Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

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Quelle porte de sortie ?


Le pétrole va manquer ? qu’a cela ne tienne, nos industriels vont nous trouver des solutions, non ? Ils en ont plein dans les cartons, d’ailleurs, c’est à cause du lobby pétrolier que la voiture électrique n’a pas percée … c’est ce qu’on entends ici ou la sur les blogs ou ailleurs chez les scientistes, les continuistes, et autres économistes qui s’en tiennent a certains chiffres sans rien connaître des difficultés de la science et de la technique. Non, la voiture électrique n’est pas rentable, et ne le sera pas. Sauf percée technologique sur les batteries ou les panneaux solaires, mais ce n’est pas à l’ordre du jour.

J’essaye souvent d’expliquer qu’entre la découverte en laboratoire et le procédé domestique dans nos maisons, il y a un gouffre, qui souvent n’est pas rempli. Nous avons exploité un "filon" depuis la première révolution industrielle, celui de l’énergie "carbone" (que ce soit sous forme de pétrole, gaz ou charbon). Ce filon arrive à sa fin. Qu’est-ce que nous avons d’autre en stock au niveau scientifique ?

Pas grand chose en réalité. Ou en fait trop de choses … Nous cherchons une aiguille dans une meule de foin. Quel sera le prochain procédé énergétique miracle ? il est peut-être caché la quelque part parmi les millions de sujets que les scientifiques explorent, il y en a peut-être un ou 2 qui vont déboucher sur quelque chose dans … 10, 20 ou 50 ans ? pas facile de savoir. Pourtant les tentatives (et par conséquent les échecs) ne manquent pas.

Des solutions existent, c’est sûr. Mais des solutions au manque de pétrole ? des solutions rapide à mettre en place pour tout le monde ? ca c’est beaucoup moins sûr. Changer la structure énergétique d’un pays, ca ne se fait pas juste parce qu’on le décide. Il faut compter entre 30 et 50 ans. On ne pas passer des pompes à essence à des prises électriques juste par un coup de crayon. Il faut mettre en place toute une industrie de masse, des usines, des savoir faire, des réparateurs, des ingénieurs, des vendeurs, il faut former des gens, créer des écoles, des filières, etc…

La déplétion pétrolière constatée est de l’ordre de 6% par an, et sera suivi de peu par le charbon et le gaz (car pour les exploiter on utilise du pétrole). L’intensité énergétique s’améliore de l’ordre de 1% par an (au mieux) au niveau mondial. Ça signifie que chaque année on est capable de faire la même chose que l’année précédente avec 1% d’énergie en moins. Mais on a déjà mangé notre pain blanc, et les progrès suivant seront plus difficile. La croissance de la population et de 1.14% par an, ce qui compense nos gains. Donc, pour l’instant, on compense le déclin du pétrole "facile d’accès" par du pétrole "difficile d’accès". Mais cela ne durera tout au plus qu’une dizaine d’années maximum avant d’atteindre le pic définitif. Et à ce moment la, il faudra "être prêt"… car les choses iront très vite, contrairement à ce qu’on pourrait croire, la fin du pétrole ne sera pas une pente douce.

Quelles sont les solutions pour continuer à "progresser" ? (et pour ne pas revenir à l’age de pierre)

Il y a tout un tas de procédés carbonés intéressants, mais qui ne permettent qu’un gain à la marge. Je fais un rapide survol, je ne rentre pas dans les chiffres. C’est juste pour montrer les axes de recherches … qui ne marchent pas. Attention, il faut faire la part des choses entre les solutions "simplistes" (et irréalistes) que nous vendent les politiciens, et parfois certains industriels en recherche de crédit, et le "la réalité économique" et industrielle. Ce n’est pas toujours facile de faire la part des choses, surtout a l’heure actuelle avec la sur-information. Il faut un minimum de bagage scientifique pour s’y retrouver. Du genre les kWh, les TEP, et quelques notions de rendement énergétique…

Après nous essayeront de voir ce qui pourrait marcher, et surtout, à quelle échéance. J’ai cherché déjà pour moi même des solutions "viables". Je n’explique pas tous ce que j’ai testé en détail, je fais juste un résumé :

  • La gazéification ? utilisé pendant la guerre, abandonné ensuite. Moteur stirling ? abandonné pas assez rentable.
  • Le solaire, éolien, sont soutenus par le pétrole, l’hydrolique déjà exploité. Le géothermique ? pour l’instant très marginal et le restera (pas dispo partout, compliqué).
  • Le renouvelable ? bois ? non. Algue bleues ? non. Biofuel ? non.
  • Nucléaire ? trop dangereux. Thorium ? premier prototype prévus dans 30 ans en Chine/Inde. Iter (fusion) ? pour la fin du siècle.

