Blog de Yoananda

Petit anti-manuel de la pensée unique, pour lire entre les lignes

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Chronologie de la crise 2005-2013 : jusqu’ici tout va bien, vous pouvez continuer à dormir


Le temps passe vite quand on s’amuse autant ! Je pense qu’il n’est pas inutile de faire un petit retour en arrière sur la chronologie de la crise, afin de bien mettre en perspective tout ce qui s’est passé, et de voir quels sont les liens entre tous ces éléments disparates. Car leur traitement dans les média est toujours biaisé pour rentrer dans les rouages d’une machine à propagande bien huilée.

Exemple : les révoltes arabes sont un présentées comme soulèvement pour la démocratie … et non pas simplement comme une révolte contre la pauvreté grandissante. L’accident de Deepwater et Fukushima sont présentés comme des accidents et non pas comme des tentatives de plus en plus risquées d’aller chercher de l’énergie. Etc…

Si l’on adopte une autre grille de lecture, alors tout devient "logique" Mr Spock !

Rappelons les faits, avant de passer à leur interprétation (Si vous êtes pressé, l’essentiel est en rouge).

2005

  • pic du pétrole conventionnel, du pétrole "pas cher" en somme, ce qui condamne la croissance indirectement, et donc les dettes qui en dépendent, donc les banques et les dettes d’états qui alimentent leurs plans sur la comète
  • Mai 2005 : Non français au traité de Lisbonne, symbole du divorce élite technocratiques / peuple

2006

  • Mars 2006 arrêt de la publication du M3 par la FED. A cette époque le GEAB avait été un des rares à relever ce premier cassage de thermomètre, très louche.
  • fin 2006 explosion des subprimes juste après que les prix du pétrole ne montent et ne fassent ralentir l’économie US prise par surprise

2007

  • assèchement du marché de la titrisation en réaction à la perte de confiance dans la solidité des banques
  • Eté : crise des subprimes, faillite de Northern Rock en GB, les gens font la queue pour retirer leurs sous
  • bulle des obligations pour éviter l’explosion de la bulle immobilière
  • Juillet : blocage sur les CDO-titristation (les banques ne se font plus confiance)

2008

  • Janvier : crise boursière, crach
  • Février : la banque Northern Rock est nationalisée
  • flambée des matières premières, pétrole a 150$, contre 20$ 5 ans auparavant
  • émeutes de la faim prélude aux révoltes arabes, suite a la flambée du prix du pétrole
  • Septembre : Freddie Mac et Fannie Mae sont mis sous tutelle (nationalisé)
  • Septembre : Lehman Brothers dépose le bilan, AIG est nationalisé, Fortis est renflouée Le plan de sauvetage américain de 700 milliards de dollars est rejeté, Dexia est nationalisée
  • Octobre panique:
    • Le plan Paulson (TARP, 750 milliard $)est finalement adopté
    • BNP Paribas reprend Fortis
    • Londres annonce son plan de sauvetage
    • L’Eurogroupe se met d’accord sur un plan de sauvetage
    • la France débloque 360 millards d’euros pour les banques
    • La Caisse d’Epargne perd 751 millions d’euros en Bourse
    • L’Islande en quasi-faillite
  • Novembre : le G20 se réunit à Washington pour trouver un plan d’action
  • Décembre : Maddof taux 0 a la FED
  • Faillite de l’Islance, 15% chomage en espagne, Irelande abandonnée, notation de plusieurs pays baissé

2009

  • Janvier : état d’urgence fiscale en Californie
  • La chine demande une nouvelle monnaie au G20, stoppe ses achats de bons aux trésors
  • Mars : QE1. Distribution d’argent gratuit pour les gros poissons voraces de la finance, début de la guerre du dollar.
  • Avril FAS 157 : changement de norme comptable pour masquer les pertes Fair value au lieu de Mark to market : Malgré l’argent gratuit QE1 il faut truquer les comptes pour les banques ne fassent pas faillite.
  • Eté : c’est la reprise (soit disant), les pousses vertes, les bourses montent
  • Dubaï fait faillite
  • Octobre  : crise Grecque. Changement de gouvernement en Grèce et début de la crise Européenne.
  • Novembre :  la SoGé envois en doc pour se préparer au « global collapse » + Pimco qui recommande la dette allemande et pas USA ou Angleterre
  • Fin 2009 la chine réduit ses achats de bons aux trésors, inaugure le plus grand centre de libre échange du monde

