Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

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Retex : le vélo


Retex (retour d’expérience) sur l’utilisation du vélo au quotidien. Avec la fin annoncée du pétrole (à horizon 30 ans), je cherche avec quoi nous pourrions remplacer la voiture. Il existe bien sûr les systèmes de co-voiturage et d’auto-partage. Pour l’instant, je ne crois pas du tout aux voitures électriques, a moins d’une percée dans le domaine de la génération d’électricité ou des batteries, ça fera "plouf" une fois l’effet de mode passé … ces véhicules coûtent beaucoup trop cher pour les performances qu’ils rendent, et une fois les énergies grises comprises, ne sont ni écologiques, ni économiques. Reste le retour de la 2CV qui nous pends au nez !

Conclusion : la voiture individuelle / familiale telle qu’on la connaît aujourd’hui à de fortes chances de disparaître. C’est à dire, ce sera un luxe. L’une des solutions c’est le vélo. Alors bien sûr, le vélo aujourd’hui à pas mal évolué, même si le principe reste le même.

J’utilise le vélo dans les grandes agglomérations depuis des années, qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige, et dans ce contexte, je ne vois pas mieux comme moyen de transport urbain. J’avais déjà écrit sur le sujet : La voiture est moins performante que le vélo en ville. Et quand je vois les gens galérer dans les bouchons ça ne fait que confirmer.

Concrètement, en vélo on peut compter sur une vitesse de croisière de 20km/h sans trop se fatiguer ni transpirer. Ce qui fait qu’on peut assez facilement faire un trajet de 10km quotidien. Je me suis essayé aux "longues" distances (40km, 60km), la c’est autre chose : il faut un bon vélo, et de l’entraînement. Mais ça reste tout à fait accessible. Je n’ai pas encore fait le test, mais je pense que 100km par jour en vélo est tout à fait envisageable (c’est ce qu’ils disent sur les forums), s’il fallait, pour se déplacer sur de longues distances à un moment donné (ou bien pour du vélo tourisme).

Sinon, la chose qui me parait la plus importante c’est d’être bien équipé (minimum poncho). Pour les longs trajets par temps froid, on est vite congelé sans coupe vent. Je ne parle pas des shorts moulants que certains mettent pour imiter les coureurs cyclistes. Notamment pour la météo, mais aussi pour être bien signalisé et avoir une lumière (une frontale fait l’affaire et peut servir à d’autres choses) pour la nuit (pour s’éclairer et être vu). Je témoigne que le vélo au quotidien à des effets positifs très net sur la santé ! A contrario, on ne se rends pas compte a quel point le sédentarisme et l’absence d’exercice physique est néfaste. Le sport et l’alimentation devraient être notre première médecine.

Le vélo se décline maintenant de différentes manières qui peuvent en faire un allé économique et versatile pour la vie sans pétrole.

  • On peut rajouter (pour un coût entre 500 et 1000€) un kit d’assistance électrique (la loi limite le kit à 25kmh, mais c’est bien suffisant).
  • Il existe des carrioles, si on souhaite faire des grandes courses ou qu’on à besoin de transport, ou bien les vélo cargo:
  • Le vélomobile permet de pousser le concept vélo encore plus loin et d’obtenir une vitesse de croisière de 40kmh facilement, et une vitesse de pointe aux alentours de 80kmh (le record du monde vitesse lancé sur 200m est de 133kmh). Les pays nordiques sont bien plus avancés dans ce domaine. Ces vélos sont encore cher (5000€ environ), mais avec le temps, ils devraient l’être moins. Le vélo couché (sans coque) permet d’avoir une vitesse de croisière de 30kmh.

Bien sûr le vélo est une solution urbaine. Pour la campagne, et notamment les région montagneuses, c’est différent. Je compte tester le vélo a assistance électrique, mais pour l’instant, je n’ai pas trouvé de solution idéale (et pourtant j’ai cherché, y compris les transport aériens). Mais tant qu’on reste dans le moins de 10km quotidien, c’est plus qu’envisageable, c’est conseillé. Même si on dispose d’une voiture par ailleurs. Ça réduit la facture d’essence.

