Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

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L’affrontement


Dans la pratique du yoga, ou de tout chemin spirituel quel qu’il soit, parfois il faut affronter une situation difficile. La situation nous met face a un opposant qui peut être :

  • l’ennemi cherche a vous nuire, voire vous détruire
  • l’adversaire est plutôt un partenaire qui vous pousse a vous dépasser

La différence est assez subtile, l’ennemi peut se révéler adversaire si on change d’attitude, et vice-versa.

Dans les films, ce sont souvent des ennemis, mais parfois, ce sont des adversaires. Je pense notamment a l’excellent dernier Batman : le Joker est un adversaire, car il ne cherche pas tuer Batman, pas plus que Batman ne cherche à tuer le Joker d’ailleurs.

Mais on ne sait pas toujours qui on a en face. L’opposant peut être intérieur ou extérieur, ca ne change pas grand chose. Quand il est extérieur, c’est notre "démon intérieur" qui s’oppose au "démon intérieur" de l’opposant, et finalement, la vraie lutte est contre ses propres démons. Si on parvient à vaincre notre propre démon, alors il n’y aura plus de conflit avec celui de l’opposant extérieur, car en définitive, il faut être 2 pour faire la guerre.

Parfois, ca peut ressembler à ça (c’est un cas extrême, mais il ne faut pas se faire d’illusions, ca arrive que ça soit aussi violent) :

Ce que j’aime dans cet extrait c’est qu’il montre bien comment le mental essaye de fuir la situation, l’affrontement avec la réalité. Il invente un "refuge" ou il peut oublier la douleur. Tout est bon pour éviter la douleur. Alors que si on affronte la situation, on peut la dépasser, la transcender. Sinon, on ne fait que la refuser. Si on la refuse ou si on est détruit (mort par exemple) alors, la loi du Karma nous renverra la même situation plus tard, parfois de manière encore plus intense. Donc autant ne pas louper l’occasion qui se présente.

Dans la tribu des Sénoï on apprends au jeunes enfants à maîtriser leurs rêves. Quand ils font des cauchemars, on leur enseigne a ne pas fuir les monstres, mais a aller leur parler. S’ils ont le courage de le faire, alors le monstre se transforme en guide. Au cinéma, les films inspirant dépeignent symboliquement la même transformation. Si on parvient à terrasser l’adversaire (ce qui est différent de détruire l’ennemi) alors on devient un peu plus libre, on se rapproche de notre nature fondamentale et véritable :

A une échelle collective, planétaire, la crise économique est une situation similaire. Pour l’instant, "on" refuse de l’affronter. Donc elle reviendra. En plus fort. Jusqu’à ce qu’on n’ai d’autre choix que d’y faire face et de changer ce qui doit l’être. Et ce qui est en cause, au delà des aspects purement physique de la crise (manque de pétrole, papyboom, inégalités), c’est quelque chose de plus profond : la rationalité. Nous voulons tout contrôler avec le mental. Le mental, lui, théorise le monde et nous donne des règles, il calcule. Mais il ne s’adapte pas. Ce n’est pas son rôle sa fonction. Figés que nous sommes dans notre système de pensées, nous sommes incapable de sortir du cadre et de voir comment fonctionner autrement. Vous imaginez une économiste qui au lieu de ses statistiques utiliserait les synchronicités pour déterminer les taux directeurs ou seulement son intuition ?

Voila pourquoi les tentatives de réformer notre système économique ont échouées :

  • les bonus des traders ont repris de plus belles
  • la taxe tobin est repartie aux oubliettes
  • les paradis fiscaux ont changés de nom, ils sont les "centres non coopératifs" lol, mais ils existent toujours
  • la spéculation a repris de plus belle, et les bénéfices des multinationales aussi

Tout ça pour calmer les foules en attendant la "reprise" qui est finalement venu a coup d’injections massives de capitaux (comprendre : dettes) qu’on paye par des plans d’austérités, qu’on demande aux plus faibles d’appliquer pour que les plus riches puissent continuer de consommer pour "tirer la croissance".