2010

  • Janvier 2010 plan d’austérité en espagne
  • Déclenchement de la crise Européen : La Grèce et les PIIGS
  • Mars : les Islandais rejettent le remboursement de la dette par referendum
  • Avril : explosion de Deepwater
  • Mai 2010 FESF, qui perds sa note AAA en janvier 2012 et perds son utilité
  • Tea Party prennent de l’ampleur et fait parler de lui
  • La chine augmente son SMIC (10%)
  • Crise immobilière espagnole
  • La chine intervient pour sauver la Grèce et l’Europe, rachète le port du Pirée
  • Juillet : plan d’austérité en Italie
  • Juillet : Wikileaks.
  • Aout : canicule Russe historique
  • Fin aout  : plongée de l’immobilier aux USA, fin de l’engagement de la fin envers les GSE.
  • Septembre  : conflit des iles senkaku disputées par la Chine et le Japon
  • Octobre : Grève pour les retraites en France suite au plan d’austérité, blocage des pompes
  • Octobre : scandale du foreclosure (des saisies immobilières)
  • Novembre QE2 (et hystérie autour du plafond de la dette US): début de la guerre monétaire ouverte
  • Novembre: faillite d’AMBAC et fiasco du G20, encore
  • Décembre : révolution tunisienne, début du "printemps arabe".
  • Fin 2010 : pétrole a nouveau a 90$, cote d’alerte, à 100$ c’est problématique

2011

  • G20 Français, Sarkozy veut réformer le système monétaire international (qui ne tient en définitive qu’a un fil : le droit de véto des USA au FMI … sinon la réforme aurait déjà eu lieue)
  • Janvier : départ de Ben Ali de la Tunisie
  • Février : départ de Moubarak de l’Egypte
  • Février, guerre civile Lybienne.
  • Mars : Fukushima
  • Mars : début de la guerre civile Syrienne
  • Mai : mort de Ben Laden
  • Mai : affaire Strauss Khan
  • Mai : mouvement des indignés en Espagne
  • Juillet :  stress test bancaire, presque toutes les banques le passent, mais il va quand même falloir les sauver.
  • Aout : S&P dégrade le AAA américain
  • Septembre : OWS, Occupy Wall Street, l’équivalent US des indignés
  • Décembre  : LTRO1 de la BCE pour sauver les banques, l’équivalent européen des QE de la FED US

2012

  • Janvier : Embargo de l’UE sur l’IRAN
  • Janvier : crise Chypriote (janvier 2012 à juillet 2013)
  • Février : LTRO2 comme ça a tellement bien marché, on continue en attendant le 3 (c’est l’équivalent local du QE)
  • Mars : TSCG (vigueur janvier 2013), les états abdiquent leur souveraineté budgétaire
  • Mars : affaire Merah, montée de l’Islamisme en réaction aux abus bancaires
  • Septembre 2012 QE3, pour 1000 milliard par ans
  • Septembre 2012 : création du MES
  • pétrole en moyenne sur l’année à plus de 100$ le baril !

2013

  • Janvier : Guerre au Mali,
  • Avril : Attentat de Boston, des musulmans impliqués en représailles des crimes américains
  • Mai : Mariage contre nature en application
  • Juin : Fermeture TV publique en Grèce,
  • juin : PRISM, révélation sur l’espionnage a l’échelle mondiale
  • Juin : François Noguier mort pour une blague qui n’a pas plu à un maghrébin, dont les médias se gardent bien de parler
  • Juin : Affaire Meric, l’antifa dont la mort fait la une
  • Juillet : Train de Bretigny, les morts sont dépouillés par les racailles
  • Juillet : Émeutes de Trappes
  • juillet : l’ union bancaire, qui stipule qu’on peut piocher dans le compte des épargnants sur le modèle Chypriote
  • juillet : dernier AAA perdu par la France (début janvier 2012 pour le premier)
  • Août : Crise égyptienne, limite guerre civile, nombreux morts, destitution de Morsi (frères musulmans)
  • Août : les islandais stoppent les négociations pour entrer dans l’Euro

Pour l’instant que faut-il retenir ?

Ca fait 5 ans que la crise est sur le point de se terminer. Mais l’économie est toujours sous perfusion et les comptes des états qui ont pris la main pour sauver les banques sont si mal en point qu’on est obligé de faire des cures d’austérités à répétition.

Chaque année la crise est censé se terminer, alors même que son existance a été niée tant qu’il a été possible de le faire. Le déni est permanent encore aujourd’hui puisque les causes de la crise ne sont toujours pas véritablement analysées. On reste en surface.