Le vélo est aussi de mon point de vue un outil survivaliste, puisque c’est le seul moyen de transport autonome, qui ne nécessite pas d’apport extérieur. Pour peu qu’il soit VTC, on peut même l’utiliser hors des routes. A moins d’avoir un cheval, mais ça coûte presque plus cher qu’une voiture a moins d’en avoir une utilisation régulière. Et le cheval n’est pas une solution généralisable à grande échelle. Si la voiture s’est imposée, ce n’est pas pour rien. Dans le cadre survivaliste, on va aller un peu plus loin : on va se procurer de quoi réparer le vélo. Les kits à décathlon valent moins de 50€ et permettent de changer une roue, régler le vélo, réparer une chaîne, une crevaison, etc… Un camelpak aussi est bien utile si on envisage le vélo sur de grandes distances (ça sert aussi pour la randonnée). Les survivalistes parlent peu du vélo (et de l’hygiène autre sujet essentiel qui est très peu traité), pourtant j’ai trouvé très tôt que ça faisait partie de la "panoplie".

Le FMI et le pic pétrolier


Il semble qu’ils commencent à s’en inquiéter au FMI, mais uniquement les chercheurs. Ce n’est pas encore remonté jusqu’au décideurs.

Des choses sont à retenir de l’interview. 2% de déplétion pétrolière par an conduirait 1% de récession mondiale permanente, soit, 20% environ de régression du PIB mondial (et donc du niveau de vie) sur 20 ans, et une augmentation de 800% du prix du baril (et donc X8 pour l’essence, environ).

Cependant, ce responsable de modélisation avoue qu’il y a des effets de seuil imprévisibles, possiblement en cascade. Par exemple, on pourrait imaginer qu’au dela de 200€ le baril le tourisme souffre énormément, ce qui pourrait avoir un impact sur l’automobile, et l’aviation, etc…

Par contre, ce qui m’étonne au plus haut point, c’est qu’il ne fait pas le lien entre le plateau pétrolier de 2005 et la crise de 2007. Bien sûr, on ne peut pas l’affirmer ainsi sans plus d’explication. La crise de 2007 aurait eu lieu sans pic pétrolier. La différence ? c’est qu’elle aurait eu lieu plus tard (légèrement), et surtout qu’elle serait déjà finie. La reprise aurait repris ! C’est la toute la différence. Le pic pétrolier empêche toute reprise.

D’autre part, on peut aller plus loin et affirmer que justement, cette crise a été le résultat du premier choc pétrolier : le plateau de production par personne est en 1979 (qui coïncide avec le plateau de production onshore, le pétrole le plus facile a exploiter – et ce n’est pas un hasard car l’autre pétrole, il faut aller le chercher dans des conditions plus difficiles). Si nous empilons les dettes et les bulles depuis 30 ans, ce n’est pas pour rien. Cela fait 30 ans que l’économie patine en réalité. Le plateau de 2005 à juste donné la pichenette qui manquait. Le pic pétrolier absolu, donnera la dernière pichenette à l’économie avant qu’elle ne s’effondre (lentement ou brutalement, mais inévitablement).

A l’inverse, si nous avions renoué avec une énergie abondante et peu chère, nous n’aurions même pas eu la crise des subprimes, ou bien elle aurait été très amenuisée. Je sais qu’il est bon ton d’accuser la finance comme seule coupable, son avidité, mais en réalité, la finance sert à capter et rediriger les capitaux vers la ou les meilleurs profits sont possibles. C’est donc un mécanisme collectif qui prends ses racines dans notre espoir de monde meilleur, et donc de croissance économique.

Observez comment en période d’énergie en croissance rapide il n’y a pas de crise, entre 1950 et 1975 :

Le FMI manque aussi le lien avec les crises précédentes. Crise financière de 1907 juste avant que le charbon n’atteigne son "pic vapeur". Crise qui s’est terminée en guerre mondiale. Puis, pendant 30 ans, pendant que le charbon continuait son déclin, le temps que le pétrole prennent le relais, on se retrouve avec une énorme crise financière (1929) qui se solde par une dernière guerre mondiale, qui sera en réalité, la guerre pour le contrôle du pétrole. Si Hitler a envahit la Pologne, c’était pour l’accès au pétrole.

Ce n’est pas très différent de la guerre récente en Lybie, qui survient, comme par hasard, juste après qu’on y ai découvert un gisement géant de gaz (NC007).

Et il s’est produit la même chose en 1313, avec le bois/sidérurgie (grâce a l’invention des roues à aubes quelques décennies plus tôt qui ont accéléré l’utilisation du bois dans les fourneaux – coïncidence, c’est justement en ce moment qu’on est en crise pour les hauts fourneaux de Florange) qui atteint son pic, ce qui provoque, crise financière de Venise (mais ce n’était pas orchestré comme le prétends l’article, c’était le résultat de la pénurie de bois), famine, puis guerre des cents ans (1337-1453), puis épidémies de pestes, le temps qu’on trouve d’autres solutions pour la croissance économique : ce sont les grandes découvertes (1419 par les portugais) qui marquent le renouveau.

