Récemment une personne de mon entourage a subit un stress intense à son travail. C’était un vendredi. Le WE s’est passé, et le lundi suivant, la situation stressante s’est résolue d’elle même. La personne a ressenti un immense soulagement : sa boule au ventre avait disparue. Mais elle a réalisée qu’elle ne s’était pas du tout rendu compte qu’elle avait eu ce stress permanent durant 3 jours. Elle ne s’était pas rendu compte à quel point son humeur et sa sociabilité était impactée. Ce n’est qu’après coup, comme en sortant d’une sorte de rêve hypnotique qu’elle a pleinement réalisé ce qui s’était passé. Et dans ce cas précis, elle a eu de la chance, ça aurait pu durer des mois, et fabriquer une maladie sans qu’elle ne s’en rende compte.
Cet exemple vécu montre que notre conscience est un phénomène fluctuant et fragile. C’est l’un des deux piliers de la G4G (guerre de 4ème génération / guerre cognitive). [Nous verrons l'autre par la suite, qui sont les biais cognitifs]
Afin de comprendre les ressorts de cette "guerre des cerveaux" il nous faut examiner la nature de notre conscience, de notre identité/personnalité, et surtout, les idées que l’on s’en fait …
Je reste volontairement vague, car ce sont des termes encore mal définis, et du toute manière, pour vraiment comprendre de quoi il retourne, vous pourrez le vérifier par vous même grâce a l’introspection !
Communément nous croyons être des individus conscients et rationnels. C’est faux.
(extrait de Scanners, le film de Cronnenberg)
Cette conception de l ‘homme provient des lumières, durationalisme. C’est le fondement même de la démocratie, car si l’homme n’était pas doué de raison, ou du moins, pas autant qu’il le croit, alors le vote n’aurait plus aucun sens. Et c’est bien le problème.
Freud a un peu bousculé ce dogme, mais pour l’essentiel, nous croyons toujours penser par nous même avec quelques lapsus de temps à autre qui traduisent l’existence d’une partie de nous plus ou moins sous contrôle (l’inconscient).
Les recherches modernes montrent tout autre chose.
D’abord, la conscience ne concernerait que 200 bits de données sur 400 milliards par secondes dans notre cerveau. C’est donc un phénomène très marginal. Il est postulé que la conscience (terme quasi indéfinissable) n’apparaît vraiment que quand toutes les aires du cerveau sont activés de manière cyclique (comme une onde qui ricocherait dans nos aires cérébrales) :
Les recherches récentes montrent que nos décisions sont prise avant que nous n’en ayons conscience. La conscience ne viendrait que rajouter une couche de rationalisation après coup. Rationalisation qui aurait d’ailleurs été développé au cours des ages en tant qu’arme de persuasion. Son utilisation pour la recherche de la vérité n’étant que très marginale. Déjà la, on a un problème, car si nos décisions sont inconscientes, et que la rationalité n’est qu’une sorte d’illusion, ça invalide totalement le paradigme démocratique, et ça pourrait expliquer bien de ses dysfonctionnement, mais ce n’est pas tout ! Accrochez vos ceintures.
Nous savons aussi maintenant que notre conscience n’est pas seulement "veille/sommeil", il y a de (très nombreuses) nuances. Le rythme cérébral nous montre qu’a tout moment nous sommes en même temps dans différents niveaux de conscience, qui peuvent se mélanger. Nous pouvons être éveillé et légèrement endormi en même temps par exemple (forme d’hypnose légère). C’est notre état naturel en fait. Si un danger immédiat nous menace, nous serons en état d’hypervigilance (faites un tour la nuit dans la forêt si vous voulez savoir ce que ça donne).
Encore pire. Si nous sommes triste, nous allons plus facilement nous souvenir de choses tristes. Rien que de très banal me direz vous. Oui. Mais c’est plus que ça, certains états font remonter des mémoires dont on ne parvient pas à se souvenir dans d’autres états. Émotions, pensées, mémoires sont en fait associées par "grappes". Ce qui fait que notre individualité en prends un coup : nous sommes composés non pas d’une personnalité monolithique mais d’un ensemble de sous personnalités. Et nous naviguons entre au grès des circonstance, sans pouvoir maîtriser le passage de l’un à l’autre. Les cas extrêmes nous amènent a des dédoublement de personnalité, mais en fait, nous sommes tous plus ou moins dans ce cas.