  • En 2007, Crise des subprimes. En France, à l’époque, seuls quelques allumés dont je faisais partie parlaient de crise mondiale.
  • En 2008, il n’était censé pas y avoir de crise (il y avait pourtant les subprimes depuis 1 an) jusqu’à la faillite de Leman Brother. Et la, c’est la panique.
  • En 2009 la crise était déjà finie (c’est les pousses vertes). Mais au cas ou, on lance le QE1, on casse les normes comptables pour sauver les banques (alors même qu’on nous répète que tout va bien)
  • En 2010 c’était enfin la reprise, c’est sûr, mais manque de bol, la crise Grecque est survenue.
  • En 2011 la crise est toujours finie, puis c’était les révoltes arabes.
  • En 2012 l’Euro est enfin sauvé. Manque de bol il y a la crise Chypriote. L’IRAN met la pression. Et au cas ou on distribue plein d’argent gratuit au banques qui vont bien.
  • En 2013 à la crise au Mali, en Égypte, et ensuite à la crise Syrienne (qui à l’air de bien se terminer). A chaque fois la crise change de forme et reviens et les gens oublient que l’économie est toujours sous perfusion (QE3 pour 1000 milliard de dollar par an).

Évidement, on peut se dire que c’est la faute à pas de chance, et que toutes ces crises qui s’enchaînent ne sont pas reliées si on ne suit pas l’actualité financière / géo-économique de près. Pourtant, chaque crise bancaire provoque des contre-coups sur les populations qui s’agitent, plus ou moins selon la fragilité du pays qui est impacté.

Ce qui est inquiétant n’est pas tant la crise en elle même qui serait une bonne occasion de faire évoluer nos sociétés dans des directions plus saines, mais son traitement :

  • jusqu’ici tout va bien, continuez de dormir
  • on traite les symptômes, jamais on ne touche au causes, au risque de tout casser
  • solution "kick the can", on gagne du temps en espérant que ça se résolve tout seul

Ce qui fait qu’on fabrique un monde de plus en plus instable et imprévisible, et fragile en même temps. C’est ça qui est inquiétant. Et ce n’est pas la faute des élites, c’est la faute à tout le monde.

Je re-explique les causes profondes (Je suis passé de 5 à 4 facteurs, car j’ai fusionné le nouvel ordre mondial que j’assimile à une forme de décadence des élites).

Cette crise unique protéiforme est causée par des facteurs sous-jacents à l’économie. On pourrait régler tous les problèmes bancaires, donner de l’argent gratuit aux pauvres que ça ne changerait rien. Quand il n’y a plus assez de poisson pour tout le monde, on ne peut pas convertir les yacht de Saint Tropez, ni en poisson, ni en bateau de pêche, ça ne changera rien :

  • le pic pétrolier (2005 pic du pétrole conventionnel, pas cher) et tout ce qui s’en suit au niveau de la rareté des ressources qui devient exponentielle
  • la robolution qui entraîne un fossé cognitif et chômage de masse (presque la moitié des jobs américains sont menacés d’être automatisés dans les 20 prochaines années) mais aussi une accélération de l’exploitation quand c’est possible
  • la décadence des peuples (foot, ragôts, vulgarité), et des élites (nouvel ordre mondial mêlant kafka, big brother, meilleur des mondes)
  • la surpopulation (vieillissement et sa contre partie la ponzimmigration, ou bien trop de jeûnes en déshérences)

Comme les problèmes de fonds ne pas traités, ils s’amplifient. Il suffit d’observer les petits signes avant coureurs pour (selon une logique holmesienne) en déduire les tendances futures. Des faits, grâce à la systémique on en fait une "théorie", qu’on valide ensuite par la confrontation de l’anticipation avec le réel.

Le réel c’est ce qui se passe en ce moment avec la montée, partout, de la violence, de la paupérisation, de l’instabilité politique. La France a eu son été ramadan-orange-mécanique mais le mal est plus profond, c’est à tous les niveaux que ça se joue :

  • fonctionnaires contre privé,
  • vieux contre jeunes,
  • immigrés contre autochtones,
  • réactivation de la lutte des classes, pauvres contre riches (alors qu’on est un pays super égalitaire)

Pour résumer :

  • on a eu les 30 glorieuses, ou les politiciens se croient encore
  • on vient de terminer les 30 piteuses, ou on a fait semblant que tout allait bien, en cachant la poussière sous les tapis
  • on commence les 30 calamiteuses, la fête est finie

On a quand même eu chaud aux fesses !