Mais il reste une objection à traiter : la crise serait du aux inégalités, au fait que les riches s’accaparent trop de richesse, et ruinent les pauvres, provoquant ainsi chômage et misère. Ce ne serait donc pas les lois de la physique qui provoqueraient les pénuries, mais l’avarice. Pour preuve, le maïs qui est utilisé pour faire de l’essence. C’est un peu vrai. Mais ce n’est qu’un phénomène à la marge.

Vous pouvez être aussi riche que vous le voulez, vous ne mangerez que 3 fois par jours. Vous pouvez être aussi riche que vous le voulez, vous n’habiterez au final qu’une seule maison. Ok, elle sera plus grand, plus belle, mieux située. Un riche n’habite pas toute une ville à lui tout seul ! Par contre, la richesse donne le pouvoir de décider pour les autres. Quand quelqu’un est endetté, vous ne voulez pas sa maison, vous en faites un esclave, c’est bien plus intéressant. (je simplifie – les gens expulsés existent parce que les banques ont l’espoir que d’autres les remplaceront – mais au final, c’est un jeu à somme nulle, on vous logera contre travail) D’autant qu’il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui il y a beaucoup de riches "virtuellement", en billet de banque, mais billets qui ne peuvent rien acheter, qui ne valent rien …

Et enfin, que dire d’un riche qui possède une usine … 10 usines ? Les riches ne possèdent pas que des maisons et des belles voitures, ils possèdent surtout des usines, des robots. Un riche au final n’utilise qu’une seule voiture, voire un jet, pour se déplacer. Il ne peut pas en utiliser 2 pour se déplacer. Il ne prive pas le reste du monde de pétrole, d’espace, de ressources (ou très peu à l’échelle de la planète). Et puis il fait travailler les fabricants de voiture, de maisons, etc… il donne du travail. Et les riches sont souvent obligés de ré-investir la majeure partie de leur richesse. Ils ne peuvent en réalité jouir que du surplus. Sous peine de voir leur richesse s’amenuiser très vite ! Ils sont donc obligés de faire tourner l’économie.

Celui qui possède cette usine est sûrement très riche !!!

Donc l’impact des riches, et les chiffres le confirment, ne se fait sentir qu’en période de pénurie d’énergie (les inégalités régressent pendant les 30 glorieuses partout sur la planète). En période de croissance, au contraire, ils agissent comme catalyseur économique (globalement ! il y a toujours quelques profiteurs/tricheurs qui ne jouent pas le jeu). Le facteur primordial duquel les autres découlent est donc l’abondance d’énergie.

Nous retrouvons à chaque fois le même schéma : invention technologique, boom économique et démographique, surexploitation des ressources, pic, crise financière, famines, guerres, épidémies.

  • 1313 : pic du bois/haut fourneaux – crise de Venise – guerre de cent ans – peste noire
  • 1913 : pic du charbon/machine a vapeur – crise de 1907, 1929 – 2 guerres mondiales – grippe espagnole
  • 2013 : pic du pétrole/moteur a explosion – crise de 2007 des subprimes – émeutes de la faim, révolutions arabes – pas encore de grosse guerre ni d’épidémies.

Nuance : Le pic charbon Anglais date de 1913, mais les effets se sont fait sentir avant. Car avant d’atteindre le pic, ils ont sûrement du augmenter les efforts d’extraction. Les dates sont la à titre indicatif voire symbolique pour montrer le parallèle.

Et tout ça le FMI refuse de le voir. En effet, l’entropie est un point aveugle de l’économie, de même que l’énergie, de l’aveu même du conseiller. C’est pourtant presque uniquement de ça qu’il s’agit.

Conclusion ?

Nos dirigeants, même après 5 ans de crise, même après 30 ans de difficultés, même après plusieurs leçons historiques, ne parviennent toujours pas a voir/comprendre ce qui se trame. Ils continueront donc à nous imposer de mauvaises solutions. La crise va s’aggraver. La seule solution serait de faire un diagnostique correct. La, nous aurions seulement une chance d’en sortir, sans garantie, mais une chance tout de même. La, l’issue tragique est inévitable.