(il y a un Golum en chacun de nous)
Si on creuse encore plus loin dans notre psychisme, on va se rendre compte qu’au delà de certains seuils de conscience, ce ne sont même plus de "personnalités" qu’on peut parler. Nous pouvons vivre des expériences dans lesquelles nous ne somme plus ni nous même, ni un humain, fusionner avec l’univers, être décorporé, etc… C’est le domaine de la psychologie transpersonnelle, dans lequel nous sommes très en retard en France.
Nous avons une tendance naturellement forte a l’homéostasie, c’est à dire, a revenir dans notre état "normal". Ce qui nous donne l’illusion d’avoir une personnalité unique, définie, sous contrôle. Alors que c’est loin d’être le cas. Notez que les grappes de "émotion/pensées/mémoires" sont aussi associées a des niveau de conscience. Nous pouvons donc glisser de l’une à l’autre et perdre progressivement conscience sans nous en apercevoir le moins du monde.
Ce ne sont pas des phénomènes a la marge. Si vous vous observez fonctionner, vous verrez que c’est notre quotidien.
Si vous plongez quelqu’un dans un état d’hypnoïde, il devient plus suggestible. Il y a plein de techniques pour ça, très connues des commerciaux, comme la PNL ou l’hypnose Ericksonienne. Si vous lui faites vivre des expériences mystiques, vous pouvez carrément le reprogrammer (transes religieuses, euphorie des meetings politiques, etc…). En réalité c’est très courant, quotidien même. La télé d’ailleurs ne sert absolument qu’a ça. Regardez la télé et observez comment votre corps va se relaxer, votre mental se calmer. Vous êtes en hypnose légère. Mais toutes nos émotions en général altèrent notre jugement et si nous n’y prenons garde peuvent être utilisées contre nous. Les "prédateurs" sont partout, d’autant qu’eux même n’en sont pas forcément conscient (puisqu’on peut apprendre par mimétisme sans que la conscience n’intervienne jamais).
(le pouvoir de persuasion de Megan Fox ! prenez conscience tout ce que ça vous fait de la regarder, en tant qu’homme ou femme, mais aussi surtout qu’on est pas tous équipé pareil !)
Il se trouve aussi que nous ne sommes pas tous égaux face à la conscience. Certaines sont plus fragiles, malléables, souples que d’autres. D’autres au contraire on un pouvoir "naturel" sur les autres ! Ce sont ces différences, très grandes, et leur exploitation qui sont l’un des socles de la G4G. Les politiciens, les chefs religieux, les publicitaires, les commerciaux, les avocats et bien d’autres sont très doués pour altérer notre conscience et nous manipuler. En fait, nous le faisons tous en permanence : nous manipulons noter conscience et celle des autres, le plus souvent de manière inconsciente. Notamment de façon grégaire. Le "troupeau", les masses ont un effet sur les consciences.
La nouveauté, c’est qu’aujourd’hui, suite aux progrès de la science, les techniques de manipulation ont énormément progressé. Elles sont d’autant plus efficaces qu’elles sont subtiles et indétectable. Leur caractère invasif en font des armes de manipulation massives. Les conspirationnistes parlent souvent des techniques de reprogrammation militaires (MKUltra), mais ce ne sont finalement que des méthodes grossières et qu’on ne peut utiliser en masse.
Elles ont des effets économiques très puissants. C’est grâce (en partie) a ces techniques qu’on persuade tout le monde qu’il lui faut une voiture pour se sentir libre, être propriétaire d’une maison pour se sentir en sécurité, qu’il faut exporter la démocratie, etc… Avec toutes les conséquences que l’on connaît. Si vous n’êtes pas à même de vous interroger sur vos motivations profondes, sur vos paradigmes de pensée, sur les influences extérieures (notamment pour ne pas perdre vos proches) alors vous êtes forcément une victime car cette guerre est sans pitié.