Jusque la tout va bien (ou presque).

Mais n’oublions pas que depuis 2008 on a risqué la cataclysme plusieurs fois.

  • Avec la faillite de Leman Brother, les banques mondiales auraient pu faire faillites les unes après les autres par effet domino. On n’est vraiment pas passé loin de l’arrêt brutal de l’économie mondiale. On peut râler sur le fait qu’on ait sauvé ces banques avec notre argent, mais on a quand même eu de la chance. Évidement, il aurait fallu en profiter pour imposer nos conditions.
  • Avec la marrée noire Deepwater, qui à touché un dôme de sel assez fragile, on aurait pu déclencher une catastrophe écologique majeure, qui aurait pu détruire le gulf stream et abîmer beaucoup plus la vie marine. Il semble qu’on s’en soit tiré à bon compte jusque la. Mais le risque n’est pas totalement écarté pour autant.
  • Avec les printemps arabe, on n’est pas passé loin de la déstabilisation de l’approvisionnement pétrolier. Et d’ailleurs, ce n’est pas fini, car la situation est loin d’être revenue à la "normale". Si cela avait été un poil plus loin (par exemple au Bahreïn) on aurait pu se retrouver rapidement sans essence, et bien sûr, je ne vous dis pas le genre de petits problèmes que ça provoquerait.
  • Avec Fukushima, la encore, on a frôlé le cataclysme mondial si on n’était pas parvenu in extremis à stabiliser les barres d’uranium. De gros morceaux de l’Asie et même de la cote ouest des USA auraient pu être contaminés (en premier), et le Japon quasi rayé de la carte. On n’est même pas sûr d’être tiré d’affaire, mais on survécu à la saison des typhons, c’est déjà ça.
  • Avec la Grèce on a frôlé l’explosion de l’Euro. Une fin ordonnée de l’Euro ne serait pas un mal en soi, mais une explosion dans le désordre est une vraie menace et serait un vrai traumatisme pour le continent. Les perspectives sont très sombre à ce niveau la, surtout vu comment la France s’enfonce !
  • On a frôlé la guerre avec l’Iran, et les tensions persistent. La encore, si l’Iran (qui a voté une loi en ce sens je le rappelle) avait fermé le détroit d’Ormuz, ça n’aurait pas été drôle très longtemps. Rien n’est réglé sur ce plan la non plus.

Il y a un point commun a tous ces déboires : la crise énergétique. Elle est tapis dans l’ombre de chaque nouvelle crise importante.
Et pour l’instant si la situation tient plus ou moins c’est grâce aux flots continus d’argent gratuit des banques centrales qui inonde les banques et les états pour soutenir l’économie moribonde et cacher la faillite des états sous le tapis. 1000 milliard de dollar par an pour la FED sans limite de temps, et ce n’est pas très différent pour la BCE et la BoJ.

La vie à repris son cours à chaque fois après quelques sueurs froides. Mais on continue de jouer avec le feu. On essaye d’exploiter le pétrole du pôle nord, on fait mumuse avec l’épargne des citoyens en Europe, le dollar est de plus en menacé (12 états viennent de rétablir l’OR comme monnaie légale aux USA, sans parler de la Chine qui multiplie les accords d’échange hors dollar), et on prends de plus en plus de risque dans un peu tous les domaines, y compris pour simplement pour nourrir les gens alors que l’eau, le gazoil et les terres arables commencent à manquer.

Pendant ce temps en France on se distrait avec des histoires de mariage contre nature, des petites affaires politiques, ou quelques faits divers sordides, et on règle ça sournoisement en détournant l’attention, ou en faisant mine de rien … Il n’y a pas de danger immédiat, et jusqu’en 2014 ça devrait pouvoir tenir. Mais après ?

Pic pétrolier et des pénuries chroniques de ressources primaires (agraires notamment), allongement de la durée de vie, robotisation exponentielle de l’industrie et prolétarisation cognitive, démographie difficilement soutenable, immigration et insécurité+paupérisation, administration kafkaïene qui paralyse l’économie, bouleversement/déstabilisation des codes sociaux a cause d’Internet (surveillance et crédulité accrue), dérèglement climatique et catastrophes naturelles, crise écologique mondiale majeure, crise sanitaire et dissémination de la pollution, crise de la dette occidentale, course à l’armement et guerres G4G : Il n’y a même pas un début de solution a aucun de tous ces problèmes majeurs. Ils sont à peine évoqués dans les médias, quand ils ne peuvent pas faire autrement parce que tel ou tel scandale éclate, chassant le précédent.