PS : mon approche analytique n’est pas traditionnelle. Je n’utilise pas la logique analytique, mais la logique analogique. C’est pour cela que je peux "voir" des choses que les analystes ne voient pas. Pour donner un exemple : il n’y a aucun lien de cause à effet direct entre la guerre mondiale de 1913 et le pic charbon de 1913. La guerre mondiale a été provoquée par des tensions entre les pays, par des rivalités de personnes, etc… Donc "en apparence", on ne peut pas dire que les 2 sont liés. Pourtant, ils sont bien liés temporellement. Et, c’est la même chose pour les crises financières, c’est une "coïncidence" s’il n’y en a pas pendant la période de boom pétrolier. Analytiquement, il n’y a aucun lien entre les 2. En fait, les liens existent, mais demandent une analyse transversale systémique … hors de portée du raisonnement classique. Je n’ai pas encore pris le temps et la peine d’expliquer cette façon différente de penser, très familière aux yogis. C’est ce que j’expliquais : la crise est une crise de la rationalité. C’est notre manière de réfléchir, et de penser le monde qui est en cause. Nous devons désapprendre à penser …

;-)

Tout va mal – 8 – Les leçons du passé


Ce n’est pas la première fois que nous épuisons nos ressources. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le progrès ne nous à pas toujours sauvé. Nous avons connus des phases de régression très douloureuses par le passé : chute de Rome, guerre de cent ans, et surtout épisode très récent, le déclin du charbon qui s’est soldé par 2 guerres mondiales le temps que le pétrole puisse prendre le relais.

Tout va mal – 7 – Production et consommation


Le manque d’énergie abondante et pas chère et l’épuisement des ressources se faire déjà sentir dans beaucoup de domaines. Nous avons atteint le pic de production de céréales, le pic terre arables, le pic eau, le pic de km parcourus, le pic viande, etc…

Tout va mal – 6 – Pic énergie


La course à l’énergie nous fait prendre de plus en plus de risque. D’ou les catastrophes de Fukushima, Deepwater entre autre.

Tout va mal – 5 – Géopolitique


La crise du pétrole à des effets sur la géopolitique depuis déjà longtemps. Effets qui s’amplifie et s’accélère depuis la crise des subprimes.

Tout va mal – 3 – Les alternatives au pétrole


Il existe de nombreuses alternatives au pétrole, cependant aucune ne permettra la croissance économique exponentielle que celui-ci permet. Ce qui remet en question notre modèle de société. Sans compter que de toute manière même avec du pétrole, nous devrons faire face au réchauffement climatique, et au fait qu’il faut de plus en plus d’énergie pour aller extraire / exploiter les ressources restantes, les meilleures et les moins chère ayant déjà été consommées.

Tout va mal – 2 – Combien reste-t-il de pétrole ?


Si le pétrole est si vital pour notre économie, la question de savoir combien il en reste est d’une importance capitale. Il faut distinguer les ressources (le pétrole total connu sur terre), les réserves (le pétrole qu’on peut extraire ), et la vitesse d’extraction du pétrole (une fois qu’il est brûlé, il faut en extraire d’autre, ce qui compte c’est donc la vitesse d’extraction du pétrole bien plus que les réserves).

Tout va mal – 1 – L’importance du pétrole


Quel rôle joue le pétrole dans le crise ?
Sans énergie, pas d’échange, et sans échange, pas d’économie. Le pétrole est la source d’énergie principale a l’heure actuelle, puisque c’est celle qui nous permet d’exploiter les autres en premier lieu. Son rôle dans la vie quotidienne est parfois méconnu.

Revue : le Soral du mois


Soral n’y comprends rien en économie. Et cela fausse beaucoup ses analyses. Comme il fait de plus en plus de buzz, j’en profite pour essayer de voir ce qu’on peut tirer ou non de ses analyses.

Le reproche principal qu’on pourrait lui faire c’est de ramener toute sa dialectique à un seul facteur sociologique, qu’on pourrait appeler … au hasard, l’empire. L’empire semble être pour lui l’alpha et l’omega de la crise, et tout est vu / interprété à travers ce prisme. D’où les thèmes récurrents sur les aspects majeurs qui articulent sa vision de l’empire : les conflits culturels, choc des civilisations, la communauté qu’on ne nomme pas, les problèmes d’intégration des musulmans. Il fait un très bon travail d’analyse de certains courants d’agressivités sociales et de mise en perspective du rôle des communautés. Sa solutions, pour simplifier, consiste en l’union sacrée entre les opprimés, de toutes confessions, contre les oppresseurs. On est en plein marxisme.