Ce qui est confirmé par divers chercheurs : compenser le déclin rapide du pétrole avec ce qu’on sait déjà faire, ce sera insuffisant :

Avec deux fois plus de centrales nucléaires, tous les toits de France couverts de panneaux photovoltaïques et thermiques, des centaines de milliers d’éoliennes, l’exploitation des forêts il n’y a plus que 30% de l’énergie à trouver.

Notez que même en poussant tout ce qu’on peut au maximum, il manque quand même 30% de l’énergie a l’appel. Et en plus, cette conversion il faudrait la faire très vite, en 10 ou 30 ans, pendant qu’il reste encore un peu de pétrole pour le faire.

Sur "TED", une plate-forme pour faire tourner les meilleures idées de la planète, j’ai regardé bon nombre de vidéos. Je vous garantie que les scientifiques sont tous très très inquiets. Ils parlent tous d’urgence, de changement radical et vital. Beaucoup viennent vendre leurs idées avec enthousiasme, cependant, les difficultés sont nombreuses. Les élites (scientifiques, pas politiques) sont conscientes du problème, et ils se creusent la tête, pour de vraie, pour éviter la catastrophe.

Qu’est-ce qu’on a sous le coude ?

  • Hydrogène ? trop compliqué (pression, étanchéité). Ce n’est de toute manière qu’une  pile améliorée.
  • Batteries nouvelle génération ? trop coûteux pour l’instant sauf percée (batteries metal/air par exemple). Mais a base de métaux rares et très cher. Ça restera niche pendant un long moment.
  • Exploitation minière de la lune ? trop risqué, mais théoriquement possible, d’ici quelques décennies.
  • Reste pour l’instant : les OGM pour nourrir plus de monde avec moins d’engrais, pesticides, machines. Le terraforming pour contrer le réchauffement (déployer des nanoparticules dans l’air) mais très risqué. Trop.
  • Les nano énergies ? il y a du potentiel. Les batteries qu’on cultive, peut-être. Les films transparents solaire, peut-être.

A quoi allons nous être confrontés ? Il faut bien comprendre, sans rentrer dans les détails, qu’entre une découverte en laboratoire et un procédé industriel rentable économiquement il y a tout un chemin de croix qui n’aboutit pas toujours. On a l’impression que c’est souvent le cas, parce que simplement, tout est basé sur la facilité que nous procure le pétrole et qui nous permet des milliers d’applications. Mais la, on remet en cause ce fondement …

Dans tous les cas, même s’il y a quelques avancées de ci de la, il reste, et même Attali le souligne, que nous n’avons pas de solution pour la voiture, et le transport en général.

Je laisse la parole au directeur de la R&D d’EDF (a priori le gugus assez sérieux et pas la pour faire peur au gens) :