On n’a rien réglé, bien au contraire, on a mangé notre pain blanc. Jusque la, on a eu une chance toute relative et chaque fois on est encore plus fragilisé. Est-ce que ça va durer encore longtemps tout ça ? Je ne sais pas. C’est possible qu’on évite d’autres cataclysmes et qu’on glisse lentement sur la pente de la tiers-mondisation. Ce serait un moindre mal probablement. Mais pour l’instant, on ne fais rien pour.

Tout va mal – 6 – Pic énergie


La course à l’énergie nous fait prendre de plus en plus de risque. D’ou les catastrophes de Fukushima, Deepwater entre autre.

Une crise pas comme les autres


Cette crise économique est loin d’être la première. Des tempêtes financières éclatent régulièrement. Des chocs pétroliers, on en a même déjà connu. Pourtant, cette crise actuelle que nous vivons est bien différente des autres.

On peut mettre en parallèle plusieurs cycles qui aboutissent tous au même "moment" (je synthétise l’information éparse sur le blog) :

  • technologiquement, on a une évolution des moyens de transport et communication. Les choses s’accélèrent avec l’invention de l’imprimerie de Gutemberg, puis le télégraphe, le téléphone et enfin Internet qui nous permet de franchir un cap historique. Ensuite, nous avons la boussole qui permis le voyage a travers les océan et la découverte de l’Amérique, puis le moteur a vapeur, et ensuite à explosion, en passant par le bateau, le train, la voiture et l’avion. Toute cette évolution a "réduit" la taille de la planète si on peut dire.
  • économiquement, en parallèle est né le capitalisme avec le développement des banques, du chèque, de la libre entreprise, de l’usure, du libre échange, du marché, le taylorisme, le fordisme, le toyotisme, et plus récemment du monétarisme,  de la finance, de la dérégulation, de la titrisation et du HFT (High Frequency Trading), bref du capitalisme libéral "moderne".
  • politiquement, l’imprimerie a permis l’essor d’une contestation du catholicisme, le protestantisme dont les adeptes chassés d’Europe sont allé investir les USA et créer le pays "de la liberté". La propriété privée sous l’impulsion de la philosophie des lumières devient le garant de la liberté, et l’individualisme naquis et grandit en occident. Cela nous donna la révolution Française, la naissance des démocraties et de l’état de droit, plus tard la laïcité. Éventuellement nous en viendront à la démocratie directe peut-être un jour. Et avènement du "NOM".
  • du point de vue "spirituel", les 2 matérialismes que sont le capitalisme et le communisme se sont opposés a l’absolutisme religieux catholique et son déni de la matérialité… ou plutôt, de la chair. Le protestantisme autorisa l’usure en premier, la richesse étant vu comme un signe de la bénédiction de Dieu. D’un excès (dont la chasse aux sorcière et l’inquisition ont montré les abus) on est passé a un autre.
  • le champion de cette évolution est les USA a tout point de vue. C’est le pays qui a "inventé" l’industrie du pétrole, internet, et qui a mis en pratique le libéralisme, les marchés, la finance, etc…

On voit bien qu’il y a une ligne directrice derrière tout ça. Et loin de moi l’idée de cracher dans la soupe, cette évolution  nous a apporté beaucoup de bienfaits matériels indéniables, même si ce n’est pas le bonheur, ça y contribue. Seulement voila, depuis les années 80, tous les cercles vertueux se sont inversés et sont devenus vicieux, petit à petit. Et la tendance s’accélère. Plusieurs phénomènes sont concomitants, certains reliés par la cause/effet, d’autre … simplement synchrone :