Quel sont les biais de ce raisonnement ?

  • Il n’y a pas "un" empire mais plusieurs, qui sont en concurrence, et un qui est l’actuel "vainqueur".  Déjà, les autres empires ne sont pas meilleurs, il sont juste les challengers. Ensuite, si l’empire actuel est celui qui domine les autres, ce n’est pas parce qu’il est le plus agressif, c’est parce que c’est celui qui nous apporté le plus de bienfaits, à un moment donné. Ok, aujourd’hui la démocratie sert aujourd’hui de prétexte pour aller voler le pétrole des autres, mais à une autre époque c’était un vrai progrès. Le capitalisme à apporté une meilleure santé, confort, niveau de vie, liberté, sécurité, épanouissement, comme on n’en a jamais eu dans l’histoire auparavant ! C’est par la séduction bien plus que par l’intimidation que l’empire à gagné ses galons !
  • l’empire est un facteur (sociologique et géopolitique)  expliquant la crise, mais est loin d’être le seul. Il y a le problème énergétique (raréfaction des ressources, pic pétrolier), écologique (réchauffement, dégradation de la biosphère), technologique (la robotisation qui met de plus en plus de monde au chômage), démographique (flux migratoires, vieillissement de la population, hétérogénéité des classes sociales, inculture d’une partie de la population, difficultés d’intégration).

Soral fait des erreurs grossières sur les sujets économique. Il parle par exemple de la dette, et du fait que les états empruntent auprès des banques privées à taux de 3%. Il oublie de dire que les 3% ne vont pas dans les poches des Rotschilds, mais dans celle de mamie michu qui a placé son épargne en assurance vie. Et ce simple fait complique beaucoup l’analyse de la crise, car les banquiers ne sont plus les principaux responsables, mais c’est nous tous …

Mais il fait illusion. Et c’est d’ailleurs l’un des facteurs explicatifs de la crise : L’inculture généralisée(et surtout les différences de niveau d’instruction) qui permettent à des fausses idées de se propager (et qui créent au final de la violence sociale). Voici un autre exemple (qui fait aussi le buzz) d’attitude qui est autant responsable de la crise, autant que les dérives des financiers :

De Gaule disait "les français sont des veaux", et c’est aussi l’un des facteurs qui expliquent la crise (le fait que les Français soient vraiment des veaux, le fait que les dirigeants aient du mal à nous gérer, le fait que la fracture entre eux et nous grandisse).

Par voie de conséquences Soral tombe dans les travers conspirationistes : la vision monolithique, monochromatique de la crise. C’est séduisant, facile et ça plaît. Ça lui permet de faire des "joutes" et d’obtenir de l’audience auprès d’un public ignorant. La solution est simple, compréhensible par tout le monde. Et les autres, ceux qui ne sont pas d’accord, sont soit des imbéciles, soit des méchants, des lâches, des vendus. On retrouve un mécanisme bien connu des mouvements sectaires ou la persécution du gourou devient finalement la justification même du "je vous l’avais bien dit, je dérange, c’est la preuve que j’ai plus raison, que je suis plus intègre".

Ceci dit, tout n’est pas à jeter non plus chez Soral. Il fait beaucoup d’analyses extrêmement pertinentes, soulève pas mal de lièvres et remet des choses à leur place dans leur contexte. Mais il faut savoir faire le tri, et chez lui, étant donné son habileté oratoire et son charisme, ce n’est pas toujours chose facile !

La crise est une dynamique plus complexe, avec plusieurs facteurs antagonistes ou synergiques. Et surtout les solutions ne sont pas simples, car, on tombe souvent sur des dilemmes insolubles. Au final la vision Soralienne est très confortable pour le mental, car elle nous incite à croire que la situation pourrait être sous notre contrôle. Hors elle ne l’est pas, certaines forces historiques à l’œuvre nous échappent complètement.

J’en reviens pour conclure au Yoga qui nous apprends à accepter qu’on ne contrôle pas tout, pour justement ne pas tomber dans ce genre de travers. Enfin, quand je dis que la situation n’est pas sous contrôle … c’est un peu plus compliqué : les solutions existent, mais ne sont pas a notre portée actuellement. Le delta entre les 2 … le yoga appelle ça le "karma". C’est la force qui nous aveugle, et nous empêche de voir les vraies solutions. Bouddha disait que l’origine ultime de la souffrance humaine, c’est l’ignorance. C’est une autre manière de dire "karma" (le karma est aussi la loi de cause a effet).

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