VI. — CONCLUSION: UNE PRISE DE CONSCIENCE DIFFICILE, MAIS NÉCESSAIRE ET URGENTE
Pour nous, la ressource la plus rare du monde énergétique, c’est le temps dont nous disposons pour assurer les nécessaires transitions vers une meilleure efficacité énergétique, et vers un nouveau système énergétique où seront développés les usages finals de l’électricité, y compris dans les transports, via les ENR et le nucléaire.
Nous avons vu que ces transitions coûteuses ne seront toutefois mises en place que dans le cadre de plans d’urgence qui supposent des efforts conséquents (2 % du PIB environ). Une réelle sobriété énergétique sera nécessaire dans les pays les plus consommateurs pour arriver à boucler le bilan. Ces plans d’urgence ne porteront leurs premiers effets visibles qu’au bout de 15 ans, et il faudra 30 à 50 ans pour les développer pleinement et reconfigurer l’ensemble du monde énergétique. Si les décisions sont prises rapidement, nous avons une chance de réussir à structurer une réelle coopération mondiale et d’éviter que les tensions énergétiques qui se profilent autour de 2015-2020 ne dégénèrent en conflits mondiaux et autres effondrements économiques, pour un coût qui dépassera
très largement 2 % du PIB. Nous avons aussi une chance de préserver la viabilité de la planète en contrôlant nos émissions de CO2 et en évitant d’aggraver le changement climatique qui se dessine.
Mais ces décisions sont impossibles à prendre tant que les choix politiques ne resteront conditionnés que par le seul souci du pouvoir d’achat à court terme. Jusqu’à quand le consommateur d’aujourd’hui dictera-t-il sa loi au citoyen, au politique… et au consommateur de demain?
L’ensemble de ces analyses est assez facile à comprendre intellectuellement, mais beaucoup plus difficile à croire et à réellement intégrer dans nos schémas de pensées. Pour construire le nouveau monde énergétique, il reste à dénouer deux difficultés, qui ne seront pas les plus faciles. L’une concerne le consommateur: « il n’est pas contraire à la raison de préférer la destruction du monde entier à une égratignure de mon doigt » (23). L’autre concerne le citoyen: « tout le problème vient de ce que nous ne croyons pas ce que nous savons » (24)

Il n’y a pas de solution "immédiate", de porte de sortie à portée… le problème est pour dans moins de 10 ans, et entre le labo et la maison il faut compter 30 ans minimum pour un procédé industriel. D’ou la question du timing soulignée par le directeur de recherche d’EDF.

Pour l’instant nous n’avons RIEN pour conserver les voitures, et avions au niveau actuel. On peut faire du co-voiturage, réserver l’avion pour les militaires et utiliser plutôt des bateaux et trains pour les transports de marchandise, mais clairement les transports sont a moins de 10 ans d’un gros changement. C’est la fin des voitures lourdes, et rapides et probablement des camions. La petite voiture de ville en libre service "autolib" pourra peut-être survivre, et pendant un temps l’autopartage.

Pour les maisons on peut mieux s’isoler, utiliser le chauffage solaire. C’est faisable. Il reste la question : le ferons nous ? qui a les moyens de refaire l’isolation de sa maison ? qui peut se payer des panneaux solaires pour chauffer son eau ?

Les inconnues :

  • comment les mentalités vont elles s’adapter ?
  • les retraites, le chômage, la sécu ?
  • nourrir tout le monde ? (quel pays pourra faire la transition a temps ?)
  • la finance mondiale et le système de dette ?

Le problème c’est qu’une société a une grosse inertie. On ne change pas tout de fond en comble juste par un trait de plume, en allouant des crédits ici ou la.

Pour moi le plus gros point noir dans l’histoire … c’est que le prochain président ne va pas du tout s’occuper de tout ça. Et quand la situation deviendra intenable, il sera trop tard. Le plus gros sujet d’inquiétude est bien la. Si la politique est un miroir de la société, alors nous sommes aveugles, collectivement parlant. Rien ne sera fait dans les 5 prochaines années qui sont pourtant notre dernière chance en la matière. Après, il sera trop tard. En fait, il est déjà trop tard. On a déjà dépassé le seuil de la transition "douce", mais on pourrait encore s’en tirer avec un gros effort de dernière minute.

Il faut bien comprendre que depuis le premier choc pétrolier, les gouvernement et les industriels sont très actifs dans le domaine "alternative au pétrole". La voiture électrique a été tentée dès les années 80. Depuis ces années la on réduit notre gaspillage d’énergie. Mais nous sommes pris dans une logique qui nous pousse toujours plus loin dans la fuite en avant. Et depuis 30 ans, nos meilleurs scientifiques n’ont pas trouvé de solution. Maintenant, il va falloir changer de modèle de société, celle ci ne peut plus se perpétuer.

Mais notre société est malade, fragile et lourde, ca va être compliqué de faire un 100m dans ces conditions.

A suivre.