  • la crise financière qui se mue en crise de la dette souveraine, et la perte de confiance dans la monnaie. La finance est passé de statut de "booster" a celui de parasite
  • depuis les années 80 on a commencé a rentrer dans le cercle vicieux de la dette pour venir chercher une croissance molle avec les dents (normal, après avoir reconstruit les pays, fallait s’inventer de nouveaux besoins a combler)
  • les 3 chocs pétroliers successif (1973, 1979, 2008) nous amènent à la fin de l’ère du pétrole.
  • de la même manière que l’imprimerie a remis en cause le pouvoir de la "très sainte" église, internet provoque un bouleversement des pouvoirs (politiques) en place, dont le dernier avatar est la contestation espagnole.
  • la pollution croissante et l’explosion des maladies environnementales, le déclin de la santé, le changement climatique, l’épidémie d’obésité aux USA, la perte de leadership militaire des USA, les abus des multinationales, provoquent un ras le bol, et le capitalisme triomphant (après la chute du mur de Berlin en 1989) attire de moins en moins d’adeptes, voire même ne fait plus rêver du tout. Les USA deviennent un village Potemkine. Et comme le capitalisme est devenu  une idéologie pyramidale qui a besoin de toujours plus de monde, on peut en déduire qu’il a passé son pic et se dirige vers une fin rapide
  • la fin du matérialisme excessif et de l’individualisme qui sont de moins en moins promus

A cela il faut rajouter d’autres facteurs cyclique mais "court terme", plus récents, comparé a ces tendances de fond dont l’origine remonte a la renaissance ou le siècle des lumières :

  • la bulle internet, puis immobilière, puis des bons au trésor, chaque bulle chasse la précédent a un rythme de plus en plus rapide
  • la papyboom, l’armée de retraités, et pour les meilleurs d’entre eux, les légumes maintenus en vie artificiellement par les drogues pétrochimiques
  • la crise de l’Euro, les révolutions arabes
  • la crise du pentagone (qui patine devant quelques montagnard Afghans, s’embourbe en Irak, et sombre dans l’impasse du JSF, l’avion a la pointe de la technologie… qui ne sert à rien) et aussi les mensonges sur le 11 septembre, sur l’invasion de l’Irak qui ont sapé la confiance
  • Deepwater et Fukushima qui sont symptomatiques des risques que les hommes prennent pour pallier au manque d’énergie pétrolier
  • même technologiquement la méfiance grandit face à la société de surveillance.

Nous ne sommes donc pas dans une petit crisette passagère, mais dans une reconfiguration sociétale majeure, dont l’origine se situe au moins il y a 500 ans (on peut donc parler de super-cycle), avec comme point focal :

  • l’avènement d’internet et d’une nouvelle conscience du monde
  • la fin du pétrole, et donc de la croissance
  • la lassitude face au matérialisme et la recherche d’une nouvelle voie

Cette crise est donc :

  • une crise majeure, historique, un changement d’époque
  • loin d’être finie
  • une "destruction", prémisse a un nouvel équilibre

Qu’est-ce qui nous attends après ? cela fera l’objet d’un prochain article ;-)

  • le champion de cette évolution est les USA a tout point de vue. C’est le pays qui a "inventé" l’industrie du pétrole, internet, et qui a mis en pratique le libéralisme, les marchés, la finance, etc…

(Ajout 07/06/11) On pourrait être tenté de comparer cette crise à celle de 1907 (qui débouché sur la première guerre mondiale) ou 1929 (qui a débouchée sur la deuxième guerre mondiale). Il y a des similitudes, l’endettement qui "explose", les intervention salvatrices de l’état qui se révèlent ne rien changer, etc… mais il y a des grosses différences :

  • c’était le début de l’industrie du pétrole, en plein boom économique, et non pas a l’aube d’une régression "énergétique"
  • le système bancaire était réservé a une "élite" et n’était pas du tout utilisé par la grande majorité
  • les informations et les transactions circulaient beaucoup moins vite

Actualité mouvementée : l’humain écartelé


On est gâté en ce moment … après la catastrophe de Deepwater le printemps dernier (qui ne fait plus parler d’elle mais qui a mon avis doit continuer à faire des dégâts quand même), le volcan Islandais, et maintenant le terrible séisme qui frappe le Japon risquant de provoquer la pire catastrophe nucléaire qu’ai connu l’humanité (si Tokyo est touché). Espérons que les Japonais s’en tireront s’en trop de casse supplémentaire (mais espérons aussi qu’on tire les leçons de ce drame). Rajoutez les révoltes arabes, la guerre monétaire et économique (feutrée pour l’instant) et les hackers rebelles anonymous … ça fait quand même beaucoup tout ça.

Pour information, Bank of America, qui était censée être la cible de wikileaks a finalement été attaquée, par les "anonymous", qui ont officiellement déclaré la guerre à Ben Bernanke et sa FED (banque fédérale américaine, qui n’est ni fédérale, ni américaine d’ailleurs, c’est juste un cartel international de banques privées). BaC qui n’accuse pour l’instant qu’une baisse de 1,76%. A suivre.

