Dans la même veine que les articles précédents (nouveaux usages, nouvelle école, nouvelle économie) la politique est aussi actuellement en profonde mutation.
Notre système politique fait preuve de grandes faiblesses. Il n’est clairement pas à la hauteur des enjeux actuels :
- crise économique,
- crise écologique,
- crise énergétique,
- crise démographique.
Après 5 ans de crise, ça commence à se voir. En même temps, une nouvelle organisation émerge, grâce aux nouveaux outils que nous fournit Internet. Nous sommes en plein coeur d’une mutation historique.
Quels sont les facteurs / symptômes de l’échec du système politique actuel ?
Les politiciens actuel, non seulement ont moins de pouvoir qu’avant, pour ne pas dire presque plus du tout, mais en plus, ils ne représentent plus grand chose ni personne. On élit le moins pire bien plus que quelqu’un qui nous donne espoir. La pression médiatique s’intensifie avec Internet et les réseaux sociaux de sorte qu’ils gouvernement de plus en plus à l’émotion, et en se mettant en scène plutôt qu’avec une vision stratégique et portés par un rêve commun.
Les politiciens ont de moins en moins de pouvoir effectif. Les contre pouvoir sont de plus en plus nombreux (en vrac) :
- journaux,
- TV,
- réseau sociaux,
- régionalisme (Europe dans notre cas, primauté du droit Européen sur le droit national),
- mafias,
- parti d’opposition,
- ingérence internationale,
- marchés financiers,
- gouvernance mondiale,
- les multinationales,
- les lobbys,
- wikileaks, les anonymous (et bientôt Tyler, le wikileaks++).
Mais aussi et surtout, un facteur essentiel est l’échec du modèle de société occidentale, et la perte de leadership des élites (qui n’ont pas de solutions, il faut bien finir par l’admettre. Ce n’est pas un complot. Leurs complots ne sont pas tant pour fabriquer la crise que pour s’en prémunir / en profiter).
Pour faire court, ils sont dépassés. Mais jamais ils ne l’admettront … évidement.
Du coup, plutôt que d’exercer un pouvoir effectif, ils font semblant… histoire de justifier leur places et leurs prérogatives. Les politiciens ne mettent de plus en plus en scène, exemple révélateur de la tendance : Hollande qui prends le train pour un de ses déplacements, mais qui se fait suivre par AirHollande One pour des raisons de sécurité. Cela va de pair avec la gouvernance à l’émotion : une femme perds son bébé sur l’autoroute, c’est indignation nationale et les grand plans de refonte du pays pour que "plus jamais ça". Idem avec l’affaire Merah en son temps. Que je sache le terrorisme est loin d’être la première cause de mortalité dans le pays, pourtant on veut dessuite, tant que le pays est sous le choc, mettre en place des grandes mesures de surveillances pour que "plus jamais ça".
Les politiciens se plaignent du "pouvoir des marchés" … quand ça les arrange. En ce moment, on ne les entends pas trop s’en plaindre… vous savez pourquoi ? parce que les taux sont bas ! Et du coup, quand les taux sont bas, l’opinion du peuple importe peu. C’est l’inverse quand les taux sont haut, on essaye de mobilier le peuple contre les "méchants marchés". Mais leur pouvoir arrange bien les politiciens le reste du temps. Ils oublient de le mentionner.
Internet les observe et a une mémoire que la télé ou les journaux complaisant n’avaient pas. La gestion de leur image est beaucoup plus difficile. Hollande n’est probablement pas beaucoup plus mauvais que le discret Chirac, mais il est juste en décalage avec son époque (Sarkozy l’avait compris, mais en faisait trop).
Finalement, les gens commencent à réaliser que la démocratie ce de moins en moins voter, et de plus en plus acheter ou cliquer, (cela dépends d’ailleurs du moyen qu’on utilise pour payer ou épargner). Le citoyen ne peut pas se dédouaner sur les politiciens des choix qu’il fait aux quotidien : Dieu rigole des hommes qui maudissent les effets dont ils chérissent les causes !
La politique traditionnelle ressemble de plus en plus à un show TV distrayant.
A coté de cela, une nouvelle forme d’organisation citoyenne, de politique donc, est en train de naître. Une forme de gouvernance horizontale, collaborative, ouverte. Le contraire de la gouvernance hiérarchique et centralisée actuelle. N’est-il pas choquant que dans une démocratie, si un élu ne vote pas selon la ligne de son parti il s’en fasse exclure ? C’est l’inverse même du principe démocratique, et ça montre à quel point nous en atteignons les limites.
Voici quelques facteurs / symptômes que les plus avant-gardistes sont en train de faire émerger :
- la mutation des partis politiques, grâce a un réseau social interne qui permet grâce à la curation de faire remonter les idées pertinentes de la base
- le parti pirate, qui symbolise la prise du conscience citoyenne de l’importance de protéger les nouveaux outils démocratiques
- wikileaks et bientôt Tyler (le wikileaks amélioré par les anonymous) pour lutter contre les "sales petits secrets"
- le printemps arabe, le printemps érable, qui se sont diffusés grâce aux réseaux sociaux
- la tentative de constitution citoyenne en Islande
- mais la vraie mutation est encore à venir : on peut s’inspirer des outils de travail collaboratif créés par les programmeurs pour eux même ( GIT) pour faire des textes de lois !!!
Finalement les vrais progrès sociaux que l’humanité a connus ont été de nous doter d’outils efficaces pour régler nos conflits (autre que la violence). Les textes de loi publiques ont été un progrès qui nous a soulagé de l’arbitraire d’un roi tout puissant. Nous avons aussi inventé les procès avec jury, le droit de vote, le "peer review" pour les scientifiques. Avec Internet nous inventons toute une nouvelle classe d’outils.
Il n’est pas dit que la république "traditionnelle" y résiste encore longtemps, du moins dans sa version Française. La Suisse semble en avance sur le reste du monde, même sans avoir eu Internet (mais c’est un pays plus petit).
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