Le dilemme


Au delà des débat de politique politicienne sur le libéralisme, les marchés, a qui la faute (chinois ? agences de notation ? incompétence politique ? masses idiotes ?) nous avons à faire face, en tant que société à plusieurs problèmes de fond, à l’échelle de planète :

  • On a le papyboom. Les vieux avec leurs grasses retraites et leur rente immobilière. (salaud de vieux)
  • On a les jeunes chômeurs désabusés sans perspective qui voudraient bien consommer et avoir de la sécurité. (salaud de jeunes)
  • On a le pic pétrolier. (salauds d’américains)
  • On a la pollution endémique (salopes de multinationales)
  • On a la déferlante des machines qui nous piquent notre travail (salopes de machines)
  • On a la surpopulation (salauds de pauvres)

Avec quelques particularités locales en France :

  • un système de retraite moribond
  • un système d’impôt assommant et troué
  • un système de sécurité sociale sous lobby (mais pas trop mauvais relativement aux autres)
  • des comptes d’état truqués à la sauce Grecque
  • un état ruiné, qui vends ses bijoux de famille
  • une population vieillissante a qui on a promis monts et merveilles, et … qui est majoritairement votante
  • une  population infantilisée droguée aux anti-dépresseurs, au foot ou a la beuh ou a la fête
  • une bulle immobilière (qui gonfle artificiellement le PIB)

Comme Nephertarie, nous sommes face à, non pas un, mais plusieurs cruels dilemmes (en moins frivole, mais au fond est-ce vraiment différent ?) :

  • que faire des vieux qui coûtent une fortune en pétro-médicaments ? du soleil vert ?
  • on économise de l’énergie (super pour l’écologie) ou on fait de la croissance. L’un causant chômage (et indirectement, famine et mort) de millions de personnes(si on fait ralentir la machine économique), l’autre par empoisonnement !
  • que choisir pour ne pas tuer l’innovation et le mérite, mais avoir de la redistribution et de la justice sociale ?
  • que faire de ces jeunes désabusés et sans avenir alors que leurs parents ont connus une amélioration continue de leurs conditions de vie sans équivalent dans l’histoire ?
  • que faire des machines qui remplacent le travail humain ? et comment répartir le fruit de leur travail ? et que vont faire les gens déclassés ?
  • que faire pour ne pas que les réformes "justes" ne provoquent un effondrement généralisé (et des millions de morts) dans ce système financier trop fragile qui ne supporte pas la moindre "contradiction" sous peine d’exploser en plein vol ?
  • faut-il sauver les démocratie alors qu’elle ne fonctionne correctement qu’en temps d’abondance et de redistribution et pas en temps de pénurie et de chacun pour soi ?

Nous avons connu plusieurs crises majeures :

  • Panique de 1857 qui a mené a institutionnaliser l’émission de bons aux trésor
  • Crise de 1907 qui nous a donné la FED et probablement la 1ère guerre mondiale
  • Crise de 1929, qui nous a donné la seconde guerre mondiale
  • Crise de 2008 des subprimes, qui rebondit (officiellement) en 2011 en crise de la dette souveraine

Ces crises étaient liées a des emballements/bulles (vapeur, électricité, pétrole) du fait de nouveau débouchés économiques (qui finissent toujours par éclater). Ce qui n’est pas le cas de la crise actuelle, qui voit la fin de la seconde révolution industrielle (pétrole) sans rien pour remplacer (sauf une mini-bulle internet qui a fait long feu). Et il n’y a rien pour remplacer le pétrole pour un usage de masse dans l’immédiat (il y a des pistes comme le Thorium, mais pour dans 30 à 100 ans, et le pétrole sera de -30% dans 20 ans).

Dans le meilleur des cas, les 30 années à venir seront celles du déclin. (Ca pourrait durer plus longtemps).

Le libéralisme, c’est super en période de croissance pour créer une saine concurrence. Mais en période de déclin, ça se transforme en loi du plus fort. C’est ce à quoi nous assistons en ce moment. Depuis 2008 qui était l’occasion historique de remettre la finance au pas, nous n’avons rien obtenu (et ce malgré les déclarations fracassantes du gesticulateur en chef):

  • les paradis fiscaux sont toujours la
  • pas de taxe sur les transactions financières
  • pas séparation des banques de dépôt et de finance
  • pas de limites sur les bonus
  • a peine quelques règles prudentielles qui 1/sont insuffisantes 2/prévues pour les calendes grecques ! lol

Et encore, ce n’aurait même pas suffit à égratigné la surface des vrais problèmes. Mais au moins, on aurait su qui était le patron !