Mais le problème, c’est la confiance aveugle en la rationalité. On règle un problème a droite, qui déséquilibre la gauche. Et on ne s’en sort pas. Parce qu’on n’affronte pas la réalité. On veut continuer de rêver, de penser qu’on est dans le monde des bisounours.

Matrix, subversif jusqu’au bout


Matrix à marqué son époque. J’y fait souvent référence à cause de son caractère subversif et parce que c’est une très bonne parabole, un peu sur le modèle du mythe de la caverne de Platon.

Les deux épisodes suivants sont plus difficiles à cerner et ont eu moins de succès. Pourtant ils sont bien dans la lignée du premier.

  • Dans Matrix, on nous explique que la réalité n’est pas le monde que l’on croit percevoir. C’est un "système" qui vise à nous contrôler. Mais pas de panique, il y a un sauveur pour nous aider à en sortir (le voulons nous ?). Le caractère subversif est évident.
  • Dans Matrix Reloaded, on apprends que le sauveur n’en est pas un, c’est aussi un moyen de contrôle. En laissant une prote de sortie, on s’assure que l’écrasante majorité reste dans le système. En tolérant une petite rébellion ponctuelle, un exutoire, l’ensemble reste "stable". Donc en fait, Neo joue le jeu du système contre sa volonté. La subversion atteint un niveau plus profond, plus subtil.
  • Dans Matrix Revolution, on apprends que les machines ne sont pas si différentes que ça de nous. Elles aiment, elles ont un karma, elles vivent, meurent, luttent, et aussi … elles voudraient bien la paix. Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, la guerre ne termine pas par la victoire des hommes (ou des machines), mais … par la paix ! Et la encore, c’est un cran de plus dans la subtilité subversive !

Par 3 fois donc les réalisateurs prennent à contre pieds nos idées reçues :

  • la réalité est un système de contrôle,
  • le sauveur n’en est pas un,
  • la guerre ne se termine pas par la victoire mais par la paix.

Bien sûr, ce ne sont pas des idées très répandues. Combien attendent un sauveur ? Combien souhaitent la victoire ? Et les 2 derniers films on déçus. En plus la fin de matrix revolution est particulièrement difficile à comprendre.

Au moment de sa victoire finale Smith prends peur et accuse Neo de lui avoir tendu un piège. Pourquoi ? pourquoi Neo s’est-il battu s’il savait qu’il allait perdre ? C’est l’oracle qui est la clé de tout. L’oracle explique que l’oeil qui permet de tout voir ne permet pas d’aller au delà de la compréhension qu’on a des choses : on ne peut pas voir au dela de ce que l’on ne comprends pas. Et pourquoi Neo parvient-il à finalement terrasser Smith, même s’il est moins fort (physiquement) ? parce qu’il comprends mieux que Smith les choses. Néo aime et souhaite la paix alors que Smith cherche uniquement à se libérer égoïstement. C’est pour cela que Néo voit plus loin que Smith. Néo a compris que Smith et lui ne font qu’un (chose confirmée par l’Oracle), alors que Smith ne le sait pas. C’est pour cela que Néo sait que même s’il perds, il gagne, car s’il est détruit, alors Smith l’est aussi. C’est la réponse à la question "pourquoi, pourquoi vous battez vous ? est-ce pour l’amour ? …". Non, c’est uniquement pour mettre fin au conflit. C’est aussi pour cela que Trinity meurt. Car Néo n’aurait pas eu le courage de se sacrifier si Trinity l’attendait en dehors de la Matrice. Et donc, plutôt que d’être détruit, Néo et Smith fusionnent, mettant fin au cycle des conflits entre humain et machine. L’autre alternative était la destruction de Zion et de la matrice !

Cette fin, de mon point de vue, est carrément géniale. Mêlant combat dantesque mais aussi subtilité "philosophique" (ou spirituelle), faisant de Matrix une sorte de référence presque absolue. En attendant mieux ;-)

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