Le yoga (mais pas seulement) est un des rares moyens de renforcer sa conscience pour se prémunir des influences extérieures, de manière méthodique et efficace. Notamment via la respiration. Les yogi disent d’ailleurs que le propre de l’homme c’est de pouvoir respirer consciemment. J’ajouterais qu’un critère de mesure pour savoir ou vous en êtes c’est justement d’observer combien de temps par jour vous êtes conscient de votre respiration. Cela permet d’avoir une idée de notre niveau d’inconscience.
Ce qu’il faut retenir :
nous n’avons pas une personnalité mais plusieurs sous-personnalités
notre conscience passe facilement dans un état hypnoïde de suggestibilité accrue
la science moderne sait utiliser de nombreux leviers pour nous influencer
Je ne lis peut-être pas les bon blogs, peut-être que j’ai loupé ceux qui parlent d’amour et d’eau fraîche, mais je ne pense pas être totalement dans une illusion d’optique sociale non plus : il y a un fossé qui grandit entre les gens. Le plus grand révélateur de cette sensibilité exacerbée est peut-être l’humour. Il n’y a qu’a observer comment les humoristes marchent sur des oeufs. Observez comment certains sujets sont soigneusement évités… Il en est de même pour tout le "politiquement correct". Il suffit de regarder le "négatif" de notre société, d’observer tout ce qu’elle s’interdit de dire en public (en comparant avec tout ce qui se dit en privée et sur le net) pour le constater :
les mondialistes vs les nationalistes, symbolisé par l’opposition Vague Bleue Marine et UMPS en France, mais on peut retrouver la même opposition ailleurs en Europe.
la droite vs la gauche, l’extrême droit vs l’extrême gauche : il n’y a pas eu de débats durant la campagne entre les candidats. Ce n’est qu’un détail, mais c’est révélateur je pense du climat et de l’éloignement grandissant entre les "idéologies".
les vieux vs les jeunes : génération 68 accusée d’insouciance de consumérisme, d’égoïsme et d’avoir accaparé la richesse créé par ses parents pendant les 30 glorieuses et d’avoir ensuite polluée et saccagé le monde pour des plaisirs futiles et éphémères.
état vs citoyen : les fonctionnaires vs privés qui gagnent trop et ont trop de privilèges, les impôts toujours plus mal perçus, les services de renseignements (qui avant étaient un service de "proximité" et sont en train de se déshumaniser à force de tout informatiser), la technocratie en général qui ne voit plus que des courbes et des chiffres et oublie qu’il y a des gens derrières. De l’autre coté on a des citoyens qui perdent patience et confiance et qui jouent de moins en moins le "jeu".
l’oligarchie vs le consommateur, les élites accusent le peuple d’être trop nombreux, trop cupide, et trop bête (salaud de pauvres), c’est la faute aux chômeurs s’ils ne travaillent pas ces feignasses, c’est la faute des ménages d’avoir pris trop de crédits et de ne pas les rembourser, et en face on accuse les "élites" de toutes sortes de conspirations.
les immigrés vs les gens de souches, les banlieusards vs les gens des centre villes ou des campagnes, pas besoin de faire un dessin je pense.
les étrangers vs les nationaux : finalement, on s’aperçoit qu’on ne connaît pas très bien ces "branleurs de grecs", ces "fêtard de d’espagnols", ces "psychorigides d’allemands"… alors que penser des "sournois chinois", des "arrogants américains", des "fanatiques iraniens"; Tous les jours on en découvre de vertes et des pas mures sur les autres pays, les autres cultures…
Et la liste continue :
le nord "bien géré" vs le sud qui s’enfonce
les riches vs les pauvres
les BRICS vs l’OTAN
les musulmans vs les chrétiens vs les juifs
les hommes vs les femmes, les hétéro vs les homo
les traders vs les autres, les écolos vs les nucléaristes
les sionistes vs les arabes
patrons vs salariés, associations vs entreprises
On dirait que la cohésion sociale globale s’effrite au fur et à mesure que la crise s’approfondit (et elle va encore s’approfondir). "On" ne cesse de découvrir des horreurs, des cadavres dans les placard, des trucs sous les tapis. Ces dernier jours c’est l’Espagne qui fait la une, la Hollande. Chacun son tour on dirait.