Maintenant, partout, on assiste a une radicalisation des tensions, quelle qu’elle soit ! Alors qu’on ne s’est même pas encore posé les bonnes questions : les peuples contre les politiques, les communautés les unes contre les autres, les marchés contre les états, les pays les uns contre les autres. C’est le chacun pour soi. Et l’on sait ou ça même.

Politicien ou pas, oligarchie ou pas, on a des vrais problèmes de fond, qui n’ont rien a voir avec eux (à titre d’exemple : le sol actuellement est mort, les légumes ne poussent qu’avec du pétrole, il faudrait minimum 15 ans ou 30 pour que les sols puissent accueillir de nouveau une agriculture sans pétrole), même s’ils ont leur part. Pendant les 30 glorieuses, tout le monde s’est enrichi, le niveau de vie global s’est amélioré partout, c’est indéniable. Avant il fallait 8 hommes pendant 3 ans pour faire une maison. Aujourd’hui à 3 il leur faut 6 mois. A moins de vouloir vivre dans des tentes et mourir de froid l’hiver … les progrès sont la, et tout le monde en à profité (du moins en occident). Idem dans des tas et des tas de domaines. On à l’eau chaude courante, etc…

Donc, on peut accuser qui on veut, mais attention à ne pas cracher dans la soupe.

Pour ma part, je suis pas fan des raisonnements du genre "le libéralisme c’est mal" ou "les politiciens sont tous pourris". Pour moi, il y a des idéologies, qui sont adaptées a un contexte ou non. Et la, clairement, le contexte mondial est en train de changer.

Que pouvons nous faire à titre individuel ? Car si le tableau "factuel" est noir, demain dépends de ce que nous faisons aujourd’hui.

Aux USA, dans les années 80 (je me souviens plus des dates, je peux me gourer) la criminalité augmentait de manière vertigineuse d’années en années, au point qu’ils se demandaient quoi faire et craignaient un effondrement du pays sous la violence, et rien n’y changeait, ni les actions de la police, rien…

Qu’est-ce qui a solutionné le problème ? (tiré de Freakonomics)

15 ans plus tôt, une black voulait se faire avorter, mais c’était interdit. Elle a gagné son procès. Et l’avortement a été autorisé aux USA par jurisprudence. Du coup, toutes les femmes miséreuses qui ne pouvaient assumer leur enfants ont pu avorter. Conséquences, 15 ans plus tard, la criminalité a enfin baissé. Aucune autre solution n’a marché, et les USA étaient au bord du collapsus face a la vague de violence. Le courage d’une seule personne a tout changé. Et personne n’aurait pu trouver la solution. Ni les politiciens, ni les "penseurs". Tout le monde a avait tort sur la violence et la solution a y apporter.

C’est une sacrée leçon. Tout n’est pas entre les mains des politiciens. Ils gèrent plus qu’ils ne dirigent. Si chacun fait sa partie … les choses peuvent s’améliorer.

Par exemple : on a eu le problème de l’avortement, aujourd’hui on a le même problème "symétrique" : l’euthanasie, ou disons, pour pas faire le barbare le "laisser mourir", le non acharnement thérapeutique. Il faudra bien qu’on change sur le sujet, sachant que

Les 3 dernières années de la vie représentent 50 % des dépenses totales de santé d’une vie entière.

C’est aussi à nous de choisir combien d’enfant nous mettons au monde, et comment nous les éduquons (réussir dans la vie ou respecter la nature ?), je vais voir le médecin ou j’essaye par moi même ?, Moïse ou Pharaon ? lol etc…

Bref, de vrais dilemmes !

Donc, faut pas toujours tout mettre sur le dos des puissants qui ne le sont pas tant que ça et parce qu’on le veut bien. Nous pouvons changer les choses, individuellement, à petite ou grande échelle.

Et on a du pain sur la planche.

Signes d’espoirs


Malgré ou à cause de tous les problèmes économiques et de la saturation que nous rencontrons en occident (tandis que les pays en vois de développement accomplissent leur révolutions industrielles) beaucoup d’initiatives encourageantes et porteuses d’espoir se font jour. A tous les niveaux, dans tous les domaines.Par manque de temps je ne vais pas tout commenter tout de suite, je vous laisse piocher selon ce qui vous inspire. Je trierais plus tard et je complèterais au fur et à mesure.