A suivre aussi l’évolution de la contre attaque de Kadhafi (même s’il reprends le pays, il ne s’en tirera pas a si bon compte … la colère du peuple ressortira ailleurs lors d’une autre occasion).

Quelque part, ça montre la fragilité de ce système qui fonctionne en flux tendus sans filet. Les centrales nucléaires, dont on connait les risques potentiels ne sont pas assurées (personne ne va payer pour les dégât, si ce n’est le peuple). On travaille sans filet. Idem pour les forages en eaux profondes. Idem pour les gaz de schistes dont on veut maintenant démarrer l’exploitation en Europe (alors qu’ils l’ont stoppé temporairement au Canada pour raisons sanitaires), quitte à bousiller les sols pour des générations. Tout ça pour continuer le gaspillage. Et en France on englouti des milliards dans ITER, sachant qu’on pourrait les utiliser pour mettre en place des économies d’énergies (par exemple en isolant les bâtiments, en améliorant les transports) pour le même résultat, mais sans les risques… Mais bon, c’est sur, ça ferait sûrement baisser le PIB et donc, c’est inenvisageable par nos dirigeants. Surtout que quand on leur parle de l’inflation des prix de la nourriture ils répondent : ouiiiii maiiiis de quoiii vous vous plaiiiignez … les priiiix des iiiiipads2 sont en baiiiiisse !!! Y a des baffes qui se perdent … voire des guillotines quand on est à ce niveau de bêtise.

Alors a la place, on a des solutions qui n’en sont pas, telle que la voiture électrique (qui n’est pas une mauvaise idée en soi, mais qui n’est actuellement qu’un gadget de riches et qui nous obligerait à augmenter notre production électrique alors que ce n’est pas le moment). Il ne faut pas oublier qu’une fois qu’on a atteint le pic d’une ressource, le taux de déplétion constaté est de l’ordre de 30% sur 10 ans (pétrole, gaz, – pour le charbon j’ai pas vérifié). Les progrès technologiques ne pourront pas remplacer assez vite les économies d’énergie, faut se rendre à l’évidence. En plus on en a cruellement besoin pour assainir notre planète au moins un peu et éviter de prendre trop de risques avec des projets insensés.

Il ne faut pas ignorer les signaux d’alarmes que sont les catastrophes qu’on subit en ce moment. Je ne dis pas pour autant qu’il faut revenir à l’age de pierre, mais il faut cesser cette fuite en avant. Tout ça pour préserver un système économique moribond et malsain.

Voila donc la marche du monde qui pédale a contre courant. Tout devient de plus en plus difficile. L’individu "moyen" est de plus en plus soumis à des contraintes contradictoires. Notre société devient schizophrène et paranoïaque (avec par exemple la nouvelle loi qui vient de passer comme quoi le gouvernement à maintenant accès a tous nos mots de passes pour voir notre correspondance privée). Je met un peu en vrac, mais certains thèmes sont reliés les uns les autres :