Les positions se radicalisent petit à petit au fil du temps. L’impression qui se dégage des lectures c’est que les gens, les idées deviennent de plus en plus rigide. En tant qu’individu je peux être selon les moments de la journée ou les périodes de ma vie : un épargnant qui réclame les intérêts de ses sous déposés en banques, un salarié qui se plaint de trop d’impôts, un chrétien charitable ou un égoïste libéral, être malade et dépendre de l’aide sociale, avoir envie de monter une nouvelle entreprise, etc… Et dans mes proches ou connaissances j’ai sûrement des fonctionnaires, des retraités, des étrangers, des riches, des pauvres, des sympathisants de gauche ou de droite, etc…
Nous prenons (plus ou moins) tous les rôles à un moment ou un autre, selon les circonstances.
Et pourtant, on dirait bien que les gens se réfugient dans une "identité" bien précise, définie et relativement immuable et que cela se reflète dans les écrits, les paroles, les attitudes… "l’autre" devient de plus en plus différent, de plus en plus loin, de plus en plus emmerdant pour tout dire. Les vieux oublient qu’ils ont été jeunes, les jeunes qu’ils seront vieux, qu’on est tous l’étranger (et le con) de quelqu’un d’autre …
Comme dans les films de Walt Disney, il y a un méchant et un gentil, et le méchant, ce n’est jamais nous n’est-ce pas ? Comme dans les discours de Bush aussi.
Nous oublions que nous sommes un petit peu de tout le monde. Nous oublions que les Syrien, les Chinois, les Grec, les Allemands ,les bobos, les pauvres, les vieux, les malades, les immigrés aiment tous leurs enfants et leur famille, chacun a leur manière. Tous finalement voudraient bien un monde meilleur mais ne savent pas trop comment faire face à ce monde si complexe et si difficile à cerner. Alors il faut bien se "choisir" une manière de comprendre et donner du sens à ce monde, non ? Les idéologies toutes prêtes sont la pour ça. Mais on ne peut pas avoir tous la même, on est tous différents.
Toujours est-il que cette évolution de la psychologie collective est inquiétante. On dirait bien que les gens sentent que ça va barder, et ils se disent que ça tombera sur le dernier à avoir tort, sur le faible et ils préfèrent naturellement que cela ne soit pas eux. Chacun semble chercher des raisons pour que l’épée de Damoclès tombe sur le voisin plutôt que sur lui. Mais ils oublient que les voisins font la même chose, et souvent, ils sont plus nombreux.
Je ne sais pas, mais c’est vraiment l’impression que ça donne. Nulle part je n’ai lu quelqu’un dire "la crise c’est ma faute, désolé".
Et pourtant, nous sommes tous un peu responsables. Par notre petite cupidité insignifiante, mais prise collectivement, ajoutée a celle des autres … Par notre feignantise … ou nos petites lâchetés vite oubliées. Évidement, on peut-être lâche 1 seconde, et être généreux et fort tout le reste de la journée. La soir au moment de dormir on se dit que le bilan n’est pas si mauvais. Mais pourtant cette petite seconde d’inattention à peut-être (sûrement) fait beaucoup de mal a quelqu’un. Et si on cumule tout ça …
Si nous ne sommes pas prêt à sacrifier "un peu" au profit des autres … alors le fossé va aller en s’agrandissant … Apparemment, c’est ce qui se passe. Du moins ici en Europe. Ailleurs, je ne sais pas.
En tout cas, ça sent le processus de sélection darwinien tout ça.
Spiritualité, économie, informatique, écologie, astrophysique, ufologie, paranormal, yoga, science, technolgoie, société...,
contrairement à beaucoup de blogs qui sont spécialisés dans un domaine particulier, j’ai choisi à l’inverse d’aborder toutes sortes de sujets. Ce qui relie le tout c’est la soif de connaissance, le fait que tout est relié (du moins dans mon esprit), et aussi l’utilité pragmatique des information réunies pour la vie de tous les jours. En découvrant l'envers du décors de notre société on prends conscience qu'on est dans une sorte de Matrice qui à finalement plusieurs points communs avec celle du film, sans être similaire pour autant.
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