On est peut-être (surement) en plein milieu d’une révolution. Internet ne sert pas qu’a faire du pipi-caca sur facebook, ni qu’a être une publicité géante interactive pour les multinationales. Il est aussi utilisé par les citoyens qui s’impliquent dans des projets porteurs pour un avenir meilleur, loin de la société consumériste. Et ça, c’est potentiellement disruptif.

Le système économique pervertit-il tout ?


Oui. Par nature. Autant qu’il le peut, dans les limites "admises". Pourquoi ? parce que c’est de la qu’il tire ses plus gros profits. Pour faire des ventes massives et profitables il faut soit tricher sur la qualité du produit, soit exploiter les bas instinct du client. Ce coté avilissant n’a rien de nouveau en soi. Ce qui est nouveau par contre, c’est que l’équilibre de la planète est menacée ainsi que les contre-parties qui rendent le système acceptable (l’état providence, la redistribution des richesses, la liberté relative des démocraties), de même que les garde-fous qui restreignaient ses méfaits. :

  • force de frappe décuplée par les outils informatique
  • boucle "vertueuse" : plus d’argent = plus d’avocats + lobbying et donc lois plus favorable, et donc plus d’argent … atteignant un seuil critique
  • le pic pétrole : avec de l’énergie abondante, on pouvait gaspiller, mais maintenant la tendance s’est inversée
  • les pollutions en général atteignent un seuil critique de soutenabilité environnementale : l’exploitation atteint les limites supportables pour la planète (pic halieutique, 6ème extinction massive, réchauffement climatique)
  • le pic santé : de même que pour le reste, notre propre santé (collective) à commencé a se dégrader. La toxicité de l’environnement est devenu tellement importante que non seulement, elle fait régresser notre espérance de vie en bonne santé, mais en plus, elle va plus vite que les compensations qu’on trouve avec la médecine (en admettant que ca soit une solution pérenne de ne jamais s’occuper des causes et de seulement masquer les conséquences)
  • dernier et non des moindres (un futur article y sera consacré) : notre société atteint le seuil technologique lui permettant de modifier sa propre nature (courant transhumaniste). C’est un moment décisif de l’histoire qu’on ne peut se permettre de négocier avec la seule recherche de profit en tête.

Les outils utilisés pour se protéger des conséquences de la corruption sont de plus en plus sophistiqués et efficaces :

  • notion de personne morale (cf le fabuleux documentaire "the corporation"), seule l’entreprise est condamnée et pas le personnel grâce à la responsabilité limité. De plus, les seules punitions sont des amendes, facilement répercutable sur le coût du produit. Il faudrait aller beaucoup plus loin.
  • extra-territorialité, jouer des vides juridiques internationaux : résider dans un pays tout en commettant des crimes dans un autre et ne pas être poursuivi
  • être trop gros pour être mis en faillite et être sauvé par l’état
  • externalités (déporter les problèmes chez les autres ou dans le temps, les cacher le plus possible – par exemple, le coût de la pollution n’est jamais compté dans les coût des produits, )
  • tendance au "monopole" de fait (malgré les lois anti-trust) que ce soit en éliminant la concurrence, ou par entente entre les différents acteurs, ce qui leur donne une force politique indiscutable
  • tricher (asymétrie de l’information) sur la qualité, les coûts de production, l’impact sur la santé, la composition
  • la "science" de l’évasion fiscale qui fait que les plus grosses entreprises ne payent pour ainsi dire aucun impôt (et sont souvent exonérées en parties des charges sociales)

Comment voulez vous lutter ? Même avec des associations de consommateurs on est loin du compte avec des politiciens complices (qui financent ainsi leurs campagnes). Voila pourquoi les scandales se multiplient et sont voués à s’accroître indéfiniment tant que nous n’y faisons rien. Récapitulatif des grands domaines "pervertis" (ayant atteint des seuils critiques) déjà abordés :

