet est en train de bouleverser tout ça, puisque maintenant, les gens s’emparent des sujets qu’ils maîtrisent et font entendre leur voie. Grâce à internet il est maintenant possible pour tous ceux qui ont une cause à défendre de le faire.

(Ajout 23/11/12) Superbe article sur la "non démocratie" qui complète très bien le mien :

  • les représentants élus sont en concurrence avec d’autres non élus qui ont plus de pouvoir qu’eux : industriels, média, marchés, judicaires)
  • candidats eux même financés
  • en dehors des conformistes la liberté d’expression n’existe pas
  • l’éducation nécessaire au libre choix est une chimère, surtout pour tous ceux dont la lutte pour la survie les empêche de s’informer correctement
  • la complexité administrative et juridique excluent une grande partie de la population de la démocratie
  • l’organisation centralisée ne permet pas la démocratie a l’échelle du territoire français

MES – Dictature économique ?


Je ne sais plus si je l’avais expliqué ici ou ailleurs. L’Europe telle qu’elle est doit/va disparaître. Soit elle va "exploser" (revenir au nations, fin de l’Euro) soit elle va "s’unifier", le fameux fédéralisme, mais qui sera en réalité une dictature économique. Je l’avais dit il y a plusieurs mois. Et voici maintenant qu’arrive le MES (mécanisme européen de stabilité).

C’est un coup d’état feutré pour mettre en place une dictature économique. Ce n’est pas une image :

J’ai vérifié ici, dans le document "officiel". Sauf erreur, c’est bien la même chose dont il s’agit. Les membres du MES peuvent demander a des états sous 7 jours a verser n’importe quelle somme, de manière irrévocable et inconditionnelle :

The ESM Members hereby unconditionally and irrevocably undertake to provide their contribution to the authorized capital stock

Peut-être que nous comprenons mal ce langage technique ?

The property, funding and assets of the ESM shall, wherever located and by whomsoever held, be immune from search, requisition, confiscation, expropriation or any other form of seizure, taking or foreclosure by executive, judicial, administrative or legislative action.

La il s’agit bien d’une immunité totale face à la loi. J’ai quand même du mal à croire ce que je lis. C’est tellement gros. J’ai un doute, mais en même je suis sûr qu’ils sont capable de faire ce genre de choses. Il n’y a peut-être pas de coup de fusil ni de morts spectaculaires, mais je ne vois pas la différence avec un coup d’état. Et vous voulez que je vous dises le pire ? je comprends même la logique qui les pousse à faire ça. Le MES tout puissant c’est l’outil idéal, ultime et définitif pour … rassurer les marchés. Selon cette logique de mettre les peuples au pas pour qu’ils rapportent la rente institutionnalisée, c’est tout à fait compréhensible. Evidement après on verra nos politiciens venir faire un show à la TV pour râler contre la toute puissance des marchés ! lol Mais si le MES est signé, ce sera la mort de l’état.

Et ce ne sera pas tout. Si le MES est signé, je met ma main à couper que le gaz de schiste sera exploité. Je suis aussi prêt à parier que la neutralité du net ne résistera pas bien longtemps. Le nucléaire ne sera pas abandonné, les policier seront remplacés par des caméras et des puces électroniques, etc… c’est le programme de l’Europe, ni plus, ni moins. Je ne suis pas contre l’Europe dans l’absolu, mais cette Europe la, je ne vois pas l’intérêt. D’ailleurs, parlons en… non pas de l’Europe, mais de l’Euro, qui fait partie du "package" :

Les avantages de la monnaie unique

- Le taux de change cesse d’être une contrainte de la politique économique. Il n’y a plus de spéculation sur la monnaie nationale ;

- Les contraintes de change sont supprimées (incertitude, frais de conversion, coût de la couverture contre le risque de change) ;

- La concurrence entre les entreprises s’accroît, ce qui profite aux consommateurs ;

- La comparaison des prix est facilitée pour les consommateurs ;

- Les taux d’intérêt diminuent grâce à la crédibilité de la Banque centrale européenne et du développement d’un grand marché de capitaux ;

- L’euro doit s’affirmer comme monnaie internationale afin que les pays européens deviennent moins dépendants du dollar américain. Cela permettra peut-être l’émergence d’un système monétaire international stabilisé ;

- La dynamique est favorable à une Europe politique ( ce qui ne constitue pas un avantage pour tous).

Vous avez l’impression vous que :

  • il n’y a pas de spéculation sur l’Euro ?
  • l’Euro profite aux consommateurs ? (le pain est passé de 1 franc a 1 euro, mais le salaire n’est pas passé de 10 000 francs a 10 000 euros). Et puis faire profiter au consommateur la "concurrence", c’est oublier que c’est le consommateur qui travaille dans les mêmes entreprises … et que c’est a lui qu’on demande de baisser son fr… heu … salaire
  • les taux d’intérêts diminuent … créant des bulles spéculatives … génial non ? grâce à la diminution des taux d’intérêt sur l’immobilier les prix ont doublés en 10 ans
  • merci l’Europe politique, on voit bien les avantages la … avec un président de l’Europe non élu que personne ne connaît, etc…

Bref … moi, j’ai comme l’impression qu’on se fait eu ! Super U même !

Selon la nouvelle logique démocratique moderne : on refais voter jusqu’a ce qu’on obtienne le bon résultat, la Slovaquie qui a dit non a FESF (le précurseur du MES) devra revoter.

Conclusion ?

Pas d’affolement. Le mur de Berlin est tombé. L’EURSS chutera aussi. Mais on ne se prépare pas des jours heureux la …

J’ai envie de dire ceci pour finir :

être immunisé contre la loi ne veut pas dire être immunisé contre la justice !

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