  • inflation matières premières (nourriture + carburant), des loyers et de l’immobilier à l’achat
  • mais salaires qui stagnent ou diminuent (en Europe)
  • sauf pour les salaires des patrons, bonus, dividendes qui augmentent eux par contre (ben oui sinon ils vont voir ailleurs, il faut garder les irresponsable, les pilleurs, les exploiteurs)
  • papyboom, de plus en plus de retraites et tonnes de médicaments à prévoir
  • les montants des retraites (en moyenne) sont  > aux salaires des actifs
  • l’age de la retraites repoussé pour les actifs
  • mais espérance de vie en bonne santé qui stagne (autour de 63 ans)
  • obsolescence programmé des objets qui nous oblige a acheter plus souvent
  • objets de consommation courante de plus en plus éphémères (ils sont prévus pour faire rapidement défaut), en plus de l’inflation
  • surveillance/flicage de la population accrue, en ligne, ou par vidéosurveillance
  • racket étatique : taxes, radars auto, amendes
  • autoritarisme, dénie de démocratie (traité de Lisbonne, etc…)
  • alors que toutes les magouilles sont maintenant très visibles sur Internet (plus personne ne croit a la version officielles du 11 septembre, la liste des casseroles du président est longue comme le bras)
  • les policier sont obligés de faire du chiffre
  • donc violence de plus en plus présente, peur dans les villes, incivilités
  • dette de l’état qui explose, et donc hausse des impôts mais la croissance salutaire ne suit pas (obligeant a plus de dette), car pas d’énergie
  • en plus diminution des services de l’état (malgré les hausses d’impôts) : moins de profs, moins de recherche, moins de police, moins d’hôpitaux,
  • privatisation : télécoms, poste, EDF/GDF, sncf = moins de service, moins de qualité, mais plus cher
  • niches fiscales, subventions, taux d’imposition en hausse (largement plus de 80% du travail productif est taxé : charge patronales, charges salariales, impôts sur le revenus, TVA, taxe diverses et variées). Les travailleurs de plus en plus imposés mais pas les plus riches
  • jobs de plus en plus débiles, contre nature, pour faire du chiffre seulement, sans intérêts, dégradants, exploitants, compartimentés, spécialisés, non épanouissants. job sous contrainte, peur du chômage, du déclassement.
  • croissance réservée aux domaines financiers et autre brasseurs de vents, le reste décroit (industrie, agriculture)
  • chômage des jeûnes et des vieux (poussés vers la retraite) qui augmente. Population qui travaille en diminution, sans compter tous ceux qui bossent pour brasser du vent
  • productivité qui s’améliore grâce aux robots, machines, ordinateurs, mais gains non redistribués, et en plus il faudrait travailler plus
  • mal bouffe : qualité moindre, animaux et plantes malades, pollués, chaîne alimentaire dégradée, sols abîmés pour au moins 30 ans
  • pollution de l’eau et diminution des nappes phréatiques
  • disparition des animaux et des abeilles pollinisatrices
  • santé qui se détériore au fil des génération et du temps, cancers endémiques (dont la gravité est cachée a la population)
  • pollution dans tous les domaines, sang chargé de métaux lourds et autres substances toxiques (phtalates,
  • émissions (TV) infantilisantes aux heures de grande écoute, alors que de la bonne info est disponible et qu’on en aurait tellement besoin
  • de plus en plus de moyens de s’exprimer, mais sans être entendu ou écouté
  • statistiques de plus en plus faussés (PIB, inflation, chômage, dette)
  • une Europe technocratique, non démocratique qui nous prive de nos libertés petit à petit alors qu’elle était censée être garante de l’inverse (l’Europe sociale … ca vous rappelle peut être quelque chose)

La neige et BP … une affaire à suivre


Je ne suis pas un spécialiste de la météo, mais en tout cas cette année, la neige sur paris semble exceptionnelle cette année (3X en décembre, c’est tôt), selon métro France. Et pas qu’en France d’ailleurs : vague de froid aux USA et canicule (cet été) en Russie pourraient y être liées aussi.

Ce n’est pas suffisant pour conclure, mais tout de même il ne faut pas oublier ce qui s’est passé cet été. On ne peut pas exclure qu’il n’y ait pas de lien. La catastrophe BP, dont on ne parle plus vraiment, mais à propos duquel je ne suis pas sûr du tout qu’on nous dise tout, a pu perturber le Gulf Stream qui nous apporte de la chaleur en hiver et fait que Paris, qui est plus au nord que Montréal est bien plus chaud malgré tout.

La coïncidence est étrange tout de même … alors, il est clair qu’il est trop tôt pour dire que la catastrophe Deepwater a modifié le Gulf Stream, mais on ne peut pas l’écarter définitivement non plus du coup.

Sur les "graphismes" officiels de surveillance ce n’est pas évident de le voir, à priori, tout irait bien. Mais si le froid continue cet hiver … et s’ils continue l’année prochaine, alors il ne faudra pas oublier ce qui s’est passé l’été 2010, et surtout il ne faudra pas oublier de demander des comptes a ceux qui ont joué avec le feu !

Il existe une autre explication possible pour ces neiges : le réchauffement ! Et oui, réchauffement = plus d’eau (sous forme de vapeur) dans l’atmosphère, et donc, moins de "chaleur" l’hiver, et plus de précipitation … donc plus de neige, même si ca semble paradoxal, c’est aussi une explication possible.

(ajout 03/01/11) L’affaire BP est peut-être d’ailleurs loin d’être clause : il semblerait que le pétrole suinte des fonds marins qui ont été destabilisés par le forage et maintenant, les dégâts seraient hors de contrôle. Ce qui augmente les probabilités de perturbation du gulf stream. Si c’est avéré, alors encore une fois, il a s’agit de ne pas affoler les populations "dormez bien tout va bien" pour nous continuions le petit train train de la consommation.

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