  • éducation elle est laissée a l’abandon pour pousser les gens vers les écoles privées
  • transport : voiture il s’agit de jouer sur la soif de liberté, et sur un symbole de statut social pour nous vendre des produits dont nous n’avons pas besoin
  • habitation : maison ici c’est l’angoisse face à la vieillesse et la recherche de sécurité long terme, de même que le désir de transmettre à sa descendance qui est exploitée afin de fabriquer de la bulle immobilière a crédit qui gonfle le PIB
  • alimentation : la qualité de nos aliments s’est non seulement dégradée, mais en plus elle est porteuse de nombreux « polluants » qui mettent en péril notre santé au long terme (et surtout perturbent la croissance de nos enfants qui seront des adultes "abimés")
  • (ajout 27/11/10) élevage industriel : nitrates, invasion d’algues vertes en Bretagne, grippe porcine, vache folle, grippe aviaire , poule à la dioxine
  • santé : la médecine ne remplis plus son rôle et devient une usine à fric, l’espérance de vie diminue de nos jours
  • information : journal télévisé ce n’est plus qu’un outil de propagande assez grossier une fois qu’on à compris les ficelles
  • soins : les médicaments sont plus inefficaces qu’on pourrait le croire
  • vous pouvez rajouter : le système judiciaire devenu perméable  aux classes sociales, les hôpitaux, la police en cours de privatisation, les banques boostées à l’argent public, les marges arrières de supermarchés, l’obsolescence programmée des objets, le suremballage, etc…

J’ai listé environ 250 problèmes graves dans un fichier à part, dont la liste serait fastidieuse à énumérer. Entre scandales financiers, sanitaires, écologiques, politiques, scientifiques, on se rends comptes qu’il s’agit bien d’un problème structurel et pas d’un accident de parcours.
Pour moi le constat des problèmes remonte invariablement au système économique : la recherche exacerbée du profit. Cela induit :

  • tout devient monnayable dans notre société marchande (cf les multiples traités commerciaux – cf les petites annonces de vente de sa virginité)
  • on remplace l’homme par des machines plus productives (cause structurelle du chômage)
  • exploitation outrancière (des ressources, des hommes, des idées)
  • rationalisation (on évacue tout le coté émotionnel de l’homme, ce qui provoque une technocratie)
  • manipulation hypnotique des foules via le techniques marketing héritées de la propagande hitlérienne

Voila pourquoi le travail devient de plus en plus aliénant. Et c’est le coeur de notre système social qui est concerné via l’économie de marché capitaliste libérale. Attention, je ne suis pas contre, ni l’économie de marché, ni le libéralisme, ni le capitalisme. Bien au contraire. Mais il y a 2 choses qui me semble fondamentales :

  • ils ne devraient pas être censé régir tous les domaines : sinon on passe a un gouvernement censitaire (on vote en fonction de son poids économique), et on a bien vu les problèmes que posent la spéculation sur les produits alimentaires … !!!
  • ils ne sont pas adaptés à tous les contexte : dans un monde ou le pétrole est abondant, la finance est parfaite pour gérer le risque et la croissance, mais dans un monde en repli, elle est totalement inadaptée pour gérer le partage équitable et la solidarité

Donc en gros, le capitalisme devrait pouvoir cohabiter avec la démocratie (et même le communisme qui est le mode de fonctionnement le plus adapté a certaines échelles), et d’autres formes d’organisations. Et aussi, selon les problèmes technologiques ou environnementaux il devrait ou non être utilisé. C’est idiot de demander au capitalisme de résoudre les problèmes écologiques. On sait ce que ça conne, les CFC sont remplacés par pire, le parabene est remplacé par les nano-particules (dans les cosmétiques), etc… Ce n’est pas son rôle. Il devrait rester confiné aux nouvelles technologies et domaines connexes mais pas s’infiltrer dans le reste de la sphère économique.

Si l’on devait dater (approximativement) le moment ou les problèmes sont devenus préoccupants et ou notre société s’est mise à régresser, tout (la dette qui entame son explose, peak oil per capita, la courbe de répartition des richesses qui s’inverse, etc..) pointe vers les années 70/80. En fait, l’un des événements "fondateurs" c’est la décision de Nixon en 1971 de mettre fin à la convertibilité du dollar en or. En devenant une monnaie totalement virtuelle (et mondiale) cela à permis l’essor fantastique du monde de la finance (via les politiques libérales de Reagan et Tatcher notamment) et donc, la recherche du profit. Ensuite, en 1999, la fin du Class Steagal Act (abrogation de la séparation des banques de dépôt et de finance) à permis une financiarisation exponentielle et la fabrication de bulles a répétitions.

Quelque soit le problème, le lobby pharmaceutique qui nous empoisonne, les guerres du pétrole, le contrôle d’internet, etc… on en revient toujours au même. La recherche du profit. Quelques exemples de lois ou traités en faveur des multinationales (qui pourraient avoir l’air presque anodin, mais je vous garanti qu’ils ne sont pas dans l’intérêt du peuple – c’est juste pour faire encore plus de business) :

Pour faire simple : les multi-nationales font la guerre aux peuples. Au sens littéral, corruption, espionnage, empoisonnement, meurtre.

Il existe des solutions. Avant tout, c’est de notre ressort de devenir consommateur responsable et de mettre la pression aux politiques. D’autre part, a moyen terme il va falloir inventer un nouveau système économique. Le modèle des communautés Open Source (coopération, partage, inspiration) est un bon exemple des solutions qui marchent actuellement. Sans vouloir jouer les Cassandre, le temps presse. Et ce n’est pas la génération "facebook, iPhone, PS3" qui va nous aider. Ni les jeûnes paumés dans les banlieues qui retournent au moyen age.

Ajout du 23/11/10 : Paul Jorion explique comment certaines pratiques illégales comme le délit d’initiés parviennent à devenir endémiques et s’imposer malgré tout puisqu’il s’agit d’une course au profit dans laquelle tous les coups sont permis et ou chacun entraine l’autre un peu plus loin à cause de la concurrence.

Points clés

  • pour faire du profit, il faut tricher, sinon ce sera le voisin qui le fera à notre place
  • l’ampleur est telle que tous les domaines de la vie sont affecté
  • l’ampleur est telle que l’écosystème est menacé
  • le phénomène s’est gravement accéléré dans les années 70
  • actuellement de nombreuses lois sont votés pour aller encore plus loin dans cette folie
  • les multinationales sont hors de contrôle (même politique)

La mutation des partis politiques


Les (certains) partis politiques ont entamés leur mutation en se tournant vers les technologies de réseau sociaux.
Concrètement, a moyen terme, l’impact sera l’abandon progressif des idéologies pré-fabriquées pour être remplacé par un vrai travail de synthèse collective.
La limite entre les partis va devenir plus flou a mesure que le travail d’investigation collective va se nourrir des efforts de chacun.

La blogosphère, les réseau sociaux, et les partis politiques sont en train de rentrer en symbiose.
Cela pourrait être annonciateur d’une vraie démocratie. Rien de moins que ça.

C’est une force de travail colossale qui risque fort de déstabiliser les partis anciens modèles pour plusieurs raisons :

  • la puissance brute de travail sera bien plus important que dans un parti "hiérarchisé top down" ou un gourou explique aux autres ce qu’ils doivent penser, faire, exécuter.
  • la force d’enthousiasme de ne plus être seulement spectateur ou exécutant, mais participant a part entière, acteur, petit ou grand, va décupler cette "puissance brute"
  • la triche va devenir beaucoup plus difficile
  • la réactivité face aux situations géopolitiques sera grandement accrue
  • chacun peut participer avec ses petits ou grand moyens (les besogneux, les génies intuitifs, les synthétiques, les analytiques, les rêveurs, les faignants et les bourreaux de travail, les passionnés, les sceptiques, les réticents, les leaders, les boulets)

même si l’embelli un peu le tableau car il restera toujours des luttes de pouvoirs et des magouilles les tendances sont la.
On peut faire un comparatif avec le monde open-source / propriétaire.
Il y a une chose de sûre : quand on a goutté au libre, on veut pas revenir en arrière.
Donc ca risque de prendre quelques années, mais une profonde mutation est en cours.
Internet change tout, comme l’imprimerie l’a fait avant.
Pour le coup, ces changements sont initiés par des poignées de fous, et des millions de personnes suivent le pas quelques années plus tard. Mais a la base, il n’y a pas grand monde.
C’est peut-être pas la révolution "je retourne a la campagne" que certains souhaitent, mais au moins celle la, elle fonctionne, et elle va (on vit déjà les prémices) changer les choses.

En parallèle, vient d’être publié le code source de Diaspora le premier réseau social open source décentralisé. Espérons qu’il fera concurrence a fessebook.

PS : les partis qui ont entamé cette mutation sont le PS et surtout le PCF (ceux la je suis au courant … il y en a peut-être d’autres).

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